Broderie, histoire et modernité du costume traditionnel ukrainien

La guerre russe en Ukraine, qui dure depuis 2014, est entrée dans une phase paroxystique avec l’invasion générale déclenchée le 24 février 2022. Depuis lors de grands talents sont en exil. C’est le cas d’Olesya Telizhenko, célèbre créatrice et directrice artistique de la maison de couture familiale. Elle a trouvé refuge en Normandie avec ses enfants, alors que son mari est mobilisé pour défendre leur pays.

Du 6 avril au 7 mai 2023, l’espace Cosmopolis de Nantes présente un programme fourni d’expositions, de conférences, de films et de spectacles pour mieux comprendre l’Ukraine à travers son actualité, son histoire et sa culture.

C’est ainsi qu’Olesya Telizhenko, à l’invitation de l’association Tryzub, est venue,  le samedi 8 avril dernier, présenter l’histoire et la modernité du costume traditionnel ukrainien, dont deux de ses caractéristiques sont une remarquable diversité et la grande beauté de ses broderies. Ces dernières sont riches de symboles dont certains ont une origine préhistorique. Il pourrait s’agir d’une première forme d’écriture. Outre leur fonction d’ornement, ils avaient aussi une vocation protectrice.

Aujourd’hui, les broderies sont un élément d’identification nationale et inspirent les créations contemporaines, dont celles d’Olesya Telizhenko. Une partie d’entre elles resteront exposées à l’espace Cosmopolis jusqu’au 7 mai 2023. La conférence était traduite en français par Victoria Nikolenko, résidente nantaise, docteure en sciences du langage, Vice-présidente de Tryzub.

Le site de « TELIZHENKO fashion house » peut être consulté en ligne sur https://telizhenko.com.ua/home/.

Cosmopolis: conférence d'Olesya Telizhenko directrice de la maison de couture TELIZHENKO.

L’activiste ukrainophobe, Michel Balique, et le navire russe sous sanctions, qui continue à séjourner en France.

Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, un activiste français (agent d’influence russe), Michel Balique, a utilisé l’association qu’il préside, « Amis des Grands Voiliers », comme outil de promotion commerciale du navire russe « Shtandart ».

Article initialement publié sur « Russia Vs World », le 10 février 2023 sous le titre « Ukrainophobic activist Michel Balique and sanctioned Russian ship still in France » . Édité et traduit par Bernard Grua

En 2022, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans le port de La Rochelle, devant le Shtandart, contre la présence du navires russe en France.

De plus, Balique l’utilise pour diffuser une réalité parallèle pro-Kremlin destinée à scénariser le contournement du 5e paquet de sanctions de l’UE contre la Russie, auprès des décideurs, des médias, et de l’opinion, écrit Bernard Grua. Le journal français « Libération » fait la lumière sur les agissements du lobbyiste pro-russe.

Michel Balique répète une version obsolète des sanctions

Michel Balique, Amis des Grands Voiliers : en short
Michel Balique, à droite

Michel Balique fait de son mieux pour défendre le « droit » du navire russe à rester en France. Cependant, sa version, que Poutine ne manquerait pas de saluer, contredit certains faits.

« Ce n’est ni un navire militaire russe, ni un navire lié à l’État russe puisqu’il appartient à une association à but non lucratif. Il n’est pas non plus aux mains d’un oligarque, il a donc tout à fait le droit de rester dans les ports français », a déclaré Michel Balique dans une interview à Libération le 14 janvier 2023.

En effet, le 8 avril 2022, le Conseil a adopté la cinquième volet des sanctions à la suite des atrocités commises par les forces armées russes à Boutcha, en Ukraine, et dans d’autres lieux sous occupation russe. Ces sanctions visent directement les navires russes, quel que soit leur propriétaire. En vertu de l’article 3 sexies bis, elles sont incorporées dans le règlement européen n° 833/2014.

1. Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à TOUT NAVIRE IMMATRICULE SOUS PAVILLON RUSSE, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union.

1 bis. L’interdiction visée au paragraphe 1 s’applique également, après le 8 avril 2023, à tout navire certifié par « Russian Maritime Register of Shipping »…

Article 3 sexies bis du règlement européen n° 833/2014

Lorsque Michel Balique affirme dans Libération qu' »il (le Shtandart) a donc tout à fait le droit de rester dans les ports français« , il diffuse une fausse information. Les sanctions visent le navire russe Shtandart, immatriculé sous pavillon russe. Le Shtandart n’entre pas dans le champ des dérogations possibles.

Le collectif #NoShtandartInEurope, en tant que lanceur d’alerte, répète ces éléments réglementaires depuis plus de six mois. En conséquence, Michel Balique se doit de les reconnaître. Par son démarchage et ses contre-vérités, il met les organisateurs d’événements maritimes, les partenaires, et les élus, dans une situation de risque financier, tel que l’annulation, à la dernière minute, après acomptes ou paiement intégral de la prestation Shtandart.

Ce fut le cas à Bordeaux. Balique expose ces mêmes décideurs à des risques pénaux après que le Conseil ait adopté à l’unanimité, le 28 novembre 2022, une décision visant à ajouter la violation des mesures restrictives à la liste des infractions pénales de l’UE dans le traité sur le fonctionnement de l’UE.

Qui est le propriétaire du navire russe « Shtandart » ?

Michel Balique, Amis des Grands Voiliers : Vladimir Martus sur le Shtandart
Vladimir Martus déguisé en Pierre le Grand à bord du Shtandart en pleine guerre russe contre l’Ukraine – Page VK officielle du Shtandart, 28 mars 2023

On peut seulement dire que le navire russe appartient à une entité, « Shtandart Project », enregistrée à Saint-Pétersbourg, apparemment sans but lucratif, ce qui ne veut pas dire sans activité commerciale.

Néanmoins, Vladimir Martus possède 60% des parts de cette entité en Russie. Selon le collectif #NoShtandartInEurope, le Shtandart est bien un yacht privé. La liste des propriétaires est présentée ci-dessous.

  • Vladimir Vyacheslavovich Martus – 60.34%
  • Andrei Andreyevich Akhmatov – 17.88%
  • Lidia Borisovna Plekhanova – 15.64
  • Sergei Alfeevich Neustupov – 3.07%.
  • Sergey Georgievich Alekseev – 3.07%.

Fabrice Loher, maire de Lorient, a déclaré à Ouest-France : « Le Shtandart appartient à Shtandart Project, basé à Saint-Pétersbourg, dont on ne sait si la société a des liens directs avec l’État russe. ».

Tout cela est identique en ce qui concerne l’application des sanctions. En revanche, en ce qui concerne les liens avec l’État russe, nous pouvons en prouver au moins une partie. Ce navire doit donc quitter la France sous le coup des sanctions de l’UE.

Michel Balique diffuse, depuis mars 2022, de fausses accusations contre l’Ukraine et les manifestants pro-ukrainiens et de la désinformation conforme aux récits du Kremlin au nom de l’association des « Amis des grands voiliers ». Association dont il est le président.

Sa campagne vise à discréditer les lanceurs d’alerte ukrainiens ou pro-ukrainiens qui s’opposent dans les ports français, à la présence illégale du navire russe Shtandart. Le bateau dont Michel Balique fait la promotion.

Il s’agit d’un discours ukrainophobe dont les accusations n’ont d’autre fondement que leur filiation directe avec les éléments culturels russes popularisés par Moscou depuis 2014 et qui ont « justifié » l’invasion russe et ses crimes en Ukraine.


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Українофоб Мішель Балік і підсанкційний російський корабель досі у Франції

Від початку російського вторгнення в Україну французький активіст (агент російського впливу) Мішель Балік використовував очолюване ним товариство «Друзі великих вітрильних кораблів» якінструмент для комерційного просування російського корабля «Штандарт». 

Стаття вперше опублікована на сайті « Russia Vs World », 10 лютого 2023 року. Переклад Світлани Осипенко

У 2022 році в порту Ла-Рошель, перед «Штандартом», пройшло багато демонстрацій проти присутності російських кораблів у Франції.

Більше того, Балік використовує це для поширення паралельної прокремлівської реальності, яка має на меті приховати обхід 5-го пакету санкцій ЄС проти Росії, з особами, які приймають рішення, ЗМІ та думкою, написав Бернард Груа. Французька газета « Libération » проливає світло на дії проросійського лобіста.

Мішель Балік повторює застарілий варіант санкцій.

Michel Balique président de l'association des Amis des Grands Voiliers
Мішель Балік, праворуч

Він докладає всіх зусиль, щоб захистити право російського корабля залишитися у Франції. Однак його версія, яку б похвалив Путін, суперечить деяким фактам :

«Це не російський військовий корабель і не корабель, пов’язаний з російською державою, оскільки він належить некомерційній асоціації. Він також не в руках олігарха, тому має повне право залишатися у французьких портах», – сказав Мішель Балік в інтерв’ю «Libération» 14 січня 2023 року.

Дійсно, 8 квітня 2022 року Рада ЄС прийняла п’ятий пакет санкцій після звірств, вчинених російськими збройними силами в Бучі, в Україні, та інших місцях під російською окупацією. Ці санкції спрямовані безпосередньо проти російських суден, незалежно від форми власності. Згідно зі статтею 3ea вони включені до Європейського Регламенту No 833/2014.

1. Забороняється надавати доступ після 16 квітня 2022 року до портів і після 29 липня 2022 року до шлюзів на території Союзу БУДЬ-ЯКОМУ СУДНУ, ЗАРЕЄСТРОВАНОМУ ПІД ПРАПОРОМ РОСІЇ, за винятком доступу до шлюзів з метою виходу з території Союзу.

1a. Заборона в пункті 1 буде застосовуватися після 8 квітня 2023 року для будь-якого судна, сертифікованого «Російським морським реєстром судноплавства».

Стаття 3ea Регламенту ЄС № 833/2014.

Коли Мішель Балік заявив у «Libération», що « він («Штандарт») має повне право залишатися у французьких портах», він поширював неправдиву інформацію. Санкції стосуються російського судна « Штандарт », зареєстрованого під російським прапором. І він не підпадає під дію можли вих винятків.

Колектив #NoShtandartInEurope, як викривач, повторює ці нормативні елементи вже понад півроку. Отже, Мішель Балік повинен їх визнати. Своєю агітацією та неправдою він ставить організаторів морських подій, партнерів та обраних посадових осіб у фінансову ситуацію ризику, наприклад, скасування в останню хвилину, після внесення застави або повної оплати послуги «Штандарт».

Так було в Бордо. Балік наражає тих самих осіб, які приймають рішення, на кримінальні ризики після того, як 28 листопада 2022 року Рада ЄС одноголосно прийняла рішення додати порушення обмежувальних заходів до переліку кримінальних злочинів ЄС у Договорі про функціонування ЄС.

Хто є власником російського судна «Штандарт»?

Michel Balique, Amis des Grands Voiliers : : Владимир Мартус під виглядом Петра І
Владимир Мартус під виглядом Петра І на борту « Штандарту » в розпал війни Росії проти України – Офіційна сторінка « Штандарту » в соціальній мережі VK, 28 березня 2023 року

Можна лише сказати, що російське судно належить зареєстрованій у Санкт-Петербурзі структурі «Штандарт Проект», начебто некомерційній, що не означає без комерційної діяльності.

Тим не менш, Владимиру Мартусу , капітану, належить 60% акцій цього підприємства в росії. За даними групи #NoShtandartInEurope, «Штандарт» дійсно є приватною яхтою. Право власності вказано нижче.

  • Мартус Владимир В’ячеславович – 60,34%
  • Ахматов Андрій Андрійович – 17,88%
  • Плеханова Лідія Борисівна – 15,64
  • Неуступов Сергій Алфейович – 3,07%.
  • Алексєєв Сергій Георгійович – 3,07%.

Фабріс Лоер, мер Лор’яна, міста у французькому регіоні Бретань, сказав виданню Ouest-France: «Штандарт належить проекту «Штандарт», що базується в Санкт-Петербурзі, ми не знаємо, чи пов’язане це судно з російською державою» і тому «Штандарт» був заборонений у цьому порту.

Усе вищезазначене є таким, що стосується застосування санкцій. З іншого боку, що стосується зв’язків з Російською державою, то принаймні частково ми можемо це довести. Отже, це судно має покинути Францію під санкціями ЄС.

Мішель Балік з березня 2022 року поширював неправдиві звинувачення проти України та проукраїнських протестувальників і дезінформацію відповідно до наративів Кремля від імені асоціації «Друзів великих вітрильних кораблів», яку він очолює.

Його кампанія спрямована на дискредитацію українських або проукраїнських викривачів, які виступають проти незаконного перебування російського судна «Штандарт» у портах Франції.

Це українофобський дискурс, звинувачення якого не мають жодних підстав, окрім прямої спорідненості з російськими культурними елементами, популяризованими Москвою з 2014 року і які «виправдовували» російське вторгнення та його злочини в Україні.


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Ukrainophobic activist Michel Balique and sanctioned Russian ship still in France

Since the beginning of the Russian invasion of Ukraine, a French activist (Russian influence agent), Michel Balique, has used the association he presides, “Friends of Tall Ships,” as a tool for commercial promotion of the Russian ship “Shtandart.” 

Article initially published on « Russia Vs World, February 10, 2023. Edited by Bernard Grua

In 2022, many demonstrations were held in the port of La Rochelle, in front of the Shtandart, against Russian ship presence in France.

Moreover, Balique uses it to spread a parallel pro-Kremlin reality intended to screen the circumvention of the 5th package of the EU sanctions against Russia, with the decision-makers, the media, and the opinion, Bernard Grua wrote. The French newspaper “Libération” sheds light on the actions of the pro-Russian lobbyist.

Michel Balique repeats an obsolete version of the sanctions

Michel Balique, Amis des Grands Voiliers : with shorts
Michel Balique, on the right of the picture

Michel Balique does his best to defend the Russian ship’s right to stay in France. However, his version, which Putin would praise, contradicts some facts. 

“It is neither a Russian military ship nor a ship linked to the Russian state since it belongs to a non-profit association. It is not in the hands of an oligarch either, so it has full right to stay in French ports”, Michel Balique said in an interview with Libération on January 14, 2023.

Indeed, on April 8, 2022, the Council adopted the fifth round of sanctions following the atrocities committed by the Russian armed forces in Bucha, Ukraine, and other places under Russian occupation. These sanctions are aimed directly at Russian vessels, regardless of ownership. By Article 3ea, they are incorporated into European Regulation No. 833/2014.

1. It shall be prohibited to provide access, after 16 April 2022, to ports and, after 29 July 2022, to locks in the territory of the Union, to ANY VESSEL REGISTERED UNDER THE FLAG OF RUSSSIA, with the exception of access to locks for the purpose of leaving the territory of the Union.

1a.   The prohibition in paragraph 1 shall also apply, after 8 April 2023, to any vessel certified by the Russian Maritime Register of Shipping…

Article 3ea, European Regulation No. 833/2014.

When Michel Balique stated in Libération that “it (the Shtandart) therefore has full right to remain in French ports,” he was spreading false information. The sanctions are aimed at the Russian vessel Shtandart registered under the Russian flag. The Shtandart does not fall within the scope of possible derogations.

The collective #NoShtandartInEurope, as a whistleblower, repeats these regulatory elements for over six months. Consequently, Michel Balique must recognize them. By his canvassing and his untruths, he puts the organizers of maritime events, partners, and elected officials, in a situation of financial risk, such as the cancellation, at the last minute, after deposits or full payment of the Shtandart service. 

This was the case in Bordeaux. Balique exposes these same decision-makers to criminal risks after the Council unanimously adopted a decision on November 28, 2022, to add the violation of restrictive measures to the list of EU criminal offenses in the Treaty on the Functioning of the EU.

Who is the owner of the Russian vessel “Shtandart” ?

Michel Balique, Amis des Grands Voiliers : Vladimir Martus on the deck of Russian vessel Shtandart
Vladimir Martus disguised as Peter the Great on Shtandart’s in the middle of the Russian war against Ukraine – Official VK page of the Shtandart, 28 March 2023

It can only be said that the Russian vessel is owned by an entity, “Shtandart Project,” registered in St. Petersburg, apparently non-profit, which does not mean without commercial activity. 

Nevertheless, Vladimir Martus owns 60% of the shares of this entity in Russia. According to the group #NoShtandartInEurope, the Shtandart is indeed a private yacht. The ownership is listed below.

  • Vladimir Vyacheslavovich Martus – 60.34%
  • Andrei Andreyevich Akhmatov – 17.88%
  • Lidia Borisovna Plekhanova – 15.64
  • Sergei Alfeevich Neustupov – 3.07%.
  • Sergey Georgievich Alekseev – 3.07%.

Fabrice Loher, mayor of Lorient, said to Ouest-France: “The Shtandart belongs to the Shtandart Project, based in St. Petersburg. We don’t know wether or not this company has direct links with the Russian state.” 

All of the above are the same as far as the application of sanctions is concerned. On the other hand, as far as links with the Russian state are concerned, we can prove at least part of it. So, this vessel must leave France under the EU sanctions.

Michel Balique has spread, since March 2022, false accusations against Ukraine and pro-Ukrainian protesters and disinformation in line with the Kremlin’s narratives in the name of the association of Friends of Tall Ships. The association of which he is the president. 

His campaign aims to discredit the Ukrainian or pro-Ukrainian whistleblowers who oppose the illegal presence of the Russian ship Shtandart in French ports. The boat that Michel Balique promotes. 

This is a Ukrainophobic discourse whose accusations have no basis except for their direct filiation with the Russian cultural elements popularized by Moscow since 2014 and which “justified” the Russian invasion and its crimes in Ukraine.


Lettre des femmes ukrainiennes à Madame Brigitte Macron et à Madame Olena Zelenska concernant l’application des sanctions européennes contre les navires russes, en particulier contre la frégate “Shtandart”

URL courte – https://bit.ly/lettre-shtandart

Texte initialement paru sur le blog de Victoria Nikolenko

Chère Madame Brigitte Macron, Chère Madame Olena Zelenska !

Nous, les femmes ukrainiennes qui vivons en France, nous avons l’honneur de nous adresser à vous. Nous sommes mères, sœurs et filles des fils de l’Ukraine, de ceux qui ont perdu leurs vies et de ceux qui se battent pour protéger leurs familles, pour leur liberté, pour défendre la démocratie et pour les valeurs qui s’opposent à l’agression militaire, à la dictature et à la corruption. Ces valeurs sont aussi celles qui se rapprochent des valeurs de la République française, celles de la Liberté, de l’Égalité et de la Fraternité.

Au bout de huit ans et dix mois de cette guerre horrible, chacune de nous a perdu au moins un membre de notre famille. Nous, les femmes ukrainiennes, celles qui vivent en France depuis plusieurs années, comme celles qui ont été obligées de venir récemment, pour mettre à l’abri ce que nous avons de plus précieux — nos enfants, nous respectons les valeurs de la République et nous travaillons tous les jours pour nous intégrer dans la société française, avec une profonde reconnaissance et un immense respect des valeurs du pays d’accueil.

C’est pourquoi pour nous, il est insupportable de voir le navire russe Shtandart à La Rochelle et dans d’autres ports français. Car non seulement sa présence viole le 5e volet des sanctions européennes adoptées le 8 avril 2022, mais aussi, elle incarne tout ce contre quoi les Ukrainiens se battent tous les jours depuis huit ans et dix mois, en faisant face à l’agression militaire de l’État russe reconnu par le Parlement européen comme un État soutenant le terrorisme.

La France n’a jamais négocié avec les terroristes, et encore moins quand les terroristes continuent leurs crimes. L’armée de l’État russe continue à perpétrer les pires crimes de guerre sur les territoires occupés, et les preuves en sont de plus en plus nombreuses, notamment les faits confirmés des milliers d’enfants ukrainiens déportés en Russie et deux cellules de tortures pour les enfants découvertes après la libération de Kherson par l’armée ukrainienne.

Nous tenons à souligner que Shtandart est avant tout un ambassadeur de l’État russe, et à ce titre, il participe aux différentes manifestations, notamment à l’expédition de la Société russe de géographie en mer Égée, sous le haut patronage du Président russe et financée par le Fond des subventions du Président russe, entre le 8 et le 23 octobre 2021. Cette expédition avait pour objectif, entre autres, de rappeler des projets expansionnistes de l’Empire russe dans la Méditerranée de l’Est.

Le capitaine du Shtandart, Vladimir Martus, n’est pas un opposant du régime poutinien, contrairement à ce qu’il prétend : il n’est pas recherché par les autorités russes, sa famille habite paisiblement à Saint-Pétersbourg et il a eu l’occasion de la rejoindre pour quelques jours entre le début janvier et mi-février 2022.

Enfin, il est très révélateur que le capitaine qui prétend être pro-ukrainien, et même d’origine ukrainienne n’a pas souhaité rencontrer les manifestants ukrainiens, majoritairement femmes et enfants, lors de la manifestation qui a eu lieu à La Rochelle le 11 décembre 2022 et a préféré quitter le Quai d’Honneur du port de La Rochelle, pour revenir le lendemain. Il doit quitter définitivement le port de La Rochelle et les autres ports français, conformément au cinquième volet des sanctions votées par le Parlement européen.

Pour l’instant, toutes les démarches que nous avions faites depuis mai 2022 n’ont donné aucun résultat : nos courriers restaient sans suite, le droit de réponse dans la presse nous a été refusé, notre position n’intéresse pas la presse nationale. Nous sommes désespérées et cette situation devient intolérable. C’est pourquoi nous nous avons besoin de vos conseils pour mettre fin à cette douloureuse affaire.

Nous vous prions de bien vouloir agréer, Mesdames, l’expression de notre très respectueuse considération.

Premières signataires :

  • Viktoriya Nikolenko, docteure en sciences du langage, enseignante de Français langue étrangère, entrepreneuse, Dnipro — Nantes.
  • Asia Millet
  • Victoria Atamanenko (Yegorova), Présidente de l’Association franco-ukrainienne Tryzub – Nantes
  • Diana Tertychna, Kharkiv — Nantes
  • Valentina Dmitrieva, Kyiv — Rennes
  • Olena Kovalenko, Président de l’Association Ukraine-Normandie
  • Natalia Dobryanska, Présidente de l’Association Marseille-Odessa

Лист українських жінок до пані Олени Зеленської та пані Бріжит Макрон стосовно виконання європейських санкцій проти російських суден, зокрема проти фрегата “Штандарт”

Коротка URL-адреса – https://bit.ly/lyst-shtandart

Текст спочатку опублікований у блозі Вікторії Ніколенко.

Шановна пані Олена Зеленська, Шановна пані Бріжит Макрон!

Ми, українські жінки які живуть у Франції, маємо честь звернутися до вас. Ми мами, сестри й дочки синів України, тих, хто втратив життя та тих, хто б’ється, аби захистити свої родини, за свою свободу, щоб захистити демократію та цінності, які не сумісні з військовою агресією, диктатурою та корупцією. Ці цінності є близькими до тих, на яких заснована Французька республіка — Свобода, Рівність та Братерство.

Після восьми років та десяти місяців страшної війни кожна з нас втратила хоча б одного члена своєї родини. Ми, українські жінки, ті, хто живуть у Франції вже багато років і ті, хто вимушено приїхали недавно, аби врятувати тих, хто є для нас найдорожчими — наших дітей, всі ми поважаємо цінності Французької республіки й працюємо щодня, аби інтегруватися у французьке суспільство, з великою вдячністю та глибокою повагою до країни, яка нас прихистила.

Ось чому для нас нестерпно бачити російське судно « Штандарт » в Ла-Рошелі та в інших французьких портах. Оскільки його присутність не тільки порушує п’ятий пакет європейських санкцій, ухвалених 8 квітня 2022 року, а також уособлює в собі все те, проти чого українці ведуть боротьбу щодня, протягом вже восьми років та десяти місяців, коли чинять опір військовій агресії російської держави, яка визнана Європейським парламентом державою, що є спонсором тероризму.

Франція ніколи не вела переговори з терористами, тим більше тоді, коли терористи продовжують свої злочини. Російська армія продовжує чинити жахливі воєнні злочини на окупованих територіях. Докази цього є дедалі численнішими, зокрема підтверджені факти тисяч українських дітей, депортованих в Росію та дві катівні для дітей, знайдені після звільнення Херсону Збройними силами України.

Ми підкреслюємо, що « Штандарт » є перед усім послом російської держави, і саме в цій якості він бере участь в різних заходах, зокрема в експедиції Російського географічного товариства в Егейському морі, під патронажем Президента Росії та фінансованою Фондом президентських грантів, з 8 по 23 жовтня 2021 року. Ця експедиція мала на меті серед іншого нагадати про плани експансії Російської імперії в східному Середземномор’ї.

Капітан « Штандарту », Владімір Мартусь, не є опозиціонером путінського режиму, всупереч тому, що він стверджує: він не перебуває в розшуку з боку російської влади, його родина спокійно живе в Санкт-Петербурзі, і він мав нагоду з нею побачитися протягом кількох днів, в період з початку січня по середину лютого 2022 року.

Нарешті, є дуже показовим той факт, що капітан, який називає себе проукраїнським і навіть стверджує, що має українське походження, уникнув зустрічі з українськими протестувальниками — переважно жінками й дітьми, під час акції протесту, яка відбулася в Ла-Рошелі 11 грудня 2022 року. Він вирішив піти з Почесної пристані в Ла-Рошелі та повернувся наступного дня. Він має остаточно залишити порт Ла-Рошелі та інші французькі порти, згідно з п’ятим пакетом санкцій, ухвалених Європейським парламентом.

Наразі всі кроки, які ми робимо з травня 2022 року, не дали жодних результатів: наші листи залишаються без уваги, нам відмовляють у праві на відповідь у пресі, а наша позиція не цікавить національні медіа. Ми у відчаї, і ця ситуація стає нестерпною. Ось чому нам потрібна ваша порада, щоб покласти край цій болючій справі.

Просимо вас прийняти, шановні пані, наші шанобливі вітання.

Перші підписантки:

  • Вікторія Ніколенко, докторка філологічних наук, викладач французької мови як іноземної, підприємниця, Дніпро — Нант
  • Ася Міллет
  • Вікторія Атаманенко (Егорова), Президентка Франко-української асоціації “Тризуб” — Нант
  • Діана Тертишна, Харків — Нант
  • Валентина Дмитрієва, Київ — Ренн
  • Олена Коваленко, Президентка Асоціації Україна-Нормандія
  • Наталія Добрянська, Президентка Асоціації Марсель-Одеса

Vladimir Martus et la fable du navire russe Shtandart au JT de France 3 Bretagne

Vladimir Martus et son navire, le Shtandart, se jouent des sanctions européennes avec l’aide d’un puissant réseau d’influence franco-russe. France 3 a rendu compte, le 18 mars 2023, du rassemblement vannetais de représentants du collectif #NoShtandartInEurope devant les bureaux de la « (censuré) ». Les organisateurs du festival étaient exhortés à respecter le règlement UE interdisant la présence de tout navire russe dans les ports européens. France 3 s’est aussi fait l’écho des justifications de (censuré) et de Vladimir Martus.
Le discours de ce dernier doit être confronté à des documents, principalement russes, y compris de sa main, montrant comment cet entrepreneur enferme l’opinion de notre pays dans une réalité alternative visant à promouvoir la conduite de ses affaires.

No Shtandart In Europe

Manif contre le Shtandart, Gérard d'Aboville et la Semaine du Golfe
Capture d’écran, JT France 3 Bretagne du 18/03/2023
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Le collectif #NoShtandartInEurope est reconnaissant à France 3 d’avoir rendu compte de son rassemblement sans avoir déformé, interprété de façon tendancieuse, voire inventé ses propos, comportement que certains médias partenaires d’événements maritimes n’ont pas hésité à adopter. Il comprend la difficulté qu’il y a de présenter la complexe affaire du Shtandart en quelques minutes. Il regrette néanmoins que ses exposés détaillés du 18 mars 2023, en français et en ukrainien, sur le texte des sanctions ainsi que sur les liens de Vladimir Martus, le capitaine-propriétaire du Shtandart, avec le régime russe n’aient pas pu être exploités à des fins d’information des téléspectateurs du journal télévisé. Il tient ses dossiers à la disposition de la rédaction de France 3, si celle-ci souhaite investiguer sur le détournement du texte européen au profit d’un navire russe.

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« …privée d’escale dans de nombreuses villes » (France 3)

Le Shtandart, depuis avril 2022, a effectué de nombreuses escales dans les ports français, dont ceux de Bretagne. Sa plainte concerne plutôt le fait de ne pas avoir pu réaliser de prestations commerciales à Lorient, Sète et Bordeaux. Encore que, pour Bordeaux, il ait été réglé du montant prévu au contrat. Ce qui a, peut-être, aussi, été le cas pour Sète, compte tenu de la date très tardive d’annulation.

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« Selon la Préfecture maritime, ce vieux gréement fait l’objet d’une dérogation.  » (France 3)

La Préfecture maritime Atlantique (Premar Brest), n’a pas pu utiliser le terme de « dérogation ». Les dérogations sont limitativement énumérées dans le texte des sanctions à l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014. Elles suivent, de plus, une procédure bien spécifique. Le Shtandart n’y est pas éligible. D’ailleurs, Premar Brest, prudemment, ne parle pas des sanctions. Il s’exprime exclusivement sur la convention SOLAS (voir annexe 1), qui n’est pas la seule convention faisant qu’un navire russe est passible des sanctions. Ajoutons que, selon la Commission européenne, « Les autorités compétentes pour délivrer les autorisations prévues dans le cadre du règlement européen 833/2014 sont les préfets de département « . Il ne s’agit donc pas des préfets maritimes. Ceci peut expliquer pourquoi Premar Brest n’a pas explicitement pris position, contrairement à ce qui a été compris par France 3.

Le Shtandart a été, pour l’instant, exclu du champ des bateaux concernés par les sanctions (voir texte en annexe 2) à la seule initiative de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED). Ce qui est différent, là aussi, d’une dérogation.

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« La réponse est très claire… Il a le droit de stationner dans les ports français. » (censuré)

Gérard d'Aboville et la semaine du Golfe
Capture d’écran, JT France 3 Bretagne du 18/03/2023

Seul le texte des sanctions, est très clair. Selon le paragraphe 1 de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014: « Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situées sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe. »

Semaine du Golfe, texte des sanctioons contre le Shtandart
Capture d’écran, JT France 3 Bretagne du 18/03/2023

En revanche, le sauf-conduit produit par la DNRED, auquel (censuré) fait référence, est particulièrement obscur (voir texte en annexe 2). Car il revient à dire que le navire russe Shtandart n’est pas un navire. Comme nous l’avons annoncé, le 18 mars 2023, nous avons de bonnes raisons de croire que ce sauf-conduit est contesté par le Quai d’Orsay en charge, selon la Commission européenne, de la « coordination générale » des sanctions pour la France.

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« Son capitaine se présente aujourd’hui comme un fervent opposant de Vladimir Poutine. Vladimir Martus a quitté la Russie en 2009 et voyage depuis sur les mers du monde entier ». (France 3)

En 2009, Vladimir Martus a quitté la Russie avec le Shtandart, car il était en infraction avec les règles de sécurité relatives au transport de passagers exigées par Dmitry Atlashkin, directeur du département de la sécurité maritime et fluviale au ministère des transports. Lire sur Komsomolskaïa Pravda «Штандарт» поступает нестандартно” (Le “Shtandard” sort de la boîte). Il ne s’agissait donc pas d’un désaccord avec la politique du président de la Russie. Bien au contraire, puisqu’en juillet 2020, une autorité supérieure à celle du ministère des transports et de la municipalité de Saint-Pétersbourg a clôturé le litige en faveur du Shtandart, le rendant libre de rentrer en Russie sans risque de poursuites. C’est d’ailleurs ce qui figure sur le site web du Shtandart: Ждём «Штандарт» в Петербурге! (Nous attendons le “Shtandart” à Saint-Pétersbourg !). Pour une chronologie complète et documentée de ce litige, lire notre enquête: Shtandart, 2009, le refus de respecter les règles de sécurité, fallacieusement présenté comme une opposition politique au régime de Poutine.

Depuis 2009, le Shtandart ne voyage pas « sur les mers du monde entier » mais seulement sur les mers riveraines des pays européens, où il réalise ses prestations commerciales.

Comme le dit, en russe, Vladimir Martus sur son compte VK, il est rentré à son domicile familial de Saint-Pétersbourg, où habitent sa femme et ses quatre enfants, entre le 4 janvier et le 14 février 2022. Généralement, ainsi qu’il le confiait à Novaïa Gazeta, il préfère retrouver sa famille dans des lieux plus exotiques, où stationne son yacht privé de 34 mètres. Mais, cette fois-là, il devait, selon Michel Balique, refaire son passeport.

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« Depuis 2009, le « Shtandard » est un projet caritatif… » (Vladimir Martus)

Une association caritative est une association d’utilité publique. Elle est régie par la loi du 1er juillet 1901. Son objectif est de porter secours aux démunis.
Cette dernière doit avoir un but non lucratif : les bénéfices que son activité engendre ne doivent pas être partagés entre ses membres.

Legalplace.fr, guide des associations caritatives
Semaine du Golfe, Vladimir Martus
Capture d’écran, JT France 3 Bretagne du 18/03/2023

« Projet caritatif », il s’agit d’une toute nouvelle fantaisie ajoutée, par Vladimir Martus, pour France 3 dans une fable déjà très étoffé. Le Shtandart est une propriété privée détenue par « Shtandart Project », société domiciliée à Saint-Pétersbourg, dont 60% des parts sont détenues par Vladimir Martus. Les 40% restant sont dans les mains d’Andreï Akhmatov , Lidia Plekhanova, Sergueï Neustupov et Sergueï Alekseev. Le Shtandart exerce des activités commerciales et non pas caritatives: tournages de films, prestations pour des festivals maritimes et transport de touristes. « En Europe, on navigue assez sereinement comme un yacht privé.«  (Vladimir Martus 27/07/2018)

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« …et notre mission est maintenant de développer l’amitié entre les différentes nations… » (Vladimir Martus)

« L’amitié entre les peuples », pourquoi recourir de façon si inaproprié à cette « vieille rengaine soviétique » comme le journal Le Monde qualifie cette expression ? Aujourd’hui, l’Ukraine. Hier, l’Afghanistan, Prague, Budapest. « L’amitié entre les peuples », est le refrain que l’on entend quand la Russie fait la guerre. Médiapart en a fait le titre d’une récente série d’articles. Il vise spécifiquement l’usage qu’en fait la propagande russe.

Alors que la guerre se fige à l’est de l’Ukraine, plusieurs voix dénoncent avec fracas un énième épisode colonial russe, ultime avatar de l’impérialisme tsariste puis soviétique, visant à placer Kyiv sous la domination définitive de Moscou.

Médiapart:  « « L’amitié entre les peuples », un mythe en miettes « 
La « mission » du Shtandart et les liens de Vladimir Martus avec le pouvoir russe avant le 24 février 2022.

Lorsqu’en 2014 la Russie a annexé la Crimée et lancé sa guerre dans le Donbass ( 14 000 morts et deux millions de personnes déplacées), Vladimir Martus a interdit d’en parler à bord.

Semaine du Golfe omerta
Extrait de Novaïa Gazeta

Novaïa Gazeta : Ukrainiens à bord – et quelle est la situation politique ?
Vladimir Martus: Toutes ces discussions à bord sont interdites. D’une part, c’est la politique de l’autruche, d’autre part, les discussions ne changeraient rien à la situation. « Il ne faut pas effrayer les autruches, le sol est en béton. La mer n’est pas un environnement où l’on a besoin d’alarmes supplémentaires. 

Novaïa Gazeta «Штандарт»: Если жизнь такая пиратская… – 10 septembre 2014

Lorsqu’il s’exprime en russe et/ou pour des Russes, la « mission » du Shtandart n’est pas celle de « développer l’amitié entre les différentes nations ». Il l’exposait en juillet 2018 sur “Капитан Владимир Мартусь и его воплощенная мечта — фрегат Штандарт” (Le capitaine Vladimir Martus et son rêve devenu réalité): « L’objectif du projet est d’éduquer les jeunes…et de respecter l’histoire de leur patrie… Il convient de noter que nous sommes soutenus par le Comité sur la politique de la jeunesse du gouvernement de Saint-Pétersbourg… La participation à un tel projet est un formidable moyen d’éduquer les jeunes au patriotisme. Un vrai patriotisme… Après tout, le Standard est une histoire incarnée — un pont entre le passé glorieux de l’époque de Pierre Ier et le présent…J’essaie de réaliser à bord l’idéal qu’on m’a enseigné dans le communisme… J’aimerais vraiment garder cet esprit sur le Shtandart, en prenant tout le meilleur de l’Union soviétique… »

Les deux phrases suivantes semblent donc bien s’appliquer à Vladimir Martus et à sa « mission ».

Vladimir Poutine: « Celui qui ne regrette pas l’Union soviétique n’a pas de cœur ».
Stéphane Courtois (historien du communisme): « Il devait redresser un grand pays qui s’est effondré. Il veut reconstituer une espèce de fierté russe »

Public Sénat, 16 février 2018: « Poutine, l’héritier de l’URSS ? »

En octobre 2021, le Shtandart a participé à une mission diplomatique officielle en mer Égée pour « célébrer la gloire de la Russie » en commémorant le 250e anniversaire de la bataille de Tchesmé, « une victoire grandiose sur l’Empire ottoman ». L’expédition, rendant hommage à « une des batailles navales les plus glorieuses de l’histoire militaire russe », était organisée par la Société russe de Géographie dirigée par Sergueï Choïgou, celui qui conduit la guerre en Ukraine. Le président du Conseil d’Administration de la Société de Géographie est Vladimir Poutine. La mission de représentation de la Fédération de Russie s’est déroulée sous le haut patronage de ce même Vladimir Poutine. Elle a été financée, et Martus a donc été payé, par le Fonds de subventions de l’administration présidentielle. Pour une présentation complète et documentée de l’ambassade du Shtandart pour Poutine en mer Égée, lire notre enquête: Octobre 2021, le Shtandart en mission de représentation diplomatique sous les auspices et avec le financement de Vladimir Poutine.

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La « mission » du Shtandart et « l’amitié entre les nations » selon Vladimir Martus, après le 24 février 2022.

Comme le rappelle en permanence, son propriétaire, le Shtandart est une réplique de la frégate de Pierre Le Grand, dont Vladimir Poutine invoque ouvertement l’héritage impérialiste pour susciter l’adhésion de la population russe à cette guerre visant à exterminer l’Etat, la nation et la culture ukrainienne, si ce n’est la population. Ainsi que l’écrit France 24: Vladimir Poutine se revendique de Pierre le Grand pour bâtir un Empire. Cela n’est pas un gage d’amitié.

Vladimir Martus déguisé en Pierre le Grand sur le pont du Shtandart
Vladimir Martus déguisé en Pierre le Grand à bord du Shtandart en pleine guerre russe contre l’Ukraine – Page VK officielle du Shtandart, 28 mars 2023
10 juin 2022
Le président russe Vladimir Poutine établit un parallèle historique entre l’empereur Pierre le Grand à l’époque de la guerre contre la Suède au XVIIIe siècle et la guerre russe en Ukraine.

Les liens de Vladimir Martus avec le pouvoir russe ont été explicites avant le 24 février 2022. Ensuite, si Martus a pu être dérangé par le déclenchement de l’invasion, c’est seulement pour ses conséquences sur la Russie et sur ses propres affaires. Il n’exprime aucune empathie pour l’horreur que vit le peuple ukrainien. La démonstration de Victoria Nikolenko, qui a examiné l’ensemble de ses posts Facebook depuis le 24 février 2022, est sans appel: Vladimir Martus, le capitaine de la frégate russe “Shtandart”, est-il opposant au régime poutinien ? Les déclarations et les faits

Si Arthur Gazzarin, matelot à bord du Shtandart, proclame au journal Libération le 12 janvier 2023 que l’équipage « soutient l’Ukraine » cela ne l’empêche pas d’exposer un faux témoignage contre les Ukrainiens dans le même journal. Ce faux témoignage lui vaut un dépôt de plainte. Pourtant, il ne fait que restituer l’ukrainophobie de Michel Balique qui, avec ses acolytes, Pacciarella, Drageou et Barnier, est à l’origine de la mystification ayant permis au Shtandart de s’établir à La Rochelle. Il est aussi utile de lire la lettre que le député d’Odessa, Oleksiy Goncharenko, membre de la délégation parlementaire ukrainienne au Conseil de l’Europe, a adressée à Jean-François Fountaine, maire de La Rochelle. Il s’y plaignait de la façon dont le réseau du Shtandart malmenait la communauté ukrainienne de La Rochelle, à coup de menaces, de chantage et de harcèlement. L’ukrainophobie est bien consubstantielle au projet visant à imposer la présence du Shtandart dans les ports français.

Semaine du Golfe
Ludovic Pacciarella, "Ludo de La Rochelle", et Boris Lokshin
Ludovic Pacciarella, « Ludo de La Rochelle », et Boris Lokshin

Il faut parler plus en détail de Ludovic Pacciarella, le Rochelais, homme à tout faire, si ce n’est homme de main, de Martus. Comme nous le confiait les services de sécurité de la préfecture de Charente-Maritime, Pacciarella serait un « personnage haut en couleur ». Boris Lokshin, qui a embarqué un mois à bord du navire russe, en donnait, en janvier 2022, une longue description dans son chapitreЛюдо из Ла-Рошели (« Ludo de La Rochelle »). On y découvre un enthousiaste de l’armée soviétique, un homme qui se rend annuellement en Russie pour pratiquer le tourisme sexuel, qui aime les insignes et les marches militaires soviétiques ainsi que l’alcool, en proportion inverse du respect qu’il montre pour les femmes de l’Est. Ce même individu est celui qui a été le président de l’association croupion « Aidons l’Ukraine 17 », laquelle a « invité » le Shtandart à faire de La Rochelle son port d’attache. Pro-russe et pro-Shtandart, adoubé par la municipalité de La Rochelle, il s’autorisait, sans vergogne, à communiquer largement , au nom des Ukrainiens et de l’Ukraine, auprès de médias qui n’y trouvaient rien à redire.

Semaine du Golfe
Vladimir Martus, Shtandart et drapeau ukrainien
Photo, Douarnenez – Le Télégramme, 15/07/2022.

Malgré de très nombreuses mises en garde, l’usage, que fait Vladimir Martus du drapeau ukrainien annexé par son navire russe, est vécu comme une profanation très inamicale par les Ukrainiens. À Camaret, le 15/08/2022, ils sont montés dans les enfléchures du Shtandart pour l’affaler (Voir: Ouest-France et Le Télégramme) .

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« Tous les Russes ne soutiennent pas Vladimir Poutine. A bord du navire nous sommes tous contre ce qu’il est en train de faire en Ukraine. » (Vladimir Martus)

Olga Starkova réside à Moscou. Elle intervient sur la page VK Фрегат «Штандарт». Peut-être en est-elle administratrice ou co-administratrice? Toujours est-il qu’elle veille à présenter un contenu en phase avec le narratif de Vladimir Martus en demandant ouvertement aux intervenant de faire en sorte que leurs publications restent politiquement correctes, sans quoi elle les effaçerait prestement. Pourtant, les premiers résultats de nos recherches semblent montrer une personne proche de l’ultra-droite nationaliste à laquelle appartiennent les milices russes qui ont lancé la guerre du Kremlin dans le Donbass en 2014. Sur VK, elle fait appel à des dons pour des soldats de la DNR, «République Populaire de Donetsk ». Elle dit aussi avoir acheté 27 drapeaux pour ces mêmes soldat. Elle pleure la mort de Daria Douguina: « Dasha vit dans nos coeurs et maintenant dans un monde où vit la Vraie Lumière ». Elle pleure la mort d’une compatriote, membre du parti ultra-nationaliste L’Autre Russie. Les slogans du parti L’Autre Russie sont : « Россия – всё! Остальное – ничто! » (La Russie est tout, le reste n’est rien !) « Нация! Родина! Социализм!» (Nation ! Patrie ! Socialisme !) « Да, Смерть!» (Oui, la Mort !). Quand la Russie annexe quatre oblasts de l’Est de l’Ukraine, elle proclame :  » Bienvenue chez vous, Donbass, nous vous attendions ». Elle se gausse du fait que les Ukrainiens n’auront bientôt de l’essence que pour faire des cocktails Molotov, etc.

Vladimir Martus ne s’est pas opposé aux attentats qui ont porté Poutine au pouvoir, à la deuxième guerre de Tchétchénie, à la guerre de Géorgie, à l’annexion de la Crimée, à la guerre dans le Donbass et à la guerre en Syrie. Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, il prétend que Poutine serait le seul responsable. Mais ce n’est exact ni en termes d’auteurs de crimes ou de déportations forcées, ni en termes d’opinion russe.

Il est commercialement logique que Martus, aujourd’hui, exprime de la sympathie pour l’Ukraine. Toutes les officines russes ou pro-russes, qui désirent poursuivre leurs affaires en France, même lorsqu’elles ne sont pas interdites par les sanctions, le font. C’est le cas de Marine Le Pen, financée, elle aussi, par le Kremlin.

Shtandart: Marine Le Pen affiche les couleurs ukrainiennes. Semaine du Golfe

Martus va beaucoup loin. Il exploite les crimes russes commis en Ukraine comme un outil marketing pour son navire, symbole de l’impérialisme russe. A ce titre, il faut lire le courrier de Victoria Nikolenko « À l’attention des organisateurs de “L’Armada Rouen 2023”« .

Bernard Grua

Porte-parole du collectif #NoShtandartInEurope, Lieutenant de Vaisseau (R), Breton du Morbihan, navigateur féru de patrimoine maritime, cofondateur et  ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc.

Lettre des femmes ukrainiennes à Madame Brigitte Macron et à Madame Olena Zelenska concernant l’application des sanctions européennes contre les navires russes, en particulier contre la frégate “Shtandart”

Signez la « Lettre des femmes ukrainiennes à Mme Brigitte Macron et à Mme Olena Zelenska » demandant l’application effective du 5e volet des sanctions au navire russe Shtandart.

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Annexes


A1: Position de la Préfecture maritime de l’Atlantique (Premar Brest)

« Le cas du Shtandart est suivi de près par le secrétariat général de la mer parce qu’il suscite des questions, indique un porte-parole de la préfecture maritime d’Atlantique. Il est considéré comme un navire-école, réplique d’une frégate du XVIIIe siècle. Le capitaine est considéré comme un opposant au régime russe. La Direction générale des affaires maritimes place le navire hors du champ de la Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (Solas) au regard de son statut de navire historique traditionnel, mais on lui demande d’éviter d’arborer le pavillon russe lors des fêtes nautiques. »

La Croix — Raphaël Baldos, le 18/03/2023 à 07:28

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A2: Position de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED)

Semaine du Golfe position dnred

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A3: Texte de la vidéo de France 3

Le Standard continue de faire des vagues – Yoann Etienne, Stéphane Izad.

Ils sont une trentaine de manifestants réunis pour protester contre la venue du « Shtandart » à la prochaine (censuré). Ce collectif estime que la présence du bateau russe est illégale du fait des sanctions prises par l’Union européenne en avril 2022, notamment cette directive interdisant l’accès aux ports européens à tout navire immatriculé sous pavillon russe.

« Nous demandons, bien évidemment, aux organisateurs de la (censuré) d’agir moralement puisque ces sanctions ont été prises suite aux massacres de Boutcha et d’agir en tant que citoyen en respectant la loi européenne qui s’impose à tous. »

Bernard Grua, porte-parole de #NoShtandartInEurope

Durant l’été 2022, cette réplique du navire amiral russe du tsar Pierre le Grand a été privée d’escale dans de nombreuses villes comme Lorient, mais sa situation s’est depuis éclaircie. Selon la Préfecture maritime, ce vieux gréement fait l’objet d’une dérogation. Du fait de son caractère historique et patrimonial, le « Shtandart » est aujourd’hui autorisé à accoster dans les ports français.

La réponse est très claire. Le « Shtandart » n’est pas un navire de charge. Ce n’est pas un navire de plaisance. Il a le droit. C’est un navire de conception ancienne. Il a le droit de stationner dans les ports français.

(censuré), Commissaire général de la (censuré)

Son capitaine se présente aujourd’hui comme un fervent opposant un Vladimir Poutine. Vladimir Martus a quitté la Russie en 2009 et voyage depuis sur les mers du monde entier. Lui et son équipage se disent aujourd’hui totalement indépendants (?) du régime russe.

Depuis 2009, le « Shtandard » est un projet caritatif et notre mission est maintenant de développer l’amitié entre les différentes nations. Tous les Russes ne soutiennent pas Vladimir Poutine. A bord du navire nous sommes tous contre ce qu’il est en train de faire en Ukraine.

Vladimir Martus, capitaine-propriétaire du Shtandart

Après la (censuré), le « Shtandart » devrait faire également escale cet été à Brest à Saint-Brieuc ou encore à Paimpol pour le Festival du Chant de Marin. Le collectif d’opposants prévoit d’autres manifestations pour s’opposer à sa venue dans les différents ports bretons.

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Sanctions : courriers échangés avec l’OMI pour obtenir confirmation du fait que le navire russe Shtandart relève bien du champ d’application des conventions internationales pertinentes.

Sous la pression d’un groupe de pression pro-russe, l’agence gouvernementale française chargée de contrôler le respect des sanctions prétend que le navire russe  » Shtandart  » peut contourner la réglementation européenne car il ne s’agirait pas d’un navire entrant dans le champ d’application des conventions internationales pertinentes. La question a été posée à l’Organisation Maritime Internationale (OMI).

De: Media <media@imo.org>
Objet: Rép. : Demande d’information sur le statut du Shtandart
Date: 28 mars 2023 à 14:05:19 UTC+2

Cher R.

Suite à mon email de ce matin, j’aimerais apporter les précisions suivantes :
Nous ne savons pas à quel navire et les détails du navire auquel vous faites référence.
Cependant, les navires exclus de la Convention SOLAS (chapitre I, règle 3) sont les suivants :

Outlook-02robvh1.png

Nous ne pouvons pas offrir d’interprétation de la Convention SOLAS ou d’autres traités – c’est la compétence des parties.

Les navires à passagers relevant de la Convention SOLAS sont ceux qui transportent plus de 12 passagers effectuant des voyages internationaux, les navires bénéficiant d’un service gouvernemental sont exemptés.

Bien cordialement,
Nadia


De: Media <media@imo.org>
Objet: Rép. : Demande d’information sur le statut du Shtandart
Date: 28 mars 2023 à 12:38:57 UTC+2

Cher R.

Merci pour votre email.

Il semble qu’il y ait deux navires identifiés sous le même nom : l’un d’entre eux serait un voilier de formation, et l’autre, un yacht à moteur privé.

Nous n’avons aucune information sur nos systèmes autre que ce que nous avons partagé concernant le navire SHTANDART au numero OMI 9816828. S’il s’agit d’un autre navire, nous n’avons pas d’autres informations sur notre système.  

Généralement, les traités de l’OMI, par exemple la Convention SOLAS, couvrent les navires effectuant des échanges commerciaux. Si tous les navires doivent se conformer, par exemple, aux règles de navigation et aux règles pour prévenir les abordages en mer, d’autres traités et règles, notamment relatifs à certains équipements obligatoires ou à la responsabilité et à l’indemnisation, s’appliquent aux navires effectuant des échanges commerciaux, par exemple le transport de passagers à des fins commerciales au niveau international(ex. navires de croisière), ou le transport international de marchandises. 

Les navires affrétés pour un usage privé ne relèvent pas de la plupart des traités de l’OMI, ni les navires au service du gouvernement. S’il s’agit d’un navire privé à usage privé, le navire devra se conformer aux règles fixées par le pavillon d’immatriculation.  

J’espère que cela vous aidera, nous restons à votre disposition pour tout demande de renseignement,

Bien cordialement,
Nadia 


From: R.
Sent: 27 March 2023 14:12
To: Media <media@imo.org>
Subject: Demande d’information sur le statut du Shtandart

Bonjour, 

Pourriez-vous me confirmer que le navire russe Shdandart est bien un navire selon les conventions maritimes internationales ? 

Ce navire fait l’objet d’interrogations sur son statut : les autorités françaises indiquent qu’il n’est pas concerné par les sanctions européennes contre la Russie, tandis que des organisations françaises et ukrainiennes protestent contre sa présence dans les eaux françaises.

Bien cordialement, 


Annexes


Liste des conventions selon l’OMI

https://www.imo.org/fr/about/Conventions/Pages/ListOfConventions.aspx

Conventions de l’OMI de première importance

  • Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, telle que modifiée (SOLAS)
  • Convention internationale de 1973 pour la prévention de la pollution par les navires, telle que modifiée par les Protocoles de 1978 et de 1997 (MARPOL)
  • Convention internationale de 1978 sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille, telle que modifiée (STCW), y compris les amendements de 1995 et les Amendements de Manille de 2010

Autres conventions relatives à la sécurité maritime, à la sûreté maritime et à l’interface navire/port

  • Convention sur le Règlement international de 1972 pour prévenir les abordages en mer (COLREG)
  • Convention visant à faciliter le trafic maritime international, 1965 (FAL)
  • Convention internationale de 1966 sur les lignes de charge (LL)
  • Convention internationale de 1979 sur la recherche et le sauvetage maritimes (SAR)
  • Convention pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime, 1988 (SUA), et le Protocole de 1988 pour la répression d’actes illicites contre la sécurité des plates-formes fixes situées sur le plateau continental (ainsi que les Protocoles de 2005)
  • Convention internationale de 1972 sur la sécurité des conteneurs (CSC)
  • Convention portant création de l’Organisation internationale de télécommunications mobiles par satellites (Convention IMSO), 1976 
  • Convention internationale de Torremolinos sur la sécurité des navires de pêche, 1977 (SFV),  remplacée par le Protocole de Torremolinos de 1993, puis par l’Accord du Cap de 2012 sur la mise en œuvre des dispositions du Protocole de Torremolinos de 1993 relatif à la Convention internationale de Torremolinos sur la sécurité des navires de pêche
  • Convention internationale de 1995 sur les normes de formation du personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (STCW-F)
  • Accord de 1971 sur les navires à passagers qui effectuent des transports spéciaux (Accord STP) 
  • Protocole de 1973 sur les emménagements à bord des navires à passagers qui effectuent des transports spéciaux

Autres conventions relatives à la prévention de la pollution des mers

  • Convention de 1972 sur la prévention de la pollution des mers résultant de l’immersion de déchets (Convention de Londres(et le Protocole de Londres de 1996)
  • Convention internationale de 1990 sur la préparation, la lutte et la coopération en matière de pollution par les hydrocarbures (OPRC)
  • Protocole de 2000 sur la préparation, la lutte et la coopération contre les événements de pollution par les substances nocives et potentiellement dangereuses (Protocole OPRC-HNS) 
  • Convention internationale de 2001 sur le contrôle des systèmes antisalissure nuisibles sur les navires (AFS)
  • Convention internationale de 2004 pour le contrôle et la gestion des eaux de ballast et sédiments des navires 
  • Convention internationale de Hong Kong pour le recyclage sûr et écologiquement rationnel des navires, 2009

Conventions relatives à la responsabilité et à l’indemnisation

  • Convention internationale de 1969 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (CLC)
  • Protocole de 1992 modifiant la Convention internationale de 1971 portant création d’un Fonds international d’indemnisation de 1992 pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures (Fonds de 1992)
  • Convention de 1971 relative à la responsabilité civile dans le domaine du transport maritime de matières nucléaires (NUCLEAR 1971)
  • Convention d’Athènes de 1974 relative au transport par mer de passagers et de leurs bagages (PAL 1974)
  • Convention de 1976 sur la limitation de la responsabilité en matière de créances maritimes (LLMC)
  • Convention internationale de 1996 sur la responsabilité et l’indemnisation pour les dommages liés au transport par mer de substances nocives et potentiellement dangereuses (Convention SNPD) (et son Protocole de 2010)
  • Convention internationale de 2001 sur la responsabilité civile pour les dommages dus à la pollution par les hydrocarbures de soute 
  • Convention internationale de Nairobi sur l’enlèvement des épaves, 2007 

Autres sujets

  • Convention internationale de 1969 sur le jaugeage des navires (Jaugeage 1969)
  • Convention internationale de 1989 sur l’assistance (SALVAGE)

Liste des conventions pertinentes selon le gouvernement français

https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000033859249/2015-08-15

Article 120.2

Version en vigueur du 04 décembre 2014 au 14 février 2016

Modifié par ARRÊTÉ du 1er décembre 2014 – art. 2

Conventions internationales pertinentes

Au titre du présent règlement, on entend par « conventions internationales pertinentes » les conventions suivantes :

Conventions adoptées par l’Organisation maritime internationale

Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, SOLAS 1974, telle qu’amendée, et publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 23 mai 1980 ;

Protocole de 1978 relatif à la convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, SOLAS protocole 1978, telle qu’amendée et publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 13 mai 1981 ;

Protocole de 1988 relatif à la convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, SOLAS protocole 1988, telle qu’amendée et publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 27 novembre 1995 ;

Convention internationale pour la prévention des abordages en mer, COLREG 1972, telle qu’amendée et publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 6 juillet 1977 ;

Protocole de 1978 relatif à la convention internationale de 1973 pour la prévention de la pollution par les navires, MARPOL 73/78, telle qu’amendée et publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 6 août 1981 :
Annexe I de MARPOL 73/78 ;
Annexe II de MARPOL 73/78 ;
Annexe III de MARPOL 73/78 ;
Annexe IV de MARPOL 73/78 ;
Annexe V de MARPOL 73/78 ;
Protocole de 1997 relatif à la convention internationale de 1973 pour la prevention de la pollution par les navires, MARPOL 73/78 Protocole 1997, telle qu’amendée et publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 26 mai 2010 :
Annexe VI de MARPOL 73/78 ;

Convention internationale sur les lignes de charge de 1966, LL 1966 publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 20 janvier 1969 ;

Protocole de 1988 relatif à la convention internationale sur les lignes de charge de 1966, LL Protocole 1988, publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 24 janvier 2001 ;

Convention internationale pour la jauge des navires de 1969, TONNAGE 1969 ;

Convention internationale sur la sécurité des conteneurs de 1972, CSC 1972, telle qu’amendée et publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 9 septembre 1977 ;

Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille de 1978, STCW 1978, telle qu’amendée ;

Convention internationale pour le contrôle des systèmes anti-salissures de 2001, AFS 2001, publiée par décret du ministère des affaires étrangères et européennes du 3 novembre 2008.

Conventions adoptées par l’Organisation internationale du travailConvention n° 126 sur le logement à bord des navires de pêche, adoptée le 21 juin 1966 et publiée par décret n° 72-779 du 18 août 1972 ;

Convention du travail maritime 2006 (CTM), adoptée le 23 février 2006 et publiée par la loi n° 2012-1320 du 29 novembre 2012 autorisant la ratification de la convention du travail maritime de l’Organisation internationale du travail.

Vladimir Martus and the Russian ship « Shtandart » case for Dummies

The ship « Shtandart » occupies French ports promoting an attractive Russian culture in spite of sanctions adopted following Bucha atrocities. Staging a fiction in a perpetual creation, relayed by subjugated media, when they do not add their own fantasy, Vladimir Martus, its captain owner, manages successfully his commercial activities in our country. He benefits from numerous supports from the local authorities as well as from the French and Russian state apparatus.
This case and its protean network are becoming more complex every day. By answering four short questions, we will try, nevertheless, to draw a very brief synthesis.

Why is France facing « Shtandart » occupation in unusual proportions?

Banished from the other ports of the Union, the « Shtandart » vessel, a replica of Peter the Great’s flagship frigate, saw its field of operations restricted to a very accommodating France. It is now based in La Rochelle. Since June 2022, it has been hired as a commercial service provider by many traditional sailing festivals held, or to be held, in French ports. However, such a presence seems to be incompatible with the fifth round of sanctions decided unanimously by EU member states after the atrocities committed by Russian armed forces in Bucha and other places under Russian occupation. Indeed, since April 16, 2022, entry into European ports is prohibited to any Russian vessel.

Why is frigate « Shtandart » a « Russian vessel » within sanctions scope?

Assuming that « Shtandart », despite its passenger transport activities, especially since June 2022, does not fall under the SOLAS Convention (« Safety Of Life At Sea »), it is nevertheless concerned by numerous relevant international maritime conventions, allowing to define what is a vessel according to article 3ea paragraph 3 subparagraph « a » of the Council Regulation (EU) No 833/2014 consolidated text. Therefore, it becomes very difficult to consider that the frigate Shtandart, whose flag of registration is that of the Russian Federation, is not a vessel. Let us add that the same vessel cannot, in our opinion, be excluded simultaneously from subparagraphs « a » and « b » of Chapter 3 of the aforementioned article 3ea.

  1. It shall be prohibited to provide access, after 16 April 2022, to ports and, after 29 July 2022, to locks in the territory of the Union, to any vessel registered under the flag of Russia, with the exception of access to locks for the purpose of leaving the territory of the Union.
  2. For the purposes of this Article, with the exception of paragraph 1a, a ‘vessel’ means:
    (a) a ship falling within the scope of the relevant international conventions;
    (b) a yacht, of 15 metres in length or more, which does not carry cargo and carrying no more than 12 passengers; or
    (c) recreational craft or personal watercraft as defined in Directive 2013/53/EU of the European Parliament and of the Council
Quotation from Consolidated text: Council Regulation (EU) No 833/2014 of 31 July 2014 concerning restrictive measures in view of Russia’s actions destabilising the situation in Ukraine

Why can « Shtandart » engage into commercial activities in France?

The European text does not recognize any derogation or exclusion for historical replicas, training ships, or even ships proclaiming themselves, since February 27, 2022, as « opponents » of the Russian regime. The document of the « National Authority of Intelligence and Customs Investigations » (DNRED), in exhibit, uses the terms « listed entities » and « categories » which do not appear in the said European regulation aiming at exhaustiveness. Limiting itself to cargo vessels of 500 GT and more, as well as to recreational vessels, the letter from the DNRED is a misleading rewriting of the text of the sanctions, in a restrictive and circumventing sense.

We have good reason to believe that this manipulation was inspired by the lobby group working for the Russian ship « Shtandart ». The conditions of its endorsement by the French authorities raise questions, especially since EU Council added the violation of restrictive measures to the list of EU crimes on November 28, 2022. Our committee is in touch with the « Quai d’Orsay » (French MFA), the European Commission and the International Maritime Organization (IMO) concerning this diversion, contrary to the European legislator intention. The first elements of response received lead us to believe that our analysis is not unfounded.

Why is Vladimir Martus, captain-owner of « Shtandart », a fake opponent to Putin’s regime?

We think that the French intelligence services should be interested in the results of our analysis of Russian texts, including those from the hand of Vladimir Martus, the captain-owner of the « Shtandart ». These show that this Russian citizen is not the opponent he claims to be since 2009. On the contrary, he is close to the circles of Russian power. As an example, we will simply mention, here, his official embassy, in October 2021, in the Aegean Sea, organized by the « Russian Geographical Society », headed by Sergei Shoigu, sponsored by Vladimir Putin and financed by the Presidential Grants Fund.

Please, sign the "Letter of Ukrainian women to Mrs. Brigitte Macron and Mrs. Olena Zelenska" demanding the effective application of the 5th round of sanctions to the Russian ship "Shtandart" (French and Ukrainian).

Please, sign the « Letter of Ukrainian women to Mrs. Brigitte Macron and Mrs. Olena Zelenska » demanding the effective application of the 5th round of sanctions to the Russian ship « Shtandart » (French and Ukrainian).

Bernard Grua

Spokesman of the #NoShtandartIneurope committee, French Navy Lieutenant (reserve), co-founder and former spokesman of the « No Mistrals for Putin » international committee, contributor to Laurent Chamontin’s book « Ukraine and Russia, to understand », contributor to « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc

Young students of Kropyvnytskiy, Ukraine, in a shelter, during an alert to russian bombing. They oppose to the violation of sanctions by "Shtandart".
Young students of Kropyvnytskiy, Ukraine, in a shelter, during an alert to russian bombing. They oppose to the violation of sanctions by « Shtandart ».

Exhibit

Letter from the « National Authority of Intelligence and Customs Investigations » (DNRED) to the organizers of the « Gulf of Morbihan week » festival.

Dear Madam,
The Russian vessel SHTANDART is known to our services. To our knowledge, it does not belong to a listed entity.
Since April 16, 2022, we are regularly questioned about its situation, given the entry into force of new rules applicable to Russian vessels: under article 3ea of the Council Regulation (EU) No 833/2014 consolidated text concerning restrictive measures in view of Russia’s actions destabilising the situation in Ukraine, « it is be prohibited to provide access, after 16 April 2022, in the territory of the Union, to any vessel registered under the flag of Russia« .
A document from the « Directorate General of Treasury » (DGT), includes the scope of the sanctions to the following categories of vessels:

  • a vessel falling within the scope of the relevant international conventions (the SOLAS, MARPOL or International Convention on Load Lines). In practice, this means vessels of 500 GT and above (from the smallest to the largest) that are operating commercially in international navigation;
  • a yacht of 15 meters or more in length, not carrying cargo and not carrying more than twelve passengers;
  • or (c) a recreational craft or personal watercraft as defined in Directive 2013/53/EU of the European Parliament and of the Council (*5).

The local maritime authorities, including those of La Rochelle, have classified the vessel as a « traditionally built vessel » outside the scope of Regulation (EU) 833/2014, as it is not considered a « pleasure craft » or a « cargo ship », which de facto excludes it from the categories of vessels subject to the scope of Regulation (EU) 833/2014 as amended. This classification has not been challenged by the DGT.
Yours sincerely
CP Division – International Sanctions
National Authority of Intelligence and Customs Investigations
Customs Investigations Department

Vladimir Martus et l’affaire du navire russe « Shtandart » pour les Nuls

Le navire « Shtandart » occupe les ports français y promouvant une culture russe attractive en dépit des sanctions prises à la suite des massacres de Boutcha. Mettant en avant une fiction en perpétuelle création, relayée par des médias subjugués, quand ils n’y ajoutent pas leur propre fantaisie, Vladimir Martus, son capitaine propriétaire, y conduit fructueusement ses activités commerciales. Il bénéficie de nombreux soutiens tant au sein des autorités locales que des appareils d’Etat français et russe.
Cette affaire et son réseau protéiforme se révèlent, chaque jour, plus complexes. En répondant à quatre courtes questions, nous tenterons d’en faire, ici, une très brève synthèse introductive.

Pourquoi la France fait-elle face à la présence du « Shtandart » dans des proportions inusitées ?

Banni des autres port de l’Union, le « Shtandart », réplique de la frégate amirale de Pierre Le Grand, a vu son champ d’opérations restreint à une France très accomodante. Il est maintenant basée à La Rochelle. Depuis juin 2022, il est retenu comme prestataire commercial par de nombreux festivals de voile traditionnelle se tenant, ou devant se tenir, dans les ports français. Pourtant, une telle présence semble bien incompatible avec le cinquième volet des sanctions décidé à l’unanimité des États membres de l’Union européenne après les massacres russes de Boutcha en Ukraine. En effet, depuis le 16 avril 2022, l’entrée dans les ports européens est interdite à tout navire russe.

À supposer que le « Shtandart », en dépit de ses activités de transport de passagers, particulièrement depuis juin 2022, ne relève pas de la convention SOLAS (« sauvegarde de la vie humaine en mer »), il n’en est pas moins concerné par nombre de conventions maritimes internationales pertinentes, permettant de définir ce qu’est un navire selon le paragraphe 3 alinéa « a » de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié. Dès lors, il devient très difficile de considérer que la frégate Shtandart, dont le pavillon d’immatriculation est celui de la Fédération de Russie, n’est pas un navire. Ajoutons que ce même navire ne peut pas, à notre avis, être exclu simultanément des alinéas « a » et « b » du chapitre 3 de l’article 3 sexies bis précité. 

  1. Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union.
  2. . Aux fins du présent article, à l’exception du paragraphe 1 bis, on entend par navire:
    a)  un navire relevant du champ d’application des conventions internationales pertinentes;
    b) un yacht d’une longueur égale ou supérieure à 15 mètres, ne transportant pas de marchandises et ne transportant pas plus de douze passagers; ou
    c) un bateau de plaisance ou un véhicule nautique à moteur au sens de la directive 2013/53/UE du Parlement européen et du Conseil.
Extrait de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié, portant sur les sanctions à l’égard des navires russes

Pourquoi le « Shtandart » peut-il se livrer à des activités commerciales en France ?

Le texte européen ne reconnaît aucune dérogation ou exclusion pour les répliques historiques, les navires-écoles, voire les navires se proclamant, depuis le 27 février 2022, « opposants » au régime russe. Le document de la « Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières » (DNRED), en annexe, fait usage des termes « entités listées » et « catégories » qui ne figurent pas dans le dit règlement européen, lequel vise à l’exhaustivité. Se limitant aux navires de charge de 500 GT et plus, ainsi qu’aux navires de plaisance, le courrier de la DNRED est une réécriture trompeuse, dans un sens restrictif et de contournement, du texte des sanctions.

Nous avons de bonnes raisons de croire que cette manipulation a été inspirée par le groupe de pression œuvrant pour le navire russe « Shtandart ». Les conditions de son endossement par la haute administration française posent question, d’autant que, depuis le 28 novembre 2022, l’UE a criminalisé le viol des sanctions. Notre collectif est en liaison avec le Quai d’Orsay, la Commission européenne et l’OMI concernant ce détournement de l’esprit du législateur européen. Les premiers éléments de réponse reçus nous laissent penser que notre analyse n’est pas dénuée de fondement.

Pourquoi Vladimir Martus, capitaine-propriétaire du « Shtandart », est-il un faux opposant au régime de Poutine ?

Nous pensons que les services de renseignement français devraient s’intéresser au résultat de nos analyses des textes russes, y compris ceux de la main de Vladimir Martus, le capitaine-propriétaire du « Shtandart ». Ceux-ci montrent que ce citoyen russe n’est pas l’opposant qu’il prétend être depuis 2009. Il est, au contraire, proche des cercles du pouvoir russe. À titre d’exemple, nous mentionnerons simplement, ici, son ambassade officielle d’octobre 2021 en mer Égée, organisée par la « Société russe de Géographie », dirigée par Sergueï Choïgou, parrainée par Vladimir Poutine et financée par le fonds de subvention de l’administration présidentielle russe.

Bernard Grua

Porte-parole du collectif #NoShtandartIneurope, Lieutenant de Vaisseau (R), cofondateur et  ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc.

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Signez la pétition demandant l’application effective du 5e volet des sanctions au navire russe Shtandart:


Lettre de la « Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières » (DNRED) aux organisateurs de la « (censuré) ».

Semaine du Golfe position dnred