Chapursan, quand la nuit de Zoodkhun dévoile l’univers

Eloigné de toute source de pollution, y compris lumineuse, Zoodkhun, village de haute montagne situé au bout de la vallée de Chapursan, est un lieu exceptionnel pour observer le ciel nocturne.

Publicités
Zoodkhun, les rayons du soleil descende dans la vallée de Chapursan
Zood Khun, crêtes occidentales, la lumière descend dans la vallée 05:45, début Août

La porte vers un autre monde sans limites

Aux confins de l’Asie Centrale et au bout de l’étroite vallée de Chapursan, Zoodkhun est entouré sur trois côtés par les hautes montagnes du Karakoram, de l‘Hindou Kusch et du Pamir. Dès la fin du crépuscule, s’impose le sentiment d’être dans un milieu quasiment clos plutôt que dans un large espace encerclé par les bords inférieurs d’une voûte céleste dont l’observateur se trouverait au centre. En levant les yeux, il lui semble que le vrai monde ne se trouve pas sur la planète où il se tient. Celle-ci n’en serait qu’une infime cellule. Car la nuit n’est ni noire, ni bleue. Elle n’est pas «une». Elle n’est pas un couvercle. Elle n’existe pas. C’est un jour différent. Le jour d’un univers gigantesque et brillant.

Zoodkhun, à lheure ou les étoiles s'allument
Les dernières lueurs du soleil n’ont pas encore disparu. Mais l’air est tellement pur qu’ une multitude d’étoiles est déjà visible .
Continuer à lire … « Chapursan, quand la nuit de Zoodkhun dévoile l’univers »

Route de la soie numérique en Afghanistan

Des ingénieurs chinois dans le corridor du Wakhan afghan en vue d’un raccordement par fibre optique de Pékin à Faizabad (Badakhshan)

Selon une publication d’un résident de Qalah i Panja, des ingénieurs chinois ont entrepris, en octobre 2018, des études technique afin de raccorder Pékin à Faizabad (Badakhashan) par fibre optique via le corridor du Wakhan Afghan.
La stabilité de cette région, pour l’instant épargnée d’une présence des Talibans, fera donc, dorénavant, ouvertement partie des préoccupations de Pékin.

Afghan et ingénieurs chinois dans le corridor du Wakhan en vue d'un raccordement par fibre optique.

La Karakoram Highway, prototype du schéma colonial de la Nouvelle Route de la Soie dans un Etat à la légitimité et à la souveraineté fragilisées?

La «Belt and Road Initiative» (BRI) chinoise, appelée aussi la Nouvelle Route de la Soie, est une réalisation en devenir suscitant de nombreuses interrogations. Pourtant, au Pakistan, la Karakoram Highway mise en service en 1979 pourrait fournir quelques éléments de réponse. Dans ce pays, parallèlement à une souveraineté vulnérabilisée, on y observait, jusqu’à ces derniers mois, un discours religio-nationaliste à géométrie variable et un coûteux état de guerre ouverte ou larvée semblant assurer, à ce jour, une forme de cohésion nationale. Ce discours et cet état de guerre ont, néanmoins, accru l’isolement international du Pakistan et renforcé sa dépendance vis a vis du parrain chinois ainsi qu’indirectement posé les racines de potentielles fractures entre le Nord et le Sud du territoire.

Cartes du Pakistan (source: MAE France) et de la Karakoram Highway (source: Wikipedia)
Cartes du Pakistan (source: MAE France) et de la Karakoram Highway (source: Wikipedia)

Sommaire

1. La Karakoram Highway est un lien indispensable pour les établissements pakistanais de haute altitude mais aussi une importante et prometteuse artère économique pour l’économie chinoise.
2. Le support attentif et «amical» de la Chine assure le bon fonctionnement de la KKH en l’absence d’un Etat Pakistanais défaillant.
3. Dans le Nord, sur le tracé de la KHH, Islamabad abandonne nombre d’autres de tâches de service public normalement à la charge d’un Etat. Sa légitimité s’en trouve fragilisée.
4. Islamabad conserve une certaine unité nationale grâce à un discours islamique et tourné contre Israël ainsi que grâce à un état de guerre justifié par l’entretien du conflit cachemiri.
5. Les outils, spécifiques et limités, de la cohésion nationale pakistanaise peuvent, à terme, avoir des conséquences contraires au but poursuivi.
6. Conclusion : le Pakistan et le nouvel ordre centre-asiatique ?
7. Remerciements.

1. La Karakoram Highway est un lien indispensable pour les établissements pakistanais de haute altitude mais aussi une importante et prometteuse artère économique pour l’économie chinoise.

Derniers lacets avant le col de Kunjerab (4 693 m) sur la Karakoram Highway
Derniers lacets avant le col de Kunjerab (4 693 m) sur la Karakoram Highway – Photo B. Grua 2018

La Karakoram Highway (KKH) part d’Islamabad dans le Pendjab pakistanais pour rejoindre Kachgar dans le Xinjiang chinois à travers des environnements spectaculaires dont la grandeur et l’âpreté ont peu d’équivalents dans le monde. Suivant principalement une partie du cours du fleuve Indus puis celui de la rivière Hunza, elle s’étire, dans la haute altitude de jeunes montagnes, sur des pentes particulièrement instables souvent composées de sables, de graviers et d’errantes masses rocheuses, dans une zone à forte activité sismique. La KKH est donc en permanence victime d’éboulements et de glissements de terrain obstruant, voire détruisant, une voie vitale reliant les peuplements du Nord du Pakistan. Certains tronçons doivent être dégagés et remis en état régulièrement. Ils doivent, parfois, être reconstruits quand une section de la route a disparu.

Sost, camion en attente de chargement le long de la Karakoram Highway © Bernard Grua

Sost, poste douanier pakistanais en aval du Col de Kunjerab, frontière avec la Chine. Camions en attente de chargement le long de la Karakoram Highway – Photo B. Grua 2018

Cette artère n’en est pas moins importante pour la Chine. Elle relie ses territoires occidentaux (et continentaux) à l’Océan indien. Elle lui donne, de plus, accès à un marché voisin, pour l’instant peu solvable, mais comptant environ deux cent millions de clients potentiels.

Continuer à lire … « La Karakoram Highway, prototype du schéma colonial de la Nouvelle Route de la Soie dans un Etat à la légitimité et à la souveraineté fragilisées? »

Quelques réflexions sur le rassemblement nantais contre l’antisémitisme

Le mardi 19 février 2019 s’est tenu, à Nantes, au monument des 50 otages, un rassemblement calme et apolitique contre l’antisémitisme. Très peu de jeunes étaient présents. La très large majorité des participants avait plus de 50 ans.

Certains disaient que plus d’un millier de participants se sont rassemblées. Ce n’est pas impossible. Mais l’événement semblait largement improvisé. Il n’avait rien d’une manifestation. Il n’y avait pas de mégaphone. Il n’y avait aucun visuel. Aucune force policière, aucun service d’ordre n’était perceptible. Quelques très rares personnes portaient de petites pancartes. Elles étaient invisibles. De toute façon, l’endroit était fort mal éclairé. La chaîne de télévision France 3 était présente, mais avec un matériel très léger. Peut-être y a-t-il eu quelques discours de personnes montées sur le sous bassement du monument? Toutefois, elles n’étaient pas audibles. A deux reprises, le premier couplet de la Marseillaise a été entonné avec timidité.

Continuer à lire … « Quelques réflexions sur le rassemblement nantais contre l’antisémitisme »

Sibérie: les radiotélescopes de Badary dans la vallée rurale, thermale et bouddhique de la Tounka

A l’Ouest du Baikal, s’étend un couloir sibérien qui fut, autrefois, un lieu de passage entre l’Asie du sud et l’Asie du nord. Aujourd’hui, cette enclave est un petit monde rural, traditionnel et bouddhiste. Si la vallée de la Tounka est célèbre pour ses montagnes, sa beauté et ses sources bienfaisantes, elle est aussi en relation avec les astres grâce aux moins connus radiotélescopes de Badary dont la remarquable technologie se marrie heureusement avec cet environnement préservé si particulier.

La Tounka, vallée rurale et asiatique

Une dépression large d’une trentaine de kilomètres et longue de 200 kilomètres relie la rive méridionale du Baïkal [1] à la Mongolie.

Vallée de la Tounka entre le lac Baikal (est) et le lac lac Khövsgöll (ouest) bordée par les massifs des Saïans orientaux et du Khamar Daban

En partant de Koultouk, situé sur le bord de la « perle de Sibérie», on arrive, 34 km plus loin, dans le village de Tibel’ti, où se dresse un large et haut tertre tellement régulier qu’il semble être dû à la main de l’homme. Peut-être s’agit-il d’un kourgane [2]? Il se dit qu’il pourrait correspondre à la sépulture d’un chef de l’armée de Gengis Khan [3]. Guère éloigné, le stūpa « Dachi Gama » [4] marque l’entrée du parc national de la Tounka. C’est ainsi que débute cette superbe vallée rurale (Tunkinskaia Dolina), selon une orientation Est-Ouest.

Continuer à lire … « Sibérie: les radiotélescopes de Badary dans la vallée rurale, thermale et bouddhique de la Tounka »

Croisière Blanche sur les réseaux ferroviaire de l’Albula, de la Bernina, du Gotthard et du Matterhorn – Partie 4/4: construire son itinéraire et choisir le meilleur billet

Compagnies ferroviaires, horaires détaillés et formules tarifaires pour construire un périple sur le parcours du Bernina Express et du Glacier Express par les Chemins de fer rhétiques et par le Matterhorn Gotthard Bahn

Paysages sur l'itinéraire du Bernina Express et du Glacier Express en hiver Bernard Grua

Recherche des horaires des trains parcourant l’itinéraire des Bernina et Glacier Express

On peut parfaitement trouver des horaires pour un voyage de Zurich à Tirano et de Tirano à Visp sur les CFF, la compagnie nationale. Attention, toutefois, à bien passer par THUSIS en changeant à Chur plutôt qu’à Lanquart afin de choisir le trajet le plus spectaculaire. On fera donc une requête Zurich-Chur, puis une autre Chur-Tirano. On prendra la même précaution pour un itinéraire St Moritz ou Pontresina vers Zermatt.

En cas d’arrêts souhaités pendant le trajet, l’usage préalable de ce type de requête devient fastidieux. De plus, les résultats sont trop succincts pour donner une bonne visibilité sur les régions traversées en cours de voyage. On préférera donc le téléchargement de fiches détaillées.

Continuer à lire … « Croisière Blanche sur les réseaux ferroviaire de l’Albula, de la Bernina, du Gotthard et du Matterhorn – Partie 4/4: construire son itinéraire et choisir le meilleur billet »

Croisière blanche sur les réseaux ferroviaire de l’Albula, de la Bernina, du Gotthard et du Matterhorn – Partie 3/4: comment réussir son voyage?

Recommandations pratiques pour ceux qui envisagent de réaliser un itinéraire photographique, en hiver, sur le parcours du Bernina Express et du Glacier Express de Tirano à Zermatt via St Moritz et les cols de la Bernina ainsi que de l’Oberalp

Trains sur l'itinéraire du Bernina Express et du Glacier Express en hiver Bernard Grua

Privilégier le Bernina Express ou le Glacier Express?

Itinéraires du Bernina Express et du Glacier Express sur la voie de la Rhätische Bahn (RhB) puis sur celle de la Matterhorn Gotthard Bahn (MGB)
Itinéraires du Bernina Express (de Tirano à Chur) et du Glacier Express (de St Moritz-Pontresina à Zermatt) sur la voie de la Rhätische Bahn (RhB), puis sur celle de la Matterhorn Gotthard Bahn (MGB)

Faut-il choisir entre le Bernina Express ou le Glacier Express? La réponse est évidemment en faveur du Bernina Express ou, tout au moins, en faveur de son parcours.
Si l’on souhaite contempler particulièrement le Matterhorn (Cervin) il ne faut probablement pas s’imposer tout le trajet par le Glacier Express au risque d’y arriver par temps bouché. Le mieux est de se rendre directement, par un autre moyen, à Zermatt, après avoir validé les conditions météorologiques garantissant un ciel parfaitement dégagé. On peut planifier de passer une nuit sur place, voire choisir un hébergement plus abordable dans un village sur la voie Visp -Täsch, pour en maximiser les chances. En hiver, il existe suffisamment de trains avant le lever de soleil ou après son coucher pour en avoir l’opportunité.

Continuer à lire … « Croisière blanche sur les réseaux ferroviaire de l’Albula, de la Bernina, du Gotthard et du Matterhorn – Partie 3/4: comment réussir son voyage? »