Sabordage des Mistral: comment le Kremlin a offert des outils fatals à sa maskirovka et pourquoi ils n’ont pas été utilisés?

Le 5 mai 2015, le Figaro publiait un article « Les Mistral, boulet de la diplomatie française ». Une interprétation tendancieuse de ce texte pouvait laisser croire que la destruction ou le sabordage des Mistral étaient les seules alternatives à une livraison à la Russie. Une revue des articles publiés en mai 2015 et plus tard sur le sujet conduit à des découvertes étonnantes. On s’aperçoit que le Kremlin, de façon très documentée, ne croit pas à la mystification qu’il va, lui-même, construire par la suite. Alors que la maskirovka pouvaient aisément être démontée en s’appuyant sur les écrits de ceux qui l’ont mise en place, il est accablant de réaliser que rien de tel n’a été fait. Cela en dit long sur notre myopie et notre amateurisme face une information détournée en propagande et en diffuseur d’un brouillard de la « guerre hybride ».

Sabordage des Mistral: anthologie d’une maskirovka Kremlin – Front National, mai 2015 – septembre 2015

Cette revue de presse archive une liste des articles présentant la « thèse » du sabordage des Mistral Sebastopol et Vladivostok issue d’une fausse « option » présentée par le Figaro au début de mai 2015. On observe un examen et un doute russe, suivis d’une récupération à des fins de propagande, puis une reprise par les médias « mainstream » français au mépris de tout esprit critique et de tout bon sens, en dépit des évidences contraires apportées.

Sabordage des Mistral: pourquoi le Kremlin et le Front National exigeaient-ils leur immersion?

Une revue approfondie mais distanciée du récit qui a, en mai 2015, promu le sabordage des navires Mistral initialement destinés à la Russie et l’examen des événements qui se sont déroulés jusqu’à l’accord de résiliation du contrat conduisent à remettre en question l’objectif identifié, à chaud, de la fable de l’immersion ainsi que le discours officiel sur les circonstances du passage sous pavillon égyptien des ex-Vladivostok et ex-Sébastopol.

Affaire Mistral, des questions qui restent ouvertes.

L’affaire du Vladivostok et du Sébastopol, les Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) Mistral, s’est dénouée en août 2015 après l’accord d’annulation signé entre la République Française et la Fédération de Russie. Elle a trouvé son point final en septembre 2015 lors de la vente puis de la livraison de ces deux navires à l’Egypte.

Pakistan: l’extrémisme comme conséquence de l’arriération ou comme crise de la modernité ?

Il y a vingt ans, l’attaque meurtrière du World Trade Center a mis en évidence le recours à un haut niveau de technologie. Cet avertissement a été largement sous-estimé. Le fanatisme et le terrorisme islamistes sont généralement associés au sous-développement, à l’ignorance et à la domination masculine. Cependant, il existe des indices comme quoi l’éducation et le progrès social ne seraient pas suffisants pour nous protéger de cette menace. Voici un exemple de parcours original qui met en évidence un autre aspect de cette guerre hybride.

Le Parlement suspendu, une leçon de démocratie britannique ?

En France, les commentaires ne manquent pas pour blâmer la suspension du parlement britannique prévue par Boris Johnson entre le 9 septembre et le 14 octobre 2019. La reine Elisabeth II y a donné son accord le 28 août 2019. Cette dernière est, elle-même, parfois mise en cause dans ce qui est considéré comme une dérive autoritaire. Et pourtant, c’est aller un peu vite en besogne en ignorant le fait que la démocratie, au pays de sa gracieuse majesté, dispose d’une ancienneté et d’une résilience bien plus importante que la nôtre.

La Karakoram Highway, prototype des nouvelles Routes de la Soie?

La «Belt and Road Initiative» (BRI) chinoise, appelée aussi la Nouvelle Route de la Soie, est une réalisation en devenir suscitant de nombreuses interrogations. Pourtant, au Pakistan, la Karakoram Highway mise en service en 1979 pourrait fournir quelques éléments de réponse. Dans ce pays, parallèlement à une souveraineté vulnérabilisée, on y observait, jusqu’à ces derniers mois, un discours religio-nationaliste à géométrie variable et un coûteux état de guerre ouverte ou larvée semblant assurer, à ce jour, une forme de cohésion nationale. Ce discours et cet état de guerre ont, néanmoins, accru l’isolement international du Pakistan et renforcé sa dépendance vis a vis du parrain chinois ainsi qu’indirectement posé les racines de potentielles fractures entre le Nord et le Sud du territoire.

Le poutinisme s’est déplacé, et nous sommes aveugles

Que ferons-nous demain, quand un continent entier nous haïra? Soit qu’il soit Salafiste, soit qu’il soit Poutiniste, et qu’il sera trop tard pour s’en inquiéter.