Thierry Mariani s’est rendu illégalement en Crimée, une partie du territoire ukrainien occupé militairement par la Russie. Il se permet de s’en vanter devant l’Ambassadeur d’Ukraine en France. Et mieux, il annonce une prochaine visite.

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Bernard Grua, AFP & Reuters
AFP: Mistral: sortie en mer du « Vladivostok » à Saint-Nazaire, des marins russes à bord 13.09.2014

Initialement prévu mercredi puis reporté de quelques jours, le départ en mer du « Vladivostok » était suivi sur le port de Saint-Nazaire par seulement un peu plus d’une dizaine de curieux, en présence de Bernard Grua, responsable du collectif « No Mistrals for Putin », hostile à la livraison du navire. Lire plus...
Reuters: Pro-russes et pro-ukrainiens manifestent à Saint-Nazaire 07.09.2014

Au même moment, au niveau de l’arrière du Vladivostok, les opposants à la livraison des BPC chantent l’hymne ukrainien. Ils scandent aussi des slogans comme “Poutine assassin”, en réclamant la revente des deux navires à un pays plus “respectueux des droits de l’Homme” que la Russie.
Ils demandent aussi l’annulation des nouveaux essais en mer du premier BPC, prévus mercredi prochain pour une dizaine de jours, redoutant “un risque d’évasion”.
Ils invoquent pour cela le précédent des “vedettes de Cherbourg”, détournées par Israël dans la nuit de Noël 1969 en dépit de l’embargo international frappant le pays après la Guerre des Six jours.
“Je n’ai pas confiance dans la parole de François Hollande : c’est un homme qui ne s’engage jamais, on se sait jamais ce qu’il veut”, s’agace Bernard Grua, le chef d’entreprise nantais qui a pris la tête de la campagne “No Mistrals for Putin” sur les réseaux sociaux. Lire plus…
Reuters: L’incertitude sur les Mistral inquiète Saint-Nazaire -04.09.2014

Les opposants se réjouissent en revanche de la décision [Suspension de la livraisons des navires Mistral] prise par François Hollande.
“C’est forcément une bonne nouvelle, mais pourquoi avoir attendu autant de morts et de destructions en Ukraine?”, demande Bernard Grua, un chef d’entreprise nantais qui dirige la campagne du collectif “No Mistrals for Putin”.
“Cette décision aurait pu être prise dès le mois de mars, il va désormais falloir des années pour restaurer la crédibilité de la France”, se désole-t-il. “On va continuer à se battre pour que cette commande soit annulée, et pas simplement suspendue.”
Un rassemblement d’opposants est prévu dimanche devant le Vladivostok, à trois jours d’une nouvelle séance d’essais en mer du navire, et Bernard Grua évoque un “risque d’évasion” du navire vers la Russie. Lire plus…
AFP-Les Echos: La suspension de la vente du Mistral suscite un concert de réactions disparates 04.09.2014
« Nous voulons une annulation pure et simple » du contrat, a déclaré à l’AFP Bernard Grua, membre du comité « No Mistrals for Putin » (« Pas de Mistral pour Poutine« ) qui a organisé des manifestations contre la vente des bâtiments à la Russie à la suite de la crise ukrainienne. Son mouvement prévoit toujours de manifester dimanche à Saint-Nazaire où les deux navires sont assemblés par les chantiers navals STX. Les opposants exigent aussi le départ du Smolny, un navire de guerre à bord duquel 400 marins russes sont venus afin de se former à Saint-Nazaire au maniement des deux nouveaux bateaux. Lire plus…
Reuters: France-Manifestation contre la livraison de navires à la Russie …29.06.2014

L’initiative, relayée un peu partout dans le monde sur les réseaux sociaux, émane de Bernard Grua, responsable d’une petite société nantaise spécialisée dans les inventaires. « C’est difficile de mobiliser sur cette question, car les gens ne comprennent pas qu’il s’agit de navires d’invasion », regrette ce Nantais de 51 ans. « Ce qui me déplaît, ce n’est pas de les livrer à la Russie, mais de les livrer à la Russie de Poutine : cet homme est un danger pour la paix dans le monde. On doit l’empêcher de dupliquer ce qu’il a déjà fait en Géorgie et en Tchétchénie. » Lire plus…
AFP: Manifestation contre la vente de navires de guerre « Mistral » à la Russie 01.06.2014

Saint-Nazaire – Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à Saint-Nazaire dimanche devant le « Vladivostok », un navire de type Mistral dont la construction vient de s’achever dans les chantiers STX, pour protester contre cette vente controversée au moment où en Ukraine les séparatistes pro-russes s’opposent violemment au gouvernement de Kiev, a constaté une correspondante de l’AFP. Lire plus…
Calomnie, diffamation, menaces de violence et autres outils au service de la peste brune
Quelques articles dans « Libération » de ce weekend (12 & 13 septembre 2015) qui montrent des méthodes de harcèlement et de menaces ayant fait leurs preuves dans le domaine de l’art et qu’aujourd’hui on retrouve mises en oeuvre par la fachosphère contre ceux qui ne partagent pas leur admiration pour le régime criminel de Vladimir Poutine. On y relève une duplication parfaite, dans le même but: tuer l’expression qui dérange.Lire la suite « Calomnie, diffamation, menaces de violence et autres outils au service de la peste brune »
Saintnazaire-infos
Saintnazaire-infos est un média en ligne local, auteur d’un remarquable article présentant les témoignages recueillis pendant la manifestation du 7 septembre 2014. Par la suite, il nous a ouvert son espace permettant de contrer la propagande pro-livraison du Kremlin et du Front national dans la ville de construction des Mistral.
Rencontre avec l’animateur du collectif « No Mistrals for Putin » 25.05.2015
La commande des Mistral a été source de débats depuis l’origine. Bernard Grua est opposé à la livraison des Mistral à la Russie. Qui est-il ? Quelles sont ses motivations? Nous l’avons interrogé.
Par expérience, Bernard Grua sait « que le jeu des commentaires peut être un jeu sans fin ». Il préfère consacrer son temps disponible « à des actions tangibles plutôt qu’à un frustrant dialogue de sourd ». Il a cependant accepté de répondre à nos questions. Lire plus…
Mistral : Pour Bernard Grua « il faut garder raison » 19.05.2015

Le fondateur du collectif No mistral for Putin a utilisé l’espace commentaires de Saintnazaire-infos pour répondre à nos lecteurs. Après avoir fait son choix parmi les différents commentaires ou communiqués qui constituent selon lui une série de « brèves de comptoir » Bernard Grua donne son avis notant que le gouvernement français communique peu et mal sur le sujet, et que la plupart des informations disponibles proviennent des agences russes. Lire plus…
Note: dans cet article « JCB », correspond à Jean-Claude Blanchard, qui était à cette époque le dirigeant du Front national à Saint-Nazaire.
Mistral : Pour les Ukrainiens le vent de la guerre s’est déjà levé 10.09.2014
Pour Bernard Grua (No Mistral for Putine), « il faut continuer de les construire, mais ne pas les laisser partir », il s’inquiète des essais en mer. «On risque une évasion ». Il rappelle que les USA qui ont pris 6,6 milliards d’euros pour l’affaire de la BNP pourraient bien mettre la main à la poche pour dédommager la France pour les acheter et que Belgique et Pays-Bas ensemble seraient intéressés pour un exemplaire. Lire plus…
Lire aussi le compte rendu de Saintnazaire-infos sur la contre-manifestation du Front national – Mistral : pari perdu pour Mistral gagnons.
L’Express
Sur le magazine L’Express, démontage du sytème de désinformation russe et proposition d’une solution de reprise des Mistral par la BNP…
Sabordage des Mistral: « Comment les médias français ont été manipulés »

Notre contributeur Bernard Grua démontre comment, dans l’affaire des Mistral, le Kremlin est parvenu à faire naître une rumeur et manipuler une partie de l’opinion publique française. Lire plus…
BNP Paribas et les Mistrals

Bernard Grua, l’organisateur des manifestations internationales contre la vente des Mistrrals à la Russie, suggère une porte de sortie. La BNP pourrait racheter les deux mistrals, et s’engager à les louer à l’OTAN, à l’Union Européenne, ou à l’ONU. Lire plus…
Cet article a été repris par Reuters en anglais et par Russia Today en russe, voir ci-dessous.
Французский активист: «Мистрали» помогут отношениям Франции и США / French activist: Mistrals will help France-US relations
Оштрафованный Америкой французский банк BNP Paribas должен выкупить «Мистрали» в качестве наказания и сдавать их в аренду западным странам, считает французский активист Бернар Груа. По его мнению, это помогло бы улучшить франко-американские отношения, которые зашли в тупик.
La banque française BNP Paribas, condamnée à une amende par les Etats Unis, devrait acheter les Mistral en guise de pénalité et les louer à des pays occidentaux, a déclaré l’activiste français Bernard Grua. Selon lui, cela contribuerait à améliorer les relations franco-américaines, qui sont dans l’impasse. Lire l’article en russe…
Mariani, le Parlementaire de la honte
Dix députés français vont se rendre trois jours en Russie puis en Crimée. Ils seront menés par Thierry Mariani
Mariani, the MP of the shame
A delegation of 10 French parliamentarians was on its way to Russia on Wednesday for a three-day trip which will also involve a visit to the annexed peninsula of Crimea near the end of the week, French daily newspaper Le Monde reports.
They will be lead by Thierry Mariani.Lire la suite « Mariani, the MP of the shame »
Maïdan, la jeune fille au foulard rouge
Le 16 février 2014, la tension était palpable dans Kyiv. Le romantisme avait quitté Maidan. Pravy-Sektor était réticent à quitter l’Hôtel de Ville occupé depuis le début des événements. Au milieu des activistes, dont on ne pouvait plus dire s’il s’agissait seulement d’auto-défense, des yeux annonçaient les sacrifices à venir.
Question d’Olesia Fediv (Ivano-Frankisk, Ukraine ), réponse de Bernard Grua (Nantes, Bretagne, France)
Cette photo avec la fille de la défense d’ Euromaidan est incroyable. Est-ce qu’on peut dire que la photo signifie la perte de la peur et la libération?

Non, pour moi cette photo, du 16 février 2014 à Kyiv devant l’Hôtel de Ville, ce n’est pas « la perte de la peur ». Quand on voit les yeux de cette magnifique jeune femme, on se dit que quelque chose de beaucoup plus cher a été perdu. Si les pays occidentaux avaient émis leurs sanctions plus tôt, comme nous l’appelions de nos vœux, on peut imaginer que le pouvoir aurait cédé sans que l’on ai besoin de basculer dans une telle radicalisation.
Non, cette photo n’est pas une « libération ». C’est le sacrifice de la beauté. C’est l’Ukraine asservie qui va souffrir. Avant même de déclencher mon appareil, j’ai compris, dans un éclair presque matériel, qu’il y avait là tout ce que l’on pouvait pressentir des désastres à venir. Je ne pouvais m’empêcher d’imaginer ces yeux séparés par un trou rouge. Cette photo, est l’image de ma profonde inquiétude pour l’Ukraine dans la crainte de ce qui allait suivre. C’est d’ailleurs la seule représentation que j’ai retenue pour les jours des 15, 16 et 17 février. Je voudrais vraiment insister. Cette « photo incroyable », comme tu dis, n’est que le fond de la tristesse.
© Auteur: Bernard Grua
Sur ce site lire:
Maïdan, de la révolution romantique à la révolution du sacrifice
et
Maïdan, petite brisure d’écorce calcinée et meurtrie, ne rompt pas
Voir aussi l’article de Ouest France, 7 juin 2014: « Douloureuse amitié pour les populations d’Ukraine »
ainsi que l’article du même journal, 20 août 2014 : « Conflit: Olga et ses filles ont fui l’Ukraine et la guerre »
et celui du 20/11/2014 : « Les photos d’Ukraine du Nantais Bernard Grua à Paris »
Permafrost, the perpetual frozen ground, archive of our planet
This is the follow-up of a chat I had about permafrost with Marina from Sakha The information presented below comes from « Siberian BAM guide« , by Athol Yates and Nicholas Zvegintzov, Traiblazer edition 2001, page 238.

No need to be surprised by such a good summary, it is the best travel guide I ever read.
“The Permafrost Institute (of Yakutsk) is not actually a museum, but the Institute welcomes (visitors)… You are taken 12 metres underground to see part of the old river bed, where the temperature never varies from –5°C. The walls of the cavern, of sand and flecks of wood, are as sturdy as concrete as long as they do not thaw. Permafrost is said to affect 25 per cent of the planet and 50 per cent of Russia. This institute claims to be the only one in the world engaged in a fundamental study of permafrost (as opposed to specific applications) and it was here that the guidelines were developed on how to build on permafrost… Outside the institute is a model of baby mammoth that was found preserved in permafrost… The institute is at the end of bus line 17 at ul. Merzlotnaya (УЛ. МЕРЗЛОТНЯ, ИНСТИТУТ МЕРЗЛОТОВЕДЕНИЯ).
Shergin’s Shaft (ШЕРГИНСКАЯ ШАХТА) is a 116.6 m deep shaft dug between 1827 and 1837, and was the first serious attempt to study permafrost. The shaft started when a merchant named Shergin discovered that no matter how deep he dug a well outside his house, he never hit water. He contacted the Russian Academy of Sciences …with this curiosity and it dispatched a team of experts that come to the conclusion that the water in the soil was permanently frozen. The shaft was
still in use for measurements as late as 1942. It is near the intersection of ul. Kulakovskogo and ul. Yaroslavskogo, but all there is to see is the little cabin built over it, without a sign to indicate its existence.”

I went back to additional information I already noticed in the French book “L’exploration de la Sibérie”, by Y.Gauthier and A. Garcia, Actes Sud edition 1996, pages 337 to 347. Probably the first who mentioned that ground could remain frozen even in warmest summers was Messerschmidt in 1723. Subsequently the point was also observed by Gmelin expedition during the same century. However, the one who actually tried to rationalize merzlota (pergelisol, permafrost) process was Lomonossov in a communication of September 6, 1757. Nothing new happened until Shergin (see above). Shergin (a merchant, as already explained!) regularly sent samples to St Petersburg. They were described, in German, by G. Gelmersen, as soon as 1837. The great impulsion to permafrost study was given by Karl Behr facing high scepticism from other scientists that were referring to Kant and Laplace’s theory. This theory states the heat could just increase as deeper you go in the ground. Behr decided to organize a complete expedition in Siberia to investigate permafrost issues. Alexander Fedorovitch Middendorf was appointed as chief of expedition. The works in Shergin’s shaft and the information collected by him enabled a breakthrough in the comprehension of the phenomena. It also allowed determining the actual borders of Russian permafrost, thanks to numerous local correspondents.
I have “very fresh” (actually frozen) news. “National Geographic”, French publication dated May 2009, presents Lyuba discovered by Yuri Khudi, in May 2007. This female baby mammoth, found next to Yribei River, North-West of Siberia, is the best complete example of this animal known as of today. It was preserved during 40 000 years, thanks again to permafrost.

We can actually say that Siberia with the 3000 meters of sediments at the bottom of Baikal Lake (source: Laurent Touchard – « Le lac Bïkal ») , aged more than 25 millions of years, and with such vast permafrost keeps the most complete archives of our planet. This is another reason to express admiration for Siberia.
© Auteur: Bernard Grua
Quand il pleut sur les chameaux
Voici une petite chronique de mes jours passés devant la cheminée, sous l’arbre de ce Noël 2007. En fait à Douz, oasis saharienne, la plus grande palmeraie de Tunisie, où je me trouvais, les cheminées, il n’y en a pas.
Et puis les arbres avec feuilles persistantes sont un peu hauts pour accrocher les guirlandes.
Arrivé le 25 en début d’après-midi au pays de Sidi Mansour, j’ai déposé mon sac au sympathique hôtel « Maison dorée ». J’y suis revenu en fin de journée pour dîner avant de prendre le bus de nuit pour aller de Tunis à Douz. C’est long, mais il y a des stops le long de la route où, en pleine nuit, on voit des centaines de personnes qui se dégourdissent autour de tous les autocars qui descendent vers le Sud. Certains se restaurent. A n’importe quelle heure. Les locaux font griller des escalopes, des brochettes, des côtelettes à l’extérieur des restaurants. D’arrêts en re-départs, 9 heures après quitté Tunis, on est déchargés, hébétés, à Douz. A 5 heures 15, il fait nuit le sable s’est transformé en boue et les rues sont des oueds, version saison humide.
Allez trouver l’hôtel de la tente… Allah Ouakbar, il n’est pas dans la zone touristique, très excentrée, mais dans le centre. Dans le noir, tu-longes-le-mur-du-cimetière-tu-tournes-à-droite-puis-à-gauche-puis-tout-droit. Tu n’as pas vu les immenses flaques. Tant pis pour tes pieds!
Hôtel de la tente… Radeau de la méduse plutôt. En fait de chambre réservée-confirmée-par-fax-et-par-téléphone, makach! Monsieur Ali l’avait loué à un autre pèlerin. J’ai donc été invité à dormir sur le canapé crasseux de la réception à la place du veilleur de nuit. En compagnie de deux autres personnes. « T’inquiète pas M. Bernard, à 6 heures ta chambre, un placard, sera libre ». Je préfère attendre que mon grabat se libère, je laisse mon sac sur place et retourne, dans l’obscurité, au coeur des éléments déchaînés. Je me redirige vers la gare routière pour prendre un café allongé et un truc à grignoter à la « cafétéria ». Après ce que j’ai vu et ressenti dans l’hôtel de la tente, et pendant que je sirote lentement mon café dans la cafétéria ouverte à tous les vents et à toutes les eaux, je comprends effectivement, que le froid dehors c’est supportable… quand il fait chaud à l’intérieur. Je me prends à rêver au confort douillet des jolies petites isbas sibériennes au poêle monumental et aux épais murs de troncs d’arbres.
A 6 heures et demie, une fois que le pèlerin eu fini sa nuit et ses prières j’ai pu intégrer « mon » lit. Surprise hallucinante, voire choquante, j’ai eu des draps propres. Ce n’était pas forcément logique. Vive l’hospitalité trébuchante des Berbères! Et ça a été comme ça pendant environ quatre jours. Mouillé dans la journée, ne séchant pas la nuit. En conséquence, la seule « salle commune » était la réception trop petite où les naufragés s’entassaient comme dans le carré ruisselant d’un voilier breton au coeur de l’hiver. Cela crée des liens et une fraternité qu’on ne trouve pas dans les hôtels avec télé-chauffage-douche dans les chambres. Oui parce que les sanitaires… bon on n’en parlera pas.
Au fait, le festival ? Point intéressant, tout est totalement gratuit. Cela se passe l’après-midi. Les spectateurs sont dans des tribunes qui regardent vers le désert. Le long des tribunes, il y a une large piste où passent les chevaux, les chameaux et les danseurs. De l’autre côté de la piste (vers le désert) il y a un grand demi-cercle de tentes de nomades, dans lesquelles se trouve tout un petit monde charmant et costumé. Ses habitants jouent un ensemble de scènes (caravane du désert, arrivée au puit, mariage traditionnel, « combat » de chameaux, chasse au lièvre par des lévriers etc..). C’est malgré tout bien loin des spectateurs pour en profiter et pour faire des photos. D’autant qu’il est difficile de zoomer fortement en raison de la faible lumière. Les commentaires n’aident guère.
Ils sont tous en arabes. Si l’on a raté un épisode, ce n’est pas grave car les mêmes scènes sont rejouées tous les après-midi pendant 4 jours. Il paraît que c’est le même programme depuis 20 ans. Les intempéries peuvent, malgré tout introduire quelques variantes. Un journaliste italien m’a prêté sa carte de presse pendant deux heures. J’ai pu un peu roder autour des tentes.
Tous les soirs, il y a un spectacle différent à la maison de la culture, animé par les groupes qui participent au festival. C’est l’occasion de voir des danses, d’écouter des chansons et de la musique des différents pays sahariens (Tunisie évidemment, Libye, Algérie, Mali, Egypte). Il est difficile d’en juger pour une oreille occidentale à qui cela peut paraître, parfois, un peu ennuyeux. C’est, de toute façon, culturellement intéressant.
La diversité des spectacles, la qualité des costumes et des danses du groupe tunisien du premier soir ont été unanimement salué par l’ensemble des spectateurs. La salle était complètement déchaînée. Il fallait voir l’air effaré d’un jeune couple lithuanien qui y assistait avec moi ! Pas d’inquiétude, les sbires de Ben Ali veillent, un policier tous les trois mètres le long des murs de la salle. Ce fut véritablement un très grand moment de communion musicale populaire. Le 3ème jour, j’ai aussi assisté au départ du marathon des 60 dromadaires de différents pays. Je n’ai pas eu le courage d’attendre l’arrivée, deux heures après. Le temps était trop mauvais. Le lendemain, je suis reparti au Nord.
Il me reste de Douz le souvenir que les commerçants sont très discrets et accueillants. Les adultes et les enfants sont vraiment gentils et souriants et ne manifestent aucun envahissement à l’égard des touristes (juste une petite frayeur causée par un groupe d’adolescents agressifs dans la palmeraie en rentrant du festival). Bref l’ambiance est sans aucun rapport avec la médina de Tunis ou de Kairouan. Last but not least. Il y a une multitude de petits restaurant servant, pour pas cher, de la bonne cuisine tunisienne.
Plutôt mourir que prendre le bus pour remonter. Je suis allé à Gabès en louage (minibus). De Gabès à Sousse en train. C’était génial! Je me suis mis contre le chauffage et j’ai commencé à sécher. Voyant mon état une tunisienne m’a même donné son café qu’elle avait entamé.
A Sousse, hôtel Médina, bien, bâtiment ancien et intéressant. Mais, si vous avez un radiateur et que vous ne l’avez pas fait marcher pendant une semaine n’espérez pas qu’en le mettant à fond vous n’allez pas claquer des dents dans votre lit. C’est drôle, il me semble que les murs et le sol carrelés ont priorité sur les humains en ce qui concerne l’allocation calorifique. Pas d’inquiétude, on finit quand même par s’endormir au milieu de la nuit après avoir posé son sac de couchage (certifié pour températures au-dessous de 0°c) sur les couvertures. C’est juste le moment que trouve une meute hurlante de touristes pour envahir l’hôtel en cognant ses valises à roulettes dans les escaliers et dans les grands couloirs qui résonnent. Je vous souhaite LE bienvenue en Tunisie!
De Sousse, un petit louage matinal pour me rendre à Kairouan. Oui, moi j’ai FAIT Kairouan, ville située au milieu d’une steppe aride, sous une tempête de pluie. C’est vrai que les marchands de tapis y sont extraordinairement pénibles et ont des rabatteurs aussi indécollables qu’exaspérants. Les timides et polis vendeurs de souvenirs du lac Baikal seraient profondément choqués. Par contre, l’hôtel Tunisia est impec. La grande mosquée vaut le coup d’oeil. C’est la première mosquée à avoir été construite en Afrique du Nord. J’ai même fait connaissance avec un tisserand charmant, chez qui j’ai trouvé une écharpe pour faire un cadeau familial. Et le coiffeur qui m’a coupé les cheveux avait une conversation très agréable. Il n’a rien tenté de me vendre. Il ne parlait pas le français.
Dernier jour, louage Kairouan-Tunis et taxi pour La Marsa, banlieue chic et résidentielle de Tunis, quartier des expatriés et des ambassades. J’avais cassé ma tirelire pour me rendre au Plaza Corniche. Endroit sublime, disco gratuite pour les résidents. Mais la soirée du 31, ce n’était pas pour votre serviteur qui était réduit à l’état de loque voire de serpillière.
Hélas, les séjours les plus enchanteurs ont une fin. Le 1er janvier au matin J’ai pris mon charter au terminal 2, le terminal pour la Mecque. Essayez de dépenser la monnaie locale qui vous reste dans cet endroit, à cette date, entre 6 heures et 8 heures. Tout est fermé. Je fais bureau de change pour ceux qui souhaitent se rendre au pays de la peinture bleue et du soleil. Je-te-fais-un-bon-prix-mon-ami. Pas chers les dinars !
Arrivé à Nantes, toujours le 1er, rendez-vous familial pour « fêter Noël » en voyageur décalqué qui tient à peine debout. Dès que j’ai pu rentrer à l’appartement je me suis couché pour ne pas quitter mon lit pendant 48 heures, les yeux exorbités, un nez en fontaine et une bonne bronchite.
© Auteur: Bernard Grua












