Maïdan, petite brisure d’écorce calcinée et meurtrie, ne rompt pas

A Kyiv, capitale ukrainienne, la journée du 18 février 2014, marque un tournant dramatique, aussi bien par la cruauté de la répression menée dans le Parc Marinsky que par l’assaut donné au camp du Maidan. Au cours de la nuit suivante, la Révolution de la Dignité, ne tenait plus, au milieu des flammes, qu’un bout de la place de l’indépendance. Elle a dû sa survie miraculeuse au fait qu’une poignée d’activistes était prête au sacrifice et au fait que le fragile cordon ombilical de la rue Krechtchatik n’a pas été coupé. Le pouvoir défait sur le terrain a, alors, abattu sa dernière carte par le massacre de la rue de l’Institut, le 20 février. L’armée ayant refusé de suivre le président Viktor Ianoukovitch dans sa folie meurtrière, ce dernier avait pris la fuite le 22 au matin.

Maïdan, la jeune fille au foulard rouge

Le 16 février 2014, la tension était palpable dans Kyiv. Le romantisme avait quitté Maidan. Pravy-Sektor était réticent à quitter l’Hôtel de Ville occupé depuis le début des événements. Au milieu des activistes, dont on ne pouvait plus dire s’il s’agissait seulement d’auto-défense, des yeux annonçaient les sacrifices à venir.