Qu’est-ce que nous a appris, sur la France, l’affaire des Mistral?

Que nous apprend sur la France l'affaire des Mistral - Bernard Grua Que nous apprend, sur la France, l’affaire des Mistral? Ce document présente l’intégralité d’un texte rédigé pour notre ami disparu récemment, le regretté Laurent Chamontin, qui en a compilé des extraits afin d’illustrer, par un encadré, une partie de son livre : « Ukraine et Russie pour comprendre ».

6. Affaire Mistral, quels enseignements en retenir?

6.1. Une victoire de la société civile
6.2. Une victoire collective
6.3. France: l’indécision au pouvoir
6.4. France: un champ médiatique à reconquérir
6.5. France: révélation de talents
6.6. Russie: une défaite diplomatique mais un succès technologique pour le Kremlin
6.7. France: des questions qui attendent des réponses

6.1. Une victoire de la société civile

Plutôt que l’Egypte, il est tout à fait dommage qu’une reprise européenne, OTAN ou Canadienne, d’au moins un des Mistral ne se soit pas faite. Il est consternant de voir comment les Dirigeants de la France n’ont pas voulu prendre en considération toutes ces solutions honorables lorsqu’elles se présentaient. Néanmoins, la victoire de « No Mistrals for Putin » est la victoire de la société civile européenne, où les partis politiques n’ont eu aucun rôle positif, pas plus que n’en ont eu les ONG ou associations qui occupent généralement les médias pour les grandes causes de société.

6.2. Une victoire collective

Cette victoire nous explique que les réseaux sociaux si propices à la diffusion de la propagande du Kremlin, peuvent, malgré tout, être un puissant outil contre les visées expansionnistes de Vladimir Poutine. Il convient d’insister sur le fonctionnement démocratique et décentralisé du collectif « No Mistral for Putin », grâce à ces mêmes réseaux sociaux, dont certains acteurs majeurs sont toujours inconnus, non pas par choix de l’anonymat mais par dévotion à une action commune où les ego et la recherche de reconnaissance individuelle n’avaient pas leur place. Il n’y a pas véritablement eu de « chef » même si des porte-paroles nationaux ont émergé spontanément. Chaque cellule agissait de manière autonome. C’est à dire qu’elle allait jusqu’au bout de ses initiatives, sans chercher à faire réaliser par d’autres activistes, les tâches qu’elle avait identifiées. En revanche, malgré les milliers de km qui les séparaient ces cellules ont travaillé de manière coordonnée mettant à disposition de leurs correspondants les outils développés, mutualisant instantanément les connaissances acquises et se concertant quasiment en temps réel sur les actions en cours ou prévues. On a bien là un modèle révolutionnaire de société civile, anti-définition des organisations et partis traditionnels, que les nouveaux systèmes d’information et des modes de fonctionnement surannés, car carriéristes et pyramidaux, rendent peu efficaces, voire obsolètes, pour aborder efficacement les principaux enjeux de notre temps.

6.3. France: l’indécision au pouvoir

On a vu précédemment les pitoyables palinodies de François Hollande, du Ministère des Affaires Etrangères, voire du Ministère de l’Intérieur. Il semble que l’affaire Mistral ait été abordée avec amateurisme voire irresponsabilité. La France parisienne et continentale, en dépit de ses 5000 km de côtes, a été extrêmement longue à aborder le sujet d’un point de vue moral, stratégique et historique, sans même parler de sa dimension maritime. Elle s’est contentée pendant de long mois de réactions motivées par la susceptibilité, voire le chauvinisme, sans envisager une vision globale des enjeux. Il n’est guère intéressant de s’attarder sur Laurent Fabius, revenons plutôt sur François Hollande. Cet homme politique est parvenu à la tête de la France en s’illustrant dans l’art de la synthèse et du compromis. Cela lui a permis de parvenir à la direction du Parti socialiste et, finalement, au sommet de l’Etat quand, exaspérée par Nicolas Sarkozy, la France a décidé de faire du Parti Socialiste le parti majoritaire. Ménager la chèvre et le chou, voilà une bien mauvaise préparation à la conduite d’un pays pour laquelle il faut avoir une vision, une capacité à faire des choix et une légitimité à les imposer. Voila un lourd handicap quand on doit faire face à Vladimir Poutine.

Enfin débarrassé du boulet Mistral, en novembre 2015, François Hollande propose une alliance militaire à Vladimir Poutine, qui est en train de consolider son protectorat sur la Syrie en y déroulant un remake de la seconde guerre de Tchétchénie, l’ayant porté au pouvoir. L’épouvantail Daech en est l’alibi, voire l’allié, bienvenu. Bachar Al Assad n’est plus qu’une marionnette que le Kremlin envisage de remplacer, le moment venu, par un nouvel homme de paille. « No Mistrals for Putin » devient « No Military Alliance with Putin ».

6.4. France: un champ médiatique à reconquérir

Cette victoire nous montre que, pour les grands défis internationaux, l’Etat français doit sortir de son mutisme et de ses « éléments de langage » afin de communiquer, à la population, les observations tangibles et prouvées dont il a connaissance. Elle nous force à reconnaître qu’il est inacceptable de laisser un régime hostile occuper le champ médiatique français, déserté par ceux qui ont la charge de notre pays.

6.5. France: révélation de talents

Cette victoire nous révèle, un stratège, à savoir Louis Gautier qui a réussi à négocier avec Dmitri Rogozine, le nationaliste et guère avenant Vice Premier Ministre de la Fédération de Russie. Le solde de l’affaire Mistral nous fait découvrir un Homme d’Etat, le Breton et Lorientais, Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense. On ne peut que regretter que son heure soit arrivée aussi tardivement.

6.6. Russie: une défaite diplomatique mais un succès technologique pour le Kremlin

Depuis que Vladimir Poutine, y compris la « régence Mevedev », est au pouvoir, St Nazaire est le seul lieu où les militaires du Kremlin sont arrivés puis repartis. Ils ont quitté le bassin de Penhoët sans les Mistral espérés. C’est donc une défaite. Mais Moscou ne s’en est pas allé les poches vides. Le chantier de St Petersbourg a été formé aux méthodes de construction maritimes les plus récentes. Le chantier dispose des plans des BPC. La marine française a mis des années à tirer la quintessence de ses BPC. Elle a transféré cette connaissance à la marine russe. Ceci n’a pas coûté un rouble au Kremlin puisqu’il en a été remboursé (inclus dans les 893 millions, voir § 5.3.). Mieux, les coûts internes de formation supportés par la marine russe ont été indemnisés (inclus dans les 56,7 millions, voir § 5.3.). Si l’on ajoute le potentiel vol du logiciel et des donnés du « SENIT-9 » l’aventure des Mistral n’est pas une si mauvaise affaire pour Moscou.

François Hollande aurait dû prendre beaucoup plus tôt l’exacte mesure des enjeux et casser le contrat Mistral dès mars 2014. Beaucoup des effets néfastes énumérés précédemment auraient pu être évités. La non-livraison a malgré tout permis de faire en sorte que le Kremlin ne dispose toujours pas de navires d’invasions dont l’usage aurait, dès aujourd’hui, fait blâmer la France. L’incapacité actuelle des Russes, comme ils le reconnaissent eux mêmes, à construire des navires de ce type repousse une telle éventualité à un futur qui est encore éloigné. L’actuelle crise budgétaire liée à l’effondrement des prix du pétrole et aux sanctions occidentales, l’incapacité à remplacer l’économie de rente par un autre modèle ainsi que le délabrement de l’outil industriel en reportent encore, heureusement, la perspective.

6.7. France: des questions qui attendent des réponses

Cette victoire nous rappelle qu’il subsiste de très nombreuses questions ouvertes auxquelles le gouvernement doit encore répondre vis à vis de ses électeurs et contribuables, de qui il tient sa légitimité. Le collectif « No Mistrals for Putin » dispose d’une longue liste d’interrogations qu’il souhaite soumettre au Ministre de la Défense. La démocratie est bien « le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». C’est pourquoi l’omerta qui couvre encore le contrat secret des Mistral n’est pas admissible, sauf à reconnaître que les valeurs fondatrices de la République Française ne sont que des vains mots et que le méphitique tandem Sputnik/Front-National est l’avenir asservi d’un pays qui fut celui des « Lumières ».

Nantes, Bretagne, décembre 2015

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Que nous apprend sur la France l'affaire des Mistral - Bernard Grua Que nous apprend, sur la France, l’affaire des Mistral? Ce document présente l’intégralité d’un texte rédigé pour notre ami disparu récemment, le regretté Laurent Chamontin, qui en a compilé des extraits afin d’illustrer, par un encadré, une partie de son livre : « Ukraine et Russie pour comprendre ».
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Annexes

Extraits de ce document compilé par Laurent Chamontin et paru sous forme d’encadré dans son ouvrage, « Ukraine et Russie pour comprendre », publié par le Diploweb. Chapitre 7 – Les opinions européenne et française dans la guerre hybride

Ukraine et Russie Pour comprendre

En 2008, peu de temps après la guerre menée par le Kremlin contre la Géorgie, certains membres de l’État-Major russe font part de leur souhait d’acquérir des BPC (Bâtiments de Projection et Commandement) Mistral. Concrètement il s’agit d’acheter le nec plus ultra des navires d’invasion, ceux-ci étant construits par la France au chantier STX de Saint Nazaire. L’amiral Vyssotsky, chef d’Etat-Major de la Marine, déclare, que, dotées d’un navire de la trempe du Mistral, les troupes russes auraient gagné la guerre éclair menée contre la Géorgie « en quarante minutes au lieu de vingt-six heures »…
En dépit de l’opposition de nos partenaires de l’OTAN, et plus particulièrement des voisins de la Russie, devant la matérialisation de la menace stratégique qu’elle représente, en dépit de la désapprobation de nombres d’officiers généraux français, malgré la réprobation du syndicat CFDT de STX, le Président Nicolas Sarkozy finit par céder à toutes les exigences russes, y compris le système « Senit-9 » de pilotage tactique.
Le 25 janvier 2011, le gouvernement Fillon signe un contrat de 1,2 milliards d’Euros prévoyant la livraison de deux navires d’invasion Mistral (Vladivostok – automne 2014 et Sébastopol – automne 2015) équipés du « Senit-9 » ainsi que d’une flottille d’engins de débarquement.

Ce contrat militaire, le plus gros signé par une puissance occidentale depuis la fin de la Deuxième mondiale avec l’ex-URSS permet au constructeur, le chantier STX de Saint Nazaire, de garnir son carnet de commandes, désespérément vide à cette époque, fournissant ainsi du travail à environ 2 000 employés et sous-traitants.Trois ans plus tard, la situation a bien changé : la Russie de Vladimir Poutine ayant annexé la Crimée, le gouvernement français se retrouve dans une situation de plus en plus inconfortable, avec la perspective de la livraison prochaine du premier BPC. Quant au chantier STX, ses perspectives économiques se sont considérablement redressées depuis 2011 ; il bénéfice d’un carnet de commande pléthorique et se trouve dans une situation de plein emploi.
Sur le plan international, au fur et à mesure que l’échéance approche, un seul pays, la Russie, se montre ouvertement favorable à la livraison. La plupart des États occidentaux et le Japon font connaître leur opposition, d’autant plus vivement qu’ils sont proches géographiquement de la Russie. Les autres pays sont neutres. À moins de se rapprocher encore plus clairement du régime de Poutine, la France est donc très isolée.

Il faut également compter avec l’émergence en mai 2014 du collectif « No Mistrals for Putin« , mouvement démocratique et décentralisé, lancé par une poignée de Français, qui lutte seul contre la livraison des Mistral. On peut y voir un exemple particulièrement encourageant d’une mobilisation endogène de la société civile ayant su rassembler par-delà les frontières un groupe de citoyens qui partagent les mêmes valeurs et une même vision consciente de l’Histoire en train de s’écrire, Histoire dans laquelle ils décident d’être acteurs.
Cependant, au sein de ce collectif créé en France, la part des Français reste faible : l’analyse des sympathisants de la communauté Facebook montre que ceux-ci ne constituent que 8 % du total, et qu’en termes de nombre de fans rapporté à la population totale, notre pays ne se trouve qu’à la 7ème place…

Bien plus, à de très rares exceptions près, aucune ONG, aucun homme politique, aucune association ne participent au mouvement contre la livraison des Mistral dans la patrie des droits de l’Homme. Le PS et le Gouvernement, après quelques mois cacophoniques, se voient imposer un mutisme absolu. Le Front National, le reste de l’extrême droite, les communistes, une bonne partie de l’extrême gauche et la plupart des hommes politiques de droite sont ouvertement pour la livraison, quand ils ne relayaient pas directement et consciemment la propagande du Moscou.

Entre juillet 2014 et septembre 2015, la presse du Kremlin, notamment par l’intermédiaire de « Sputnik« , paraissant en de nombreuses langues dont le français, se déchaîne littéralement en cherchant à affoler la population sur les conséquences d’une non-livraison. Ce pilonnage est repris par tous les médias ou blogs favorables au Kremlin avant de finir comme une vérité établie dans la pensée commune, reprise par les médias « mainstream ».
Quant au gouvernement, certes dans une position délicate, il met fort longtemps à sortir d’une position très ambiguë, illustrée par deux faits caractéristiques entre tant d’autres : l’annonce par François Hollande le 22 juillet 2014, 5 jours après la destruction du vol MH17 par un missile russe, de la décision ferme de livrer le Vladivostok en octobre de la même année ; et le 14 novembre 2014, le passage sous pavillon russe du Vladivostok, brutalement désactivé sans qu’on connaisse le fin mot de l’histoire quand « No Mistrals for Putin » a levé le lièvre.

Bien loin des explications par l’assujettissement à l’impérialisme américain, on peut raisonnablement penser que ce sont les représentants des pays européens à l’OTAN et au sein de l’UE qui font véritablement fait pencher la balance en faveur de l’abandon de la livraison, de même que les marchés polonais. La destruction du vol MH17, en juillet 2014 et l’implication du Kremlin dans la boucherie de la bataille d’Ilovaïsk, Donbass, en août 2014 y tiennent, de plus, une part considérable.

La victoire que représente l’abandon de la livraison sans préjudice financier majeur nous montre que, pour les grands défis internationaux, l’Etat français doit sortir de son mutisme et de ses « éléments de langage » afin de communiquer, à la population, les observations tangibles et prouvées dont il a connaissance. Elle nous force à reconnaître qu’il est inacceptable de laisser une puissance hostile occuper le champ médiatique français, déserté par ceux qui ont la charge de notre pays.

“Ukraine et Russie, pour Comprendre”, note de lecture sur Ukraine Crisis Media Center

Laurent Chamontin, russophone, passionné par l’espace de l’ex URSS, observateur et penseur géopolitique, auteur de « L’Empire sans limites» aux Éditions de l’Aube, rédacteur d’articles de géopolitique, conférencier (France, Pologne, Ukraine…), procure un éclairage terrain, replacé dans un contexte historique documenté et érudit. Néanmoins, là, rien de pompeusement universitaire. L’approche est pédagogique et pragmatique.
Chaque chapitre correspond à un thème de la propagande moscovite ou à la vision occidentale du conflit en Ukraine. Ces thèmes sont systématiquement, scientifiquement et de façon probante mis en perspective, voire démentis.
L’idée est de donner, sous une forme accessible un panorama de chacun des acteurs et de leur interaction. Ce qui, à notre connaissance, n’est fait nulle part ailleurs, y compris chez les Anglo-saxons. Voilà donc une sorte de manuel de décontamination et d’explication que tout homme politique, tout historien, tout chercheur, tout journaliste ou tout étudiant, voire tout citoyen français conscient, se doit de posséder…

Lire l’article dans son entier.

Tous les chapitres de « Russie et Ukraine pour Comprendre » en accès libre sur le site du Diploweb

Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol. Introduction
Laurent CHAMONTIN, le 11 août 2016.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

1 – Aux racines du conflit : la décomposition de l’URSS
Laurent CHAMONTIN, le 18 août 2016.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

2 – Géopolitique de l’ »Etranger proche »
Laurent CHAMONTIN, le 24 août 2016.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

3 – L’Ukraine : émergence d’un nouvel État-nation
Laurent CHAMONTIN, le 28 septembre 2016.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

4 – « Euromaïdan » : une lame de fond
Laurent CHAMONTIN, le 20 octobre 2016.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

5 – Russie : les risques d’une puissance instable
Laurent CHAMONTIN, le 17 novembre 2016.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

6 – La guerre de l’information à la russe, et comment s’en défendre
Laurent CHAMONTIN, le 5 décembre 2016.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

7 – Les opinions européenne et française dans la guerre hybride
Laurent CHAMONTIN, le 12 janvier 2017.Ukraine et Russie : pour comprendre. Retour de Marioupol

Le rôle crucial de l’Europe dans la résolution de la crise ukrainienne
Laurent CHAMONTIN, le 11 février 2017.

Sabordage des Mistral: récits d’une Маскировка (maskirovka) Kremlin – Front National à Saint Nazaire

Cette affaire scandaleuse présente, malgré ses ramifications internationales, l’avantage d’une quasi-unité de temps, de lieu et d’action, qui facilite son analyse et sa compréhension. Son intérêt résiste à l’épreuve des années tant ce mode opératoire a fait ses preuves par le passé et tant il continue à être appliqué de nos jours, parfois de façon particulièrement opaque. Pourtant, il n’est pas certain que culturellement et sociétalement nous soyons aptes à en mettre en oeuvre les enseignements que nous allons tenter de présenter à travers quatre articles prenant en compte de nouveaux travaux, qui complètent le texte écrit en mai 2015 pour l’Express.
Prendre connaissance des quatres articles sur cette « maskirovka »

Merci à Pierre Verluise du Diploweb pour son retweet et sa recommandation.

Publié par Bernard Grua

Bernard Grua, auditeur, expérience internationale, Sciences Po Paris, officier de Marine de réserve. Langues: français, anglais, allemand, espagnol. Hobbies: photographie, géopolitique, patrimoine maritime, reportages

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