Sibérie: la mine perdue de Batagol et le pays secret des Soyots

Caravane de traineaux transportant les provisions, près du poste Kanginsky, aux frontières de la Chine, 18 mars 1849. Album : Souvenirs de Sibérie, 1840-1862 Jean-Pierre Alibert, 1820-1905 Géologue, découvreur et exploitant de mines de graphite en Sibérie. Gouache signée Carl. Wolff Expédition scientifique / Paysage
Caravane de traîneaux transportant les provisions, près du poste Khanginsky, aux frontières de la Chine, 18 mars 1849. – Album : Souvenirs de Sibérie, 1840-1862 Jean-Pierre Alibert – Gouache signée Carl. Wolff  © Musée des arts et métiers-Cnam, Paris / photo M. Favareille  (Note: à cette époque, la Mongolie faisait partie de l’empire chinois)

Batagol, une mine perdue au fond des monts Saïan orientaux

Intérieur de la mine de graphite de Batougol (monts Saïan, Sibérie), découverte en 1847 et exploitée par Jean-Pierre Alibert. Planche tirée de La mine de graphite de Sibérie découverte en 1847 par M. J.-P. Alibert, Paris, Poitevin, 1865.
Intérieur de la mine de graphite de Batagol (monts Saïan, Sibérie), découverte en 1847 et exploitée par Jean-Pierre Alibert. Planche tirée de La mine de graphite de Sibérie découverte en 1847 par M. J.-P. Alibert, Paris, Poitevin, 1865. CC Hadrianus13

En Sibérie, près de la frontière mongole, sur le plateau de l’Oka (Okinksy Rayon), au cœur de la solitude des monts Saïans orientaux, le temps ne s’est pas arrêté. Mais, au cours de nos pérégrinations, dans le pays secret des Soyots je n’ai pas croisé un seul habitant, connaissant ma nationalité, sans qu’il ne mentionne la mine de Batagol fondée par le Français, Jean-Pierre Alibert, en 1847. On n’oubliait pas non plus de me rappeler qu’un des descendants de ce découvreur a cherché la mine, sans succès.

Sans même connaitre cet épisode historique, voilà plus de deux ans que je souhaitais aller dans l’Okinsky Rayon, le « petit Tibet russe ». On le disait ignoré des touristes et des Occidentaux. Aucun de mes amis et contacts russes, y compris ceux d’Irkoutsk, n’y avait jamais posé les pieds. Sans réseau, en Russie, le voyageur étranger n’est rien. A l’inverse, un bon tissu relationnel y ouvre des horizons insoupçonnés.  A force d’écrire et d’en parler, j’ai été recommandé à Andreiy Bezlepkin, un photographe de Tver, qui, en juillet 2008, pour la deuxième fois consécutive, retournait dans ce lieu étonnant. J’ai donc eu la chance de rejoindre son équipe russe mais j’étais loin d’imaginer ce que j’allais y apprendre.Lire la suite « Sibérie: la mine perdue de Batagol et le pays secret des Soyots »

Comment Poutine a-t-il remporté la demi-finale France-Belgique et comment va-t-il récidiver en finale?

FRANCE-RUSSIA-DIPLOMACY

La présence, sans conditions, d’Emmanuel Macron au match de demi-finale de la coupe du Monde fut-elle seulement une erreur diplomatique?

A la différence du contrat relatif aux navires Mistral dont plus de 60% des Français approuvaient la livraison, la majorité du pays a aujourd’hui une position défavorable à l’égard du Kremlin en ce qui concerne les prisonniers politiques ukrainiens détenus par la Russie. Tous les jours paraissent, en France, des articles s’émouvant de leur sort et, particulièrement, de celui d’Oleg Sentsov.Lire la suite « Comment Poutine a-t-il remporté la demi-finale France-Belgique et comment va-t-il récidiver en finale? »

Reblog: À Marinka, vivre sur la ligne de contact – Ioulia Shukhan

Très bel article d’Ioulia Shukhan sur la vie en zone de guerre dans le Donbass.

Avatar de iouliashukancarnets de terrain de Ioulia Shukan

Depuis que la guerre s’est invitée, le 11 juillet 2014, à Marinka, commune pavillonnaire en plein cœur des steppes de l’Est ukrainien, ses 10 000 habitants (près de 6 000 aujourd’hui) subissent quotidiennement les inconvénients de leur nouvelle vie. La contre-offensive donnée alors par l’armée ukrainienne contre les forces séparatistes, s’est arrêtée à la sortie Est de la ville, à une dizaine de kilomètres de la métropole de Donetsk. La ligne de contact, redessinée quelque peu par de violents combats du début juin 2015, s’est plus au moins fixée depuis. Elle traverse, du Nord au Sud, la partie orientale de Marinka, bordant certaines rues, courant parallèlement à d’autres, annexant quelques unes. Elle laisse plusieurs terrils, ces collines formées par l’amoncellement des déblais de mines, en territoire séparatiste ou en « zone grise » visitée par les deux parties. Au lieu de constituer des obstacles naturels et protéger les habitations, ces terrils servent…

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La pénétration du poutinisme en France, progression ou endiguement?

Il faut lire l’article de Sophie Belaïch sur « The Times of Israël »: « Le niveau de pénétration du poutinisme atteint un seuil très alarmant en France ». Voilà un inventaire détaillé de multiples ingérences du Kremlin au sein de la politique française ainsi qu’un réquisitoire contre une liste impressionnante d’agents d’influence au coeur de notre personnel politique. Ce texte a attiré de nombreux trolls. Leurs commentaires donnent une idée de l’état d’esprit de la poutinosphère mais ils dressent surtout un catalogue d’horreurs injurieuses pour ceux qui les découvrent. Pour les autres, aucune surprise. Au delà d’insultes primaires, le troll est un être (et encore) inférieur, qui ne crée pas mais se contente de poster ce qui a été préparé par d’autres, en l’espèce les services de propagande du Kremlin. A ce sujet, on peut voir, sur les deux graphiques, ci-dessous, issus de DFRLab « PutinAtWar: How Russia Weaponized “Russophobia” » comment cette doxa poutinienne est promue et comment on la retrouve dans les « commentaires » présents au pied de l’article de Sophie Bélaïch.
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Repost: Reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne : ils veulent faire les médiateurs avec le voleur

On se dit que la comparaison réalisée par le « Comité Anne de Bretagne » est simplement outrageuse. On ne peut qu’imaginer que le texte de « France 3 Pays de la Loire » est un fake. On est prêt à lire et à entendre beaucoup de choses de la part d’une fausse région, qui nous a habitués au factice. Mais là c’est trop. C’est impossible.
Par acquis de conscience, on va voir les communiqués respectifs. Et là, on se dit qu’il est urgent que ce cirque arrête. Il est plus que temps que la Bretagne retrouve la maîtrise de son unité millénaire, de son histoire, de ses racines et de sa culture.

Avatar de annedebretagne2014Comité Anne de Bretagne

© Frédéric Girou / Ouest-France © Frédéric Girou / Ouest-France

Note du Comité Anne de Bretagne. Vous trouverez ci-dessous les articles parus sur les sites de France 3 Bretagne et France 3 Pays de Loire. La comparaison est assez sidérante sur le ton et le contenu ….. Encore un effet de la partition du territoire breton.

France 3 Bretagne, 15 avril 2018

Le collectif « Anne de Bretagne 2014 » lance un appel aux voleurs du reliquaire du cœur d’Anne de Bretagne. Il se propose de jouer l’intermédiaire avec le voleur.

« Il y a une chance sur 100 pour que ça aboutisse, mais il faut la tenter. » Jacques-Yves Le Touze, coordonnateur du collectif « Anne de Bretagne 2014 » est déterminé et ne souhaite rien lâcher. Après le vol de ce « symbole exceptionnel du patrimoine breton et français« , dans la nuit de vendredi à samedi, il souhaite passer à l’action.

Pour cela, il propose de…

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Qui est Taras Beniakh, l’Otaman de la tchaïka cosaque « Presvyata Pokrova »? Interview.

Taras Beniakh s’intéresse aux autres. Quand il parle, il s’agit généralement de l’Ukraine, de création artistique, de la tchaïka (appelée la « galère ukrainienne« , à Pont-Aven), de son équipe, re-devenue équipage, ou de nombreux lieux et connaissances, qui lui sont chers. Cet homme, grand par l’esprit et petit par la taille, court toujours et partout. Il ne prend pas le temps de donner de détails sur lui-même. Communiquant chaleureux et extraverti mais personnalité discrète, peut-être ne le juge-t-il pas nécessaire? Pourtant, aujourd’hui, cet « étonnant voyageur » a accepté de répondre aux questions que nous sommes nombreux à nous poser.
Taras halant sur l’étai pour le mâtage de la tchaïka, Pont-Aven 19/08/2017

Le Ruthène d’Europe centrale, familier des forêts et des montagnes, devenu loup de mer, constructeur naval reconnu par ses pairs ainsi que Breton de cœur, nous raconte sa genèse de citoyen du monde. Il nous décrit son intégration dans une grande communauté maritime, qui n’a pas de frontière. L’Otaman nous fait entrer dans l’intimité humaine d’un chantier mené à des milliers de kilomètres de son foyer, dans ce Finis Terrae pontavénien, où il retrouve une partie de ses racines. Il nous fait part des difficultés qu’il lui reste à surmonter avant de pouvoir accomplir la vision qu’il a pour « Presviata Pokrova », armée par une sotnia de Cosaques, ambassadrice marine du pays héritier de la noble et ancienne Rous’ Kiévienne, gardienne de la route des Varègues aux Grecs.

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Lettre ouverte à Laurent Courtois

Monsieur le troll, Laurent Courtois,

Le jeudi 15/02/2015, j’ai posté un article poétique et maritime sur l’histoire d’un pécheur des îles Kerkennah sur le site Agoravox, «Le Media Citoyen». Dans les heures qui ont suivi, vous êtes venu troller cet article en le salissant par les insultes et injures dont vous êtes coutumier.

Bernard Grua auteur

Je vous ai fait une réponse sur Agoravox. Vous avez très rapidement supprimé votre commentaire et ma réponse. Si vous en êtes venu à effacer votre commentaire, c’est bien que ma réponse tapait juste.
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Réunification bretonne, l’otage des droites et des gauches extrêmes

Bernard Grua Manifestation nantaise réunification 19 avril 2014

« Bretagne Réunie » était devenue un brouet peu recommandable comme je l’ai écrit, il y a déjà longtemps, à Herri Colliot. Le mouvement a toléré, en son sein, des individus particulièrement ignobles. Ce que l’on pouvait lire dans les groupes FB de « Bretagne Réunie » battait des records d’analphabétisme, d’insultes, de haine et de menaces. Ce n’est pas faute d’avoir prévenu les modérateurs et cadres du mouvement. Mais ces derniers ont laissé la gangrène mettre dehors ceux qui voulaient construire et non pas seulement invectiver.

Sans surprise, la manifestation nantaise, pour la réunification, de ce jour, le 30 septembre 2017, a été annulée en raison de la crainte d’y voir la droite extrême la plus infréquentable régner en maîtresse des lieux avec, en miroir, une extrême gauche à la recherche de l’affrontement, auto-proclamée « antifa », familière de ravages destructeurs, dans le centre de Nantes.

Le résultat en est que la droite française nationaliste extrémiste, dans le fond anti-régionaliste, a tenté de récupérer le mouvement breton pour s’en prendre « au système ». Elle a quasiment réussi mais elle hérite d’un cadavre. « Bretagne Réunie » est morte pour avoir flirté avec l’innommable. Elle s’est sabordée aujourd’hui.

La cause de la ré-unification sera portée par d’autres. C’est eux qu’il faudra trouver et soutenir. Le temps presse. La déculturation de la Loire Atlantique et la jacobinisation des nouveaux arrivants progressent à grands pas.

Bernard Grua, Nantes, 30/09/2017

 

Anne de Bretagne et François II, embrasent le coeur de Nantes, 14 juillet 2017

Feu d'artifice, Nantes, Bernard Grua
Feu d’artifice du 14 juillet au châteaux des ducs de Bretagne Nantes, Bretagne, 14/07/2017

Un spectacle magnifique; un cadre historique et emblématique

Nantes, le 14 juillet 2017, à la tombée de la nuit, sous un ciel superbe, dans un cadre majeur, historique et emblématique de la Bretagne, le spectacle fut magnifique. Voilà qui changeait du lieu habituel face aux éléphantesques hangars, abris de coûteuses et éphémères machines. Selon la majorité des spectateurs, ce fut le plus beau feu d’artifice jamais vu à Nantes. Les motifs de sécurité, imposant cette re-localisation, ont conduit à un heureux choix. Mais est-ce tout? Au delà de sa dimension esthétique, cette fête ne pouvait pas laisser indifférent et ne pas conduire à d’autres visions, enracinées dans la substance même d’un pays qui, aujourd’hui, est amputé et orphelin de son propre Etat.

Fin de l'heure bleue et début du feu d'artifice du 14 juillet, Nantes © Bernard Grua

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