L’affaire de Kertch ayant conduit à l’assaut sur des bâtiments de guerre ukrainiens ainsi qu’à la capture de ces navires et de leurs équipages est considérée par de nombreux observateurs comme une escalade délibérée dans la guerre d’agression que la Russie mène contre l’Ukraine depuis mars 2014. Ici, il sera présenté un point de vue différent en examinant le fait qu’il pourrait s’agir d’un dérapage du FSB mal contrôlé par le pouvoir russe, qui permet à l’Ukraine de révéler au grand jour, sur le plan international, l’annexion larvée de la mer d’Azov par le Kremlin ainsi que le blocus économique des ports ukrainiens de Berdyansk et Marioupol.
Cold War (Zimna wojna), est un film dramatique polonais tourné en noir et blanc, écrit et réalisé par Pawel Pawlikowski en 2018. Il a remporté le prix de la mise en scène au festival de Cannes. Les deux acteurs principaux sont Joanna Kulig (Zuzanna Michon dite Zula) et Tomasz Kot (Wiktor Warski). Chaque image est, en elle même, une photographie non seulement belle mais aussi magnifiquement composée et somptueusement éclairée.
Certains espaces russes sont ancrés dans l’imaginaire et correspondent à un désir de découverte ou de dépaysement bien réel, même si, pour beaucoup d’entre nous, cette aspiration peine à se réaliser. Nous allons en obtenir, ici, la démonstration. Il est particulièrement intéressant de voir qu’au sein d’une galerie rassemblant plus de deux mille prises de vues réalisées dans les principaux pays d’Europe et en Asie ce sont huit photos prises en Russie, qui sont les plus populaires[1]. Sur ces huit photos russes, sept ont été prises dans un autre monde, très différent de notre quotidien et de bien des destinations «exotiques» largement fréquentées et connues.
Cet autre monde est celui de la Sibérie orientale, en hiver par grand froid, voire par froid extrême. Plus étonnant encore, plus de la moitié de ces photos a été prise en moins de vingt quatre heures, alors qu’elles font partie d’une collection s’étalant sur une dizaine d’années. Nous tenterons de comprendre les causes de cette attractivité particulière en restituant les images dans leur environnement.
Déconstruction méthodique et documentée de la fable russe élaborée par le troll Laurent Courtois. Analyse de sa chaîne de faux comptes et de la méthode employée pour semer le chaos et la discorde dans la communauté francophone ayant rejoint les russo-séparatistes du Donbass.
Afin de légitimer des prises de positions humiliantes à l’égard des personnes, de tous bords, qu’il entend contrer, le troll Laurent Courtois prétend résider en Russie. Un faisceau d’indices convergents met à mal cette assertion. L’examen de l’usage qu’il fait de ses faux comptes dévoile la supercherie de ce troll localisé dans la région Auvergne Rhône Alpes. La revue des faux comptes montre, aussi, que l’acharnement de Laurent Courtois cible majoritairement ceux qui appartiennent au camp dont il dit faire partie, à savoir les partisans d’une ligne pro-Kremlin. L’étude présentée ici n’a bénéficié d’aucune information autre que celle qui a été révélée par le troll Laurent Courtois, de façon délibérée ou par amateurisme.
Que ferons-nous demain, quand un continent entier nous haïra? Soit qu’il soit Salafiste, soit qu’il soit Poutiniste, et qu’il sera trop tard pour s’en inquiéter.
En France, nous tentons de combattre la propagande de Poutine de manière plus systématique mais avec les mêmes méthodes que celles utilisées en 2013 et en 2014. Pourtant, à une très large majorité, les Français ne font pas confiance à Poutine et il n’est guère à espérer que les efforts déployés y changent quelque chose, de façon autre que marginale. Ce faisant nous négligeons totalement des millions de francophones chez qui cette propagande gagne chaque jour de nouveaux adeptes. Cette prise de conscience ne se fait pas. Pourtant, elle est urgente. Je reprends ici la dernière partie d’un papier écrit en avril 2018, qui parait de plus en plus d’actualité:« La pénétration du poutinisme en France, progression ou endiguement? »
Hors d’Europe, le poutinisme recule en certains endroits du monde. C’est le cas au Moyen Orient, où le Russe commence à être aussi haï que l’Américain, le tout en beaucoup moins de temps. Néanmoins, il reste une région où le poutinisme prospère et à laquelle nous ne prêtons pas assez attention. Il s’agit du Maghreb.
Batagol, une mine perdue au fond des monts Saïan orientaux
Intérieur de la mine de graphite de Batagol (monts Saïan, Sibérie), découverte en 1847 et exploitée par Jean-Pierre Alibert. Planche tirée de La mine de graphite de Sibérie découverte en 1847 par M. J.-P. Alibert, Paris, Poitevin, 1865. CC Hadrianus13
En Sibérie, près de la frontière mongole, sur le plateau de l’Oka (Okinksy Rayon), au cœur de la solitude des monts Saïans orientaux, le temps ne s’est pas arrêté. Mais, au cours de nos pérégrinations, dans le pays secret des Soyots je n’ai pas croisé un seul habitant, connaissant ma nationalité, sans qu’il ne mentionne la mine de Batagol fondée par le Français, Jean-Pierre Alibert, en 1847. On n’oubliait pas non plus de me rappeler qu’un des descendants de ce découvreur a cherché la mine, sans succès.
Sans même connaitre cet épisode historique, voilà plus de deux ans que je souhaitais aller dans l’Okinsky Rayon, le « petit Tibet russe ». On le disait ignoré des touristes et des Occidentaux. Aucun de mes amis et contacts russes, y compris ceux d’Irkoutsk, n’y avait jamais posé les pieds. Sans réseau, en Russie, le voyageur étranger n’est rien. A l’inverse, un bon tissu relationnel y ouvre des horizons insoupçonnés. A force d’écrire et d’en parler, j’ai été recommandé à Andreiy Bezlepkin, un photographe de Tver, qui, en juillet 2008, pour la deuxième fois consécutive, retournait dans ce lieu étonnant. J’ai donc eu la chance de rejoindre son équipe russe mais j’étais loin d’imaginer ce que j’allais y apprendre.Lire la suite « Sibérie: la mine perdue de Batagol et le pays secret des Soyots »
La présence, sans conditions, d’Emmanuel Macron au match de demi-finale de la coupe du Monde fut-elle seulement une erreur diplomatique?
A la différence du contrat relatif aux navires Mistral dont plus de 60% des Français approuvaient la livraison, la majorité du pays a aujourd’hui une position défavorable à l’égard du Kremlin en ce qui concerne les prisonniers politiques ukrainiens détenus par la Russie. Tous les jours paraissent, en France, des articles s’émouvant de leur sort et, particulièrement, de celui d’Oleg Sentsov.Lire la suite « Comment Poutine a-t-il remporté la demi-finale France-Belgique et comment va-t-il récidiver en finale? »
Depuis que la guerre s’est invitée, le 11 juillet 2014, à Marinka, commune pavillonnaire en plein cœur des steppes de l’Est ukrainien, ses 10 000 habitants (près de 6 000 aujourd’hui) subissent quotidiennement les inconvénients de leur nouvelle vie. La contre-offensive donnée alors par l’armée ukrainienne contre les forces séparatistes, s’est arrêtée à la sortie Est de la ville, à une dizaine de kilomètres de la métropole de Donetsk. La ligne de contact, redessinée quelque peu par de violents combats du début juin 2015, s’est plus au moins fixée depuis. Elle traverse, du Nord au Sud, la partie orientale de Marinka, bordant certaines rues, courant parallèlement à d’autres, annexant quelques unes. Elle laisse plusieurs terrils, ces collines formées par l’amoncellement des déblais de mines, en territoire séparatiste ou en « zone grise » visitée par les deux parties. Au lieu de constituer des obstacles naturels et protéger les habitations, ces terrils servent…
Il faut lire l’article de Sophie Belaïch sur « The Times of Israël »: « Le niveau de pénétration du poutinisme atteint un seuil très alarmant en France ». Voilà un inventaire détaillé de multiples ingérences du Kremlin au sein de la politique française ainsi qu’un réquisitoire contre une liste impressionnante d’agents d’influence au coeur de notre personnel politique. Ce texte a attiré de nombreux trolls. Leurs commentaires donnent une idée de l’état d’esprit de la poutinosphère mais ils dressent surtout un catalogue d’horreurs injurieuses pour ceux qui les découvrent. Pour les autres, aucune surprise. Au delà d’insultes primaires, le troll est un être (et encore) inférieur, qui ne crée pas mais se contente de poster ce qui a été préparé par d’autres, en l’espèce les services de propagande du Kremlin. A ce sujet, on peut voir, sur les deux graphiques, ci-dessous, issus de DFRLab « PutinAtWar: How Russia Weaponized “Russophobia” » comment cette doxa poutinienne est promue et comment on la retrouve dans les « commentaires » présents au pied de l’article de Sophie Bélaïch. Lire la suite « La pénétration du poutinisme en France, progression ou endiguement? »