La journée du 18 février 2014
A Kyiv, capitale ukrainienne, la journée du 18 février 2014, marque un tournant dramatique, aussi bien par la cruauté de la répression menée dans le Parc Marinsky que par l’assaut donné au camp du Maidan. Au cours de la nuit suivante, la Révolution de la Dignité, ne tenait plus, au milieu des flammes, qu’un bout de la place de l’indépendance. Elle a dû sa survie miraculeuse au fait qu’une poignée d’activistes était prête au sacrifice et au fait que le fragile cordon ombilical de la rue Krechtchatik n’a pas été coupé. Le pouvoir défait sur le terrain a, alors, abattu sa dernière carte par le massacre de la rue de l’Institut, le 20 février. L’armée ayant refusé de suivre le président Viktor Ianoukovitch dans sa folie meurtrière, ce dernier avait pris la fuite le 22 au matin.
Il faut, tout d’abord, présenter deux catégories d’individus qui ont joué un rôle important.
Les Berkouts sont des policiers anti-émeute choyés par le pouvoir de Ianoukovitch. Ils forment une sorte de garde prétorienne.
Les Titouchky, pluriel de Titouchko, sont des jeunes voyous payés par le pouvoir pour créer du désordre et de la violence, ceci allant jusqu’ à la torture et jusqu’au meurtre, afin de justifier la répression des forces de sécurité, terroriser les activistes et discréditer la révolution. Au cours de la matinée du 18 février 2014, une importante foule a quitté Maïdan pour manifester devant la Rada (le Parlement). Plutôt que de s’y rendre directement, elle s’est vue imposer un large détour pour remonter presque l’intégralité de la rue de l’Institut (Institutskaya Vulitsia), avant de rejoindre le Parc Marinsky en tournant par la rue Kriposniy. Toutes les rues latérales sur la gauche de celle de l’Institut étaient barrées par des camions derrière lesquels se trouvaient des compagnies de Berkouts. Plus loin, sur la droite, et en retrait, se trouvait aussi un très large groupe de Titoushky et de Berkouts pour tenir le terrain menant au bâtiment de l’administration présidentielle. L’étirement de cette foule importante, la rendait sujette à des embuscades, à une prise en étau et à une atomisation en plus petites cellules. Aujourd’ hui, certains se demandent si cela n’était pas un piège délibéré et si des provocateurs n’étaient pas chargés de mettre le « feu aux poudres ».
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