Tchaïka, la diplomatie fraternelle des Cosaques en Bretagne

A Pont-Aven, petite ville bretonne du Finistère, une équipe d’Ukrainien a entrepris la restauration d’une Tchaïka, bateau emblématique de l’histoire ancienne et contemporaine de leur pays.

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Article rédigé par Bernard Grua pour Ukraine Crisis Media Center (UCMC)

L’Ukraine est aujourd’hui victime d’un conflit oublié. Les épreuves qu’elle traverse se noient dans les infortunes qui frappent certaines parties du monde et les aléas de la vie quotidienne, auxquels chacun est confronté. C’est pourquoi l’Ukraine doit se faire connaître. Pour y arriver, elle a besoin d’espoirs, de victoires pacifiques et d’amis. Gagner les cœurs et le respect, c’est bien ce qu’ont réussi à faire, dans une petite ville bretonne, les bénévoles de l’association « Tovarystvo Kish » venus de Lviv.

Pont Aven le navire cosaque par Bernard Grua
La rivière Aven au commencement de sa partie maritime

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Presviata Pokrova, image de la page FB Козацька чайка « Пресвята Покрова »

Presviata Pokrova, la tchaïka (« chaika » ou « chajka » en translittération anglo-saxonne) réplique d’un bateau des Cosaques zaporogues ayant navigué entre le XVe et le XVIIe siècles, a été construite l’année de l’indépendance du pays. Elle a sillonné l’Europe et y a porté l’Ukraine, bien avant Euromaïdan. Elle en est devenue un symbole et un original monument emblématique. Après 16000 milles nautiques de navigation, soit 25000 km, c’est-à-dire plus de la moitié de la circonférence de la terre, la tchaïka a failli disparaître à Pont-Aven. , quasi-abandonnée, rongée par la pourriture due à l’eau douce, ayant sombré deux fois, hors d’état de naviguer.  Là, seul Laurent Lesiourd, maître verrier d’art, croyait que le bateau pouvait encore être sauvé. Il n’a jamais baissé les bras et a su entraîner quelques bonnes volontés locales pour sa conservation, en attendant mieux. Il est même venu à Paris en plaider la cause auprès de la diaspora ukrainienne.

Taras Beniakh, Bernard Grua
Taras Beniakh, photo Bernard Grua

Pendant ce temps-là, en Ukraine, Tarass Beniakh, qui avait participé, en 1991, à la construction du bateau, battait le rappel de tous ceux dont la tchaïka avait changé la vie et contribué à façonner leur personnalité d’adulte, ainsi que leurs valeurs. Grâce à son énergie, la démarche a fonctionné. Le Président de l’association locale de préservation du patrimoine maritime, La Belle Angèle, confie :

Lorsque j’ai rencontré Tarass, j’ai compris qu’il irait jusqu’au bout. Nous devions faire ce que nous pouvions pour l’aider.

Tarass Beniakh effectue différents allers et retours en 2015-2016, entre la Bretagne et l’Ukraine, pour se coordonner avec la municipalité, pour estimer les travaux, pour superviser le grutage, lors de la mise au sec des 20 mètres et des 10 tonnes de la tchaïka, pour transporter le moteur en Pologne, afin de le faire reconditionner, et pour apporter du mélèze destiné à la couverture du pont.

Finalement, Tarass Beniakh revient le 12 juin 2016, à Pont-Aven, avec des planches de chêne, des voiles neuves, réalisées par Myron Humenetskyy et une équipe d’une dizaine de personnes. On y compte des forgerons (avec une forge !), un charpentier de marine, le même Myron Humenetskyy, d’autres compagnons de la construction initiale et participants des navigations précédentes. S’y joignent des jeunes déterminés, bien souvent artistes. Ils établissent leur « Sitch« , à la fois chantier et lieu de vie, dans un endroit mis à leur disposition par Monsieur le maire.

La Sitch de Palette Aven, Bernard Grua
La Sitch de Palette Aven, Photo Bernard Grua

En bordure de la belle rivière, animée par la marée et la lumière changeante, flotte comme une atmosphère libre, sûre et organisée du Maïdan romantique de décembre 2013. Les conditions sont austères mais l’humour… et les palettes, collectées par Laurent Lesiourd, ne manquent pas. La petite colonie ukraino-bretonne s’accorde le nom de « Palette Aven », une dénomination qui va devenir légendaire. Le Gwenn ha du, pavillon national breton, y flotte conjointement avec l’étendard azur et or du pays des Cosaques. Au total, ce sont 19 Ukrainiens qui s’y succéderont. Leur défi va passionner la communauté de la petite cité d’art, à la fois marine et terrienne. Les visiteurs, les promeneurs et les professionnels, de plus en plus nombreux, sont dubitatifs, curieux, étonnés puis enthousiastes.

Чайка Пресвята Покрова (Tchaïka Presviata Pokrova), de Julian Kukhlevskyy sur Vimeo.

Des pièces en fer sont forgées sur place et remplacées. Douze bordés en chêne, les grandes planches extérieures de la coque faisant 5 à 6 mètres de long, sont changés. Cinq cents rivets sont remplacés. Certaines nouvelles membrures en chêne sont substituées aux anciennes. Tout le barrotage du pont est reconstruit et couvert d’un contreplaqué stratifié à l’époxy, auquel on adjoint de belles pièces d’ébénisterie, des hiloires préparées à Lviv. La coque est calfatée et goudronnée. L’intérieur de la cale est peint, à l’exception des fonds, qui sont goudronnés, eux aussi. La vergue brisée est ouverte, complétée, ré-assemblée, poncée et vernie, comme le mât.
Le jeudi 28 juillet 2016, veille du départ, il ne reste plus qu’à poser les lattes de mélèze du pont, à remettre en place le moteur et à accastiller le bateau. Ces derniers travaux se dérouleront au début de la prochaine saison. En attendant, la tchaïka est soigneusement bâchée pour l’hivernage. Toutes les précautions sont prises pour assurer une bonne protection contre la pluie et pour ventiler la coque.

Travaux tchaïka, Bernard Grua
Travaux, photos Bernard Grua

Le même soir, les Cosaques reçoivent à dîner la municipalité, les membres de La Belle Angèle, les correspondantes locales des quotidiens régionaux et tous ceux qui les ont soutenus.

Koulich, Bernard Grua
Dernière soirée, photos Bernard Grua

Il n’y a pas que le « kulish« , ayant mijoté tout l’après midi, qui a occasionné de sincères et nombreux compliments. Nous en prendrons quelques exemples.

Claude Berthelom, photographe de « La Belle Angèle », très familier des navires traditionnels fait clairement savoir son appréciation.

Les Ukrainiens ont quitté Pont-Aven ce matin vendredi 29 juillet 2016. La galère (c’est ainsi qu’on appelle la tchaïka à Pont-Aven) est sauvée. Ils ont réalisé un travail colossal. Ils reviennent terminer le chantier dès l’obtention de nouveaux visas et le renflouement de la cagnotte. Ils ont remercié La Belle Angèle en organisant une soirée très chaleureuse.

Maryse Danjou journaliste pour « Le Télégramme », quotidien régional, parle selon les même termes, dans son article du 30 juillet 2016.

Maurice le Reste, président de La Belle Angèle, qui a aidé les Ukrainiens tout au long du chantier, avoue : « L’année dernière, je pensais que le bateau était foutu« …
Les Ukrainiens de l’association Kish à Lviv ont fourni un travail de titans
Il faut dire que tout le monde a été bluffé par le travail abattu en si peu de temps…
Pour l’heure, les Ukrainiens sont repartis dans leur pays. Ils reviendront peut-être en septembre ou au printemps, s’ils peuvent obtenir des visas. En attendant, la chajka reste au quai à sable, bien protégée et sous la surveillance de tous ses amis de Pont Aven.

Le quotidien « Ouest France » dont la journaliste locale a suivi de près les différents événements relatifs à la tchaïka en dresse un beau résumé historique et décrit ce qu’elle a observé lors de la clôture du chantier dans son article du 31 juillet 2016. On y constate la récurrence d’un terme particulièrement élogieux.

Après avoir vécu des heures sombres, la galère Presviata Pokrova, renaît petit à petit de ses cendres. En quelques semaines, les Ukrainiens ont réalisé un travail de titan pour sa réfection […] Un travail titanesque […]Une tente, prêtée par l’association La Belle Angèle, sert de cuisine et de chambre aux Ukrainiens qui ont travaillé d’arrache-pied à la réfection du bateau, depuis le 12 juin. Trois équipes se sont succédé avec Taras Benyakh, le président de l’association Tovarystvo Kish, soit 18 personnes. Un travail titanesque abattu en quelques semaines. […] Les Ukrainiens sont repartis, jeudi soir, et souhaitent revenir, en septembre ou en mars. La tchaïka reste au fond du quai, surveillée par les associations pontavenistes Presviata et La Belle Angèle. Taras compte encore un mois de travail […]

A Pont-Aven, l’Ukraine a remporté un succès magnifique et émouvant. Elle a montré le meilleur de son caractère. Elle a manifesté son ouverture. Elle a fait rêver. Elle y a gagné considération, attention et amitié. Le détachement cosaque est reconnaissant à l’égard de la municipalité de Pont-Aven, des membres de l’association La Belle Angèle, des habitants de la commune et de la presse locale pour la sollicitude, l’entraide et la bienveillance qu’ils ont manifestées pour la sauvegarde, puis le sauvetage de la tchaïka. Il leur dit un fort « douzhe dyuakuyu » ou un sonore « trugarez vras ». Il existe encore beaucoup de sympathie et d’attention à gagner en Bretagne et en France, dès lors que l’on porte un message vrai, que l’on en vit les valeurs et que l’on sait à qui l’on s’adresse. A Pont-Aven, les Cosaques ont parlé art, communauté, labeur, histoire, bateaux, construction et charpenterie navale. L’aventure re-dynamisée de Presviata Pokrova est un exemple à suivre.

Cette aventure doit se poursuivre. La tchaïka est un des meilleurs antidotes, au sein de la population française, contre les agissements et les propos de certains hommes politiques ou d’affaires sensibles aux sirènes pécuniaires du Kremlin. La tchaïka, dans la période actuelle, peut avoir un rôle diplomatique « de terrain » considérable en contribuant au rayonnement et à la connaissance de l’Ukraine. Il convient de bien mesurer toute la puissance potentielle de cet outil, à nouveau disponible, de réfléchir pragmatiquement, de façon innovante, aux moyens d’en stimuler la portée et d’en faciliter la mission.

© Auteur: Bernard Grua Palette-Aven, Bretagne, 02/08/2016

Autres articles sur la tchaika Presvata Prokova
– Tchaïka, travaux nécessaires et contraintes rencontrées avant une remise en eau (fin juillet 2016)
Quelques récits collectés à Palette-Aven sur les deux décennies de navigation de la tchaïka
– Quand un Français du XVIIe siècle nous parle de la tchaïka cosaque

Mise à jour du 22/03/2017:
Comme on le constate dans les écrits de Levasseur de Beauplan l’histoire des Cosaques Zaporogues et des tchaïkas est intimement liée à l’affrontement et/ou à la coexistence, parfois pacifique, avec l’empire ottoman et les Tatars de Crimée. A ce titre, pour ceux qui voudraient en savoir plus sur cette population au coeur de l’actualité de cette région du monde, on se reportera utilement à un nouvel et exhaustif article d’UCMC: Les Tatars de Crimée de A à Z

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Козацька чайка « Пресвята Покрова »

Revue de presse
Ouest France: La galère ukrainienne reprend vie à Palette-Aven, le 31 juillet 2016
InformNapalm: La tchaïka cosaque, gage de l’amitié entre l’Ukraine et la Bretagne, le 31 juillet 2016
Le Télégramme: Chajka, les Ukrainiens sont partis, le 30 juillet 2016
Save Tchaïka: Tchaïka, état des travaux après 47 jours de chantier, au 28 juillet 2016
Save Tchaïka: Tchaïka, avancement des travaux après un mois de chantier, au 09 juillet 2016
Le Télégramme: Port, la tchaïka en restauration , le 8 juillet 2016
RFI: Un bateau cosaque échoué en Bretagne?, le 27 avril 2016
Le TélégrammePont-Aven; La chajka sortie de l’eau, le 13 mars 2016
InformNapalm: Il faut sauver Tchaïka ukrainienne, amarrée à Pont Aven, le 26 janvier 2016
Le Télégramme: Port. La galère sommée d’évacuer, le 15 janvier 2016
Ouest France: Pont-Aven. Le bateau ukrainien prié de bouger, le 07 janvier 2016
France Bleue: À Pont-Aven, la galère ukrainienne prend l’eau, le 29 décembre 2015
Ouest France: La galère ukrainienne en mauvaise posture , le 28 décembre 2015
Le Télégramme: Port de Pont-Aven Il faut sauver la galère ukrainienne, le 28 décembre 2015
Ouest France: La galère ukrainienne de Pont-Aven a coulé, le 27 décembre 2015
Le Télégramme: Galère ukrainienne. Un appel à l’aide, le 23 septembre 2015
Ouest France: La réplique de galère ukrainienne hiverne au port, le 14 mars 2014
Ouest France: Au détour du port (Pont-Aven), la réplique d’une galère ukrainienne, le 26 septembre 2013
Ouest France: Une belle galère ukrainienne pour Vannes, le 15 août 2009
Ouest France: Pas de galère pour le bateau ukrainien, le 14 août 2009

Auteur : Bernard Grua

Bernard Grua a une large expérience internationale. ll réside à Nantes et est expert en conseil, réalisation et analyse d'inventaires, préalablement manager dans un cabinet d'audit anglo-saxon , Diplômé de Sciences Po Paris, officier de Marine de réserve. Hobbies: photographie, géopolitique, patrimoine maritime, reportages dans des pays lointains

14 réflexions sur « Tchaïka, la diplomatie fraternelle des Cosaques en Bretagne »

  1. Ще раз, про козацьку « Чайку ». В першу чергу до уваги всіх тих, хто долучився до збору коштів на реставрацію цієї древньої копії човна, яка має теж свій славний путь по морям, перемоги та поразки, але виживає. Особисто мене, людину, яка побувала в 27 країнах і надивилася багато, завжди приємно надихає у Європі, так це такі звичайні і буденні поняття як:
    – доброзичливість;
    – співчуття;
    – щирість
    – готовність прийти на допомогу незнайомим людям
    Я вдячний  » Чайці », що мене познайомила з такими чудовими людьми, як Бернард, Монік, Лоран та багато інших французів, які підтримували, надихали і допомагали. Без них ця українська мандрівнця не зможе продовжити всій шлях

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    1. Dans son commentaire en ukrainien, Oleksandre, tient à remercier ceux qui ont participé au financement de ce projet de reconstitution de la tchaïka cosaque.
      Il souligne, à titre personnel, que bien qu’ayant visité 27 pays différents, il est toujours heureux d’être en Europe où l’on peut vivre les valeurs de:
      – bonne volonté,
      – compassion,
      – sincérité,
      – volonté d’aider les étrangers.
      Il est reconnaissant à la tchaïka de lui avoir présenté des gens merveilleux: Monique, Laurent, Bernard et bien d’autres Français, qui ont soutenu, aidé et inspiré cette aventure. Sans eux, cette expédition ukrainienne n’aurait pas pu se poursuivre.

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  2. Merci au travail et à la plume de Bernard Grua. La Bretagne et l’Ukraine sont ainsi rapprochés : une magnifique région à un extraordinaire pays.
    En espérant d’autres démarches de la sorte pour renforcer les liens d’amitiés entre l’Ukraine et la Bretagne.

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    1. Merci Thomas pour le travail que tu fais de ton côté. Les enjeux de l’Ukraine et de la Bretagne sont communs par bien des aspects. Nous avons des synergies à développer. C’est de plus une ouverture sur ce monde slave très intéressant. Nous devrons continuer à nous coordonner sur des projets communs. En ce sens, le groupe que tu as fondé est un lien précieux.

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  3. Merci beaucoup Bernard…pour tout votre travail….pour votre intérêt et votre attention,que vous avez pour Ukraine….Je suis très touchée par votre compréhension de la situation que subit mon pays natale depuis presque trois ans….Огромный Вам поклон…..от всего сердца…..Если Вам нужна поддержка, в реализации Ваших планов по укреплению дружбы между нашими странами,,,,я сделаю все ,что в моих силах …

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    1. L’Ukraine est un pays que les Français ne connaissent pas, Karina. C’est pourquoi il est important, que ceux qui peuvent contribue à la faire connaitre. La Tchaïka est un outil qui, hors des habituels cercles parisiens, peut puissamment y contribuer.

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  4. La vraie diplomatie entre les pays est cree d’une manière simple, et cela, c’est la communication entre les gens ordinaires, faite par les gens, comme Bernard Grua de le côté français et l’équipage de Tchaika cosaques d »Ukraine! Et c’est la culture que peut développer situation réelle entre les peuples français et ukrainiens et former de véritables amitiés. Merci Bernard!!!!

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    1. Non, Taras, la « vraie diplomatie » est faite par ceux qui, sur place, accueillent et appuient l’équipe de la tchaïka, qui croient en cette aventure et aux valeurs qu’elle porte. Elle est rendue possible et crédible par la qualité du travail réalisé et l’engagement que vous avez manifestés. Tous, localement ont pu s’en convaincre. Pour ma part, je n’ai été que le témoin de ces événements qui parlent à mes origines bretonnes et maritimes ainsi qu’à l’intérêt que je porte à l’histoire et au patrimoine.
      Cette « diplomatie » n’en reste pas moins extrêmement pertinente. Pont-Aven est hermétique au brouillard de propagande qui brouille, ailleurs, les esprits. Il est particulièrement réjouissant de voir l’attention que porte cette petite ville finistérienne à ce qui se passe en Ukraine tout en s’attachant à mieux la comprendre.
      En France, l’Ukraine est un pays totalement inconnu. Ce n’est plus le cas à Pont-Aven. Bravo Taras!!!! Maintenant, il faut trouver les moyens de généraliser cette expérience au reste de la population hexagonale.

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  5. Дуже часто Україна представлена у світі, як жертва. Вона виглядає, як частина Європи, що була поділена між іншими державами (Росією, Польщею, Туреччиною і т.д.) І такий стереотип про знедолену націю дуже часто формує хибний образ мого народу. Але насправді мій народ мав значні внески у розвиток загальнолюдської цивілізації. Часто через історичні обставини, відомі осбистості чи здобутки відносять до держав, що панували певний час на території України. І важливим є висвітлити історичну правду. Це потрібно для того, щоб українців сприймали, як рівних і самодостатніх серед інших народів.

    У 1991-1992 роках команда ентузіастів задумала і зробила історичне судно – козацьку чайку « Пресвята Покрова ». Це човни, які описував відомий французький дослідник Боплан. На них в свій час українські козаки фактично контролювали Чорне море. Це був такий доступний приклад задекларувати себе знову серед європейців. І ми знову відкривали для себе Європу, а Європа знову відкривала для себе нас.

    Багато років чайка « Пресвята Покрова » була тим містком народної дипломатії, що поєднував Україну з іншими країнами Європи.

    І ось, у важкі політичні часи для нашої країни ми мало не втратили цього унікального човна. І дякую, що є такі чудові люди, як Бернарда Груа і інші французькі друзі! Вони забили тривогу і допомогли нам врятувати нашого унікального дипломата – Чайку « Пресвята Покрова ». І « Пресвята покрова » продовжить свою місію прямої дипломатії, для зміцнення дружби між народами Європи.

    Дякую вам велике за допомогу!

    Très souvent représenté l’Ukraine dans le monde comme la victime. Il ressemble à une partie de l’Europe qui a été divisé entre les autres pays (Russie, Pologne, Turquie, etc.) et un stéréotype d’une nation affligée souvent crée une fausse image de mon peuple. Mais en fait, mes gens avaient des contributions importantes au développement de la civilisation humaine. Souvent, en raison de circonstances historiques de personne ou les réalisations connues appartiennent aux Etats qui ont gouverné quelque temps en Ukraine. Et il est important de mettre en évidence la vérité historique. Ceci afin d’assurer que l’ukrainien perçu comme auto-suffisante et égale parmi les autres nations.

    En 1991-1992, une équipe de passionnés a conçu et réalisé navire historique – Chajka Cosaque « Presviata Pokrova ». Ce bateau, que décrivait le célèbre explorateur français Boplan. Ils en même temps Cosaques ukrainiens effectivement contrôlé la mer Noire. Il était un tel exemple de se déclarer à nouveau disponible parmi les Européens. Et nous sommes à nouveau découvre l’Europe et l’Europe à nouveau elle-même ouvert pour nous.

    Années la tchaïka « Presviata Pokrova » était le pont de la diplomatie si populaire qui unissait l’Ukraine à d’autres pays européens.

    Et maintenant, dans les temps politiques difficiles pour notre pays, nous avons presque perdu ce bateau unique. Et merci à vous, qu’il ya des gens merveilleux comme Bernard Hrua autres amis français! Ils ont sonné l’alarme et nous ont aidé à sauver notre diplomate unique, – Cajka « Presviata Pokrova. » Et «Presviata Pokrova » poursuivra sa mission de la diplomatie directe, de renforcer l’amitié entre les peuples d’Europe.

    Merci beaucoup pour votre aide!

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  6. C’est bien ce genre d’initiative, la multiplication de ce type d’activités servira à redonner à l’Ukraine la reconnaissance en France et en conséquence en Europe. Ce genre d’activité positive se développe peu à peu par ailleurs aussi, par exemple des événements culturels à Paris dans le centre culturel ukrainien, mais aussi à l’INALCO ou encore par les différentes expositions de l’art. Et évidemment il ne faut pas avoir peur de visiter l’Ukraine, un pays très sympatrique en soi, qui garde le moral malgré la guerre.

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    1. Oui Michal, c’est exactement ça. D’ailleurs Taras Beniakh précise que cette idée était déjà à l’origine du projet des 1991:
      « En 1991, A la date de l’indépendance, nous avions une vingtaine d’années. Nous n’étions pas comme la jeunesse d’aujourd’hui, qui a bénéficié d’une plus large ouverture sur le monde. Nous étions d’éducation et de culture soviétique.
      Ce bateau est un symbole de notre souveraineté. Nous considérions que le périple que nous parcourions était une quasi-mission diplomatique pour notre pays tout juste libre. » https://bernardgrua.net/2016/10/09/quelques-confidences-de-la-tchaika-presviata-pokrova/
      L’avantage de ce projet est qu’il est itinérant et permet d’atteindre un public inaccessible par les opérations parisiennes classiques, notamment celle tenues à l’Institut Culturel Ukrainien, avenue de Messine. Ce dernier touche principalement les membres de la diaspora qui connaissent déjà l’Ukraine.
      Il s’agit d’une aventure et d’une communication qui sont tout à fait complémentaires des actions menées par ailleurs.

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