Une tchaïka cosaque totalement à l’Ouest

La tchaïka cosaque, Presvyata Pokrova, construite en 1992, à Lviv, a porté le pavillon aux couleurs azur et or sur toutes les mers et voies navigables d’Europe. Puis, il y a dix ans, elle a trouvé un port d’attache accueillant à Pont-Aven, petite cité maritime bretonne. Le poids de l’âge faisant son œuvre, d’importants travaux de restauration y ont été menés avec l’appui désintéressé et bienveillant de compétences locales. Avant que le navire cosaque puisse reprendre son rôle d’ambassadeur hauturier, il reste à remplacer la paroi extérieure de la coque sous la ligne de flottaison. Le projet n’a pas pu se matérialiser à Camaret ainsi qu’il était prévu. C’est finalement à Châteaulin que la galère ukrainienne, comme on l’appelle parfois, va entrer en chantier grâce à d’amicaux soutiens.
Mais pour cela, il faudra des financements que l’équipe de Lviv ne peut assumer seule. Nous faisons ici un appel aux dons et au partenariat de mécènes.

Tchaïka, travaux nécessaires et contraintes rencontrées avant une remise à l’eau

Selon Taras Beniakh, 70 % des travaux de reconstruction ont été réalisés entre la mi-juin 2016 et la fin juillet 2016. Les 30 % de la dernière partie devraient être réalisés en mars 2017 si l’équipe peut obtenir les visas obligatoires auprès de l’Ambassade de France à Kiev, qui n’est guère pressée, voire réticente, de le faire, malgré le tweet encourageant posté le 4 août 2016. Il faut ajouter que 60 000 Grivnas (soit 2 100 euros) sont nécessaires pour couvrir les derniers frais. L’essentiel de ces dépenses concerne le coût de la grue pour remettre la chaïka à l’eau.
Si les derniers enjeux sont levés, alors les travaux de reconstruction des Cosaques pourront s’achever au printemps 2017, afin que la tchaika « Presvyata Pokrova » puisse naviguer au large l’été prochain et assister aux festivals maritimes en Irlande, l’un des seulement deux pays (l’autre étant l’Estonie), qu’elle n’a pas encore visités à ce jour.

Quelques confidences de la tchaïka Presvyata Pokrova

En cet été 2016, à Palette-Aven, l’Otaman, c’est Taras. Il est épaulé par le savoir-faire de Myron Humenetskyy et par une équipe de jeunes volontaires ukrainiens. Au cours d’un rare instant de repos qu’ils s’autorisent, en face d’une tasse de café, à tour de rôle, Myron et Taras racontent ce qu’ont été et ce que continuent à représenter, pour eux, les expéditions de Presviata Pokrova. Leurs navigations le long de nos côtes et leur attrait pour notre langue ont fait qu’ils s’expriment parfaitement en français. Leurs discours sont si voisins que les paroles de l’un peuvent être attribuées à l’autre.

Quand un Français du XVIIe siècle nous parle de la tchaïka cosaque

On dispose de peu d’éléments d’informations sur les tchaïkas, navires des Cosaques zaporogues du XVème au XVIIème siècle. Il est assez intéressant d’observer que nous devons ces renseignements à un ingénieur français,   Guillaume Le Vasseur de Beauplan, qui fut au service du roi de Pologne entre 1630 et 1647. Dans sa  » Description d’Ukranie, qui sont plusieurs provinces du Royaume de Pologne ».Contenues depuis les confins de la Moscovie, jusques aux limites de la Transilvanie. » Il en fait une présentation fort précieuse.
« Quand ils (les Cosaques) ont dessein d’aller en mer… ils s’acheminent à leur Sczabenisza Worskowa (quartier général dans la Sitch, leur forteresse située sur une île en aval des chutes du Dnipro) qui est leur rendez-vous.

Tchaïka, la diplomatie fraternelle des Cosaques en Bretagne

L’Ukraine est aujourd’hui victime d’un conflit oublié. Les épreuves qu’elle traverse se noient dans les infortunes qui frappent certaines parties du monde et les aléas de la vie quotidienne, auxquels chacun est confronté. C’est pourquoi l’Ukraine doit se faire connaître. Pour y arriver, elle a besoin d’espoirs, de victoires pacifiques et d’amis. Gagner les cœurs et le respect, c’est bien ce qu’ont réussi à faire, dans une petite ville bretonne, les bénévoles de l’association « Tovarystvo Kish » venus de Lviv.
A Pont-Aven, dans cette cité des peintres du Finistère, l’équipe d’Ukrainien a entrepris la restauration d’une Tchaïka, bateau emblématique de l’histoire ancienne et contemporaine de leur pays. On l’y connait sous l’appellation de « la galère ukrainienne ».