En mai 2015, Jean-Claude Blanchard et Gauthier Bouchet, deux élus du Front National de Saint Nazaire, ont étroitement collaboré avec les services de propagande du Kremlin en relayant, voire en inspirant, l’hallucinante mystification du sabordage des Mistral, les grands navires d’invasion initialement construits pour appuyer le néo-impéralisme de Vladimir Poutine. Même si les années ont passé, cette opération de désinformation et de manipulation de l’opinion ainsi que des médias reste un modèle de maskirovka (Маскировка) conduite en dehors de tous principes moraux dans le cadre de la guerre hybride que les siloviki mènent contre des pays qu’ils veulent pousser à la discorde et au chaos. Un évènement aussi insensé aurait été impossible si ses promoteurs n’avaient pas eu une connaissance intime des faiblesses de notre société grâce aux lumières et aux conseils de leurs complices locaux.
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Sabordage des Mistral: les métastases de la maskirovka Kremlin – Front National dans les médias occidentaux
Le 6 mai 2015, le lendemain de la publication d’un article du Figaro sur le destin des BPC Vladivostok et Sébastopol, ce qui allait être abusivement présenté comme la « décision » de l’Elysée de saborder les Mistral suscite stupeur et indignation en Russie ainsi que dans la poutinosphère internationale. D’un côté, au début cette affaire, se trouvent ceux qui s’emploient à montrer l’impossibilité d’une telle option. De l’autre côté, leurs répondent ceux qui se déchaînent contre le gouvernement français. Très rapidement la propagande russe appuyée par le Front National assurera, avec un succès certain dans les médias occidentaux, la promotion de l’océanisation de ces bâtiments de guerre. Cette affaire délirante peut être considéré comme un cas d’école de désinformation en appui d’une guerre hybride soutenue par des complicités locales.
Sabordage des Mistral: comment le Kremlin a offert des outils fatals à sa maskirovka et pourquoi ils n’ont pas été utilisés?
Le 5 mai 2015, le Figaro publiait un article « Les Mistral, boulet de la diplomatie française ». Une interprétation tendancieuse de ce texte pouvait laisser croire que la destruction ou le sabordage des Mistral étaient les seules alternatives à une livraison à la Russie. Une revue des articles publiés en mai 2015 et plus tard sur le sujet conduit à des découvertes étonnantes. On s’aperçoit que le Kremlin, de façon très documentée, ne croit pas à la mystification qu’il va, lui-même, construire par la suite. Alors que la maskirovka pouvaient aisément être démontée en s’appuyant sur les écrits de ceux qui l’ont mise en place, il est accablant de réaliser que rien de tel n’a été fait. Cela en dit long sur notre myopie et notre amateurisme face une information détournée en propagande et en diffuseur d’un brouillard de la « guerre hybride ».
Sabordage des Mistral: anthologie d’une maskirovka Kremlin – Front National, mai 2015 – septembre 2015
Cette revue de presse archive une liste des articles présentant la « thèse » du sabordage des Mistral Sebastopol et Vladivostok issue d’une fausse « option » présentée par le Figaro au début de mai 2015. On observe un examen et un doute russe, suivis d’une récupération à des fins de propagande, puis une reprise par les médias « mainstream » français au mépris de tout esprit critique et de tout bon sens, en dépit des évidences contraires apportées.
Sabordage des Mistral: pourquoi le Kremlin et le Front National exigeaient-ils leur immersion?
Une revue approfondie mais distanciée du récit qui a, en mai 2015, promu le sabordage des navires Mistral initialement destinés à la Russie et l’examen des événements qui se sont déroulés jusqu’à l’accord de résiliation du contrat conduisent à remettre en question l’objectif identifié, à chaud, de la fable de l’immersion ainsi que le discours officiel sur les circonstances du passage sous pavillon égyptien des ex-Vladivostok et ex-Sébastopol.
Affaire Mistral, des questions qui restent ouvertes.
L’affaire du Vladivostok et du Sébastopol, les Bâtiments de Projection et de Commandement (BPC) Mistral, s’est dénouée en août 2015 après l’accord d’annulation signé entre la République Française et la Fédération de Russie. Elle a trouvé son point final en septembre 2015 lors de la vente puis de la livraison de ces deux navires à l’Egypte.
Un criminel de guerre au fort de Brégançon
Emmanuel Macron a invité Vladimir Poutine à venir le rencontrer, le 19 août 2019, au Fort de Brégançon, lieu de retraite estivale des présidents de la République Française. Recevant un tel « interlocuteur », qui n’est pas un homme de dialogue mais un adepte du passage en force et un dirigeant connu pour son non respect de la parole donnée, ainsi que pour son mépris des règles du droit international, il est difficile de voir ce que notre pays pourrait en attendre de positif.
Comment observer en temps réel, depuis chez vous, le blocus de la Mer d’Azov ainsi que l’asphyxie des ports de Marioupol et de Berdiansk?
Peu de temps après y avoir attaqué puis capturé trois navires ukrainiens et leurs marins, lors de l’assaut du 25 novembre 2018,le Kremlin a indiqué que le trafic était redevenu normal dans le détroit de Kertch. Cette assertion était fausse et pouvait être aisément démontée par tout un chacun. La vérification en est très simple.
Comment sanctionner l’affaire de Kertch et lever l’asphyxie rampante des ports de Berdyansk et de Marioupol?
Le dimanche 25 novembre 2018, des navires du FSB ont éperonné et tiré sur des bâtiments de guerre ukrainiens qui désiraient rallier Marioupol, Mer d’Azov, depuis Odessa, Mer Noire, via le détroit de Kertch. Deux patrouilleurs ukrainiens, le Berdyansk et le Nikopol, ainsi qu’un remorqueur, le Yany Kapu, ont été capturés par le FSB à 14, 39 miles nautiques du rivage de la Crimée. Les 24 hommes d’équipages ont été emmenés en captivité dans la Crimée occupée. Certains d’entre eux ont été blessés par les tirs russes. Comme alibi, irrecevable, la Kremlin invoque le viol de «ses» eaux territoriales, non reconnues par le droit international car elles appartiennent juridiquement à la Crimée ukrainienne.
L’affaire de Kertch: montre-t-elle les limites de la verticale du pouvoir et du cartel des siloviki?
L’affaire de Kertch ayant conduit à l’assaut sur des bâtiments de guerre ukrainiens ainsi qu’à la capture de ces navires et de leurs équipages est considérée par de nombreux observateurs comme une escalade délibérée dans la guerre d’agression que la Russie mène contre l’Ukraine depuis mars 2014. Ici, il sera présenté un point de vue différent en examinant le fait qu’il pourrait s’agir d’un dérapage du FSB mal contrôlé par le pouvoir russe, qui permet à l’Ukraine de révéler au grand jour, sur le plan international, l’annexion larvée de la mer d’Azov par le Kremlin ainsi que le blocus économique des ports ukrainiens de Berdyansk et Marioupol.
