Le “Shtandart” russe, séduit la complosphère d’extrême droite

La fachosphère pro-poutine prend régulièrement parti pour le navire russe « Shtandart » et pour son capitaine-propriétaire, Vladimir Martus. Bien que ce dernier s’autoproclame « opposant au régime russe », cela n’a jamais posé de problème à ceux qui relaient, ad nauseam, la fable d’un Martus « dissident », voire « proscrit ». Voici ce que dit Sylvain Baron, figure de la complosphère d’extrême droite, au sujet de l’escale illégale du navire ambassadeur de Poutine et de Choïgou à Saint-Nazaire.

SYLVAIN BARON, 16/08/2023 Bonjour, Je suis Français et patriote. Ainsi, contrairement aux larbins de Washington et Bruxelles, je sais parfaitement qui sont les alliés réels de la France contre les USA, l’Allemagne et l’UE et sont les cabris qui sautent bêtement dès qu’ils entendent le mot Europe.les caniches de Washington aiment le sang qui gicle. Sous couvert de bons sentiments (à géométrie variable), ils considèrent que faire la guerre à la Russie est une position humaniste. Nos intérêts diplomatiques, militaires et économiques, ces généreux bobos qui aiment les nazis Ukrainiens s’en foutent. Leur vrai pays étant les USA, à quoi bon défendre nos intérêts nationaux ? Aussi, à défaut de pouvoir me déplacer à St Nazaire (ndr: lieu d’escale du navire russe « SHTANDART ») pour mettre en exergue l’amitié franco-russe contre les salauds et les traîtres qui roulent contre nos intérêts nationaux, je tenais à ce que vous sachiez que vous êtes un extrémiste, un traître, un petit roquet de Washington, un type parfaitement minoritaire si référendum il y avait s’agissant de ce conflit et que votre haine tant de la Russie que la France se paiera un jour. Peut être goûterez vous, lorsque nous aurons foutu Macron dehors, au rétablissement de la peine d’indignité nationale pour avoir milité contre nos intérêts nationaux tels que prévus par l’art. 410-1 du Code pénal. A bon entendeur cher nazillon. Avec toute l’expression de mon plus indicible mépris, Sylvain Baron

BERNARD GRUA, 29/08/2023 Bonjour Sylvain Baron, Il est toujours intéressant de lire des militants, tels que vous, radicalement pro-poutine, prendre la défense de Vladimir Martus et du « Shtandart » s’autoproclamant « anti-poutine ». Les naïfs y verront un paradoxe. Pour d’autres, plus avertis, vous ne faites que confirmer ce que nous prouvons depuis des mois. Merci pour ce moment. Bernard Grua, #NoShtandartInEurope

SYLVAIN BARON, 29/08/2023 Bonjour Bernard : Il est toujours intéressant de constater que les teckels des USA et de Bruxelles considèrent les patriotes de leur pays comme étant des « pro-Poutine ». Ces mêmes teckels qui se foutent de nos intérêts diplomatiques, militaires et économiques car ils ont les moyens, en tant que bobos pleins de bons sentiments (à géométrie variable) de haïr leur pays, leur peuple et faire valoir leur racisme anti-russe comme un forme d’humanisme. Je vous recommande la lecture des livres d’histoire ainsi que l’art. 410-1 du Code pénal pour savoir si c’est la France que je défends ou un chef d’Etat étranger. Autrement, avez vous des liens directs ou indirects à revendiquer avec les USA ou c’est juste de la haine rabique anti russe qui explique votre mentalité de traître à la patrie ?

BERNARD GRUA – J’ai un peu de mal à comprendre comment demander l’application de la loi au navire russe « Shtandart » ferait de moi un traître à ma patrie. Ma patrie, c’est la France, pas l’empire de Pierre Le Grand.

SYLVAIN BARON, 30/08/2023 Si l’ordre élyséenne passe un décret t’obligeant à te jeter d’une falaise, tu insisteras pour faire appliquer « la loi ». Ne te refugie pas sur cet argument fallacieux. Assume ta haine de la patrie, ton asservissement aux intérêts de Bruxelles et Washington, ton goût du sang qui gicle et par dessus tout : ton racisme contre les Russes.

BERNARD GRUA, 30/08/2023Je n’ai aucun racisme contre les russes. Vous faites fausse route. Je connais bien la russie y compris dans ses coins les plus reculés. J’y ai de nombreux amis. Voici des récits que j’ai publié dans Russia Beyond, média d’Etat russe.

De mon côté, je ne comprends pas pourquoi vous défendez Vladimir Martus et le « Shtandart ». Vous semblez tout ignorer de cette affaire qui, de plus, ne paraît pas vous intéresser.

SYLVAIN BARON, 30/08/2023 Je défends nos intérêts nationaux. Nous produisons du gaz et du pétrole ? Les américains sont des ennemis ou des amis ? Les Ukrainiens sont des alliés ? En cas de conflit contre l’Allemagne et les USA, quelle est la meilleure alliance de revers contre ces pays pour la France ? L’Ukraine peut-être ? Les intérêts de la France et les réalités géopolitiques, ça vous parle au moins ? Et c’est quoi votre problème avec la culture et l’amitié franco-russe s’agissant d’un vieux 3 mâts qui fait escale en France ?

BERNARD GRUA, 30/08/2023Je vous rappelle que le capitaine de ce navire, Vladimir Martus, se dit opposant au régime russe. Sa présence chez nous pourrait être perçue comme hostile à la Russie et mettre en péril l’amitié franco-russe qui vous tient à cœur.

Plus d’informations sur l’escale du Shtandart à Saint-Nazaire

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Les témoignages en faveur de Vladimir Martus relèvent souvent de la croyance en une fable promue par le capitaine-propriétaire du Shtandart, plutôt que d’une expérience de la réalité. Dès lors, un questionnement ou l’exposé des faits donnent lieu à des invectives. Les éléments de langage anti-ukrainiens promus par Moscou, depuis 2014, y font promptement surface. Le marronnier shtandardiste de la « fraternité des peuples » y perd rapidement ses feuilles. Voici le cas d’école présenté par Fabien Perez, que nous remercions.
Fabien Pérez Usseau

Témoignage » reçu par FB Messenger, de la part de Fabien Pérez, une personne, qui dit « connaître très bien tout l’équipage du Shtandart ».

Qu’en est-il vraiment ?

Fabien Pérez, Shtandart
Conversation FB Messenger 1/2

Fabien Pérez ne trouve rien à répondre à ce qui lui est exposé. Il lance ce qu’il espère être une diversion appropriée, mais qui en dit plus sur lui qu’il ne le pense. Mettre sur le même pied Poutine, l’agresseur, et Zelensky, le président du pays agressé, relève ouvertement d’un tropisme pro-russe qui n’ose pas dire son nom.

C’est le moment de le faire parler.

Fabien Pérez, La Rochelle
Conversation FB Messenger 2/2
Ulyana Shtandart
Ulyana, l’Ukrainienne de Vladimir Martus

Après un discours bienveillant, d’accroche, au sujet de l’Ukraine, on retrouve un profond mépris pour ce pays et son peuple.

Du « je le connais très bien », on passe à « un peu ».

En France comme en Espagne, Valdimir Martus a su populariser, à son profit, l’alibi de la « solidarité des gens de mer ». Cette « solidarité des gens de mer », demandée par Vladimir Martus, explique, en partie, la formidable résilience de sa fiction. Au nom de ce principe, quasiment aucun marin n’osera le mettre en doute. Il en est de même des médias ou des autorités portuaires. La « solidarité des gens de mer » a aussi pour effet que tout interlocuteur fera siens les éléments de langage de Martus. Il les présentera comme un témoignage personnel, même s’il n’a rien constaté, et encore moins vérifié, de tel.

« Vous propagez la haine » est dans le registre typique de Vladimir Martus dès lors que l’on présente des faits documentés. Ce fut la réponse qu’il a faite à mon sujet auprès du journaliste Joce Hue, qui le questionnait au sujet de la mission de Tchesmé, en janvier 2023. Il y ajoutait des allégations de « racisme » et de comportement « anti-russe primaire ». « Vous propagez la haine », c’est aussi la réponse faite par ses équipiers le 17 août 2023 sur le quai de Saint-Nazaire. Ce fut encore la réponse utilisée, aujourd’hui, par Fabien Perez.

Fabien Pérez, menaces

Les faits rapportés, qui mettent à mal le narratif de Fabien Pérez, sont des « élucubrations fascisantes ». Il s’agit d’une rhétorique typiquement pro-russe et anti-Ukraine.

Documents de référence

L’ukrainophobie du Shtandart

Russophobie ? Publications de Bernard Grua sur Russia Beyond, média d’Etat russe

Shtandart, Sibérie
Shtandart, Tounka
Shtandart, Batagol

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Très prochaines escales illégales du navire russe « Shtandart »: Brest, Camaret, ou Douarnenez et Concarneau, Quiberon, Belle-Île ou l’Île d’Yeu ainsi que Saint-Nazaire – 27/08/23

URL courte https://bit.ly/shtandart-escales-sept-2023

A :
Commandant en Chef pour L’Atlantique (CECLANT), Préfet maritime de la deuxième région (PREMAR2)
Préfets du Finistère, du Morbihan, de Loire-Atlantique, de Vendée et de Charente-Maritime
Mairies de Brest, Camaret, Douarnenez, Concarneau, Quiberon, Le Palais (Belle-Île), Saint-Nazaire, Port-Joinville (Île d’Yeu), Les Sables d’Olonne, La Rochelle
DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières)
DGT (Direction Générale du Trésor)
Commission européenne
Presse
Associations ukrainiennes et sympathisants de l’Ukraine

Mesdames, Messieurs,

Le mercredi 16 août 2023, en milieu de journée, Monsieur David Samzun, maire de Saint-Nazaire, faisait savoir qu’il venait d’apprendre par la presse l’arrivée très proche du « Shtandart » dans sa ville. Ce navire russe sous sanctions a en effet pris l’habitude de se comporter, chez nous, comme un banal plaisancier français. En-dehors des événements maritimes donnant lieu à des prestations commerciales, pour lesquelles il est rémunéré, il n’a guère pour pratique d’informer les autorités de ses intentions. De plus, ainsi que nous l’avions signalé à CECLANT PREMAR 2, dès le 30 juin 2022, le navire a déconnecté son AIS depuis le 6 juin 2022 afin de dissimuler sa position et ses mouvements.

Nous souhaitons vous faire savoir que selon le planning figurant sur son site web (traduction en annexe), le « Shtandart » quittera Granville le lundi 28 août à 8:00 pour arriver aux Sables d’Olonne le dimanche 3 septembre à 16:00. Sur ce parcours, le navire russe envisage deux arrêts. La première escale sera soit Brest, soit Camaret, soit Douarnenez. La deuxième escale sera soit Concarneau, soit Quiberon, soit  Belle-Île, soit l’Île d’Yeu. Ensuite de quoi il retournera à La Rochelle. Par ailleurs, Ludovic Pacciarella, agent rochelais de Vladimir Martus, le capitaine-propriétaire du « Shtandart », a indiqué à un de nos contacts que le navire ferait à nouveau escale à Saint-Nazaire, « en septembre ». Nous n’avons aucune idée du crédit que l’on peut porter à cette dernière « information ».

De tels projets, au service d’intérêts russes, ne sont pas compatibles avec les engagements européens de la France. Ils s’appuient sur un texte fallacieux sans valeur juridique, sur un tissu de connivences opaques ainsi que sur une imposture morale. Nonobstant d’éventuelles conséquences pénales, ils posent un problème d’image et un problème politique à ceux qui les toléreraient voire les encourageraient. Ils peuvent potentiellement représenter un risque pour la sécurité nationale.

Des escales illégales

La présence du « Shtandart » dans un port français est prohibée par le cinquième volet des sanctions européennes pris à la suite des massacres russes de Boutcha.

  1. …Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union…
Extrait de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 portant sur les sanctions à l’égard des navires russes

Le pavillon d’immatriculation du « Shtandart » est celui de la Fédération de Russie. Il est allégué, qu’en dépit de ses activités de transport commercial de passagers, il ne relèverait pas de la convention SOLAS (sauvegarde de la vie humaine en mer). Ce navire n’en est pas moins concerné par nombre de conventions maritimes internationales pertinentes, permettant de définir ce qu’est un navire selon le paragraphe 3 alinéa « a » de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014.

Ajoutons que ce même navire ne peut pas être exclu simultanément des alinéas «a» et «b» du chapitre 3 de l’article 3 sexies bis précité.

  1. Aux fins du présent article, à l’exception du paragraphe 1 bis, on entend par navire:
    a) un navire relevant du champ d’application des conventions internationales pertinentes;
    b) un yacht d’une longueur égale ou supérieure à 15 mètres, ne transportant pas de marchandises et ne transportant pas plus de douze passagers; ou
    c) un bateau de plaisance ou un véhicule nautique à moteur au sens de la directive 2013/53/UE du Parlement européen et du Conseil…
Extrait de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 portant sur les sanctions à l’égard des navires russes

Le règlement n° 833/2014 ne reconnaît aucune dérogation ou exclusion pour les répliques historiques, les navires-écoles, voire les navires se proclamant, depuis le 25 février 2022,  » opposants au régime russe « . La présence du navire russe « Shtandart » dans les ports français est donc bien illégale selon le texte européen.

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Un fallacieux passe-droit prouvant le caractère organisé de la fraude

Le texte non signé de la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières), fourni en annexe, est souvent exhibé comme passe-droit. Il s’agit d’un document fallacieux, en grande partie rédigé, dans un sens permissif, par Michel Balique. Ce président de l’association « Les Amis des Grands Voiliers» est un ami personnel de Vladimir Martus, dont il assure la promotion auprès de son réseau d’événements maritimes. Afin de tenter de donner du corps à ce papier incohérent, l’anonyme fonctionnaire de la DNRED, qui l’a endossé, a tenté de s’appuyer sur le fait accompli, orchestré par le responsable du port de plaisance de La Rochelle, Patrice Bernier, un maître principal en retraite.

Il se trouve que Patrice Bernier était l’un des dirigeants de l’association « Aidons l’Ukraine 17 », présidée par Ludovic Pacciarella, agent, nous l’avons dit, de Vladimir Martus. Son association n’avait été créée, ou prise de contrôle, que dans le but « d’inviter » le « Shtandart » à La Rochelle. En juillet 2022, elle a été dissoute précipitamment suite aux questions de notre collectif. Pour terminer, l’anonyme fonctionnaire de la DNRED se défausse, une nouvelle fois, en écrivant que la DGT (Direction Générale du Trésor) « ne s’est pas opposée » au fait accompli de La Rochelle.

L’implication de Patrice Bernier, en conflit d’intérêt manifeste, dans le schéma de contournement des sanctions est incontestable, tant elle est documentée. Mais ce lampiste subalterne suffirait-il à absoudre les autres parties prenantes à la fraude du « Shtandart », y compris l’Etat? On peut sérieusement en douter. Pour ce qui est de la DGT, sa mise en cause sera beaucoup plus difficile à prouver. La DNRED, en contradiction avec la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, a refusé de nous communiquer le document de la DGT sur lequel elle prétend s’appuyer. C’est dire si sa position est faible. On ne voit donc pas ce qui pourrait être légalement objecté au Quai d’Orsay, chargé de la coordination générale des sanctions, ainsi qu’à la Commission européenne. Le galimatias non signé de la DNRED est incompatible avec le règlement européen. C’est bien ce que rappelle le Quai d’Orsay.

Shtandart Quai d'Orsay
Position du Quai d’Orsay


Un règlement européen n’est pas une directive. Sa mise en œuvre ne nécessite pas de législations nationales. Il s’applique, de façon identique, sans modification, dans tous les États de l’UE. Néanmoins, depuis juillet 2022, la France est le seul pays européen, n’appliquant pas, au « Shtandart », le règlement n°833/2014.

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Un réseau de complicités passibles de poursuites pénales

Au-delà des sophismes endossés par la DNRED, la Commission européenne précise que la coordination générale des sanctions (page 15), en France, est assurée par le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Le dernier mot reviendra donc au Quai d’Orsay, voire à la Commission européenne. M. David O’Sullivan est d’ailleurs en copie de ce courrier. La Commission européenne stipule aussi (page 16): « Les autorités compétentes pour délivrer les autorisations prévues dans le cadre du règlement européen 833/2014 sont les préfets de département et les directeurs des grands ports maritimes». In fine, ce sont bien eux qui porteront l’ultime responsabilité du contournement du règlement européen. Il est d’ailleurs souligné que, depuis le 28 novembre 2022, le Conseil a ajouté la violation des mesures restrictives à la liste des infractions pénales de l’UE. Le viol des sanctions rejoint donc des crimes tels que « le terrorisme, la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, le trafic illicite de drogues, le trafic illicite d’armes, le blanchiment d’argent, la corruption, la contrefaçon de moyens de paiement, la criminalité informatique et la criminalité organisée ».

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Un risque d’image, voire un risque politique, pour les communes et leurs maires

Quoiqu’il en soit, les municipalités ne pourront pas esquiver les retombées négatives en termes d’image (voir pièces jointes) d’une telle infraction. D’autant que certaines sont déjà multirécidivistes en la matière. Il est donc du devoir, de leur premier magistrat, de ne pas tolérer la fraude du navire « Shtandart » dans leur port, au profit d’intérêts russes. Il est de leur intérêt et de celui de leur ville de s’assurer que leurs préfets fassent respecter l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014. Il serait judicieux qu’elles s’inspirent de la courageuse prise de position de Monsieur David Samzun.

Shtandart, David Samzun
Communiqué de David Samzun

Le maire de Saint-Nazaire a été unanimement loué pour sa probité, son sens de l’honneur et du devoir. À la différence du préfet de Loire-Atlantique, du directeur du port de Saint-Nazaire, des municipalités de Paimpol, Les Sables d’Olonne ou Granville, ni lui, ni sa ville, n’ont eu à subir les foudres d’une opinion ulcérée par cette collaboration franco-russe. Car, depuis les pantalonnades pro-shtandart et pro-russes de l’été 2022, l’exaspération de l’opinion contre la fraude s’est singulièrement musclée, même si de complaisants articles de presse peuvent encore faire illusion localement.

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Une farce cynique d’« opposant à Poutine », afin de « justifier » la fraude et de manipuler l’opinion publique

Il convient de laisser tomber la fiction indécente d’un Vladimir Martus « opposant au régime russe ». Nous avons largement démontré, par des documents russes dont certains de sa main, que celui-ci est proche des cercles du pouvoir russe. Il en est même un représentant dûment appointé. Les résultats de nos investigations, avec leurs sources, sont disponibles en ligne. Rappelons simplement quelques éléments de la « maskirovka » du « Shtandart »:

1) Le litige technique, et non pas politique, du « Shtandart » avec le ministère des transports russe a été réglé en faveur de Vladimir Martus par une intervention au sommet de l’Etat russe, en juillet 2020.

2) Moins de six mois avant le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, alors que les bruits de bottes russes devenaient assourdissants, le « Shtandart » a, en octobre 2021, mené une très officielle mission de représentation de la Fédération de Russie en mer Égée pour le compte de la Société Russe de Géographie, sous la direction de Sergueï Choïgou, le même ministre responsable de la guerre en Ukraine.

3) Soulignons enfin que l’expédition égéenne du « Shtandart » s’est déroulée sous les auspices de Vladimir Poutine. Elle a été financée par le Fonds de Subvention de l’Administration Présidentielle russe, c’est-à-dire par la cassette personnelle de Poutine.

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Un risque pour la sécurité nationale

Vladimir Martus, proche du pouvoir russe, jouit d’un prodigieux réseau d’influence dans le milieu maritime français, dans la haute administration française, dans le personnel politique, chez les organisateurs de festivals maritimes et dans les administrations locales. Il ne peut qu’intéresser les services spéciaux d’un gouvernement hostile à la France et avide de leviers d’ingérence. De plus, son navire doté de deux pods de 560 chevaux est surmotorisé et particulièrement manœuvrant. Il bénéficie d’un faible tirant d’eau et est gréé d’un mât de 33 m de haut. Ces éléments pourraient faire du « Shtandart » une excellente plateforme de renseignement, à l’heure où les autres navires russes sont bannis de nos côtes. Comment, dans de telles conditions, peut-on l’encourager à cirer la mer d’Iroise et la rade de Brest ou le pousser à occuper les ports qui s’y trouvent ? Dans la base de la Force Océanique Stratégique (arme nucléaire) et dans la base de la Marine nationale en Atlantique, tout ceci manque singulièrement de prudence. Dans le même temps, il n’y a pas de semaine sans que la Russie ne nous menace d’un armaguédon nucléaire. C’est parce que nous estimons que ce bateau pourrait présenter un risque pour la sécurité nationale que nous avons sollicité un rendez-vous, le 24 mars 2023, avec un représentant du bureau « Renseignement » de la division « CECLANT/Opérations ». Au cours de cette rencontre, nous aurions pu exposer les résultats documentés de nos investigations sur Martus et sur le « Shtandart ». Nous n’avons reçu aucune réponse.

La violation des sanctions européennes en faveur des intérêts russes représentés par le « Shtandart » est contraire au droit européen, à notre intérêt national et, probablement, à notre sécurité. Il est urgent que le préfet maritime, les préfets de département et les maires prennent la pleine mesure de cette affaire internationale,humiliante pour la France, en mettant fin aux faits délictueux qui entourent le navire russe.

Je suis à votre entière disposition pour vous présenter les résultats de plus d’un an d’investigations sur le navire « Shtandart » et sur son capitaine-propriétaire, Vladimir Martus. Dans cette attente, je vous prie, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir agréer l’expression de mes salutations distinguées.

Ce courrier est disponible et partageable en ligne.

Bernard Grua

No Shtandart in europe

Porte-parole du collectif #NoShtandartInEurope, Lieutenant de Vaisseau (R), Breton, navigateur féru de patrimoine maritime, cofondateur et ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc.

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Annexes

Passe-droit de la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières)

Shtandart DNRED
DNRED

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Traduction du programme Granville – Les Sables d’Olonne paru sur le site web Shtandart (au 26/08/2023)

https://shtandart.ru/etapy/detail.php?ID=6766

Granville – Les Sables d’Olonne
Port de départ : Granville
Embarquement : 27.08.2023 20:00 hrs.
Départ : 28.08.2023 07:00 am
Port de destination : Les Sables d’Olonne
Arrivée : 03.09.2023 16:00
Débarquement : 03.09.2023 17:00
Jours à bord : 8
Frais d’organisation de la navigation : 695€

Après le festival de Granville, nous hissons les voiles et mettons le cap au sud vers La Rochelle, devenu le port d’attache du Standard. La route est très familière et connue de l’équipage professionnel du Standard, mais elle n’en est pas moins intéressante. La côte nord de la France est l’un des plans d’eaux les plus difficiles à naviguer, des endroits très beaux, et en saison, c’est aussi un lieu de villégiature populaire pour le tourisme gastronomique.

Nous devons traverser la baie de Saint-Malo (NDT: baie du Mont-Saint-Michel), où les marées peuvent atteindre 12 mètres à leur apogée et les courants de marée peuvent atteindre 10 nœuds. C’est un endroit où l’on peut ressentir la puissance des éléments et apprendre à utiliser le pouvoir des marées à son avantage. D’ailleurs, avant de prendre la mer, vous aurez le temps de voir la célèbre abbaye du Mont-Saint-Michel !

Après les 150 premiers milles de navigation, nous entrons dans le golfe de Gascogne.C’est là que nous ferons notre première étape – nous nous arrêterons à Brest, Camaret ou Douarnenez. Plus loin sur notre route, se trouvent les îles de Belle Ile et d‘Yeu, les villes de Concarneau et de Quiberon. Nous ferons escale dans un de ces endroits ou jetterons l’ancre, selon la météo, l’humeur et la disponibilité des postes d’amarrage

Le point d’arrivée de cette étape est Les Sables d’Olonne, un endroit familier à de nombreux marins grâce aux grandes régates, notamment le départ de la course à la voile autour du monde Le Vendée Globe et les Fêtes maritimes de cette année (où le Standard était l’attraction principale).

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Une affaire qui n’est plus locale

Sergueï Jirnov : un scandale absolu

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Les principaux metteurs en scène de la mystification du « Shtandart« .

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Les médias et l’escale illégale du Shtandart à Saint-Nazaire, 17 août 2023

Cover: le Shtandart sous pavillon et flamme de guerre russes, quai du Commerce à Saint-Nazaire, le 17/08/2023 – Photo #NoShtandartInEurope

Notre petite action d’information concernant la brève escale illégale du Shtandart, à Saint-Nazaire, a eu des résultats inespérés. Nous avons notamment appris que cette présence a été imposée, par le préfet, au maire, qui n’en voulait pas. Ce dernier a eu beau rappeler le règlement européen, le pavillon et la flamme de guerre russes ont flotté sur Saint-Nazaire. Quoi de plus probant pour expliciter l’implication des plus hautes autorités de notre pays dans la fraude du navire russe ?
Par ailleurs, notre mission a été à l’origine de six articles de presse, qui ont, à chaque fois, rappelé notre opposition. Nous avons eu l’appui d’Alla Poedi et de Sergeï Jirnov. Nos communications ont atteint des dizaines de milliers d’internautes et nous avons reçu de nombreux messages d’encouragement. Merci à eux tous pour leur soutien.

Twitter – 19/08/2023 -23:08 – Sergueï Jirnov: « C’est un scandale absolu »

Twitter, audience
Quote tweet Alla Poedie – 19/08/2023 – Quatre-vingt douze partages, 300 likes, plus de 54 800 vues
Twitter – 18/08/2023 – Quatre-vingt douze partages, 149 likes, plus de 72 400 vues
Twitter – 18/08/2023 – Cent quinze partages, 248 likes, plus de 15 900 vues

Ouest-France – 17/08/2023 – 18:38 – À Saint-Nazaire, le Shtandart russe attire plus de visiteurs que d’opposants

Denis Riou

La réplique de cette frégate russe, décrétée persona non grata dans le port de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) par le collectif No Shtandart, a reçu de très nombreux visiteurs lors de son escale au port, ce jeudi 17 août. Lire plus.

Shtandart, Saint-Nazaire, Visites
Le bateau russe, dont la circulation sur les côtes françaises et escales dans les ports sont contestées par le collectif No Shtandart, a eu du succès, jeudi, au port de commerce. | OUEST-FRANCE

Presse Océan- 17/08/2023 – 11:12 – Le navire russe « Shtandart » fait sensation… et débat, dans le port de Saint-Nazaire

Nicolas Daheron

Ce trois-mâts réplique d’une frégate russe du XVIIIe est à quai ce jeudi 17 août 2023. Une escale controversée sur fond de sanctions internationales. Lire plus.

Deux opposants du collectif No Shtandart in Europe ont accueilli le navire Shtandart à Saint-Nazaire
Deux opposants du collectif No Shtandart in Europe ont accueilli le navire au port. | PHOTO PO-ND

Presse Océan – 17/08/2023 – 08:51 – Vidéo. Au cœur d’une escale controversée, la frégate russe à quai à Saint-Nazaire

Nicolas Daheron

Le Shtandart est arrivé au port de Saint-Nazaire ce jeudi 17 août 2023. Le navire arrivé au petit matin est amarré quai du Commerce. Son immatriculation en Russie pose problème à certains. Lire plus.

Vidéo-No Shtandart in Europe ont accueilli le navire Shtandart à Saint-Nazaire

Twitter – 17/08/2023 -08:20 – Cent deux partages, 243 likes, plus de 7 050 vues

Presse Océan – 16/08/2023 – 16:03 – Au port de Saint-Nazaire, l’escale d’une frégate russe ce jeudi fait polémique

Nicolas Daheron

Le trois-mâts Shtandart immatriculé en Russie est attendu au port de Saint-Nazaire ce jeudi 17 août 2023. Le collectif « No Shtandart in Europe » estime qu’il viole les sanctions internationales. Lire plus.

Au port de Saint-Nazaire, l’escale d’une frégate russe, le Shtandart, ce jeudi fait polémique
Le  trois-mâts Shtandart, ici au Havre en 2017, doit faire escale au port de Saint-Nazaire ce jeudi. | PHOTO ARCHIVES AFP

Communiqué de Presse de David Samzun, maire de Saint Nazaire – 16/08/2022

… Je rappelle par ailleurs, conformément aux réglementations européennes, que sauf en cas d’urgence et de sauvegarde des vies humaines, « il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union. »

David Samzun, maire de Saint-Nazaire

Ouest-France – 16/08/2023 – 12:31 Venue du navire russe Shtandart à Saint-Nazaire : « Nous dénonçons la guerre », assure la frégate

Bastien Lejot

Attendu jeudi 17 août à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le navire essuie les critiques du collectif No Shtandart in Europe. Des déclarations que ne comprend pas l’équipage de la frégate russe : « Il ne faut pas tout mélanger. » Lire plus.

Le Shtandart propose des cours de navigation dans les eaux internationales depuis sa mise à l’eau, il y a plus de vingt ans. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Ouest-France — 16/08/2023 – 11:48 — La venue du Shtandart interroge à Saint-Nazaire

Benoît Robert

Le collectif « No Shtandart » in Europe s’oppose à l’escale du navire russe, prévue ce jeudi 17 août à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Un accueil jugé illégal compte tenu des sanctions européennes en vigueur. Lire plus.

Shtandart, Saint-Nazaire, accueil illégal
Le bateau russe, réplique d’un navire de guerre construit au XVIIIe siècle, devrait faire escale à Saint-Nazaire, quai du commerce, ce jeudi 17 août. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Twitter – 16/08/2023 -11:08 – Cent cinq partages, 223 likes, plus de 8 900 vues

NSIE – 12/08/2023 – Action prévue contre l’escale à Saint-Nazaire, le 17/08/2023, du navire russe « Shtandart » violant les sanctions prises suite aux crimes russes de Boutcha 

A la mi-août 2023, Yannick Moreau, le très poutinophile maire des Sables d’Olonne, érige sa ville en monument collaborationniste franco-russe. Sa célébration du Shtandart, l’autoproclamé « navire anti-poutine », atteint des sommets d’abjection et déchaîne une twittosphère outrée par les excès du compère de Mariani. Mais il faut aussi penser à la suite et, notamment, à l’escale de Saint-Nazaire, le 17/08/2023, dans un département, la Loire-Atlantique, jusqu’alors non-infectée par le toxique charlatanisme de Vladimir Martus, l’employé de Sergueï Choïgou. Lire plus.

Saint-Nazaire, escale du Shtandart

Granville: le quotidien « La Manche Libre » passe au service d’intérêts russes.

La fraude du navire russe Shtandart aux sanctions européenne, prises suite aux massacres de Boutcha, a été encouragée par une partie de la haute administration française. Mais elle a été acceptée par l’opinion publique grâce à une fiction promue par de multiples articles de presse publiés par des auteurs qui disposaient de tous les éléments prouvant son caractère fallacieux. L’article de Hugo Charpentier sur La Manche Libre en est un cas d’école.

Le lundi 21 août 2023 à 15:42 nous adressions aux quotidiens régionaux Ouest-France et La Manche Libre le courrier envoyé au maire de Granville concernant la prestation commerciale du navire russe Shtandart au « Festival des Voiles de travail ». Nous y rappelions l’interdiction frappant les escales, dans les ports européens, des navires immatriculés en Russie et indiquions les sources russes prouvant les liens de Vladimir Martus, capitaine propriétaire du Shtandart, avec le pouvoir russe.

Moins de trois heures après avoir reçu notre envoi, Hugo Charpentier lançait un contre-feu propagandiste (voir annexe) sur le quotidien régional « La Manche Libre ». On expliquera, ci-dessous, comment ce journaliste, au lieu d’éclairer l’opinion, s’est mis au service des intérêts russes en trompant ses lecteurs.

Le Shtandart est un navire immatriculé en russie, tombant sous le coup du 5e volet des sanctions.

Le Shtandart, considéré comme navire de construction traditionnelle, ne serait pas concerné par cette interdiction qui s’applique seulement aux navires de charges et de plaisance.

Hugo Charpentier, La Manche Libre, 21/08/22 18:31

Ce n’est pas ce que dit le texte européen. Hugo Charpentier, journaliste à La Manche Libre, aurait du lire l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 (dont nous lui avions communiqué le lien) avant de se prononcer avec tant de légèreté sur une affaire de fraude aux sanctions prises suite aux crimes russes de Boutcha.

  1. …Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union…

À supposer que le « Shtandart », en dépit de ses activités de transport commercial de passagers, ne relève pas de la convention SOLAS (sauvegarde de la vie humaine en mer), il n’en est pas moins concerné par nombre de conventions maritimes internationales pertinentes, permettant de définir ce qu’est un navire selon le paragraphe 3 alinéa « a » de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014. Il est impossible de considérer que la frégate Shtandart, dont le pavillon d’immatriculation est celui de la Fédération de Russie, n’est pas un navire. Ajoutons que ce même navire ne peut pas être exclu simultanément des alinéas « a » et « b » du chapitre 3 de l’article 3 sexies bis précité. 

  • 3. Aux fins du présent article, à l’exception du paragraphe 1 bis, on entend par navire:

La présence du navire russe Shtandart dans les ports français est donc bien illégale selon le texte européen. Hugo Charpentier a été informé de la position du Quai d’Orsay sur le Shtandart.

Shtandat Quai d'Orsay
Position quai d’Orsay

Hugo Charpentier écarte la position du quai d’Orsay d’un simple revers de manche pour publier une désinformation à la place. Il a aussi été informé du communiqué de presse du maire de Saint-Nazaire sur le texte des sanctions.

Shtandart maire Saint-Nazaire
Position du maire de Saint-Nazaire

Hugo Charpentier ne fait pas part de l’information de Saint-Nazairde qui concerne son premier lecteur, le maire de Granville. Alors, est-ce un journaliste, un stagiaire, un idiot utile, un pro-russe ou quelqu’un qui veut naviguer gratuitement sur le Shtandart ?

Le Shtandart, ambassadeur de Poutine et Choïgou

La frégate serait « un navire ambassade de Poutine« , et son capitaine-propriétaire, Vladimir Martus, un « faux opposant au régime « .

Hugo Charpentier citant  #NoShtandartInEurope , La Manche Libre, 21/08/22 18:31

Tout ceci est documenté et sourcé par des textes russes dont certains de la main de VladimirMartus. Le journaliste a eu le lien vers le dossier présentant les résultats d’un an d’investigations sur le cas du Shtandart et de Vladimir Martus. Il n’en a rien fait.

Rappelons juste quelques éléments de l’inconcevable « maskirovka » du « Shtandart »:

1) Le litige technique, et non pas politique, du « Shtandart » avec le ministère des transports russe a été réglé en faveur de Vladimir Martus par une intervention au sommet de l’Etat russe, en juillet 2020.

2) Moins de six mois avant le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, alors que les bruits de bottes russes devenaient assourdissants, le « Shtandart » a, en octobre 2021, mené une très officielle mission (initialement prévue en octobre 2020, décalée en raison du Covid) de représentation de la Fédération de Russie en mer Égée pour le compte de la Société Russe de Géographie, sous la direction de Sergueï Choïgou, le même ministre responsable de la guerre en Ukraine.

3) Soulignons, enfin, que l’expédition égéenne du Shtandart s’est déroulée sous les auspices de Vladimir Poutine. Elle a été financée par le Fonds de Subvention de l’Administration Présidentielle russe, c’est-à-dire par la cassette personnelle de Poutine.

Equipage russo-ukrainien ?

L’équipage du Shtandart est russe ou ukrainien.

Didier Leguelinel, organisateur des Voiles de travail, cité par Hugo Charpentier , La Manche Libre, 21/08/22 18:31

Ceci est faux. Il n’y a qu’une seule ukrainienne à bord, Ulyana, que VladimirMartus a pêchée sur une plage de Nice en avril 2022.

De notre côté, il ressort de notre visite du 17 août 2023, à Saint-Nazaire, qu’à bord du Shtandart, on parle russe, anglais français mais pas ukrainien. Notre activiste Liliana témoigne que Vladimir Martus ne comprend pas l’ukrainien et est incapable de s’exprimer dans cette langue.

Un capitaine contre la guerre ?

Il n’y a pas d’équivoque concernant les prises de position de son capitaine contre la guerre.

Didier Leguelinel, organisateur des Voiles de travail, cité par Hugo Charpentier , La Manche Libre, 21/08/22 18:31

Quelle naïveté de la part de celui qui tient ces propos et de la part de celui qui les rapporte ! La guerre nuit aux russes et aux agents russes qui veulent poursuivre leurs affaires en Europe et en France. On ajoutera que tous les pro-russes et les pro-poutine veulent un arrêt de la guerre afin de consolider les acquis territoriaux de l’armée russe et les déplacements de population en Ukraine.

Personna non-grata en russie ?

Enfin, si le bateau erre de port en port depuis le début de la guerre, c’est bien parce qu’il est persona non grata en Russie.

Didier Leguelinel, organisateur des Voiles de travail, cité par Hugo Charpentier , La Manche Libre, 21/08/22 18:31

Il s’agit d’un marronier des promoteurs du Shtandart, une sorte de raisonnement par l’absurde, lancé dès juin 2022 par Michel Balique, VRP et principal lobbyiste du Shtandart. Mais c’est une ineptie. Le Shtandart peut rentrer en russie depuis juillet 2020. Ceci est détaillé dans un article sur le site web du Shtandart: Nous attendons le « Shtandart » à Saint-Pétersbourg ! 20/07/2020 (en russe).

Le Shtandart est en Europe pour faire de l’argent avec une dizaine de festivals maritimes par an, comme il le déclarait, dès le 27/07/2018, sur Zhizn’ mechty. Il n’y en a qu’un seul en russie, les Scarlet Sails, et la place est prise. N’oublions pas non plus que la Neva est bloquée par les glaces quatre mois par an. Ce n’est pas bon pour le business de Vladimir Martus.

Saint-Pétersbourg, la Neva prise par les glaces

Il existe probablement d’autres motifs qui font que le Shtandart cire consciencieusement, depuis plus d’un an, les rivages, les criques, les chenaux et les ports français. Nous envisageons d’en dire plus prochainement.


ANNEXE: article de La Manche Libre

Voiles de travail à Granville. L’escale de la frégate russe Shtandart suscite des réactions

Mer. Le collectif #NoShtandartInEurope a adressé un courrier à la mairie de Granville pour protester contre l’escale de la frégate russe dans le cadre du festival des Voiles de travail.

Publié le 21/08/2023 à 18h33 – Par Hugo Charpentier

Du mardi 22 au lundi 28 août, la frégate russe Shtandart doit faire escale à Granville pour le festival des Voiles de travail. Dans un courrier adressé lundi 21 août au maire de Granville, le collectif #NoShtandartInEurope accuse le navire de violer les sanctions européennes dans les ports, dont celui de Granville. En effet, depuis le 16 avril 2022, l’accès aux ports de l’Union européenne est interdit aux navires russes. Or le Shtandart, considéré comme navire de construction traditionnelle, ne serait pas concerné par cette interdiction qui s’applique seulement aux navires de charges et de plaisance. D’après ce collectif, la frégate serait « un navire ambassade de Poutine« , et son capitaine-propriétaire, Vladimir Martus, un « faux opposant au régime« Didier Leguelinel, organisateur des Voiles de travail, réagit : « L’équipage du Shtandart est russe ou ukrainien. Il n’y a pas d’équivoque concernant les prises de position de son capitaine contre la guerre. Enfin, si le bateau erre de port en port depuis le début de la guerre, c’est bien parce qu’il est persona non grata en Russie.« 

M. le maire de Granville, rejetez toute récidive dans la collaboration avec un ambassadeur du régime russe, le navire « Shtandart », qui viole les sanctions européennes

C’est au minimum la troisième fois que Granville s’apprête à recevoir le Shtandart depuis la mise en place des sanctions interdisant la présence dansles ports européens de TOUT navire immatriculé en Russie. En effet, le ‘Festival des Voiles de Travail‘ a recours à la prestation commerciale de cet ambassadeur de Poutine et de Choïgou, entre le 22 août et le 28 août 2023. Le maire de la cité portuaire normande est alerté sur le caractère illégal de cette prestation et sur les liens qu’entretient le capitaine-propriétaire du Shtandart avec le régime russe.

A:
Monsieur Gilles Ménard, maire de Granville   

Copie:
M. l’ambassadeur d’Ukraine en France,
M. le Préfet de la Manche
M. Dazid Samzun, maire de Saint-Nazaire 
Mme Ariane Chemin, journal Le Monde
M. Raphael Baldos, journal La Croix
Mme Oxana Melnychuk, consultante
M. Sergueï Jirnov, consultant
Presse régionale

Lundi 21 août 2023

Monsieur le Maire,

Demain, le 22 août 2023, le navire « Shtandart » a, selon son programme, prévu d’accoster à 22:00 dans le port de Granville en violation des sanctions interdisant la présence de TOUT navire immatriculé en Russie dans les ports européens.

La propagande russe et les réseaux d’influence du Shtandart, au premier rang desquels le lobbyiste Michel Balique, ont imposé  auprès d’une presse peu regardante et auprès de l’opinion publique, la fable d’un navire dissident, le Shtandart. Nous avons collecté les documents russes, dont certains de la main de Vladimir Martus, le capitaine-propriétaire de ce yacht privé, prouvant le contraire. Nous les avons rendus publics, il y a déjà plusieurs mois. 

Qui est Vladimir Martus, le propriétaire du « Shtandart » ?

Vladimir Martus, capitaine-propriétaire du navire russe « Shtandart », s’est construit un remarquable réseau d’influence auprès des organisateurs de festivals maritimes, des hommes politiques et des fonctionnaires de la haute administration française. Il a, ainsi, réussi à imposer, à son profit, un narratif qui sait séduire l’opinion publique et les médias. Dans notre dossier, nous présentons une série d’articles documentés…

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Certes, la Commission européenne précise que c’est aux préfets de départements de faire appliquer l’article 3 sexies bis du règlement européen n°833/2014. Il est probable, qu’en cas de contournement, ils seront les premiers à faire l’objet des poursuites pénales prévues depuis le 28 novembre 2022. Mais cela ne vous épargnera pas l’opprobre qui est tombé sur la maire de Paimpol avec ce tweet aux 55 800 vues.

Cela ne vous épargnera pas le sort qui a été réservé au maire marianiste d’extrême droite pro-Poutine et pro-Assad des sables d’Olonne, Yannick Moreau. Cela n’épargnera pas à Granville les dommages effarants causés à l’image des Sables d’Olonne.

Il viendra un temps où les agents pro-russes, au sein de la haute administration française, auront à rendre des comptes sur le fallacieux passe-droit émis par la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières). Là aussi, je prends date. Vous aurez été averti du fait que ce texte de la DNRED n’est qu’une imposture, comme la fable du Shtandart. Ils sont seulement destinés à donner bonne conscience à ceux qui ont décidé de servir les intérêts russes dans cette fraude. N’importe quel juriste, mais aussi n’importe quel lecteur, comme vous, comme votre préfet, comme moi, peut comprendre que le galimatias de la DNRED est incompatible avec le règlement européen. C’est bien ce que rappelle le Quai d’Orsay.

Shtandat Quai d'Orsay
Position du Quai d’Orsay

Monsieur le Maire, il est de votre devoir de premier magistrat, de ne pas tolérer la fraude du navire Shtandart à Granville, au profit d’intérêts russes. Il est de votre intérêt et de celui de votre ville de vous assurer que le préfet de la Manche fasse respecter l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014. Il serait judicieux que vous vous inspiriez de la courageuse prise de position de Monsieur David Samzun, Maire de Saint-Nazaire.

M. David Samzun a été unanimement loué pour sa probité, son sens de l’honneur et du devoir. A la différence du préfet de Loire-Atlantique et du directeur du port de Saint-Nazaire, ni lui, ni sa ville, n’ont eu à subir les foudres de l’audience de ce tweet au 70 800 vues.

De plus, il suffit qu’un journaliste local lise les preuves en ligne que nous avons rendues publiques ou qu’un journaliste d’investigation s’y penche pour que le scandale du navire ambassadeur de Poutine et de Choïgou n’éclate, éclaboussant tous ceux qui ont été partie prenante dans la fraude du Shtandart aux sanctions prises à la suite des massacres russes de Boutcha. 

Ce jour se fait toujours plus proche et c’est le sens de mon alerte. En tant que multi-récidivistes de l’accueil illégal du navire russe Shtandart, Granville et son maire seront particulièrement ciblés par ceux qui s’opposent à toute forme de collaboration avec le terroriste régime russe.

Alla Poedi, Shtandart, Granville
Alla Poeidi
Sergueï Jirnov, Shtandart, Granville
Sergueï Jirnov

Je suis à votre entière disposition pour vous présenter les résultats de plus d’un an d’investigations sur le navire Shtandart et sur son sulfureux capitaine-propriétaire, Vladimir Martus.

Je vous prie, Monsieur le Maire, de bien vouloir agréer l’expression de mes salutations distinguées.

Bernard Grua

No Shtandart in europe

Porte-parole du collectif #NoShtandartInEurope, Lieutenant de Vaisseau (R), Breton, navigateur féru de patrimoine maritime, cofondateur et ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc

Action prévue contre l’escale à Saint-Nazaire, le 17/08/2023, du navire russe « Shtandart » violant les sanctions prises suite aux crimes russes de Boutcha 

A la mi-août 2023, Yannick Moreau, le très poutinophile maire des Sables d’Olonne, érige sa ville en monument collaborationniste franco-russe. Sa célébration du Shtandart, l’autoproclamé « navire anti-poutine », atteint des sommets d’abjection et déchaîne une twittosphère outrée par les excès du compère de Mariani. Mais il faut aussi penser à la suite et, notamment, à l’escale de Saint-Nazaire, le 17/08/2023, dans un département, la Loire-Atlantique, jusqu’alors non-infectée par le toxique charlatanisme de Vladimir Martus, l’employé de Sergueï Choïgou.

A:

Monsieur l’ambassadeur d’Ukraine en France,
Monsieur le Préfet de Loire-Atlantique,
Monsieur le Sous-préfet de Saint-Nazaire,
Monsieur Roman Sushchenko, Vice-président Conseil  régional de Tcherkassy, ex-prisonnier politique en Russie  
Monsieur Oleh Sentsov, réalisateur, prix Sakharov, légion d’honneur, membre des forces spéciales UA, ex-prisonnier politique en Russie
Monsieur Oleksiy Goncharenko, député à la Verkhnova rada, membre de la délégation parlementaire permanente de l’Ukraine au Conseil de l’Europe
Rédactions Saint-Nazaire et Nantes de Presse-Océan
Rédactions Saint-Nazaire et Nantes de Ouest-France
Madame Ariane Chemin, journal Le Monde
Monsieur Raphael Baldos, journal La Croix
Associations Droujba, Famille sans frontières France Ukraine, Tryzub, Unis pour l’Ukraine 56, Ukraine Bretagne Sud, Union des Ukrainiens en Bretagne, Solidarité  Bretagne Ukraine, Ukraine Atlantique, Union des Ukrainiens de France, réplique historique Anna Yaroslavna (Odessa), tchaïka cosaque Presvyata Pokrova (Lviv).

Mesdames, Messieurs,

Le navire russe « Shtandart » a prévu de faire escale à Saint-Nazaire le jeudi 17 août 2023. Cette action est rendue illégale par le cinquième volet des sanctions européennes pris à la suite des massacres russes de Boutcha.

Une escale illégale

…Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union…

Extrait de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié, portant sur les sanctions à l’égard des navires russes.
Les Sables d'Olonne, Shtandart, Boutcha
Photo: survivants de Boutcha protestant contre le viol des sanctions par le Shtandart

À supposer que le « Shtandart », en dépit de ses activités de transport commercial de passagers, ne relève pas de la convention SOLAS (sauvegarde de la vie humaine en mer), il n’en est pas moins concerné par nombre de conventions maritimes internationales pertinentes, permettant de définir ce qu’est un navire selon le paragraphe 3 alinéa « a » de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié visant à l’exhaustivité. Il est impossible de considérer que la frégate « Shtandart », dont le pavillon d’immatriculation est celui de la Fédération de Russie, n’est pas un navire. Ajoutons que ce même navire ne peut pas être exclu simultanément des alinéas «a» et «b» du chapitre 3 de l’article 3 sexies bis précité.

3. Aux fins du présent article, à l’exception du paragraphe 1 bis, on entend par navire:
a) un navire relevant du champ d’application des conventions internationales pertinentes;
b) un yacht d’une longueur égale ou supérieure à 15 mètres, ne transportant pas de marchandises et ne transportant pas plus de douze passagers; ou
c) un bateau de plaisance ou un véhicule nautique à moteur au sens de la directive 2013/53/UE du Parlement européen et du Conseil

Extrait de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié, portant sur les sanctions à l’égard des navires russes

Le règlement n° 833/2014 ne reconnaît aucune dérogation ou exclusion pour les répliques historiques, les navires-écoles, voire les navires se proclamant, depuis le 24 février 2022, « opposants » au régime russe. La présence du navire russe « Shtandart » dans les ports français est donc une fraude au texte européen.

Un fallacieux passe-droit prouvant le caractère organisé de la fraude

Le texte (en pièce jointe), non signé, de la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières), souvent exhibé comme passe-droit, est une contre-façon mensongère du texte européen. Il s’agit d’un document qui a été, en grande partie, rédigé, dans un sens abusif, par Michel Balique. Ce lobbyiste est le président de l’association «Les Amis des Grands Voiliers», ami personnel de Vladimir Martus, capitaine-propriétaire du «Shtandart», dont il assure la promotion auprès de son réseau d’événements maritimes. Afin d’essayer de donner du corps à cette chimère, l’anonyme fonctionnaire de la DNRED a tenté de s’appuyer sur le fait accompli, orchestré par le directeur du port de plaisance de La Rochelle, Patrice Bernier.

Il se trouve que Patrice Bernier était l’un des dirigeants de l’association «Aidons l’Ukraine 17», présidée par Ludovic Pacciarella, homme de main et prestataire de Vladimir Martus. Son association n’avait été créée, ou prise de contrôle, que dans le but « d’inviter » le « Shtandart » à La Rochelle. En juillet 2022, elle a été dissoute précipitamment suite aux questions de notre collectif, #NoShtandartInEurope. Pour terminer, l’anonyme fonctionnaire de la DNRED se défausse, une nouvelle  fois, en écrivant que la DGT (Direction Générale du Trésor) «ne s’est pas opposée» au fait accompli de La Rochelle, comme si la répétition d’une infraction pouvait faire jurisprudence.

L’implication de Patrice Bernier, en conflit d’intérêt manifeste, dans le schéma de contournement des sanctions est incontestable tant, elle est documentée. Mais ce lampiste suffirait-il à absoudre les représentants de l’Etat? On peut sérieusement en douter. Pour ce qui est de la DGT, sa mise en cause sera beaucoup plus difficile à prouver. La DNRED, en contradiction avec la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, a refusé de nous communiquer le document de la DGT sur lequel elle prétend s’appuyer. C’est dire si sa position est faible. On ne voit donc pas ce qu’il serait légalement possible d’objecter au Quai d’Orsay, en charge de la coordination générale des sanctions, ainsi qu’à la Commission européenne.

Shtandart, Vladimir Martus, quai d'Orsay
Position du Quai d’Orsay

Un réseau de complicités passibles de poursuites pénales

Au-delà des sophismes endossés par la DNRED, la Commission européenne précise que la coordination générale des sanctions (page 15), en France, est assurée par le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Le dernier mot reviendra donc au Quai d’Orsay, voire à la Commission européenne. La Commission européenne stipule aussi (page 16): « Les autorités compétentes pour délivrer les autorisations prévues dans le cadre du règlement européen 833/2014 sont les préfets de département ». In fine, c’est bien M. Fabrice Rigoulet-Roze, Préfet de Loire-Atlantique, qui porterait l’ultime responsabilité de l’escale du Shtandart à Saint-Nazaire.

Il est d’ailleurs souligné que, depuis le 28 novembre 2022, le Conseil a ajouté la violation des mesures restrictives à la liste des infractions pénales de l’UE. Le viol des sanctions rejoint donc des crimes tels que « le terrorisme, la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, le trafic illicite de drogues, le trafic illicite d’armes, le blanchiment d’argent, la corruption, la contrefaçon de moyens de paiement, la criminalité informatique et la criminalité organisée ».

Une farce cynique afin de « justifier » la fraude et de manipuler l’opinion publique

Il convient de laisser tomber la fiction indécente d’un Vladimir Martus « opposant » au régime russe. Nous avons largement démontré, par des documents russes dont certains de sa main, que celui-ci est proche des cercles du pouvoir russe. Il en est même un représentant dûment appointé. Les résultats de nos investigations, avec leurs sources, sont disponibles en ligne. A ce titre, la presse régionale, dûment informée de ces éléments sourcés à charge, a toujours choisi de les ignorer pour promouvoir les balivernes du lobby du Shtandart et pour complaire aux événements maritimes, dont elle est systématiquement partenaire. Nous espérons que les rédactions nazairiennes de Presse Océan et de Ouest-France feront preuve du professionnalisme et de l’indépendance que nous avons appris à apprécier, depuis 2014 et l’affaire des Mistral. Rappelons d’ores et déjà quelques éléments de l’inconcevable « maskirovka » du « Shtandart »:

1) Le litige technique, et non pas politique, du « Shtandart » avec le ministère des transports russe a été réglé en faveur de Vladimir Martus par une intervention au sommet de l’Etat russe, en juillet 2020.

2) Moins de six mois avant le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, alors que les bruits de bottes russes devenaient assourdissants, le « Shtandart » a, en octobre 2021, mené une très officielle mission de représentation de la Fédération de Russie en mer Égée pour le compte de la Société Russe de Géographie, sous la direction de Sergueï Choïgou, le même ministre responsable de la guerre en Ukraine.

3) Soulignons enfin que l’expédition égéenne du Shtandart s’est déroulée sous les auspices de Vladimir Poutine. Elle a été financée par le Fonds de Subvention de l’Administration Présidentielle russe, c’est-à-dire par la cassette personnelle de Poutine.

M. le Préfet, représentant du ministère de l’Intérieur, ne peut pas ignorer ces faits troublants pouvant, éventuellement, avoir un impact sur la sécurité nationale. Dans un tel contexte, une violation des sanctions européennes en faveur des intérêts russes représentés par le « Shtandart » n’en est que plus contraire au droit européen et à notre intérêt national.

Nous entendons dénoncer ces faits délictueux au profit du représentant d’un État reconnu sponsor du terrorisme, dont le dirigeant fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale. Nous prévoyons une ou plusieurs actions à Saint-Nazaire afin de nous opposer à la fraude répétée du  Shtandart, et afin d’exposer ses complices.

Notre collectif se tient à votre entière disposition pour de plus amples explications par courrier électronique, par téléphone ou par une réunion dans vos locaux.  Nous vous prions, Mesdames et Messieurs, de bien vouloir agréer l’expression de nos salutations distinguées. 

Bernard Grua

no-shtandart-small-logo.jpg
Porte-parole du collectif #NoShtandartInEurope, Lieutenant de Vaisseau (R), Breton, navigateur féru de patrimoine maritime, cofondateur et ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc

Pièces jointes

Manifestation à Baden contre la prestation commerciale du Shtandart à la « Semaine du Golfe »

Shtandart, manif Baden
Photo Pierre Saury

Passe-droit de la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières)

Shtandart DNReD

Paimpol: M. le Préfet des Côtes d’Armor, s’il vous plaît, interdisez la fraude aux sanctions européennes.

La Commission européenne stipule: « Les autorités compétentes pour délivrer les autorisations prévues dans le cadre du règlement européen 833/2014 sont les préfets de département ». In fine, c’est bien le Préfet des Côtes d’Armor, qui portera l’ultime responsabilité de la prestation commerciale frauduleuse du « Shtandart » russe à Paimpol, au même titre qu’il pourrait être mis en cause pour la présence de ce navire dans le port du Légué, du 7 au 9 juillet 2023.

A l’attention de:
M. Stéphane Rouvé, Préfet des Côtes d’Armor

Paimpol, le 2 août 2023

Monsieur le Préfet,

Le « Festival du Chant de Marin » de Paimpol prévoit de recourir à la prestation commerciale du navire russe « Shtandart » du 4 au 6 août 2023. Cette activité est interdite par le cinquième volet des sanctions européennes pris à la suite des massacres russes de Boutcha.

  1. …Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union…
Extrait de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié, portant sur les sanctions à l’égard des navires russes
Photo: survivants de Boutcha protestant contre le viol des sanctions par le Shtandart

À supposer que le « Shtandart », en dépit de ses activités de transport commercial de passagers, ne relève pas de la convention SOLAS (sauvegarde de la vie humaine en mer), il n’en est pas moins concerné par nombre de conventions maritimes internationales pertinentes, permettant de définir ce qu’est un navire selon le paragraphe 3 alinéa « a » de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié visant à l’exhaustivité. Il est impossible de considérer que la frégate Shtandart, dont le pavillon d’immatriculation est celui de la Fédération de Russie, n’est pas un navire. Ajoutons que ce même navire ne peut pas être exclu simultanément des alinéas « a » et « b » du chapitre 3 de l’article 3 sexies bis précité. 

  • 3. Aux fins du présent article, à l’exception du paragraphe 1 bis, on entend par navire:
Extrait de l’article 3 sexies bis du règlement UE n°833/2014 modifié, portant sur les sanctions à l’égard des navires russes

Le règlement n° 833/2014 ne reconnaît aucune dérogation ou exclusion pour les répliques historiques, les navires-écoles, voire les navires se proclamant, depuis le 27 février 2022, « opposants » au régime russe. La présence du navire russe Shtandart dans les ports français est donc bien illégale selon le texte européen.

Le texte non signé de la DNRED (Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières), souvent exhibé comme passe-droit, est un document fallacieusement rédigé, dans un sens restrictif, par Michel Balique, le président de l’association « Les Amis des Grands Voiliers », ami personnel de Vladimir Martus, capitaine-propriétaire du « Shtandart », dont il assure la promotion auprès de son réseau d’événements maritimes. Afin de tenter de donner du corps à ce papier incohérent, l’anonyme fonctionnaire de la DNRED a tenté de s’appuyer sur le fait accompli, orchestré par le directeur du port de plaisance de La Rochelle, Patrice Bernier.

Il se trouve que Patrice Bernier était l’un des dirigeants de l’association « Aidons l’Ukraine 17 », présidée par Ludovic Pacciarella, un employé et/ou un prestataire de Vladimir Martus. Son association n’avait été créée, ou prise de contrôle, que dans le but « d’inviter » le « Shtandart » à La Rochelle. En juillet 2022, elle a été dissoute précipitamment suite aux questions de notre collectif. Pour terminer, l’anonyme fonctionnaire de la DNRED se défausse, une nouvelle fois, en écrivant que la DGT « ne s’est pas opposée » au fait accompli de La Rochelle.

L’implication de Patrice Bernier, en conflit d’intérêt manifeste, dans le schéma de contournement des sanctions est incontestable tant, elle est documentée. Mais ce lampiste suffirait-il à absoudre le plus haut représentant de l’Etat dans les Côtes d’Armor ? On peut sérieusement en douter. Pour ce qui est de la DGT, sa mise en cause sera beaucoup plus difficile à prouver. La DNRED, en contradiction avec la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, a refusé de nous communiquer le document de la DGT sur lequel elle prétend s’appuyer. C’est dire si sa position est faible. On ne voit donc pas ce que vous pourriez légalement objecter au Quai d’Orsay, en charge de la coordination générale des sanctions, ainsi qu’à la Commission européenne.

Position du Quai d’Orsay

En effet, au-delà des sophismes endossés par la DNRED, la Commission européenne précise que la coordination générale des sanctions (page 15), en France, est assurée par le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères. Le dernier mot reviendra donc au Quai d’Orsay, voire à la Commission européenne. Je mets, d’ailleurs, M. David O’Sullivan en copie de ce courrier. La Commission européenne stipule aussi (page 16): « Les autorités compétentes pour délivrer les autorisations prévues dans le cadre du règlement européen 833/2014 sont les préfets de département ». In fine, c’est bien vous, M. le Préfet, qui porterez l’ultime responsabilité de la prestation commerciale du Shtandart à Paimpol au même titre que vous pourriez mis en cause pour sa présence dans le port du Légué, du 7 au 9 juillet 2023.

Il est d’ailleurs souligné que, depuis le 28 novembre 2022, le Conseil a ajouté la violation des mesures restrictives à la liste des infractions pénales de l’UE. Le viol des sanctions rejoint donc des crimes tels que « le terrorisme, la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, le trafic illicite de drogues, le trafic illicite d’armes, le blanchiment d’argent, la corruption, la contrefaçon de moyens de paiement, la criminalité informatique et la criminalité organisée ». 

Laissez tomber, je vous prie, cette farce indécente d’un Vladimir Martus, capitaine-propriétaire du « Shtandart », opposant au régime russe. Nous avons largement démontré, par des documents russes dont certains de sa main, que celui-ci est proche des cercles du pouvoir russe. Il en est même un représentant dûment appointé. Les résultats de nos investigations, avec leurs sources, sont disponibles en ligne. Rappelons ici, seulement les quelques faits suivants:

1) Le litige technique, et non pas politique, du Shtandart avec le ministère des transports russe a été réglé en faveur de Vladimir Martus par une intervention au sommet de l’Etat russe, en juillet 2020.

2) Moins de six mois avant le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, alors que les bruits de bottes russes devenait assourdissants, le Shtandart a, en octobre 2021, mené une très officielle mission de représentation de la Fédération de Russie en mer Égée pour le compte de la Société Russe de Géographie, sous la direction de Sergueï Choïgou, le même ministre responsable de la guerre en Ukraine.

3) Soulignons enfin que l’expédition égéenne du Shtandart s’est déroulée sous les auspices de Vladimir Poutine. Elle a été financée par le Fonds de Subvention de l’Administration Présidentielle russe, c’est-à-dire par la cassette personnelle de Poutine.

Un représentant du ministère de l’Intérieur ne peut pas ignorer ces faits troublants pouvant, éventuellement, avoir un impact sur la sécurité nationale. Dans un tel contexte, une fraude aux sanctions européennes en faveur des intérêts russes représentés par le Shtandart n’en est que plus contraire au droit européen et à notre intérêt national. Nous entendons dénoncer ces faits délictueux au profit du représentant d’un État reconnu sponsor du terrorisme, dont le dirigeant fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale.

Notre collectif se tient entièrement à votre disposition ou à celle de votre cabinet pour de plus amples explications par courrier électronique, par téléphone ou par une réunion dans vos locaux.

Je vous prie, Monsieur le Préfet, de bien vouloir agréer l’expression de mes salutations distinguées.

Bernard Grua
Porte-parole du collectif #NoShtandartInEurope, Lieutenant de Vaisseau (R), Breton du Morbihan, navigateur féru de patrimoine maritime, cofondateur et ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc


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A: David O-Sullivan – Commission Européenne, Ambassade d’Ukraine en France, Union des Ukrainiens de France, Union des Ukrainiens en Bretagne, Préfecture Côtes d’Armor, Maire de Paimpol, Rédaction Paimpol Ouest-France, Rédaction Paimpol Le Télégramme, Festival du Chant de Marin, Ariane Chemin-Le Monde, Raphaël Baldos-La Croix, Armelle Menguy-Le Télégramme, Charles Drouilly-Ouest-France, Eric Rannou-Le Télégramme, Alizée Bargain-Actu.fr

Paimpol, le 1er août 2023

Mesdames, Messieurs,

Pierre Morvan, le président du « Festival du Chant de marin de Paimpol » est sûr de son impunité grâce à une presse locale « partenaire « . Ouest-France et le Télégramme sont aux ordres. La municipalité de Paimpol est à sa botte. Ce potentat n’hésite pas à recourir à la prestation illégale du navire russe Shtandart dont la présence est interdite en raison du cinquième volet des sanctions pris suite aux massacres russes de Boutcha. À ce titre, l’article 3 sexies bis du règlement UE numéro 833/2014 est sans ambiguïté. Mais il n’en a cure. Il ne se soucie pas plus du fait que le viol des sanctions européennes est, depuis le 28 novembre 2022, un délit pénal engageant sa responsabilité personnelle.

Festival du Chant de marin de Paimpol, Survivants de Boutcha
Survivants de Boutcha s’opposant au Shtandart

Pour mieux dissimuler cette fraude au règlement européen, Pierre Morvan prétend que Vladimir Martus, le capitaine propriétaire du Shtandart, serait un opposant au régime russe. Ce faisant, il ment à tous et à toutes. Car il sait que le litige technique, et non pas politique, du Shtandart avec le ministère des transports russe a été réglé en faveur de Vladimir Martus par une intervention au sommet de l’Etat russe, en juillet 2020.

Pierre Morvan sait aussi que le Shtandart a, en octobre 2021, mené une très officielle mission de représentation de la Fédération de Russie en mer Égée pour le compte de la Société Russe de Géographie, sous la direction de Sergueï Choïgou, le même ministre responsable de l’invasion de l’Ukraine, où l’on ne compte plus les crimes de guerre, voire les crimes contre l’humanité.

Il sait enfin que l’expédition égéenne du Shtandart, en 2021, s’est déroulée sous les auspices de Vladimir Poutine. Elle a été financée par le Fonds de Subvention de l’Administration Présidentielle russe, c’est-à-dire par la cassette personnelle de Poutine.

La mission en mer Égée, payée par la cassette personnelle de Poutine

Comment un seul homme peut-il imposer aux Paimpolaises et aux Paimpolais, d’être les collaborateurs d’un tel affairisme et les collaborateurs d’un représentant d’un Etat reconnu sponsor du terrorisme, dont le criminel dirigeant fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale ? A l’heure où la grande ville maritime d’Odessa inscrite au patrimoine mondial de l’humanité est bombardée sans relâche par les missiles russes, à l’heure où Poutine, le parrain du Shtandart, organise une famine mondiale, s’en prenant à tout navire de commerce rejoignant les ports ukrainiens, la présence du Shtandart à Paimpol serait contraire au droit, à la décence, à la morale, à la solidarité des gens de mer et à la notion même de patrimoine, sauf à considérer que Paimpol serait Vichy. 

Vladimir Poutine et Sergueï Choïgou,
Vladimir Poutine et Sergueï Choïgou, les employeurs du Shtandart (photo Mikhail Metzel, Sputnik, Kremlin Pool Photo)

Je suis, en ce moment, à Paimpol, à la disposition de ceux qui veulent obtenir des informations sourcées et vérifiables sur la scandaleuse affaire du Shtandart et sur ses complices.

Sincères salutations,

Bernard Grua  
Porte-parole du collectif #NoShtandartInEurope, Lieutenant de Vaisseau (R), navigateur féru de patrimoine maritime, cofondateur et ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc.

Lire l’ensemble de nos investigations sur le sulfureux Vladimir Martus et sur son réseau: 

Navire russe Shtandart: M. le Préfet du Pas-de-Calais, interdisez la fraude aux sanctions européennes.

Lettre au préfet du Pas-de-Calais lui demandant, comme il en a le devoir, de ne pas collaborer à la fraude du navire Shtandart représentant du régime de Poutine. Démonstration de la vacuité technique et morale, voire de la malhonnêteté, des arguments invoqués pour « justifier », lors du festival « Escale à Calais » organisé par la FRCPM, du contournement des sanctions européennes prises à la suite des massacres russes de Boutcha.

A l’attention de:

  • M. Jacques Billant, Préfet du Pas-de-Calais
    pref-secretariat-prefet@pas-de-calais.gouv.fr

Copies:

  • Mme Véronique Deprez-Bourdier, Sous-préfète de Calais
    sp-calais-secretariat@pas-de-calais.gouv.fr
  • Mme Natacha Bouchart, Maire de Calais
    courrier@mairie-calais.fr
  • M. David O’Sullivan, Envoyé spécial pour les sanctions, Commission européenne
  • Ambassade de l’Ukraine en France
  • M.Etienne Mourmant, Consul honoraire de l’Ukraine pour la région Hauts de France
  • Jean-Pierre Pasternak, Président de l’Union des Ukrainiens en France
  • Mme Christine Kohut, Fondatrice d’Ukraine Mémoire
  • Mme Natalia Verlyck Pozhylova, Présidente de Solidarité Flandres Ukraine
  • Mme Olena Kozel Bresson, Présidente de Vilna Ukraina 
  • Journal Nord Littoral

Le 22 juin 2023

Monsieur le Préfet du Pas-de-Calais,

Selon la Commission européenne, les préfets de département sont en charge de l’application des sanctions prises à la suite des massacres de Boutcha concernant les navires russes. C’est donc vous qui porterez la responsabilité ultime de la prestation du Shtandart et de son capitaine-propriétaire, Vladimir Martus, à l’événement « Escale à Calais » du 23 au 26 juin 2023. C’est pourquoi notre collectif #NoShtandartInEurope a porté une attention particulière aux justifications que vous avez invoquées auprès du média « Nord Littoral » le 19 juin 2023 : « La Préfecture répond à la polémique autour du passage du Shtandart à Calais ». Il ne s’agit pas d’un simple différend local, mais d’une affaire internationale engageant la signature de la France.

Boutcha proteste contre le viol des sanctions par le Shtandart
Citoyens de Boutcha protestant contre le viol des sanctions par le navire russe Shtandart

« Vladimir Martus, n’a jamais cessé de clamer haut et fort son aversion pour la politique de Vladimir Poutine ».

Rédaction « Nord Littoral », 19 juin 2023

Je ne reviens pas sur cette assertion reprise par « Nord Littoral ». Le 15 juin 2023, nous avons communiqué suffisamment d’éléments, documentés de sources russes, aux journalistes de ce média, pour qu’ils sachent qu’il s’agit d’une propagande mensongère. Lire: « Escale à Calais, ce qu’il ne faut pas savoir sur les liens de Vladimir Martus avec le pouvoir russe ». Libre à eux d’avoir décidé de ne pas en tenir compte. Nous savons que c’est ainsi que procèdent les médias partenaires des événements maritimes. En revanche, je me permets de vous mettre en garde. Un représentant du ministère de l’Intérieur ne peut pas ignorer ces faits troublants pouvant, éventuellement, avoir un impact sur la sécurité nationale.

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Rappel du règlement européen

Monsieur le Préfet, il ne vous est pas trop tard pour lire de l’article 3 sexies bis du règlement Ue n°833/2014 et les conventions pertinentes mises en référence de son paragraphe 3 alinéa « a ». Vous pourrez complètement mesurer l’ambition d’exhaustivité de cet article en prenant connaissance, aussi, de la directive 2013/53/UE indiquée à l’alinéa « c » du paragraphe 3. Vous observerez que le yacht privé Shtandart ne peut pas s’exclure de nombreuses conventions pertinentes. S’il échappe, de façon très contestable, à la convention SOLAS (a titre d’exemple, il embarquait, chaque jour, 75 passagers sur le Golfe du Morbihan), il entre alors mécaniquement dans les navires concernés par l’alinéa « b » du paragraphe 3.

Escale à Calais: Le Shtandart, Yacht privé et navire russe de transport de passagers
Le Shtandart, yacht privé et navire russe de transport de passagers

En conséquence, tout lecteur attentif ne peut que convenir que le navire Shtandart immatriculé sous pavillon russe a interdiction de séjourner dans les ports européens, et a fortiori français, depuis le 16 avril 2022. Il n’entre dans le champ d’aucune dérogation prévue à l’article 3 sexies bis. Sa présence dans le port de Calais est bien une fraude. Pour plus de détail, lire ce que j’écrivais, le 17 juin 2023, aux journalistes de « Nord Littoral » : « L’article 3 sexies bis du règlement européen n°833/2014 vise bien à l’exhaustivité » et « De jure, seul le règlement européen a force de loi. Il confirme l’illégalité de la présence du navire russe Shtandart dans nos ports ». Les justifications dont on vous a demandé de vous faire le porte-parole pour accepter, voire pour encourager cette fraude, ne sont pas recevables, et pas seulement par notre collectif.

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« Le navire Shtandart est considéré comme un navire de construction traditionnelle, ce qui l’exclut de facto des navires soumis au champ d’application du règlement (qui interdit aux navires russes de s’arrêter dans les ports français, ndlr). » –

Préfet du Pas de Calais sur « Nord Littoral », 19 juin 2023

Le texte européen visant à l’exhaustivité ne « liste » aucune « catégorie ». Il n’utilise, d’ailleurs, pas le terme « catégorie ». Il dit que TOUT navire immatriculé en Russie entre dans le champ des sanctions. En invoquant l’expression « navire de construction traditionnelle », vous vous écartez du règlement UE dont vous avez le devoir d’assurer l’application. Ce faisant, vous vous appuyez, volontairement ou non, sur un email non signé de la Direction Nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED). Je ne reviendrai pas sur tous les détails fournis précédemment à « Nord Littoral ». « Le courrier de la DNRED pose des questions de fond et de forme. Les conditions de sa rédaction interpellent » et « Le texte de la DNRED est incompatible avec le règlement européen ». Je souligne juste que la « position » de la DNRED est un endossement d’une réécriture fallacieuse, de l’article 3 sexies bis. J’attire votre attention sur le fait que la DNRED a tenu, curieusement, à dégager sa responsabilité quant à cette réécriture. Elle en rejette les torts sur deux boucs émissaires : Patrice Bernier, directeur du port de plaisance de La Rochelle, et la Direction Générale du Trésor (DGT). L’implication de Patrice Bernier, en conflit d’intérêt manifeste, dans le schéma de contournement des sanctions est incontestable tant, elle est documentée. Mais ce lampiste suffirait-il à absoudre le plus haut représentant de l’Etat dans le Pas-de-Calais ? On peut sérieusement en douter. Pour ce qui est de la DGT, sa mise en cause sera beaucoup plus difficile à prouver. La DNRED, en contradiction avec la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978, a refusé de nous communiquer le document de la DGT sur lequel elle prétend s’appuyer. C’est dire si sa position est faible. On ne voit donc pas ce que vous pourriez légalement objecter au Quai d’Orsay, en charge de la coordination générale des sanctions, et ainsi qu’à la Commission européenne.

Escale à Calais, Shtandart : Position du Quai d'Orsay
Position du Quai d’Orsay


Je mets, d’ailleurs, M. O’Sullivan, envoyé spécial pour les sanctions de la Commission européenne, en copie de ce courrier. Vous risquez d’être bien seul quand viendra effectivement l’heure des vraies explications.

Les autres « justifications », qui vous ont été préparées et que vous transmettez à « Nord Littoral » n’ont aucune dimension juridique. Elles n’ont pas plus de valeur morale. Elles ne sont qu’un narratif destiné à certains médias peu regardants et à une opinion publique peu concernée par la réalité de la guerre russe en Ukraine, tout en étant victime de la mystification du Shtandart. J’y reviens néanmoins rapidement pour souligner le capharnaüm dans lequel cette affaire est embourbée, pour avoir été traitée avec légèreté par les autorités et la presse françaises, à la différence des autorités et de la presse de Galice espagnoles. De leur côté, les réseaux russes et pro-russes ont usé, hélas, d’une véritable stratégie et d’un excellent professionnalisme.

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Il « convient de noter que ce navire a déjà fait escale dans plusieurs ports français. »

Préfet du Pas de Calais sur « Nord Littoral », 19 juin 2023

Monsieur le Préfet, ceci n’est pas une clause de dérogation prévue dans le règlement européen. Il est choquant de noter qu’un représentant du ministère de l’Intérieur en soit conduit à devoir invoquer la répétition d’une infraction pour considérer qu’elle aurait valeur de jurisprudence, voire force de loi. L’antériorité ne vaut pas quitus pour aujourd’hui. En effet, il faut distinguer deux phases dans les éventuelles poursuites contre les collaborateurs à la fraude aux sanctions du navire russe. Les complicités pour des infractions postérieures au 28 novembre 2022 seront plus sévèrement punies que celles qui les ont précédées depuis le 16 avril 2022. A partir du 28 novembre 2022, le Conseil a ajouté la violation des mesures restrictives à la liste des infractions pénales de l’UE. Le viol des sanctions rejoint donc des crimes tels que « le terrorisme, la traite des êtres humains et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants, le trafic illicite de drogues, le trafic illicite d’armes, le blanchiment d’argent, la corruption, la contrefaçon de moyens de paiement, la criminalité informatique et la criminalité organisée ».

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« Le navire… (délivre) un message de paix ».

Préfet du Pas de Calais sur « Nord Littoral », 19 juin 2023

Ceci n’est pas, non plus, une clause de dérogation prévue dans le règlement européen. Mais il faut surtout souligner qu’il s’agit d’une invocation régulière des réseaux pro-Moscou en France et en Russie. L’objectif est d’obtenir l’arrêt des combats de l’armée ukrainienne, la consolidation des acquis territoriaux de la Russie en Ukraine et l’abandon des populations civiles sous occupation afin de faciliter leur dé-ukrainisation et leur déportation ainsi que leur soumission à d’inqualifiables criminels de guerre, comme nous le rappelle le mandat d’arrêt international de la CPI émis contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova. C’est dire si ce type d’allégations est à prendre avec précautions.

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« Le navire arbore également le pavillon ukrainien. »

Préfet du Pas de Calais sur « Nord Littoral », 19 juin 2023

Ceci n’est pas, enfin, une clause de dérogation prévue dans le règlement européen. Mais là n’est pas le pire. Hisser les couleurs ukrainiennes en pavillon de prise sur un navire russe relève de la « maskirovka ». Il s’agit d’une manœuvre de la part des Russes ou des pro-russes qui ne voient l’Ukraine que comme un des territoires de la Fédération de Russie, voire de l’empire, dont ils aspirent à la reconstruction. Je rappelle le pin’s ukrainien de Marine Le Pen sur le marché d’Hénin-Beaumont et le drapeau ukrainien flottant à Saint-Pétersbourg lors de la dernière conférence interparlementaire de la CEI.

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Pour les Ukrainiens, il ne s’agit pas seulement d’une provocation inacceptable, mais d’une profanation. Depuis 2014, dans les territoires occupés par les Russes, des citoyens sont torturés et assassinés pour détenir un drapeau ukrainien. Aujourd’hui, les mobilisés ukrainiens meurent pour défendre les couleurs de leur pays.

Escale à Calais, Shtandart : Les Ukrainiens meurent pour le pavillon de leur pays
Les Ukrainiens meurent pour le pavillon de leur pays


La venue du Shtandart à Calais aurait été préparées avec toute la prudence qu’elle impose, la préfecture et les organisateurs d’Escale à Calais n’auraient pas manqué d’apprendre qu’une telle exhibition du pavillon ukrainien par le Shtandart a été interdite à La Rochelle, à Camaret, dans le Golfe du Morbihan et à Rouen. Je vous suggère de prendre contact avec les différentes autorités concernées. Je vous invite à lire ce que Mme Victoria Nikolenko écrivait à l’Armada Rouen, qui a finalement renoncé à ce jeu funeste. Une mascarade aussi ignoble présente un risque clair de trouble à l’ordre public. Les imprécations belliqueuses du président de la FRCPM sur « Nord Littoral », le 14 juin 2023, montrent un jusqu’au boutisme de sinistre augure. Lire: « Perturbations à Calais ? », « Opération anti-terroriste » et « Fauteurs de troubles ». Je tiens à dégager ma responsabilité et celle du collectif #NoShtandartInEurope si, à Calais, une telle forfaiture était admise, voire encouragée. Je ne serai plus en mesure de contenir en de pacifiques et familiales manifestations l’indignation que suscite, en France et en Ukraine, la complaisance des autorités françaises à l’égard de la fraude aux sanctions de Boutcha par le navire russe Shtandart.

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Je suis à votre entière disposition pour de plus amples informations concernant le résultat de nos investigations relatives au navire russe Shtandart et vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes salutations distinguées.

Bernard Grua
Porte-parole du collectif #NoShtandartInEurope, Lieutenant de Vaisseau (R), navigateur féru de patrimoine maritime, cofondateur et ex porte-parole du collectif « No Mistrals for Putin », contributeur à l’ouvrage de Laurent Chamontin « Ukraine et Russie pour comprendre », contributeur à « Russia Beyond », « Ukraine Crisis Media Center », « Ukrinform », etc.

No shtandart In Europe logo

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Article publié sur Nord Littoral

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