Le verrou maritime français sur le navire russe Shtandart

Décryptage juridique et contextuel de l’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026

Le 5 mars 2026, les trois préfets maritimes français ont signé un arrêté interpréfectoral. Il réglemente la navigation du navire TS Shtandart dans les eaux françaises. Ce texte, relativement discret, constitue en réalité une mesure juridique très structurée qui neutralise pratiquement toute possibilité d’exploitation du navire le long des côtes françaises.

L’arrêté est signé par les préfets maritimes de l’Atlantique, de la Manche–Mer du Nord et de la Méditerranée, respectivement les vice-amiraux d’escadre Jean‑François Quérat, Benoît de Guibert et Christophe Lucas. Ces autorités incarnent la particularité française de l’action de l’État en mer, un dispositif hybride associant la Marine nationale et la police administrative maritime.

➡️ Accédez au texte complet de l’arrêté interpréfectoral relatif au Shtandart.
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1. Un texte fondé sur trois niveaux de droit

L’arrêté repose sur une articulation juridique solide combinant droit européen, droit international et droit administratif français.

1.1. Les sanctions européennes

L’interdiction portuaire n’est pas française. Elle est européenne. La France ne fait qu’en tirer les conséquences opérationnelles. Le texte rappelle d’abord que le navire TS Shtandart est interdit d’accès aux ports de l’Union européenne en vertu des mesures restrictives adoptées après l’agression russe contre l’Ukraine, notamment la décision 2014/512/PESC et le règlement (UE) n° 833/2014.

Cette affirmation est formulée sans ambiguïté. L’administration française considère donc que l’application des sanctions au navire est un fait établi, et non un point de débat.

1.2. Le droit de la mer

L’arrêté s’appuie également sur la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer signée à Montego Bay en 1982. Celle-ci garantit aux navires étrangers un droit de passage inoffensif dans la mer territoriale des États côtiers.

Toutefois, ce droit est strictement encadré : il ne peut être exercé que sous la forme d’un transit continu et rapide, sans arrêt ni mouillage. Donc, le Shtandart peut passer, mais pas naviguer librement.

1.3. La police administrative maritime

Enfin, les préfets maritimes utilisent leurs pouvoirs de police administrative pour préciser les conditions de navigation dans les eaux françaises. Ces pouvoirs leur permettent de réglementer la circulation des navires pour assurer le respect des lois nationales et internationales.

2. L’interdiction des eaux intérieures françaises

L’article 1 de l’arrêté pose une interdiction claire : le navire Shtandart ne peut pas naviguer dans les eaux intérieures françaises.

Cette catégorie comprend notamment :

  • les ports,
  • les estuaires,
  • les rades fermées,
  • les zones portuaires.

Article 4 : restrictions applicables aux annexes
Toutes les annexes du navire sont soumises aux mêmes restrictions que le TS Shtandart. Ainsi, tout embarquement ou débarquement de passagers ou de membres d’équipage via ces annexes est interdit, rendant impossible toute relève ou transfert à distance.

3. Un passage inoffensif strictement limité

L’arrêté autorise néanmoins le navire à traverser la mer territoriale française au titre du passage inoffensif, mais dans des conditions extrêmement strictes.

Le texte précise que ce passage doit consister en :

« un transit continu et rapide suivant une route la plus directe possible, sans arrêt ni mouillage ».

Toute interruption n’est admise que dans des circonstances très limitées : incident ordinaire de navigation, force majeure ou nécessité de porter assistance à un navire en détresse.

Cette formulation a une conséquence pratique majeure : elle rend impossible toute activité touristique ou commerciale le long des côtes françaises. Comme indiqué ci-dessus, même un arrêt pour prendre des passagers via une annexe est interdit.

4. La neutralisation d’un projet de croisière

Un aspect particulièrement remarquable de l’arrêté est la mention explicite d’un projet précis : une croisière prévue du 21 au 30 juin 2026 entre la Charente-Maritime et les côtes bretonnes, commercialisée par l’agence russe Kombat Tour.

Il est rare qu’un arrêté administratif cite aussi précisément un projet d’activité. Cette référence indique que les autorités maritimes ont été alertées de manière circonstanciée sur cette opération commerciale par les courriers adressés à l’agence russe par le collectif No Shtandart in Europe, dont le préfet maritime de l’Atlantique était en copie :

L’arrêté apparaît ainsi comme une réponse directe visant à empêcher la réalisation de cette croisière mais il est bien plus que cela. Le Shtandart et Kombat-Tour ont ainsi fourni aux autorités maritimes un élément déterminant pour le verrouillage définitif des côtes, des eaux intérieures et des ports français.

Le fait que l’arrêté soit interpréfectoral (Atlantique, Manche-Mer du Nord, Méditerranée) montre qu’il y a eu :

  • une analyse nationale,
  • une coordination entre les préfectures maritimes,
  • probablement une remontée au niveau gouvernemental.

Ce type de coordination se fait généralement lorsqu’un dossier a été signalé comme sensible.

5. Une clause visant les détournements possibles

Le texte contient également une disposition particulièrement stratégique concernant les situations de détresse. Il précise qu’une demande de dérogation fondée sur la force majeure ou la détresse ne pourra être examinée que si la situation est imprévisible et impérative.

À l’inverse, une difficulté résultant d’une situation prévisible pourrait entraîner des poursuites. Cette clause vise clairement à empêcher qu’un arrêt ou une escale soit justifié par un incident provoqué par une navigation planifiée dans des conditions incompatibles avec les règles établies.

L’article 3 est redoutable :

une détresse liée à une situation prévisible peut entraîner des poursuites.

Autrement dit :

Si Martus organise une croisière malgré tout, en cas de :

  • panne,
  • météo,
  • problème technique,

il ne pourra pas invoquer la détresse sans risquer des poursuites. C’est un filet de sécurité juridique pour l’État.

6. Une coordination nationale de l’État en mer

Le caractère interpréfectoral du texte est également significatif. Les trois préfets maritimes français ont signé conjointement l’arrêté, ce qui assure son application sur l’ensemble du littoral.

La liste de diffusion confirme que le dossier est suivi par plusieurs niveaux de l’État, notamment le Secrétariat général de la mer et le Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Il en est ainsi pour les Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage tels que le CROSS Corsen, le CROSS Étel ou encore le CROSS Toulon-La Garde.

Cette diffusion garantit que le navire serait suivi et contrôlé s’il entrait dans les eaux françaises.

7. Un verrou juridique efficace

En pratique, l’arrêté produit un effet simple mais déterminant.

Le navire Shtandart peut traverser les eaux territoriales françaises. Mais il ne peut pas :

  • organiser de croisière,
  • naviguer librement le long du littoral,
  • mouiller devant un port,
  • accéder à une rade ou un estuaire,
  • embarquer ou débarquer des passagers.

Autrement dit, toute exploitation dans les eaux françaises devient juridiquement impossible.

Conclusion

L’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 constitue un exemple de régulation maritime fondée sur une combinaison subtile de droit international, de droit européen et de police administrative nationale.

Sans interdire totalement la présence du navire dans la mer territoriale – ce qui serait difficilement compatible avec le droit de la mer – les autorités françaises ont mis en place un dispositif qui empêche toute activité économique dans leurs eaux.

Le message est clair : le navire peut traverser les eaux françaises, mais il ne pourra pas y exercer d’activité tant qu’il restera soumis aux sanctions européennes.


Annexes

Pages de l’arrêté du 5 mars 2026

Articles liés et analyses complémentaires disponibles ici sur l’arrêté du 5 mars 2026

Acknowledging the French Maritime Prefects for the 5 March 2026 Order on the Russian Vessel TS Shtandart

On 10 March 2026, an official message of thanks was addressed to Vice Admiral Jean-François Quérat, Maritime Prefect of the Atlantic and Commander-in-Chief of the French Forces in the Atlantic. This letter, signed by the Union of Ukrainians in France, the association Iroise-Ukraine and the collective No Shtandart in Europe, expresses their gratitude to the maritime prefects of Cherbourg, Brest and Toulon for the inter-prefectoral order of 5 March 2026 concerning the Russian vessel TS Shtandart.

The signatories emphasize the particularly robust and comprehensive nature of this administrative document, which constitutes an important step in the implementation of European port sanctions adopted following the Bucha massacres and the full-scale invasion of Ukraine by the Russian Federation.

➡️ Read the full text, in English, of the decree concerning the Shtandart


English translation of the original letter in French

For the attention of:
Vice Admiral Jean-François Quérat
Maritime Prefect of the Atlantic
Commander-in-Chief of the French Forces in the Atlantic

Copies:
– Maritime Prefect of the English Channel and the North Sea
– Maritime Prefect of the Mediterranean
– Mr. Gabriel Attal, Chairman of the France–Ukraine Friendship Group at the National Assembly
– Embassy of Ukraine in France
– Embassy of France in Ukraine

Subject: Thanks for the inter-prefectoral order of 5 March 2026 concerning the Russian vessel TS Shtandart

10 March 2026

Admiral,

On behalf of the Union of Ukrainians in France, the Iroise-Ukraine association, the supporters of the No Shtandart in Europe collective and the French friends of Ukraine, we would like to thank the maritime prefects of Cherbourg, Brest and Toulon for the order of 5 March 2026 concerning the Russian vessel TS Shtandart (MMSI 518999255).

We fully appreciate the exceptional nature of this document. Its quality, comprehensiveness and legal robustness go far beyond the sole context of the Breton cruise marketed by the agency Kombat-Tour. This order represents a significant strengthening in the implementation of European port sanctions adopted following the Bucha massacres and the full-scale invasion of Ukraine by the Russian Federation. We are particularly grateful to you for this.

We would like to bring to your attention several factual elements that may help shed light on the recent conduct of this vessel. These elements are provided for information purposes, for the possible assessment of your services responsible for maritime surveillance.

1. Attempts by TS Shtandart to circumvent prohibitions

Following this order, the regulatory framework applicable to TS Shtandart in France now appears similar to that in force in Portugal.

However, in September 2025 the Russian vessel attempted to access several Portuguese ports, notably on the Douro River, in Cascais and in the vicinity of Sagres. The effective enforcement of the regulations was only made possible thanks to the constant monitoring by the Portuguese National Maritime Authority. This led to the questioning of the second officer of TS Shtandart as well as four passengers who were forced to cancel their embarkation (see Annex 1).

These various actions appear to be part of a recurring strategy by TS Shtandart aimed at circumventing European port restrictions, observed in several Member States since 2022.

2. Observations from internal TS Shtandart documents

3. TS Shtandart navigation plans

The vessel is currently in Turkey. According to available information, TS Shtandart has planned a cruise departing from Bodrum with an announced arrival in Bizerte (Tunisia) on 28 April 2026. From that date, it may attempt to reach European ports again, including French ones.

Please accept, Admiral, the expression of our highest consideration.

Shtandart - Union of Ukrainians in France

Jean-Pierre Pasternak
President of the Union of Ukrainians in France

Shtandart - Iroise-Ukraine

Svitlana Jestin and Christophe Galès
Co-Presidents of the Iroise-Ukraine Association

No Shtandart in Europe

Bernard Grua
Spokesperson of the No Shtandart in Europe collective


Annexes

Annex 1
Autoridade Marítima Nacional — The National Maritime Authority monitors the sailing vessel TS SHTANDART along the Portuguese coast, 24 September 2025.
Original document in Portuguese.

Annex 1 bis
French translation of the document appearing in Annex 1.
(Translation provided for information purposes.)

Annex 2
Testimony of a TS Shtandart crew member published on the social network VK, 1 October 2025.
Original document in Russian.

Annex 2 bis
English translation of the document appearing in Annex 2.
(Translation provided for information purposes.)

Annex 3
Internal testimony concerning an undeclared landing on a Greek island, 12 October 2025.
Original document in Russian.

Annex 3 bis
English translation of the document appearing in Annex 3.
(Translation provided for information purposes.)


Original email


Remerciements aux préfets maritimes pour l’arrêté du 5 mars 2026 concernant le navire russe TS Shtandart

Le 10 mars 2026, un message de remerciement officiel a été adressé au vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat, préfet maritime de l’Atlantique et commandant en chef des forces françaises en Atlantique. Ce courrier, signé par l’Union des Ukrainiens de France, l’association Iroise-Ukraine et le collectif No Shtandart in Europe, exprime leur reconnaissance à l’égard des préfets maritimes de Cherbourg, Brest et Toulon pour l’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 relatif au navire russe TS Shtandart.

Les signataires soulignent le caractère particulièrement solide et exhaustif de ce document administratif, qui constitue une étape importante dans l’application des sanctions portuaires européennes adoptées à la suite des massacres de Boutcha et de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Fédération de Russie.

➡️ Accédez au texte complet de l’arrêté interpréfectoral relatif au Shtandart.
➡️ Read this letter in English


À l’attention de :
Vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat,
Préfet maritime de l’Atlantique,
Commandant en chef des forces françaises en Atlantique

Copies :
Préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord
– Préfet maritime de la Méditerranée
– M. Gabriel Attal, président du groupe d’amitié France-Ukraine à l’Assemblée nationale
– Ambassade d’Ukraine en France
– Ambassade de France en Ukraine

Objet : Remerciements pour l’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 relatif au navire russe TS Shtandart

Le 10 mars 2026

Amiral,

Au nom de l’Union des Ukrainiens de France, de l’association Iroise-Ukraine, des sympathisants du collectif No Shtandart in Europe et des amis français de l’Ukraine, nous souhaitons remercier les préfets maritimes de Cherbourg, Brest et Toulon pour l’arrêté du 5 mars 2026 relatif au navire russe TS Shtandart (MMSI 518999255).

Nous mesurons pleinement le caractère exceptionnel de ce document. Sa qualité, son exhaustivité et sa solidité juridique dépassent largement le seul contexte de la croisière bretonne commercialisée par l’agence Kombat-Tour. Cet arrêté marque un renforcement significatif dans l’application des sanctions portuaires européennes adoptées à la suite des massacres de Boutcha et de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Fédération de Russie. Nous vous en sommes particulièrement reconnaissants.

Nous nous permettons de porter à votre connaissance plusieurs éléments factuels susceptibles d’éclairer le comportement récent de ce navire. Ces éléments sont transmis à titre d’information pour l’éventuelle appréciation de vos services compétents en matière de surveillance maritime.

1. Tentatives de contournement des interdictions par le TS Shtandart 

À la suite de cet arrêté, le cadre réglementaire applicable au TS Shtandart en France apparaît désormais similaire à celui en vigueur au Portugal.

Pourtant, en septembre 2025, le navire russe a tenté d’accéder à plusieurs ports portugais, notamment sur le Douro, à Cascais et dans les environs de Sagres. L’application effective de la réglementation n’a été rendue possible que grâce à la surveillance constante de l’Autorité maritime nationale portugaise. Celle-ci a conduit à l’interpellation du second du TS Shtandart ainsi que de quatre passagers qui ont dû renoncer à leur embarquement (voir annexe 1).

Ces différentes actions semblent s’inscrire dans une stratégie récurrente du TS Shtandart concernant le contournement des restrictions portuaires européennes, observée dans plusieurs États membres depuis 2022.

2. Observations issues de documents internes au TS Shtandart 

3. Prévisions de navigation du TS Shtandart 

Le navire est actuellement en Turquie. Selon les informations disponibles, le TS Shtandart a planifié une croisière au départ de Bodrum avec une arrivée annoncée à Bizerte (Tunisie) le 28 avril 2026. À compter de cette date, il pourrait être susceptible de tenter de rejoindre à nouveau des ports européens, et notamment français.

Nous vous prions d’agréer, Amiral, l’expression de notre haute considération.

Shtandart  Union des Ukrainiens de France

Jean-Pierre Pasternak
Président de l’Union des Ukrainiens de France

Shtandart  association Iroise-Ukraine

Svitlana Jestin et Christophe Galès
Co-présidents de l’association Iroise-Ukraine

No Shtandart in Europe

Bernard Grua
Porte-parole du collectif No Shtandart in Europe


Annexes

Annexe 1
Autoridade Marítima Nacional — L’Autorité maritime nationale surveille le voilier TS SHTANDART le long de la côte portugaise, 24 septembre 2025.
Document original en portugais.

Annexe 1 bis
Traduction française du document figurant en annexe 1.
(Traduction réalisée à titre informatif.)

Annexe 2
Témoignage d’un membre d’équipage du TS Shtandart publié sur le réseau social VK, 1er octobre 2025.
Document original en russe.

Annexe 2 bis
Traduction française du document figurant en annexe 2.
(Traduction réalisée à titre informatif.)

Annexe 3
Témoignage interne relatif à un débarquement non déclaré sur une île grecque, 12 octobre 2025.
Document original en russe..

Annexe 3 bis
Traduction française du document figurant en annexe 3.
(Traduction réalisée à titre informatif.)

Original de l’email

À lire aussi sur l’arrêté du 5 mars 2026

Arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 contre le Shtandart : comment trois amiraux ont bousculé la position de la France sur les sanctions portuaires ?

L’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 contre le navire russe Shtandart constitue un texte majeur et inédit dans la gestion des sanctions portuaires européennes. Cet article propose une lecture originale et éclairante de ses causes ainsi que de ses conséquences. Il rend compte à la fois des tensions administratives, des pratiques passées ainsi que de son impact concret sur l’application des mesures restrictives contre la Russie.

➡️ Accédez au texte complet de l’arrêté interpréfectoral relatif au Shtandart.
➡️ Il est aussi possible d’en prendre connaissance via ses quatre pages insérées au bas de cet article.



1. Contexte de la croisière Kombat-Tour

À premier abord, on pourrait se dire que le texte concerné s’oppose seulement à un projet de croisière contrevenant aux mesures restrictives. Le nom de l’agence de voyage impliquée, Kombat-Tour, était susceptible d’attirer négativement l’attention. Cela s’explique par la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, à l’origine des sanctions portuaires.   

De plus, l’escale prévue à Camaret, située sur la stratégique et très surveillée presqu’île de Crozon, pouvait être perçue comme un défi . C’est en face de ce port que le Shtandart avait été empêché d’entrer dans le goulet et la rade de Brest, le 11 juillet 2024, par un patrouilleur de la Marine nationale. 

Le Shtandart sous la pointe du Toulinguet tentant de forcer l'entrée dans la Rade de Brest, 11/07/2024. Photo de Frédéric Chauveau
Le Shtandart sous la pointe du Toulinguet tentant de forcer l’entrée dans la Rade de Brest, 11/07/2024. Photo de Frédéric Chauveau

En tout état de cause, la croisière Kombat-Tour entrait dans une campagne visant à tester la résilience des sanctions de l’UE. Selon la presse et certains services diplomatiques russes, c’est ainsi que sont perçues les tentatives de Vladimir Martus, capitaine et propriétaire de facto du Shtandart (MMSI 518999255).

2. Tolérance prolongée et documents publics 

L’arrêté met fin à plusieurs années de tolérance dans l’application des sanctions, comme le confirment les documents confidentiels mis en ligne par le collectif No Shtandart in Europe, suite à leur partage par Vladimir Martus et par son conseil, Me Thierry Clerc. Les parties concernées, 

n’avaient, néanmoins, jamais fourni d’autorisation officielle ou publique.

3. Rôle du SGMer et divergences potentielles

Le SGMer a joué un rôle notable dans cette affaire. Dans Le Télégramme du 25 juin 2024, il avait notamment indiqué que le Shtandart n’était pas concerné par la clarification du Conseil européen du 24 juin 2024. Selon Patrice Bernier, directeur du port de plaisance de La Rochelle, le SGMer aurait continué à approuver certaines Escales du navire, comme le rapporte Sud-Ouest, le 7 janvier 2026. Ce mode opératoire, accepté par le préfet de la Charente-Maritime, Brice Blondel, semble contredire plusieurs textes, dont l’ordonnance T-446/24 de la  Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 22 août 2025. 

Le SGMer, organe de coordination interministériel rattaché au premier ministre, n’a pas de mandat pour appliquer les sanctions portuaires. Dans l’affaire du Shtandart, il a utilisé la préfecture maritime de Brest comme interface publique. Un courriel de la lieutenant de vaisseau Le Bars, du 13 mars 2023, indiquait que le navire ne serait pas concerné par le régime de sanctions du fait qu’il ne relèverait pas de la convention internationale Safety of life at sea (SOLAS). Cette affirmation a été démentie par le Conseil européen devant la CJUE. Des propos tenus à la presse, pouvant être considérés comme sujets à controverse, ont ensuite été exposés, ainsi que le rapporte le quotidien Ouest-France du 29 mars 2024. 

Mais, selon nos sources, la relation entre le SGMer et la préfecture maritime de l’Atlantique semble s’être tendue dans les mois suivants. Enfin, en 2025, les escales fréquentes du Shtandart à La Rochelle et la participation à la Semaine du Golfe ont pu causer de nouvelles divergences.

4. Position du préfet maritime de l’Atlantique

Le préfet maritime de l’Atlantique est également rattaché au premier ministre, mais il exerce ses responsabilités depuis Brest, à l’extrémité du territoire. Dans ce contexte, sa capacité à s’opposer à des orientations administratives élaborées à Paris pouvait apparaître limitée. Cette situation a probablement prolongé les divergences d’interprétation des sanctions.

C’est dans ce contexte que le projet Kombat-Tour a déclenché une structurante mise au point.

5. Clarification administrative via l’arrêté du 5 mars 2026

Le projet de croisière porté par l’agence Kombat-Tour a constitué un moment de clarification administrative. La préfecture maritime de l’Atlantique a alors pris l’initiative de coordonner les deux autres préfectures maritimes afin d’élaborer un texte commun, publié le 5 mars 2026. L’arrêté a été signé par :

  • le vice-amiral d’escadre Benoît de Guibert, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord,
  • le vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat, préfet maritime de l’Atlantique et commandant en chef des forces navales sur la façade Atlantique
  • et le vice-amiral d’escadre Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée et commandant en chef des forces navales sur la façade Méditerranée.

6. Portée et effets de l’arrêté

Ensemble, ils représentent la plus haute autorité opérationnelle de l’État en mer. La place est prise. Même SGMer ne peut que très difficilement aller contre ce texte en raison de cette triple signature. L’arrêté fournit désormais un cadre juridique clair pour l’application du règlement européen dans leurs zones de responsabilité.  Ils disposent également des moyens navals nécessaires pour assurer la mise en œuvre de l’arrêté sur l’ensemble des eaux territoriales.

7. Dimension pro-Ukraine et application des sanctions

En réalité, l’arrêté du 5 mars 2026, s’il est appliqué de manière constante, devrait produire un effet comparable à celui d’une interdiction d’accès aux eaux territoriales françaises. Celle-ci avait été préconisée par le collectif No Shtandart in Europe qui s’inspirait de l’exemple espagnol du 27 juillet 2024.

Cette décision illustre l’affirmation de l’État de droit français et de l’application des sanctions européennes face aux pratiques qui avaient jusqu’ici permis au Shtandart de poursuivre ses activités en France. Elle constitue également une avancée tangible pour les intérêts de l’Ukraine, qui voient enfin respecter les mesures européennes destinées à limiter les initiatives russes dans les ports français.


Arrêté interpréfectoral contre le Shtandart

Texte de l’arrêté des préfets maritimes

À lire aussi sur l’arrêté du 5 mars 2026

French Maritime Prefectures Block Russian Cruise by Kombat-Tour on the TS Shtandart

Here, we analyze in depth the recent order issued by the three French maritime prefects concerning the TS Shtandart. This text goes far beyond the single Kombat-Tour cruise planned along the Breton coasts. It constitutes a complete reversal in the handling of the Russian vessel by the authorities and could put an end, in France, to the captain’s repeated attempts to circumvent European sanctions.

Inter-prefectoral decree of March 5, 2026: « …In view of the ban on access to the ports of the European Union mentioned above, the organization of a cruise for tourism purposes involving access to French inland waters and the port facilities located there cannot be considered…»

Summary

Following the sanctions adopted after the invasion of Ukraine, an order signed on 5 March 2026 (en) by the three French maritime prefects. It now strictly regulates the navigation of the Russian three-masted ship TS Shtandart (MMSI 518999255) (en) in all metropolitan French waters. The text prohibits the vessel from accessing internal waters — notably ports, roadsteads and estuaries — and limits its presence in the territorial sea to innocent passage, without stopping or anchoring.

This measure constitutes a decisive obstacle to organizing commercial cruises along the French coasts. It also prevents the vessel from being chartered for nautical events. This decision comes while an excursion between La Rochelle and Saint-Malo, with several stopovers in Brittany, is being marketed for June 2026 by the Russian travel agency Kombat-Tour.

➡️ Read the full text, in English, of the decree concerning the Shtandart
➡️ Voir cet article en français



1. At the origins of the Inter-Prefectoral Order

Between July and September 2025, seven European states refused access (en) to the TS Shtandart: Ireland, the United Kingdom, Norway, Denmark, Belgium, Spain, and Portugal. With the exception of La Rochelle, none of the 14 commercial stopovers (en) announced for summer 2025 could be carried out. The TS Shtandart was also not authorized to participate in the Tall Ships Races (en) .

On 22 August 2025, the Court of Justice of the European Union (CJEU) (en) definitively confirmed that the Russian three-masted ship TS Shtandart fell within the scope of port sanctions since 16 April 2022 (en).

On 31 October 2025, the TS Shtandart announced a cruise between La Rochelle and Saint-Malo. It planned stopovers at Belle-Île, Camaret and the Sept-Îles between 21 and 30 June 2026. This activity is marketed by the travel agency Kombat-Tour, based in Smolensk, Russia. Kombat-Tour: 21–30 June 2026, aboard the frigate “Shtandart”, family cruise along the French coasts (ru).

The collective No Shtandart in Europe alerted the company Kombat-Tour several times to the legal risks affecting its program. It copied these letters to the maritime prefect of Brest as well as to the prefects of the departments of Finistère, Côtes-d’Armor and Ille-et-Vilaine.

On 25 November 2025, the journalist Paul Bohec published, in Le Télégramme, a detailed article on this navigation project. To do so, he questioned Kombat-Tour, which did not respond, the maritime prefecture of Brest, Vladimir Martus, the captain and de facto owner of the TS Shtandart, as well as Thierry Clerc, the latter’s lawyer.

See: Le Télégramme, 25 November 2025 – A Russian travel agency organizes a cruise around Brittany aboard the Shtandart… banned from access to European ports (en)

Le Télégramme, Paul Bohec, 25 November 2025: The Shtandart “is subject to a ban on docking in European ports”, as confirmed by the French authorities contacted on the subject… The maritime prefecture explains that it was informed “neither by the travel agency nor by the captain of the Shtandart of their intention to organize the cruise”. “The authorities are currently studying the situation in order to decide on the measures to be implemented if this cruise is confirmed”, it concludes.

The information was then taken up by Le Parisien, on 30 November 2025 (en), and by the TF1 TV Morning News, on 2 December (fr).

The collective No Shtandart in Europe again contacted the DG FISMA (Sanctions unit) of the European Commission.

2. An Order Covering the Entire French Coastline

An order published on 5 March 2026 now strictly regulates the navigation of the TS Shtandart throughout all metropolitan French waters.

The text applies to:

  • territorial waters,
  • internal waters,
  • ports,
  • and shores.

The decree is signed by three general officers representing the highest operational command of the French Navy:

  • Vice Admiral (squadron command) Benoît de Guibert, Maritime Prefect of the English Channel and the North Sea
  • Vice Admiral (squadron command) Jean-François Quérat, Maritime Prefect of the Atlantic and Commander-in-Chief of the Maritime Forces on the Atlantic coast
  • Vice Admiral (squadron command) Christophe Lucas, Maritime Prefect of the Mediterranean and Commander-in-Chief of the Maritime Forces on the Mediterranean coast

This joint signature is unusual, as it concerns only a single ship. It gives the decree a national scope covering the entire metropolitan coastline. The online publication of the document is also unusual. This highlights the strategic and political importance of the decision. The TS Shtandart has become a national matter.

3. A Break with the Practices Observed Since 2022

Before this decree, the application of European sanctions has given rise to several administrative interpretations in France. In principle, the order amounts to prohibiting any normal interaction between the vessel and French territory.

Such a situation effectively conflicts with the marketing of cruises along the country’s coasts. Several concrete provisions reflect this shift.

3.1. Prohibition in Internal Waters

The TS Shtandart is now prohibited from entering French internal waters. These include port areas, but also roadsteads, bays and estuaries located landward of the baselines (en).

Among these zones are notably:

  • the Loire estuary,
  • the Gulf of Morbihan,
  • Douarnenez Bay,
  • the Brest roadstead,
  • the Cherbourg roadstead…

Unlike the territorial sea, foreign vessels do not enjoy an automatic right of innocent passage in internal waters. The State may therefore prohibit access to them.

This provision makes it inconceivable for the TS Shtandart to participate in maritime gatherings such as the Gulf week (Semaine du Golfe) (en), in which the vessel took part in 2023 and in 2025.

3.2. Strict Transit in the Territorial Sea

In French territorial waters, only navigation under the right of innocent passage remains possible.

In accordance with the United Nations Convention on the Law of the Sea, this transit must be continuous, expeditious and carried out by the most direct route possible, without stopping or anchoring.

Previously, the TS Shtandart could still anchor occasionally outside port areas subject to a prior request addressed to the maritime authorities (en). Requests had to be submitted at least twenty-four hours in advance and spaced several days apart.This regime is now obsolete. Such a limitation is accompanied by rigorous control of port calls, even in emergency situations.

3.3. Port Calls Limited to Emergency Situations

International maritime law stipulates that a vessel may access a port in case of danger to the safety of the ship or for the preservation of human life.

The order nevertheless provides for the monitoring of these situations by the French authorities. If the incident invoked appears foreseeable or artificially caused, legal proceedings could be initiated.

These provisions are intended in particular to prevent situations of distress, prepared or staged, from being used to obtain access to a port.

This development also puts an end to the regime of “technical stopovers” (fr), a concept foreign to the European regulation, which had been applied on several occasions in La Rochelle.

See: Desk-Russie, 28 September 2025 – When the Russian vessel Shtandart and La Rochelle defy European sanctions (fr)

It also demonstrates that the highest maritime authority, in a structured and professional manner, is taking back control of a case that had seen divergent applications. It depended on the departmental prefects locally responsible for handling the port calls of the TS Shtandart.

3.4. The Vessel’s Tenders Also Concerned

Le Télégramme, Thierry Clerc, 25 November 2025: “Regarding the embarkation and disembarkation of passengers, it is possible as long as the vessel can remain at anchor and access land with tenders.”

The tenders of the TS Shtandart are now subject to the same prohibitions as the main vessel. It will therefore no longer be possible to embark or disembark passengers near prohibited ports, as had been observed in certain previous situations and as mentioned by Thierry Clerc, the Shtandart’s lawyer.

Taken as a whole, the order thus constitutes a comprehensive system intended to prevent the circumventions and accommodations (fr) previously observed.

Inter-prefectoral decree of March 5, 2026: “…The officers and agents of the judicial police as well as the officers and agents authorized in matters of administrative navigation policing are responsible for the execution of this decree…”

4. The Question of Enforcement

The practical implementation of these new rules could nevertheless depend on how they are interpreted by the various administrations concerned.

Indeed, particularly between 2022 and 2024, certain authorities sometimes adopted accommodating readings of the port restrictive measures. In this respect, they were in contradiction with the modus operandi of other European countries. One may cite:

  • The Directorate-General for Maritime Affairs, Fisheries and Aquaculture (DGAMPA) (fr);
  • The National Directorate for Customs Intelligence and Investigations (DNRED) (fr);
  • The General Secretariat for the Sea (SGMer)(en).

On 7 January 2026,FR Patrice Bernier, director of the La Rochelle marina, still indicated in the daily newspaper Sud-Ouest (fr) that the port calls of the TS Shtandart remained subject to the assessment of the SGMer.

The effectiveness of the new order will therefore depend on the way it is applied in practice.

5. Vladimir Martus, Captain of the TS Shtandart, Will He Comply with These New Rules?

After the order discussed here, the regulatory framework of the TS Shtandart in France is similar to the regulatory framework in Portugal.

It did not prevent the Russian vessel, in September 2025, from attempting to enter the ports of the Douro, the port of Cascais, and even the harbours around Sagres. Legality was enforced only thanks to the vigilance of Ukrainian activists and the constant monitoring of the Portuguese maritime authority. Such a monitoring also led to the interception of the second officer of the TS Shtandart and four passengers who were not allowed to board the Russian ship. This surveillance is detailed in the report below.

See: Autoridade Marítima Nacional, 24 September 2025 – The National Maritime Authority monitors the sailing vessel TS SHTANDART along the Portuguese coast (pt)

These circumvention manoeuvres or their attempts are widely detailed in an internal document published on VK (a Russian social network). It was written by a crew member of the TS Shtandart.

See: TS Shtandart, 1 October 2025 – A dramatic story of a pirate chess game, or the second officer Tim against NATO (en)

In September 2025, although prohibited in Spanish territorial waters (es) since 27 July 2024, the TS Shtandart entered the territorial waters of Galicia (es) and Andalusia (en).

In October 2025, the TS Shtandart carried out a clandestine disembarkation on a Greek island, as revealed, once again, by an internal document.

See: TS Shtandart, 12 October 2025 – Internal testimony, clandestine disembarkation on a Greek island (en)

Finally, it must be added that the TS Shtandart disconnected its Automatic Identification System (AIS) on 14 November 2025 (en). This will make its monitoring more difficult. It would probably have been useful for the order to require the activation of this instrument in French territorial waters.

The TS Shtandart has planned a cruise departing from Bodrum, Turkey, with an arrival scheduled in Bizerte, Tunisia, on 28 April 2026 (en). From that date, particular vigilance will be required regarding any potential route towards European and French ports.

Summary chronology

2022: Launch of the large-scale invasion of Ukraine. Implementation of port restriction measures by the European Council. Numerous calls of the TS Shtandart and participation in maritime events in France in contradiction with the EU regulation.

2023: Continued calls and participation in maritime events in France, again in violation of EU regulations.

2024: First applications of port restrictions in France. Clarification by the European Council. Unfavorable rulings for the TS Shtandart by the Administrative Court of Rennes and the Council of State. Yet continued calls and participation in maritime events, although in a more limited number.

2025: Participation in La Rochelle Nautical Week, numerous calls in this city. Participation in the Gulf Week. Failure of the TS Shtandart European tour. Unfavorable decision by the CJEU.

Conclusion

The case of the TS Shtandart goes beyond the sole instance of a Russian “historic” sailing vessel. It raises the question of the effective implementation of European sanctions adopted after the invasion of Ukraine. It also questions the capacity of Member States to prevent their circumvention.

The order of 5 March 2026 constitutes an important administrative response formulated simultaneously (a remarkable fact) by three maritime prefects. It also illustrates the need for constant vigilance so that the restrictive measures adopted by the European Union are applied in a coherent manner across its entire territory.

It represents a fundamental shift in the management of the TS Shtandart case in France. It goes far beyond the only Kombat-Tour cruise and now renders almost impossible the mere presence of the Russian vessel along the French coasts.

The real impact of this measure will, however, depend on how these provisions are applied in practice.


Read more about 5 March 2026 order against TS Shtandart

Les préfectures maritimes bloquent la croisière russe organisée par l’agence Kombat-Tour à bord du Shtandart

Nous analysons ici, en profondeur, le récent arrêté des trois préfets maritimes français visant le TS Shtandart. Ce texte dépasse largement la seule croisière Kombat-Tour prévue le long des côtes bretonnes. Il constitue un renversement complet de la gestion du navire russe par les autorités et pourrait mettre un terme, en France, aux contournements répétés des sanctions européennes par son capitaine.

Arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 : « …Au vu de l’interdiction d’accés aux ports de l’Union européenne rappelée plus haut, l’organisation d’une croisière à vocation touristique impliquant l’accès aux eaux intérieures françaises et aux installations portuaires qui s’y trouvent ne peut être envisagée… »

Résumé

En application des sanctions adoptées après l’invasion de l’Ukraine, un arrêté signé le 5 mars 2026 par les trois préfets maritimes français encadre désormais strictement la navigation du trois-mâts russe TS Shtandart (MMSI 518999255) dans l’ensemble des eaux françaises métropolitaines. Le texte interdit au navire l’accès aux eaux intérieures — notamment aux ports, rades et estuaires — et limite sa présence en mer territoriale au seul passage inoffensif, sans arrêt ni mouillage.

Ce dispositif est un obstacle déterminant à l’organisation de croisières commerciales le long des côtes françaises ainsi qu’à son affrètement pour des événements nautiques. Cette décision intervient alors qu’une excursion entre La Rochelle et Saint-Malo, avec plusieurs escales en Bretagne, est commercialisée pour juin 2026 par l’agence touristique russe Kombat-Tour.

➡️ Accédez au texte complet de l’arrêté interpréfectoral relatif au Shtandart.
➡️ Read this article in English



1. Aux sources de l’arrêté interpréfectoral

Entre juillet et septembre 2025, le TS Shtandart s’est vu refuser l’accès à sept États européens distincts : Irlande, Royaume-Uni, Norvège, Danemark, Belgique, Espagne, Portugal. À l’exception de La Rochelle, aucune des 14 escales commerciales annoncées pour l’été 2025 n’a pu être réalisée. Le TS Shtandart n’a pas été, non plus, autorisé à participer aux Tall Ships Races.

Le 22 août 2025, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a définitivement confirmé que le trois-mâts russe TS Shtandart entrait dans le champ des sanctions portuaires depuis le 16 avril 2022.

Le 31 octobre 2025, le TS Shtandart annonce une croisière entre La Rochelle et Saint-Malo. Il prévoit des escales à Belle-Île, Camaret et aux Sept-Îles entre le 21 et le 30 juin 2026. Cette activité est commercialisée par l’agence de voyage Kombat-Tour, basée à Smolensk, Russie.

Lire : Kombat‑Tour : 21–30 juin 2026, à bord de la frégate “Shtandart”, croisière familiale le long des côtes françaises

Le collectif No Shtandart in Europe alerte, à plusieurs reprises, la société Kombat-Tour sur les risques juridiques pesant sur son programme. Il copie ces courriers au préfet maritime de Brest ainsi qu’aux préfets des départements du Finistère, des Côtes d’Armor et d’Ille-et-Vilaine.

Le 25 novembre 2025, le journaliste Paul Bohec publie, dans Le Télégramme, un article détaillé sur ce projet de navigation. Pour ce faire, il interroge Kombat-Tour, qui ne répond pas, la préfecture maritime de Brest, Vladimir Martus, le capitaine et propriétaire de facto du TS Shtandart, ainsi que Me Thierry Clerc, avocat de ce dernier.

Lire : Le Télégramme, 25 novembre 2025 – Une agence de voyages russe organise une croisière autour de la Bretagne à bord du Shtandart… interdit d’accès aux ports européens

Le Télégramme, Paul Bohec, 25 novembre 2025 : Le Shtandart « fait l’objet d’une interdiction d’accoster dans les ports européens », comme le confirment les autorités françaises, contactées sur le sujet… La préfecture maritime explique qu’elle n’a été informée « ni par l’agence de voyages ni par le capitaine du Shtandart de leur intention d’organiser la croisière ». « Les autorités étudient actuellement la situation afin de décider des mesures à mettre en œuvre si cette croisière se confirme », conclut-elle.

L’information est ensuite reprise par Le Parisien, le 30 novembre 2025, et par la Matinale de TF1, le 2 décembre.

Le collectif No Shtandart in Europe se met, à nouveau, en contact avec la DG FISMA (Sanctions unit) de la Commission européenne.

2. Un arrêté couvrant l’ensemble du littoral français

Un arrêté, publié le 5 mars 2026, encadre désormais strictement la navigation du TS Shtandart dans l’ensemble des eaux françaises métropolitaines.

Le texte s’applique :

  • aux eaux territoriales,
  • aux eaux intérieures,
  • aux ports,
  • et aux rivages.

L’arrêté est signé est signé par trois officiers généraux représentant le plus haut commandement opérationnel de la Marine nationale :

  • Vice-amiral d’escadre Benoît de Guibert, préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord
  • Vice-amiral d’escadre Jean-François Quérat, préfet maritime de l’Atlantique et commandant en chef des forces maritimes sur la façade Atlantique
  • Vice-amiral d’escadre Christophe Lucas, préfet maritime de la Méditerranée et commandant en chef des forces maritimes sur la façade Méditerranée

Cette signature conjointe dès lors qu’il s’agit d’un seul navire est peu habituelle. Elle confère à l’arrêté une portée nationale couvrant l’ensemble du littoral métropolitain. Le fait que le document soit rendu public par une mise en ligne est tout aussi inusuel. Ceci souligne l’importance stratégique et politique de la décision. Le TS Shtandart est devenu une affaire nationale.

3. Une rupture avec les pratiques observées depuis 2022

Jusqu’à présent, l’application des sanctions européennes a donné lieu à plusieurs interprétations administratives en France. Dans son principe, l’arrêté revient à interdire toute interaction normale du navire avec le territoire français.

Une telle situation s’oppose de fait à la commercialisation de croisières le long des côtes du pays.

Plusieurs dispositions concrètes traduisent cette mutation.

3.1. Interdiction dans les eaux intérieures

Le TS Shtandart est dorénavant interdit dans les eaux intérieures françaises. Celles-ci comprennent les espaces portuaires, mais aussi les rades, baies et estuaires situés en deçà des lignes de base.

Parmi ces zones figurent notamment :

  • l’estuaire de la Loire,
  • le golfe du Morbihan,
  • la baie de Douarnenez,
  • la rade de Brest,
  • la rade de Cherbourg…

Contrairement à la mer territoriale, les navires étrangers ne disposent pas d’un droit automatique de passage inoffensif dans les eaux intérieures. L’État peut donc en interdire l’accès.

Cette disposition rend inenvisageable une participation du TS Shtandart à des rassemblements maritimes comme la Semaine du Golfe, à laquelle le navire avait pris part en 2023 et en 2025.

3.2. Transit strict en mer territoriale

Dans les eaux territoriales françaises, seule la navigation au titre du passage inoffensif demeure possible.

Conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, ce transit doit être continu, rapide et s’effectuer par la route la plus directe possible, sans arrêt ni mouillage.

Jusqu’à présent, le TS Shtandart pouvait encore jeter l’ancre ponctuellement en dehors des zones portuaires sous réserve d’une demande préalable adressée aux autorités maritimes. Les requêtes devaient être formulées au moins vingt-quatre heures à l’avance et espacées de plusieurs jours.

Ce régime est désormais caduc. 

Une telle limitation s’accompagne d’un contrôle rigoureux des escales, même en cas de situations d’urgence.

3.3. Escales limitées aux situations d’urgence

Le droit maritime international stipule qu’un navire peut accéder à un port en cas de danger pour la sécurité du navire ou pour la sauvegarde de la vie humaine.

L’arrêté prévoit cependant un contrôle de ces situations par les autorités françaises. Si l’incident invoqué apparaît prévisible ou artificiellement provoqué, des poursuites pourraient être engagées.

Ces dispositions visent notamment à éviter que des situations de détresse, préparées ou mises en scène, ne soient utilisées pour obtenir un accès portuaire.

Cette évolution met également fin au régime d’ « escales techniques », concept étranger au règlement européen, qui avait été appliqué à plusieurs reprises à La Rochelle. 

Lire : Desk-Russie, 28 septembre 2025 –  Quand le navire russe Shtandart et La Rochelle défient les sanctions européennes 

Elle démontre aussi que la plus haute autorité maritime, de façon structurée et professionnelle, reprend la main sur un dossier ayant connu des applications divergentes selon les préfets départementaux chargés localement du traitement des escales du TS Shtandart.

3.4. Les annexes du navire également concernées

Le Télégramme, Me Thierry Clerc, 25 novembre 2025 : « Concernant l’embarquement et le débarquement des passagers, il est possible dès lors que le navire peut rester au mouillage et accéder à terre avec des annexes. »

Les embarcations annexes du TS Shtandart sont maintenant soumises aux mêmes interdictions que le navire principal.

Il ne sera donc plus possible de procéder à des embarquements ou des débarquements de passagers à proximité de ports interdits, comme cela avait pu être observé dans certaines situations antérieures et comme l’évoquait Me Thierry Clerc.

Dans son ensemble, l’arrêté constitue ainsi un dispositif exhaustif destiné à empêcher les contournements et les accommodements précédemment constatés.

Arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 : « …Les officiers et agents de police judiciaire ainsi que les officiers et agents habilités en matière de police administrative de la navigation, sont chargés de l’exécution du présent arrêté qui est publié aux recueils des actes administratifs des préfectures maritimes de Manche-Mer du Nord, de l’Atlantique et de Méditerranée… »

4. La question de l’application

La mise en œuvre concrète de ces nouvelles règles pourrait toutefois dépendre de l’interprétation qui en sera faite par les différentes administrations concernées.

En effet, particulièrement entre 2022 et 2024, certaines autorités ont parfois adopté des lectures complaisantes des mesures restrictives portuaires. En cela, elles étaient en contradiction avec les pratiques des autres pays européens. On peut citer :

  • La Direction générale des Affaires maritimes de la pêche de l’aquaculture (DGAMPA);
  • La Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED);
  • Le Secrétariat général de la mer (SGMer).

Le 7 janvier 2026, Patrice Bernier, directeur du port de plaisance de La Rochelle, indiquait ainsi dans le quotidien Sud-Ouest que les escales du TS Shtandart restaient encore, selon lui, soumises à l’appréciation du SGMer.

L’efficacité du nouvel arrêté dépendra donc de la manière dont il sera appliqué dans la pratique.

5. Vladimir Martus, capitaine du TS Shtandart, se conformera-t-il à ces nouvelles règles ?

Après l’arrêté dont il est question ici, le cadre réglementaire du TS Shtandart en France est proche de celui qui prévaut au Portugal

Cela n’a pas empêché le navire russe, en septembre 2025, de tenter d’entrer dans les ports du Douro, dans le port de Cascais, voire dans les havres des environs de Sagres. La légalité n’a été appliquée que grâce à la vigilance des activistes ukrainiens et la surveillance constante de l’autorité maritime portugaise. Laquelle a d’ailleurs conduit à l’interpellation du second du TS Shtandart et de quatre passagers qui ont dû renoncer à leur embarquement. Cette surveillance est détaillée dans le rapport ci-dessous.

Lire : Autoridade Marítima Nacional, 24 septembre 2025 – L’Autorité maritime nationale surveille le voilier TS SHTANDART le long de la côte portugaise

Ces manœuvres de contournement ou leurs tentatives sont largement détaillées dans un document interne publié sur VK, le Facebook russe. Il a été rédigé par un équipier du TS Shtandart.

Lire : TS Shtandart, 1er octobre 2025 – Une histoire dramatique d’un jeu d’échecs de pirates, ou le second officier Tim contre l’OTAN

En septembre 2025, pourtant interdit dans les eaux territoriales espagnoles depuis le 27 juillet 2024, le TS Shtandart a pénétré dans les eaux territoriales de Galice et d’Andalousie.

En octobre 2025, le TS Shtandart a procédé à un débarquement clandestin sur une île grecque comme le dévoile, là aussi, un document interne.

Lire : TS Shtandart, 12 octobre 2025 – Témoignage interne, débarquement clandestin sur une île grecque,

Enfin il faut ajouter que le TS Shtandart a déconnecté son système d’identification automatique (AIS) le 14 novembre 2025. Ceci rendra plus difficile son suivi. Il aurait probablement été utile que l’arrêté impose la mise en service de cet instrument dans les eaux territoriales françaises.

Le TS Shtandart a planifié une croisière depuis Bodrum, Turquie, avec une arrivée prévue à Bizerte, Tunisie, le 28 avril 2026. C’est à compter de cette date qu’il conviendra d’exercer une vigilance particulière concernant une éventuelle route vers les ports européens et français.

Chronologie résumée

2022 : Déclenchement de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine. Mise en place des mesures restrictives portuaires par le Conseil européen. Nombreuses escales du TS Shtandart et participations à des événements maritimes en France en contradiction avec le règlement UE.

2023 : Nombreuses escales et participations à des événements maritimes en France en contradiction avec le règlement UE.

2024 : Premières applications des restrictions portuaires en France. Précision du Conseil européen. Décisions défavorables au TS Shtandart du tribunal administratif de Rennes et du Conseil d’État. Mais poursuite d’escales et participation à des événements maritimes, en nombre plus restreint toutefois.

2025 : Participation à la semaine du nautisme de La Rochelle, nombreuses escales dans cette ville. Participation à la Semaine du Golfe. Échec de la tournée européenne du TS Shtandart. Décision défavorable de la CJUE.

Conclusion

L’affaire du TS Shtandart dépasse le seul cas d’un voilier “historique” russe. Elle pose la question de l’application effective des sanctions européennes adoptées après l’invasion de l’Ukraine et de la capacité des États membres à empêcher leur contournement.

L’arrêté du 5 mars 2026 constitue une réponse administrative importante formulée simultanément, fait remarquable, par trois préfets maritimes. Il illustre également la nécessité d’une vigilance constante afin que les mesures restrictives adoptées par l’Union européenne soient appliquées de manière cohérente sur l’ensemble de son territoire. 

II constitue une bascule fondamentale dans la gestion du dossier TS Shtandart en France. Il va largement au-delà de la seule croisière Kombat-Tour et rend désormais quasiment impossible la seule présence du navire russe le long des côtes françaises.

La portée réelle de ce dispositif dépendra toutefois de la manière dont ces dispositions seront appliquées.

Texte de l’arrêté des préfets maritimes

À lire aussi sur l’arrêté du 5 mars 2026

La Rochelle face aux sanctions européennes : lettre ouverte au député Olivier Falorni sur le cas du navire russe Shtandart

Malgré les sanctions européennes visant la Russie, le navire Shtandart a continué à trouver un point d’accueil à La Rochelle, une situation qui fait de la ville une exception non seulement en France mais aussi en Europe dans l’application des restrictions portuaires. Dans une lettre adressée au député Olivier Falorni, également candidat aux prochaines élections municipales, le collectif No Shtandart in Europe demande une clarification publique sur l’application du droit européen dans ce dossier.

Le collectif No Shtandart in Europe publie ci-dessous la lettre adressée au député Olivier Falorni, interpellé sur le retour prévu du navire russe Shtandart à La Rochelle et sur l’application des sanctions européennes.


À l’attention de :
Monsieur Olivier Falorni, Député de la Charente-Maritime

Copies :

  • Union des Ukrainiens de France 
  • Jean-Charles Larsonneur, ex député, candidat à la municipalité de Brest
  • Desk-Russie 
  • Diploweb 
  • Presse

Objet : Shtandart à La Rochelle – Cadre légal européen et action attendue

Le 5 mars 2026

Monsieur le Député,

Nous nous permettons de revenir vers vous au sujet de l’affaire du navire russe Shtandart (MMSI 518999255). Nous souhaitons porter à votre attention les enjeux juridiques et politiques récents liés à ce dossier.

L’ordonnance de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 22 août 2025, affaire T-446/24, fait suite à la décision PESC du Conseil européen nº2024/1744 du 24 juin 2024, à l’ordonnance nº 2403878 du tribunal administratif de Rennes du 11 juillet 2024 et à l’arrêt nº496439 du Conseil d’État, du 18 novembre 2024. Elle confirme définitivement la validité du cadre juridique appliqué au Shtandart, y compris au regard des mesures restrictives européennes et nationales.

La tournée estivale européenne 2025  du Shtandart a été un échec. À l’exception de La Rochelle, le navire russe a été interdit d’accostage dans l’ensemble des sept pays et des départements français qu’il entendait visiter. La réglementation européenne ou les réglementations nationales (Royaume-Uni et Norvège) ont été appliquées conformément aux textes européens et nationaux prévoyant des mesures restrictives d’accès aux ports. Ce blocage a eu pour conséquence l’annulation complète de toutes les 14 escales planifiées et l’impossibilité de participation aux Tall Ships Races, ce qui a eu un impact direct sur les opérateurs et la visibilité du navire.

Ceci n’a pas empêché la tenue d’incidents voire l’interpellation, par les forces de l’ordre, de membres d’équipage du Shtandart. Ils ont suscité des réactions fortes d’autorités et de médias étrangers, particulièrement en Irlande, Danemark et Portugal. Ces circonstances démontrent que le dossier dépasse le cadre strictement local et mérite une prise de position claire.

La ville de La Rochelle et le département de la Charente-Maritime sont, aujourd’hui, dans une situation juridique et politique complexe. Ceci est plus largement expliqué dans un article paru sur Desk-Russie, site d’analyse spécialisé sur la Russie contemporaine. 

Quand le navire russe Shtandart et La Rochelle défient les sanctions européennes, 28 septembre 2025

Il serait faux de croire que le Shtandart est un épiphénomène marginal, qui se joue seulement entre le préfet, le maire et le directeur du port de plaisance de La Rochelle, lesquels pourraient interpréter la législation à leur convenance en invoquant la protection du Secrétariat général de la mer (lequel n’a pas mandat pour appliquer les sanctions portuaires) et en s’appuyant sur certains relais médiatiques locaux, notamment le quotidien Sud-Ouest

Nous vous invitons à prendre connaissance de l’article paru sur le Diploweb, site français de référence en géopolitique. 

Russie. Du soft power à la guerre hybride. Étude de cas d’une influence russe en Europe : le Shtandart, 25 novembre 2025.

Nous vous suggérons aussi de lire l’enquête de Madame Laetitia Jacq-Galdeano, rédactrice en chef adjointe de la rédaction Bretagne d’Ouest-France.

ENQUÊTE. Le navire russe « Shtandart » mène la guerre de Poutine jusque dans le golfe du Morbihan, 23 mai 2025.

Notre courrier, qui vous a été adressé le 1er février 2025, est à ce jour resté sans réponse. Pourtant, il nous semble que votre mandat de député justifierait une intervention de votre part. Votre candidature à la mairie de La Rochelle  trouverait un écho dans le fait que vous souhaitiez publiquement l’application de l’État de droit dans votre ville. Cela permettrait de marquer une rupture claire avec les décisions contestées de la précédente municipalité et serait un gage de transparence.

Une telle action est d’autant plus souhaitable que le Shtandart, actuellement en Turquie, a prévu de revenir à La Rochelle en juin prochain pour le compte de la société Kombat-tour, basée à Smolensk, Russie.

Nous nous tenons à votre disposition pour vous communiquer toutes les sources primaires vous permettant de légitimer une prise de position à la fois factuelle, juridiquement incontestable et conforme aux principes républicains. Cette lettre est également publiée dans son intégralité sur notre blog et peut être consultée à l’adresse suivante : https://bernardgrua.net/2026/03/05/shtandart-la-rochelle-depute-olivier-falorni/.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Député, l’expression de nos salutations distinguées.

Bernard Grua
Porte-parole du collectif lanceur d’alerte 

WordPress.com Free Hosting: A Practical Checklist for New Site Creators

Cet article en français

This article provides a practical checklist to help creators evaluate WordPress.com free hosting before committing to a project intended to grow or persist over the long term.

Introduction

WordPress.com free hosting is a popular choice for new site creators because it requires no upfront cost and offers a simple publishing platform. However, the effective conditions of free sites — especially regarding advertising and editorial control — can evolve over time, often after long-term dependence has been established.

This article focuses on measurable factors and real risks, without ideological claims, so creators can make informed decisions.

Critical Tip – Protect Your WordPress Content

Group all content blocks in every article before publishing your first post.

  • This ensures the only embedded advertisement appears at the end, leaving your text intact.
  • Do it immediately, before you accumulate dozens or hundreds of articles — once content is scattered, a massive ad insertion can permanently fragment your site.
  • Early structure = long-term protection. Don’t wait, act from the very first post.

1. Advertising and editorial control

✅ Check how in-article advertising appears on free WordPress.com sites, including on long-running sites.

✅ Measure how many ads per article may be inserted and what proportion of screen space they occupy.

✅ Observe whether advertising placement and density can change over time without modifying the hosting plan.

✅ Consider whether ads fragment or disrupt readability and editorial continuity.

2. Long-term content growth

✅ Assess whether your project will accumulate dozens or hundreds of articles over several years.

✅ Determine if your content relies on internal linking, archives, or multilingual structure that may be hard to migrate later.

✅ Anticipate how advertising might affect the presentation and user experience as content volume grows.

3. Predictability and transparency

✅ Investigate whether advertising criteria are documented and predictable.

✅ Compare multiple free sites to see whether all free sites are treated similarly in practice.

✅ Verify that your workflow or publishing plan is not dependent on unstable or undocumented conditions.

4. Platform dependence and lock-in

✅ Evaluate the ease of exporting content, links, and media after several years.

✅ Determine whether migration would be technically or economically feasible if conditions change.

✅ Understand that upgrading to a paid plan may remove ads, but does not explain why free hosting conditions could change unilaterally.

5. Use-case alignment

✅ Define whether your project is short-term/experimental or intended for long-term publishing.

✅ Compare WordPress.com free hosting with alternative hosting models (self-hosted WordPress, paid hosting, or other platforms) for stability, control, and portability.

✅ Assess hosting choices before long-term dependence creates lock-in.

6. Final note

Free hosting can be an effective entry point for learning, experimentation, or short-lived projects. However, for long-term publishing, creators should carefully consider:

  • advertising density and placement,
  • variability over time,
  • platform lock-in risks,
  • technical and economic feasibility of migration.

This checklist is designed to help creators make an informed choice before committing to WordPress.com free hosting.

Official WordPress.com statement (Feb 2, 2026)

Official WordPress.com statement (Feb 2, 2026): Free sites will always include advertising. Ads are served dynamically based on traffic, visitor location, and advertiser demand. An ad-free experience requires a paid Personal plan.
✅ This reinforces the checklist: new site creators should carefully assess advertising, content growth, and platform lock-in before committing to WordPress.com free hosting.


FAQ — People also ask

Is advertising the same on all WordPress.com free sites?
 No. While WordPress.com states advertising applies to all free sites, documented observations show that density and placement can vary between comparable free sites.

Can advertising increase over time?
 Yes. Advertising on free WordPress.com sites can evolve even without changes to your plan or policy violations, particularly on long-running sites.

Does upgrading to a paid plan resolve all issues?
 Upgrading removes ads but does not explain why effective publishing conditions can change unilaterally over time.

Is WordPress.com free hosting suitable for long-term projects?
 It can be for short-term or experimental projects. For long-term projects, creators should evaluate advertising practices, predictability, and migration options.

What should new site creators consider before choosing free hosting?
 Examine how advertising is applied, how predictable conditions are, how dependent your content will be on the platform, and whether migration is feasible after several years.

#WordPress #FreeHosting #Checklist #WebHosting #SitePlanning #DigitalPublishing


WordPress.com Free Hosting: A Documented Warning for New Site Creators

Cet article en français

WordPress.com free hosting is widely used by new site creators as an accessible way to publish content without upfront cost. Presented as a stable and reliable solution, it is often chosen for projects intended to grow over time. What is less clearly visible is that the effective publishing conditions of free WordPress.com sites, particularly regarding advertising, can evolve after long-term dependence has been established.

This article documents a concrete, measured case illustrating this structural risk.


Critical Tip – Protect Your WordPress Content

Group all content blocks in every article before publishing your first post.

  • This ensures the only embedded advertisement appears at the end, leaving your text intact.
  • Do it immediately, before you accumulate dozens or hundreds of articles — once content is scattered, a massive ad insertion can permanently fragment your site.
  • Early structure = long-term protection. Don’t wait, act from the very first post.

1. Purpose and scope of this article

WordPress.com free hosting is commonly promoted as an entry point offering simplicity, minimal configuration, and access to a well-established publishing platform. For many new site creators, it appears to provide a stable environment suitable for long-term content publishing.

What is far less apparent is that the effective operating conditions of free WordPress.com sites — especially the way advertising is inserted within editorial content — can change over time, without any modification of the hosting plan and without any breach of platform rules. Such changes may occur after years of accumulated content, internal linking, and readership, when migration to another platform becomes technically and economically difficult.

This article documents a concrete case involving a long-running WordPress.com free site whose editorial environment was progressively and severely altered by in-article advertising, despite full compliance with platform policies. The observations presented are not speculative: they are measurable, reproducible, and directly compared with other free WordPress.com sites.

The purpose is not to dispute the presence of advertising on free hosting, but to examine how advertising is applied in practice, how significant disparities can appear between comparable free sites, and what these disparities imply for creators evaluating WordPress.com free hosting as a long-term publishing solution.

All findings are based on a documented comparative advertising audit, supported by written alerts and detailed reports formally submitted to WordPress.com. The facts are verifiable, reproducible, and remain, at the time of publication, substantively unaddressed.

2. Early warnings and formal submissions to WordPress.com

A first alert was sent to WordPress.com on January 28, 2026, in both French and English, reporting a sudden increase in advertising density within editorial content.

In view of the consistency and generic nature of the initial responses, a detailed, evidence-based report was subsequently submitted:

  • in French on January 30, 2026,
  • in English on January 31, 2026.

Both the initial alert letter and the detailed report are available as attachments, together with the full set of factual materials produced by the advertising audit described below.

3. A long-established WordPress.com free site, suddenly destabilized

The website bernardgrua.net has been hosted on WordPress.com for over eleven years.
It contains more than 530 interlinked articles, published in multiple languages, forming a structured and cumulative editorial corpus.

For most of its existence, advertising on the site remained limited and did not interfere with reading continuity or editorial intent. The presence of ads was consistent with what WordPress.com typically presents as the trade-off for free hosting.

This equilibrium was disrupted abruptly.
 Without any change of plan, settings, or content policy, the site became subject to dense, intrusive in-article advertising, fragmenting articles and repeatedly interrupting reading flow.

Given the scale and suddenness of the change, a comparative audit was conducted and formally transmitted to WordPress.com support.

4. Methodology of the comparative advertising audit on WordPress.com free sites

On January 29, 2026, three strictly identical articles — published in English, French, and Russian — were examined in parallel:

To ensure neutrality and reproducibility, all observations were conducted under identical conditions:

  • incognito browser mode,
  • no logged-in WordPress sessions,
  • synchronized scroll positions,
  • systematic documentation via screenshots (PNG) and PDF exports.

5. Advertising audit findings on WordPress.com free hosting

5.1 Advertising presence on comparable WordPress.com free sites

The results were unambiguous:

  • On the test site: no visible or intrusive advertising within articles.
  • On bernardgrua.net: systematic advertising saturation inside editorial content.

The difference was not occasional or marginal; it was structural and consistent across languages.

5.2 Quantified impact of advertising on editorial content

For the same Russian-language article:

  • the version without advertising produced a PDF of 18 pages,
  • the version with advertising produced a PDF of 33 pages.

This represents an 88 % increase in length, attributable solely to advertising insertion.

These results are stable, reproducible, and fully documented.

6. WordPress.com’s official response to the advertising audit

On February 1, 2026, WordPress.com support responded with a standard explanation stating that:

  • advertising applies to all free sites,
  • ad display is dynamic and varies normally,
  • no site receives targeted treatment,
  • upgrading to a paid plan is the only available solution.

While the response was courteous, it did not address the documented discrepancies.

7. Where WordPress.com’s explanation fails to address the documented facts

7.1 “Advertising applies to all free sites”: a factual inconsistency

This assertion does not explain why two free sites on the same platform, observed under identical conditions, exhibit radically different advertising behavior.

In practice:

  • advertising is effectively absent on the newly created test site,
  • and structurally intrusive on the long-established site.

The discrepancy is factual and remains unexplained.

7.2 “Advertising is dynamic and variable”: limits of this explanation

Normal variation cannot account for persistent, systematic differences observed across all tested articles and languages.

What is documented is not fluctuation, but structural divergence.

7.3 “There is no targeted treatment”: observable differential outcomes

No intent is alleged.
However, differential treatment is objectively observable, and it correlates with site seniority and accumulated editorial value.

This correlation alone raises a legitimate question that remains unanswered.

7.4 “There is no mechanism to adjust advertising”: what observation shows

This claim conflicts with observable behavior:

  • advertising density varies according to article structure,
  • ad placement shifts when content blocks are reorganized,
  • outcomes differ significantly between sites.

Uniformity is asserted; variability is documented.

7.5 “The only solution is to pay”: reframing rather than explanation

This reframes the issue as a pricing choice, while leaving a central question untouched:

Why were the effective operating conditions of a long-established site altered unilaterally after years of stability?

8. What remains unaddressed by WordPress.com

The response from WordPress.com does not address:

  • the number of ads per article,
  • the proportion of screen space occupied by advertising,
  • the documented comparison with a free test site,
  • the chronology of degradation,
  • the practical and economic constraints created by long-term platform lock-in.

9. Why this case matters to new site creators using free hosting

This situation illustrates a broader, structural risk inherent to free hosting models:

editorial conditions can evolve significantly over time, according to criteria that are neither transparent nor negotiable, once a publisher has become dependent on the platform.

For short-lived or experimental projects, this risk may appear acceptable.
For long-term publishing — journalism, research archives, advocacy work, multilingual documentation — it represents a serious vulnerability.

Creators considering WordPress.com free hosting for durable content would be well advised to evaluate alternative platforms and hosting models early, before dependence becomes irreversible.

Key takeaways for new site creators

  • Free hosting conditions are not static.
    On WordPress.com, advertising practices on free sites can evolve over time, even without any change of plan or violation of platform rules.
  • Comparable free sites may not be treated identically.
    Documented evidence shows significant differences in advertising density between free WordPress.com sites under identical observation conditions.
  • Long-term dependence increases exposure.
    After years of content accumulation, internal linking, and readership growth, migrating away from a platform can become technically and economically difficult.
  • Advertising impact is measurable.
    In this case, in-article advertising increased content length by nearly 90 %, fragmenting editorial structure and degrading readability.
  • Upgrading is not an explanation.
    Being offered a paid plan does not answer why effective publishing conditions changed unilaterally after long-term stability.
  • Early evaluation matters.
    Creators planning long-term publishing projects should assess alternative hosting models early, before platform dependence becomes irreversible.

10. Conclusion: a documented risk for long-term WordPress.com free hosting

The issue documented here is neither ideological nor speculative.
It is factual, measured, and unresolved.

As of today, a long-established WordPress.com free site is subject to advertising conditions that are objectively different, substantially more intrusive, and editorially destructive than those applied to other free sites on the same platform.

This article is published in the interest of transparency and to inform current and future site creators of a risk that is rarely made explicit.


Online available attachments:

WordPress response as of February 1, 2026

Lexi (Automattic)
Feb 1, 2026, 19:33 UTC

Hi Bernard,

Thank you for your continued feedback and for sharing your detailed observations.

I understand this isn’t the answer you’re hoping for, but I want to be clear and direct with you: the only way to remove advertising from a free WordPress.com site is to upgrade to a paid plan.

WordPress.com offers free hosting, and this is made possible through the display of advertisements. This applies to all free sites on our platform. We don’t have a mechanism to reduce or customize the level of advertising on individual free sites, regardless of how long the site has been active or how much content it contains.

Ad serving is dynamic and can vary based on many factors — including visitor location, traffic patterns, advertiser demand, and more. These variations are normal and not indicative of any targeted approach toward specific users or sites.

If you’d like to remove ads entirely, our Personal plan (or higher) includes ad-free hosting. You can view the available options here: https://wordpress.com/pricing/

I truly appreciate your 11 years with WordPress.com and the effort you’ve put into your site. However, I’m not able to offer an alternative solution beyond what I’ve outlined above.

If you have any other questions about our plans or features, I’m happy to help.

Best,
Lexi

Happiness Engineer at WordPress.com
Need a website fast? Let us build it for you in four business days or less.

WordPress response as of February 2, 2026

Lexi (Automattic)

Feb 2, 2026, 16:18 UTC,

Hi Bernard,

Thank you for your detailed documentation and for taking the time to share your concerns. I understand this is frustrating, and I want to be as clear as possible.

After careful review, I must confirm that the responses you’ve received from our team are accurate and final. There is no option to reduce or customize advertising on free WordPress.com sites, regardless of the site’s age or history.

Regarding your comparison between your established site and a newly created test site: advertisements are served dynamically based on factors like visitor location, traffic volume, and advertiser demand. A well-established site with consistent traffic will naturally attract more ad placements than a brand-new site with minimal visitors. This isn’t targeting—it’s simply how programmatic advertising works.

The advertising on free sites is what allows us to provide free hosting, themes, and support to millions of users. If an ad-free experience is important to you, the Personal plan at $4/month (or regional equivalent) removes all WordPress.com advertising from your site.

I recognize this isn’t the answer you were hoping for, but I want to be honest with you: continuing to escalate this request will not result in a different outcome. Our team has provided you with accurate information, and we’re unable to make exceptions to this policy.

If you have questions about other topics, we’re happy to help.

Best,
Lexi

Happiness Engineer at WordPress.com
Need a website fast? Let us build it for you in four business days or less.

Addendum – February 2026: clarification following WordPress.com’s latest response

Following the response, on February 2, stating that the matter was considered closed, WordPress.com subsequently provided an additional clarification after being informed of the public publication of this report.

In this later response, WordPress.com confirmed that advertising intensity on free sites varies according to traffic volume, audience engagement, and site maturity.

This clarification directly corroborates the core observation documented in this report: long-established, content-rich free sites are subject to substantially higher advertising density than newer or low-traffic sites.

While presented as a normal feature of programmatic advertising, this mechanism produces a clear structural effect: as a free site becomes editorially successful, advertising pressure increases to a point that significantly degrades readability and user experience.

At that stage, the only solution offered by WordPress.com remains an upgrade to a paid plan.

Lexi (Automattic)
Feb 3, 2026, 20:33 UTC
Hi Bernard,
Thank you for taking the time to share your observations and feedback with us — we genuinely appreciate it.
After reviewing this with our team, I can confirm that the advertising system is working as expected. The variation you’re seeing between your established site and a newer test site is a normal part of how programmatic advertising works — advertisers bid more actively on sites with consistent traffic and engaged readership, which your 12-year-old site has built up over time.
That said, we’re always looking for ways to improve the experience for our users. If you have any suggestions on how we could make ads more meaningful or less intrusive from your perspective, we’d love to hear them. Your feedback as a long-time user is valuable, and we’re happy to pass along any ideas to the relevant teams for consideration.
Please let us know if there’s anything else we can help with.
Best,
Lexi
Happiness Engineer at WordPress.com
Need a website fast? Let us build it for you in four business days or less.


Signalement documenté d’une dégradation substantielle des conditions d’affichage publicitaire affectant le site bernardgrua.net

Depuis douze ans, mon site bernardgrua.net est hébergé sur WordPress. Récemment, la politique publicitaire appliquée sur ce site a considérablement changé, entraînant une saturation massive des articles et une dégradation significative de l’expérience de lecture. Ce document présente un signalement détaillé et documenté de l’impact des publicités sur bernardgrua.net, en comparant la situation actuelle avec un site test récent, afin d’illustrer l’effet concret de la politique publicitaire de WordPress sur la lisibilité, la valeur éditoriale et l’intégrité économique du contenu.

English version of the letter


Ce courrier est disponible en PDF

De :
Bernard Grua
bernardgrua.net
bernardg***@ya***fr
bernardgru***@***il.com
+33 753 *** 344

À l’attention de  :
WordPress Customer Service
support@wordpress.com
help@wordpress.com
hello@wordpress.com

Objet : Signalement documenté d’une dégradation substantielle des conditions d’affichage publicitaire affectant le site bernardgrua.net

Le 30 janvier 2026,

Chère Madame, Cher Monsieur,

Je vous contacte au sujet de la politique publicitaire actuellement appliquée à mon site bernardgrua.net, hébergé sur WordPress depuis douze ans. Lorsque j’ai choisi de développer ce site, le niveau de publicité était limité et n’affectait pas la lisibilité des contenus. Je n’ai jamais été averti qu’une telle situation de publicité massive et ciblée pourrait survenir après plusieurs années de publication et d’investissement éditorial.

À la suite de mon courrier du 28 janvier 2026, et au cours des échanges avec votre helpdesk, notamment via le ticket #10786145, je vous ai adressé des questions précises concernant le nombre et le type d’insertions publicitaires ainsi que leur impact sur mes articles. Ces questions sont restées sans réponse claire, ce qui rend la situation d’autant plus problématique.


1. Contexte important

Lorsque j’ai décidé de créer mon blog sur WordPress, d’y rédiger des articles et de travailler le référencement, rien, dans votre communication ni dans l’expérience de publication, ne permettait de prévoir qu’une telle situation de pression publicitaire ciblée pourrait survenir. Je n’avais aucune information sur le fait que, dans le futur, mon investissement éditorial et SEO massif pourrait me rendre vulnérable à une situation similaire à un chantage économique déguisé, contraignant l’auteur à souscrire à un abonnement payant pour retrouver des conditions normales de lecture.

Aujourd’hui, la migration vers un autre site ou une autre plateforme est pratiquement impossible sans perdre des années de travail, de référencement et d’interconnexions entre articles.

2. Méthodologie de l’audit

Nous avons procédé à un audit technique de la dégradation des conditions d’affichage publicitaire appliquées au site bernardgrua.net et évalué la transparence, la méthode et les motifs potentiels de la politique publicitaire de WordPress

Les articles ont été consultés en mode incognito, avec date, heure et URL visibles, afin de reproduire l’expérience d’un utilisateur normal, non connecté et sans historique. Trois articles identiques ont été sélectionnés pour comparaison : un en français, un en anglais, un en russe. Les mêmes articles ont été publiés sur un site test WordPress gratuit récent (wp-ad-test, 14 articles publiés) et sur bernardgrua.net, hébergé depuis douze ans sur WordPress.com et comptant 538 articles interconnectés :

Chaque article a été capturé quatre fois par scroll, puis des versions PDF et PNG ont été générées pour archivage. Cette méthode permet de comparer de manière objective l’impact de la publicité sur la lisibilité et l’expérience de lecture.

2.1. Galeries des impressions écrans

2.2. Impressions PDF des articles

2.3. Galeries des impressions PNG d’articles

3. Constats principaux

3.1. Audit comparatif de l’impact publicitaire pour les trois articles 

Les résultats des comparaisons, documentées par les captures d’écran, sont disponibles dans les annexes PDF : 

3.2. Absence de publicité sur le site test

  • Les trois articles sur le site test WordPress récent apparaissent sans aucune publicité visible ni intrusive, sur l’ensemble de la longueur de l’article. Il en est de même pour tous les onze autres articles du nouveau site.
  • Aucun bandeau ni insertion graphique ne vient masquer le texte.

3.3. Saturation publicitaire sur bernardgrua.net

  • Une partie significative des articles est occupée par les publicités. A titre d’exemple, sur le même article russe, la publication sur bernardgrua.net occupe 18 pages PDF sans publicité et 33 pages avec publicité, soit +88 % d’espace parasité par les annonces.
  • Certaines publicités sont au format vertical A4 et s’étendent sur plusieurs écrans, rendant l’article totalement déstructuré.
  • Les bandeaux recouvrent jusqu’à la moitié de l’écran et doivent être fermés pour accéder à l’article, mais cela ne supprime pas les publicités incrustées dans le corps du texte.

3.4. Impact sur l’expérience utilisateur

  • La lecture est rompue, difficile, voire impossible sans action répétée pour fermer les bandeaux.
  • Le contenu éditorial est dévasté par la publicité, ce qui crée un rejet immédiat des lecteurs et entraîne une perte de fréquentation.
  • La saturation publicitaire compromet la continuité de lecture et altère la valeur éditoriale et économique du site.
  • Cet envahissement publicitaire provoque un effondrement de l’audience du site bernardgrua.net. Il est donc difficile de comprendre comment un tel niveau de saturation publicitaire pourrait contribuer à maximiser les revenus publicitaires de WordPress. Il semble donc que l’explication doit être recherchée ailleurs 

3.5. Comparaison objective

  • Même plan gratuit, même plateforme, mêmes articles → traitement radicalement différent.
  • La publicité n’est donc pas inhérente au plan gratuit, mais appliquée de manière ciblée selon la valeur et l’ancienneté du site.

Cette modulation unilatérale crée une situation où l’éditeur est contraint de souscrire un abonnement payant pour retrouver un accès normal à son contenu, alors que le même contenu sur un site nouveau ou peu développé n’est pas soumis à cette pression.

4. Bilan factuel

Ces observations montrent que la politique publicitaire appliquée à bernardgrua.net n’est ni neutre ni uniforme. Elle modifie substantiellement l’expérience de lecture et le rendu des articles, tout en créant une dépendance économique contrainte, puisque le site ne peut plus diffuser ses contenus normalement sans souscrire à un abonnement payant.

La décision initiale de s’engager sur WordPress a été prise sur la base d’un niveau de publicité donné, stable pendant des années, puis modifié unilatéralement une fois que le coût de sortie est devenu prohibitif.

La publicité massive et intrusive actuellement appliquée à mon site n’a, semble-t-il, pas pour objectif d’améliorer les revenus publicitaires de WordPress, mais de contraindre le créateur de contenu à souscrire un abonnement payant. Cette évolution est intervenue après plusieurs années de publications normales et d’exploitations éditoriales, ce qui constitue un changement unilatéral des conditions, un mécanisme conduisant de fait à une captation unilatérale de la valeur produite.

En résumé, on constate donc :

  • une rupture d’égalité de traitement
  • une incitation économique ciblée
  • une modification non explicite des conditions réelles d’exploitation

5. Appel à l’action précis

Ma demande reste factuelle : réduction effective de la pression publicitaire, afin de préserver l’intégrité du contenu et l’expérience des lecteurs, sans passer par un paiement obligatoire. Je vous demande de fournir une réponse claire et circonstanciée, incluant :

5.1. Le nombre exact d’insertions publicitaires prévu par article, leur type et leur emplacement,

5.2. Les mesures concrètes envisagées pour réduire la pression publicitaire et rétablir une expérience de lecture normale,

5.3. Les délais précis pour la mise en œuvre de ces mesures.

Cette demande vise à établir un cadre transparent et mesurable pour la diffusion de mes contenus et la préservation de leur intégrité éditoriale et économique.

Conclusion

À défaut de réponse détaillée et de mesures correctrices effectives dans un délai raisonnable, je me verrai contraint de prendre toutes mesures nécessaires pour protéger mes contenus, leur référencement et la relation de confiance avec mes lecteurs. Je cesserai donc de recommander WordPress comme je l’ai fait jusqu’à présent. Le cas échéant, j’expliquerai de manière factuelle la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui mon site.

Conformément à une démarche de transparence, ce courrier est publié sur mon site WordPress ainsi que sur d’autres plateformes, accompagné des preuves documentées (PDF et PNG) figurant dans les pièces jointes.

Veuillez agréer, Chère Madame, Cher Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Bernard Grua
bernardg***@***oo.fr
bernardgru***@***il.com
+33 753 *** 344


English version of the letter

For twelve years, my website bernardgrua.net has been hosted on WordPress. Recently, the advertising policy applied to this site has changed considerably, leading to massive saturation of articles and a significant deterioration in the reading experience. This document presents a detailed and documented report on the impact of advertising on bernardgrua.net, comparing the current situation with a recent test site, in order to illustrate the concrete effect of WordPress’s advertising policy on the readability, editorial value, and economic integrity of the content.

From:
Bernard Grua
bernardgrua.net
bernardg***@***oo.fr
bernardgru***@***il.com
+33 7 53 ** *3 44

To the attention of:
WordPress Customer Service
support@wordpress.com
help@wordpress.com
hello@wordpress.com

Case: #10786145, [YR6DPX-92NXK] 

Subject : Documented report of a substantial degradation in advertising display conditions affecting the site bernardgrua.net

January 31, 2026

Dear Madam, Dear Sir,

I am writing to you regarding the advertising policy currently applied to my website bernardgrua.net, hosted on WordPress for the past twelve years. When I chose to develop this site, the level of advertising was limited and did not affect the readability of the content. I was never informed that such a situation of massive and targeted advertising pressure could occur after several years of publication and editorial investment.

Following my letter of January 28, 2026, and during exchanges with your helpdesk, notably via ticket #10786145, I submitted specific questions concerning the number and type of advertising insertions as well as their impact on my articles. These questions have remained without a clear answer, which makes the situation all the more problematic.

1. Key context
2. Audit methodology
  2.1. Screenshot galleries
  2.2. PDF exports of the articles
  2.3. PNG article export galleries
3. Main findings
  3.1. Comparative audit of advertising impact on three articles
  3.2. Absence of advertising on the test site
  3.3. Advertising saturation on bernardgrua.net
  3.4. Impact on user experience
  3.5. Objective comparison
4. Factual assessment
5. Specific call to action
Conclusion

1. Key context

When I decided to create my blog on WordPress, to write articles and to work on search engine optimisation, nothing in your communication nor in the publishing experience made it possible to anticipate such a situation of targeted advertising pressure. I had no information indicating that, in the future, my extensive editorial and SEO investment could make me vulnerable to a situation akin to disguised economic coercion, forcing the author to subscribe to a paid plan in order to restore normal reading conditions.

Today, migrating to another site or platform is practically impossible without losing years of work, search engine positioning, and internal interlinking between articles.

2. Audit methodology

We conducted a technical audit of the degradation of advertising display conditions applied to the site bernardgrua.net and assessed the transparency, methods, and potential motives of WordPress’s advertising policy.

The articles were viewed in incognito mode, with date, time, and URL visible, in order to reproduce the experience of a normal user, not logged in and without browsing history. Three identical articles were selected for comparison: one in French, one in English, and one in Russian. The same articles were published on a recently created free WordPress test site (wp-ad-test, 14 published articles) and on bernardgrua.net, hosted on WordPress.com for twelve years and containing 538 interlinked articles:

Each article was captured four times at different scroll positions, and PDF and PNG versions were generated for archiving purposes. This methodology allows for an objective comparison of the impact of advertising on readability and reading experience.

2.1. Screenshot galleries

2.2. PDF exports of the articles

2.3. PNG article export galleries

3. Main findings

3.1. Comparative audit of advertising impact on three articles

The results of the comparisons, documented by screenshots, are available in the PDF appendices:

  • Appendix 1 – English article – Documented comparison of advertising display and its editorial and economic impact on bernardgrua.net
  • Appendix 2 – French article – Documented comparison of advertising display and its editorial and economic impact on bernardgrua.net
  • Appendix 3 – Russian article – Documented comparison of advertising display and its editorial and economic impact on bernardgrua.net

3.2. Absence of advertising on the test site

  • The three articles on the recently created free WordPress test site display no visible or intrusive advertising throughout the entire length of the articles. The same applies to the eleven other articles published on the test site.
  • No banner or graphic insertion obscures the text.

3.3. Advertising saturation on bernardgrua.net

  • A significant portion of the articles is occupied by advertising. By way of example, for the same Russian-language article, the publication on bernardgrua.net occupies 18 PDF pages without advertising and 33 pages with advertising, representing +88% of space polluted by ads.
  • Some advertisements are in vertical A4 format and extend over several screens, rendering the article completely fragmented.
  • Banners cover up to half of the screen and must be closed to access the article, without removing the advertisements embedded within the body of the text.

3.4. Impact on user experience

  • Reading is interrupted, difficult and impossible without repeated actions to close advertising banners.
  • Editorial content is severely degraded by advertising, leading to immediate reader rejection and a loss of traffic.
  • Advertising saturation compromises reading continuity and alters the editorial and economic value of the site.
  • This advertising overload has led to a collapse in audience for bernardgrua.net. It is therefore difficult to understand how such a level of saturation could contribute to maximising WordPress’s advertising revenue. The explanation therefore appears to lie elsewhere.

3.5. Objective comparison

  • Same free plan, same platform, same articles → radically different treatment.
  • Advertising is therefore not inherent to the free plan, but applied in a targeted manner according to the value and seniority of the site.

This unilateral modulation creates a situation in which the publisher is compelled to subscribe to a paid plan in order to regain normal access to their content, while the same content on a new or lightly developed site is not subject to this pressure.

4. Factual assessment

These observations demonstrate that the advertising policy applied to bernardgrua.net is neither neutral nor uniform. It substantially alters the reading experience and article rendering, while creating a form of constrained economic dependency, as the site can no longer disseminate its content under normal conditions without subscribing to a paid plan.

The initial decision to commit to WordPress was made on the basis of a given level of advertising, stable for many years, then unilaterally modified once the cost of exit became prohibitive.

The massive and intrusive advertising currently applied to my site does not appear to aim at increasing WordPress’s advertising revenue, but rather at compelling the content creator to subscribe to a paid plan. This evolution occurred after several years of normal publication and editorial exploitation, constituting a unilateral change in conditions and a mechanism effectively leading to unilateral capture of the value produced.

In summary, this situation reveals:

  • a breach of equal treatment
  • targeted economic pressure
  • a non-explicit modification of the actual operating conditions

5. Specific call to action

My request remains factual: an effective reduction of advertising pressure, in order to preserve content integrity and reader experience, without mandatory payment.

I request a clear and detailed response, including:

  1. The exact number of advertising insertions planned per article, their type, and placement;
  2. The concrete measures envisaged to reduce advertising pressure and restore a normal reading experience;
  3. The precise timeline for the implementation of these measures.

This request aims to establish a transparent and measurable framework for the dissemination of my content and the preservation of its editorial and economic integrity.

Conclusion

In the absence of a detailed response and effective corrective measures within a reasonable timeframe, I will be compelled to take all necessary steps to protect my content, its search engine positioning, and the trust relationship with my readers. I will also cease recommending WordPress as I have done until now and, where appropriate, will explain in a factual manner the situation in which my web site currently finds itself.

In accordance with a transparency-based approach, this letter is published on my WordPress site as well as on other platforms, accompanied by the documented evidence (PDF and PNG) included in the attachments.

Yours faithfully,

Bernard Grua
bernardg***@***oo.fr
bernardgru****@***il.com
+33 7 53 ** *3 44