Rapport – Navire russe « Shtandart » : exclusions et restrictions d’escales en Europe en 2025

Date de publication : 13 janvier 2026
Version : 3.0
Licence : Creative Commons (CC BY 4.0)

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Résumé :

En 2025 le navire russe Shtandart a fait l’objet de restrictions opérationnelles étendues à travers l’Europe, en conséquence directe des sanctions nationales et européennes. Le navire a été explicitement interdit ou s’est vu refuser l’accès dans sept pays européens, entraînant l’annulation de quatorze escales programmées ainsi que son exclusion de manifestations maritimes internationales, notamment des Tall Ships Races. Une clarification juridique décisive a été apportée par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), qui a confirmé que le Shtandart est soumis aux sanctions portuaires européennes depuis le 16 avril 2022.

Si le navire a continué à effectuer des escales limitées en France, en particulier à La Rochelle, celles-ci sont restées largement non médiatisées, en contraste marqué avec l’isolement opérationnel quasi total observé ailleurs en Europe. Dans les autres pays, des actions coordonnées menées par les autorités nationales, des organisations de la société civile et le collectif No Shtandart in Europe ont permis d’empêcher des entrées portuaires non autorisées, donnant parfois lieu à des interpellations et à une surveillance étroite des membres d’équipage.

La tentative de tournée internationale du Shtandart à l’été 2025 a été fortement écourtée, tant dans son périmètre que dans sa durée, illustrant la mise en œuvre effective des mesures restrictives européennes et nationales. L’activité résiduelle du navire en France constitue désormais une exception de plus en plus marginale, tandis que l’effet global de ces mesures se traduit par un isolement opérationnel quasi complet du Shtandart dans les eaux européennes. Les événements de 2025 mettent en évidence l’efficacité d’actions continues, documentées et coordonnées menées par les autorités publiques et les sociétés civiles transnationales afin d’assurer le respect des régimes de sanctions.

Table des matières


1. Introduction

Le présent rapport, élaboré par le collectif No Shtandart in Europe, fournit une analyse détaillée des restrictions opérationnelles, des exclusions portuaires et des mesures de mise en œuvre réglementaire affectant le navire russe Shtandart en Europe au cours de l’année 2025. Il retrace les déplacements du navire, met en évidence les cas de non-respect des sanctions européennes et décrit les interventions des autorités nationales et européennes.

Le rapport repose exclusivement sur des sources primaires, des documents officiels et des informations publiquement vérifiables. Il a pour objectif d’informer les décideurs publics, les autorités de régulation, les chercheurs et le grand public sur l’application concrète des mesures restrictives de l’Union européenne, les difficultés rencontrées dans leur mise en œuvre, ainsi que les exceptions résiduelles observées en France.

2. Une présence résiduelle et de plus en plus marginalisée en France

Le Shtandart, MMSI 518999255, continue à accoster en France en 2025, particulièrement à La Rochelle, Charente-Maritime, où il effectue plusieurs escales. Le navire y est notamment mis au sec, pour travaux, pendant près d’un mois.

Entre autres escales rochelaises, il séjourne aussi dans le « bassin des chalutiers » lors de la Semaine du nautisme. Toutefois, un élément nouveau mérite d’être souligné : ni les organisateurs de l’événement, ni le port de plaisance, ni la municipalité n’informent plus sur la présence du navire. 

La frégate russe reste en arrière-plan, invisible dans la communication officielle. Cette absence de valorisation publique contraste avec les pratiques habituellement observées à La Rochelle ou ailleurs, lors de ce type d’événement.

Pour justifier cette occupation portuaire, Brice Blondel, préfet de la Charente-Maritime, invoque le fait que « le droit de la mer prévaut sur le droit européen ». Ce faisant, il passe sous silence le paragraphe 4 de l’article 3 sexies bis du règlement (UE) nº 833/2014 autorisant les accostages pour sauvegarde de la vie humaine. Cette mesure dérogatoire est requalifiée, par ses soins, « d’escale technique ». Il n’y a donc pas lieu de s’opposer, selon ses services, aux entrées du Shtandart, y compris pour des motifs commerciaux. 

Un article du journal Sud-Ouest, en date du 7 janvier 2026, cite Patrice Bernier, directeur du port de plaisance. Selon lui, les accostages du Shtandart, à La Rochelle, seraient soumis à une approbation préalable du Secrétariat général de la mer. Pourtant, cet organisme n’a pas mandat pour appliquer les sanctions portuaires.

Lire : Desk-Russie, 28 septembre 2025 –  Quand le navire russe Shtandart et La Rochelle défient les sanctions européennes 

Le Shtandart fait escale aux Sables-d’Olonne (Vendée), le 23 avril 2025.

Il est présent à la Semaine du Golfe du Morbihan, du 25 mai au 1er juin 2025. Il s’agit de sa seule réelle participation connue à un événement maritime pour cette année. Celle-ci soulève de nombreuses questions comme l’explique le collectif à Thierry Verneuil, président de l’événement.

Lire : No Shtandart in Europe, 13 décembre 2025 –  Que faut-il conclure de la participation de la frégate russe « Shtandart » à la Semaine du Golfe 2025 ?

L’ensemble de ces manquements au respect des mesures restrictives européennes est formellement signalé à la Commission européenne.

Escales du Shtandart, en France, pendant l'année 2025.
Escales du Shtandart, en France, pendant l’année 2025.

3. L’échec des tentatives de reconnaissance et de légitimation internationales 

Le voyage estival doit avoir lieu du 2 juillet (Saint-Malo) au 5 septembre 2025 (Jersey). La tentative de tournée internationale du Shtandart n’a pas l’effet escompté. Au contraire, elle révèle à quel point sa situation, en France, est en décalage avec celle dans les autres pays européens, qu’ils soient, ou non, membres de l’Union. Elle a des conséquences négatives sur l’image du navire et sur celle de son capitaine-propriétaire en raison de comportements irréguliers causant surprises, voire suspicions.

Le 25 mars 2025, Vanessa Mori, vice-présidente de Sail Training International écrit aux différentes villes-étapes des Tall Ships Races afin de leur demander d’accueillir le Shtandart. Cette intervention, menée en dépit des cadres réglementaires nationaux et européens en vigueur, n’aboutit pas. La krysha du Shtandart ne peut pas contrer l’État de droit des pays concernés.

En effet, alertées par le collectif No Shtandart in Europe, les autorités britanniques, norvégiennes et danoises, hôtes des Tall Ships Races, s’opposent à toute escale, en raison des sanctions nationales ou européennes. 

En conséquence, le Shtandart est officiellement interdit de participation aux Tall Ships Races.

Vladimir Martus, capitaine et propriétaire de facto du Shtandart, tente d’instrumentaliser la presse britannique en disant que son navire a été interdit à Aberdeen en raison du fait qu’il serait né en Russie. Mais, de son côté, leconsulat général de Russie contribue à clarifier la nature réelle de la mission du Shtandart dans un communiqué, du 19 juillet 2025. Il attaque vigoureusement les autorités britanniques en raison de ce refus.

Les représentants du collectif, dans les autres pays ciblés par le Shtandart, s’activent aussi bien auprès des autorités que sur le terrain. À ce titre, on peut signaler la surveillance du Shtandart dans la baie de Killiney (Irlande) par l’association Ukrainian Action in Ireland en liaison avec les coast-guards. Un accostage de l’équipage du Shtandart est empêché.

L’ambassade d’Ukraine en Irlande intervient de façon explicite comme le montre son courrier adressé aux services portuaires de Dublin. Nous avons des raisons de penser qu’il en est de même de la part des services diplomatiques d’Ukraine au Royaume-Uni, même si nous n’avons pas de document permettant de l’affirmer de façon incontestable.

Conséquence directe : aucune des escales planifiées, pour l’été 2025 ne peut être réalisée. Il s’agit de Jersey, Saint-Malo, Falmouth, Dublin, Isle of Man, Aberdeen, Kristiansand, Esbjerg, Sandefjord, Stavanger, Harwich, Ostende. Plus tard, il en sera de même pour Portugalete et Cascais. Ces décisions ont été prises à la suite de signalements circonstanciés et concordants transmis par le collectif aux autorités concernées.

Nous ne disposons pas d’éléments prouvant un refus d’escale à Ostende (Belgique). Toutefois, il n’existe aucun document public, y compris sur les réseaux sociaux du Shtandart, attestant de son passage dans ce port.

En deux mois, à savoir ceux de juillet et de septembre 2025, le Shtandart s’est ainsi vu refuser l’accès à sept États européens distincts :  Irlande, Royaume-Uni, Norvège, Danemark, Belgique, Espagne, Portugal.

Interdictions portuaires européennes du Shtandart au cours de l'été 2025.
Interdictions portuaires européennes du Shtandart au cours de l’été 2025.

4. Contournements, escales irrégulières et interventions officielles : une tournée estivale contrainte et écourtée

Trois escales controversées remplacent les quatorze prévues initialement. Une, en Écosse, est réalisée dans des conditions douteuses. Les deux autres s’effectuent sans respecter le règlement européen. La deuxième, en Irlande, en milieu de nuit, ne peut durer que quelques heures. La troisième s’étend sur plusieurs jours. Sa découverte, a posteriori, crée une large indignation au Danemark.

Cartes des escales ou tentatives d'escale du Shtandart à Killiney Bay, Clogherhead, Inverie, Scapa Pier et Hvide Sande en juillet 2025
Cartes des escales ou tentatives d’escale du Shtandart à Killiney Bay, Clogherhead, Inverie, Scapa Pier et Hvide Sande en juillet 2025

Une activiste ukrainienne de Londres est en relations pluri-quotidiennes avec les autorités des ports susceptibles d’être visités par le Shtandart. Elle contribue à déjouer une tentative d’entrée à Scapa Pier, îles Orcades, le 17 juillet 2025, grâce aux garde-côtes britanniques. Il est probable que cette même personne, dès les îles Scilly, a rendu impossible des escales dans d’autres ports d’Irlande et du Royaume-Uni.

L’escale non annoncée d’Inverie (Loch Nevis, Écosse) les 13 et 14 juillet 2025, ne suscite pas de réaction connue. Il est possible que Vladimir Martus ait joué sur l’ambiguïté juridique entre port et abri. De toute façon, le village isolé, non relié au réseau routier, ne permet que difficilement le débarquement ou l’embarquement de passagers.

En revanche, les escales non-conformes à Clogherhead (Irlande), dans la nuit du 8 au 9 juillet 2025, et à Hvide Sande (Danemark), fin juillet 2025, sont condamnées à la fois par les autorités nationales et par la presse locale.

La tournée estivale, et internationale, 2025 du Shtandart est finalement réduite à un mois. Sa durée est divisée par deux.

Le Shtandart et les gardes-côtes irlandais, Killiney Bay, 8 juillet 2025. Photo : Fletcher Thompson
Le Shtandart et les gardes-côtes irlandais, Killiney Bay, 8 juillet 2025. Photo : Fletcher Thompson

5. Refus systématiques en Espagne, au Portugal et interventions policières 

En septembre 2025, le Shtandart ne réussit à faire escale ni en Espagne, ni au Portugal.

Depuis le 27 juillet 2024, le navire russe est interdit dans les eaux territoriales espagnoles. Le collectif informe les autorités et les associations ukrainiennes de ce pays, ainsi que celles du Portugal, de son approche.

La diaspora du Portugal sous la conduite de l’Associação dos ucranianos em Portugal, appuyée parl’Ukrainian World Congress, se mobilise largement contre les tentatives de la frégate russe. À Matosinhos, Leixões ou Vila Nova, le 21 septembre 2025, elles sont empêchées par les autorités maritimes portugaises. Il en est de même à Cascais, le 22 septembre, et dans la région de Sagres, le 24 septembre. 

Lors de cette dernière tentative, cinq passagers (ou membres d’équipage) sont interpellés par les forces de l’ordre. Quelques jours plus tard, un équipier du Shtandart rend compte des différentes opérations de contournement mises en œuvre au Portugal. La lecture de ce témoignage à charge est riche d’enseignements. Le collectif communique le document aux autorités portugaises et le partage en ligne en russe, en anglais ainsi qu’en portugais.

Tentatives d'escale du Shtandart au Portugal en septembre 2025 : Matosinhos, Vila Nova, Leixões, Cascais, Sagres.
Tentatives d’escale du Shtandart au Portugal en septembre 2025 : Matosinhos, Vila Nova, Leixões, Cascais, Sagres.

Il en résulte qu’en Irlande, au Danemark, en Espagne et au Portugal, le Shtandart et Vladimir Martus sont, non seulement interdits, mais explicitement suspects et étroitement surveillés.

À l’issue de ces refus successifs, aucune alternative portuaire opérationnelle n’est identifiée pour le Shtandart dans les eaux européennes. En pratique, la frégate russe ne dispose plus que d’un seul point d’accueil effectif : le port de La Rochelle.

Le Shtandart surveillé par la marine portugaise au large de Sagres, 23 septembre 2025
Le Shtandart surveillé par la marine portugaise au large de Sagres, 23 septembre 2025

6. Clôture juridique définitive du débat au niveau européen

Le 7 août 2025, faisant suite aux différents courriers d’alerte, la Commission européenne confirme une nouvelle fois au collectif que le Shtandart entre bien dans le périmètre des sanctions européennes. Elle y ajoute la responsabilité spécifique des préfets de département dans l’application des mesures restrictives.

Le 22 août 2025, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) porte le coup décisif. Elle déboute le Shtandart de son recours contre la décision (PESC) n° 2024/1744 du Conseil européen (règlement n°2024/1745), en stipulant clairement que :

« le Shtandart relève du champ des mesures restrictives de l’Union européenne depuis le 16 avril 2022 ».

Cette ordonnance clôt juridiquement un débat sur l’applicabilité des sanctions, qui n’avait déjà plus lieu d’être après l’ordonnance n° 2403878 du Tribunal administratif de Rennes du 11 juillet 2024 et l’arrêt n° 496439 du Conseil d’État du 18 novembre 2024.

Ces confirmations interviennent dans le cadre de procédures, pour partie, engagées et scrupuleusement suivies par le collectif depuis 2022.

7. Conséquences juridiques et opérationnelles des tentatives d’escale en 2025

La tentative de tournée européenne du Shtandart en 2025 produit des effets comparables à ceux observés lors des procédures contentieuses engagées antérieurement par son capitaine-propriétaire. 

Dans les deux cas, les démarches entreprises conduisent à une clarification et à un renforcement du cadre juridique applicable. Les actions contentieuses aboutissent à des décisions juridictionnelles défavorables. Les tentatives d’escale entraînent des refus explicites, des interventions administratives et une coordination accrue entre autorités nationales. 

Ces éléments contribuent à une application plus homogène des mesures restrictives au niveau européen et à une réduction significative des possibilités d’accès portuaire du navire. La krysha française du Shtandart en sort fragilisée.

8. Une exception française de plus en plus isolée au regard du droit européen

En prenant connaissance de l’ensemble des éléments précédents, la situation observée en France, en particulier àLa Rochelle, apparaît aujourd’hui comme une exception au sein d’un environnement européen fermé au Shtandart.

Sept pays européens, ainsi qu’une part croissante des départements français, ont désormais explicitement interdit leurs ports au Shtandart.

Combinée à l’ordonnance de la CJUE, du 22 août 2025, cette évolution place les autorités préfectorales concernées face à leurs obligations réglementaires. 

Le préfet de Charente-Maritime reçoit une mise en demeure écrite, datée et argumentée, le 13 août 2025, par l’association Iroise Ukraine membre du collectif. Elle demande la prise d’un arrêté d’interdiction. Des poursuites contre ce préfet sont envisagées en cas d’inaction de sa part. Parallèlement, un recours formel contre l’État français serait engagé auprès des institutions européennes. 

Par ailleurs, 

  • les extinctions répétées du système d’identification automatique (AIS), 
  • les tentatives d’accostage,
  • et les escales non autorisées, 

contribuent à une dégradation notable de l’image du navire et du crédit dont jouissait encore Vladimir Martus auprès de certaines autorités maritimes ou services de sécurité nationaux.

Conclusion – Un isolement portuaire désormais établi à l’échelle européenne

À l’issue de l’année 2025, il apparaît que le navire russe Shtandartne dispose plus, en pratique, d’accès opérationnel aux ports européens. Les refus d’escale, interdictions formelles et interventions des autorités maritimes se sont appliqués de manière convergente dans l’ensemble des États concernés, sur la base des mesures restrictives européennes, confirmées par la Commission européenne et par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), ainsi que par les autorités du Royaume-Uni et de la Norvège.

Cette situation résulte d’un travail continu, documenté et coordonné mené par les différents membres du collectif No Shtandart in Europe, dont les signalements et démarches auprès des autorités nationales et européennes ont contribué de manière déterminante à l’application effective de ces mesures. Les escales encore observées en France, et en particulier à La Rochelle, constituent désormais une situation résiduelle, isolée et contestée au regard des pratiques mises en œuvre dans les autres États européens.

Annexe :
Chronologie opérationnelle, administrative et juridique du Shtandart au cours de l’année 2025

1er trimestre 2025

20 janvier – 14 février 2025 – Le Shtandart est en carénage au port Atlantique, La Rochelle. source

Mi-février – avril 2025 – Le Shtandart est au mouillage sous le vent de l’île d’Aix ou dans le port de La Rochelle. source 1 source 2 source 3

25 mars 2025 – Vanessa Mori, vice-présidente de Sail Training International, demande aux organisations locales des Tall Ships Races d’accueillir le Shtandart, en contradiction avec la réglementation. source

2e trimestre 2025

23 avril 2025 – Le Shtandart fait escale aux Sables d’Olonne. source

15 mai 2025 –Le collectif No Shtandart in Europe publie les passe-droits confidentiels accordés au Shtandart par les autorités françaises. source

25 mai1er juin 2025 – Le Shtandart participe à la Semaine du Golfe du Morbihan. source

1826 juin 2025 – Le Shtandart est en escale au port de La Rochelle pendant la Semaine du nautisme. source

19 juin 2025 – Le préfet d’Ille-et-Vilaine confirme que le Shtandart a interdiction de faire escale dans les ports du département et, a fortiori, à Saint-Malo. source

26 juin 2025 – La presse locale révèle que le gouvernement de Jersey a interdit au Shtandart de faire escale dans le port de Saint-Hélier. source

3e trimestre 2025

2 juillet 2025 – Le Shtandart, interdit d’escale dans les ports des côtes d’Armor, quitte son mouillage devant Saint-Cast-le-Guildo pour une large tournée internationale et pour une participation au Tall Ships Races. source

6 juillet 2025 – L’ambassade d’Ukraine en Irlande écrit à l’autorité portuaire de Dublin. source

6 juillet 2025 – Le Shtandart éteint son AIS le long des côtes irlandaises. source

7 – 8 juillet 2025 – Le Shtandart, contrôlé par les gardes-côtes irlandais, a interdiction d’entrer dans le port de Dublin (Irlande) et doit reconnecter son AIS. source

7 – 8 juillet 2025 – Le Shtandart est mouillé dans Killiney Bay. source

Nuit du 8 au 9 juillet 2025 –  Le Shtandart fait une escale non annoncée et non autorisée à Clogherhead, Irlande. source

13 – 14 juillet 2025 – Le Shtandart fait une escale non annoncée à Inverie (Écosse). source

15 juillet 2025Sail Training International expose que les escales d’Aberdeen (Ecosse), Kristiansand (Norvège) et Esbjerg (Danemark) sont interdites et, qu’en conséquence, le Shtandart n’est pas autorisé à participer aux Tall Ships Races. source

17 juillet 2025 – Le Shtandart déconnecte son AIS. source

17 juillet 2025 – La tentative du Shtandart d’entrer à Scapa-Pier (Îles Orcades) est déjouée par les gardes-côtes et il doit reconnecter son AIS. source

17 juillet 2025 – Le consulat général de Russie émet un cinglant communiqué en faveur du Shtandart et contre les autorités britanniques. source-en  source-ru

27 juillet 2025 – Le Shtandart déconnecte son AIS en mer du Nord. source

Dernière semaine de juillet 2025 –  Le Shtandart, AIS déconnecté, est à Hvide Sande, en escale non annoncée aux autorités danoises. source

2 août 2025 – Le Shtandart écourte sa tournée estivale d’un mois. source

2 août 2025 – Le Shtandart rentre dans les eaux territoriales françaises et reconnecte son AIS. source

7 août 2025 – La Commission européenne envoie une deuxième confirmation auprès du collectif No Shtandart in Europe. source

13 août 2025 – L’association Iroise-Ukraine et le collectif envoient une mise en demeure au préfet de la Charente-Maritime. source

22 août 2025 – La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), la plus haute juridiction de l’Union, assène que le Shtandart est sous sanctions depuis le 16 avril 2022. source

Août et début septembre 2025 – Le Shtandart fait différentes escales à La Rochelle. source

17 septembre 2025 – Le Shtandart quitte La Rochelle pour faire route vers l’Espagne. source

19 septembre 2025 – Le Shtandart entre dans les eaux territoriales de la Galice espagnole en dépit de l’interdiction qui lui a été signifiée le 27 juillet 2024. source

20 Septembre 2025 – Pavlo Sadokha, président de l’Associação dos Ucranianos em Portugal, appelle à la mobilisation des Ukrainiens vivant dans les villes portuaires du Portugal. source.

21 septembre 2025 – Le Shtandart surveillé par le patrouilleur Apulia tente sans succès d’entrer dans un des ports du Nord du Portugal. source

22 septembre 2025 – L’Ukrainian World Congress incite les Ukrainiens du Portugal à la vigilance en raison de l’arrivée du Shtandart. source-en source-ukr

22 septembre 2025 – Flashmob des Ukrainiens à Cascais, Portugal. source

22 septembre 2025 – Le Shtandart tente sans succès d’entrer dans le port de Cascais. source

24 septembre 2025 – Les passagers que le Shtandart tente d’embarquer via son annexe sont interpellés par les forces de l’ordre au large de Sagres, Portugal, et ne peuvent pas rejoindre le bord. source

26 septembre 2025 – Le Shtandart accoste à Tanger, Maroc, avant de faire route, AIS déconnecté, vers Bizerte, Tunisie. source

4e trimestre 2025

1er octobre 2025 – Un membre d’équipage du Shtandart publie sur VK (le Facebook russe) le compte rendu interne des irrégularités commises par son navire le long des côtes portugaises. source

4 – 5 octobre 2025 – Le Shtandart fait escale à Bizerte, Tunisie. source 1 source 2

Octobre 2025 –Le Shtandart transite en mer Égée et débarque, sans autorisation, un passager sur une île grecque. source

Octobre 2025 – 18 avril 2026 – Le Shtandart participe à un tournage de film puis fait des croisières le long de la côte turque. source

Projets 2026

18 – 28 avril 2026 – Le Shtandart prévoit une croisière de Bodrum, Turquie, à Bizerte, Tunisie. source

21 – 30 juin 2026 – Le Shtandart prévoit une croisière, La Rochelle – Saint-Malo, avec des escales en Bretagne pour le compte de Kombat-tour, société de Smolensk, Russie. source

Lire aussi : 


Référence bibliographique

Auteur : collectif No Shtandart in Europe
Année : 2026
Titre : RAPPORT / MÉMORANDUM du collectif No Shtandart in Europe – Navire Shtandart : exclusions et escales en Europe en 2025
Version
: 2.0
Licence : Creative Commons (CC BY-NC-SA 4.0)

Contact :

WhatsApp : +33 753 900 344
Email : noshtandartineurope@gmail.com
Site web :https://bit.ly/No-Shtandart

Lire aussi – L’affaire du Shtandart : documentation, analyses juridiques et enquêtes (2022–2026)


Report – Russian Vessel « Shtandart » – Exclusions and Port Call Restrictions in Europe, 2025

Date of Publication: January 13, 2026
Version: 3.0
Licence: Creative Commons (CC BY 4.0)

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Executive Summary

In 2025, the Russian vessel Shtandart experienced extensive operational restrictions across Europe as a direct consequence of national and European sanctions. The vessel was explicitly banned or denied access in seven European States, resulting in the cancellation of fourteen scheduled port calls and exclusion from participation in international maritime events such as the Tall Ships Races. Legal clarity was provided by the Court of Justice of the European Union (CJEU), which confirmed that Shtandart has been subject to European port sanctions since 16 April 2022.

While the vessel continued to make limited calls in France, particularly at La Rochelle, these remained largely unpublicised, contrasting sharply with the near-total operational isolation observed elsewhere. In other States coordinated efforts by national authorities, civil society organisations, and the No Shtandart in Europe collective prevented unauthorised port entries, sometimes resulting in detentions and close monitoring of crew members.

The attempted international tour of Shtandart in the summer of 2025 was significantly curtailed, both in scope and duration, demonstrating the practical enforcement of EU and national sanctions. The vessel’s residual activity in France represents an increasingly marginal exception, while the overall impact of these measures is a near-complete operational isolation of Shtandart in European waters. The 2025 events underscore the effectiveness of sustained, documented, and coordinated actions by authorities and transnational civil society in ensuring compliance with restrictive measures.

Table of Contents


Introduction

This report, prepared by the No Shtandart in Europe collective, provides a detailed account of the operational restrictions, port exclusions, and regulatory enforcement measures affecting the Russian vessel Shtandart in Europe during 2025. It documents the vessel’s movements, highlights cases of non-compliance with European sanctions, and details the interventions by national and European authorities.

The report is based solely on primary sources, official records, and publicly verifiable information. Its purpose is to inform policymakers, regulatory authorities, researchers, and the public about the practical application of EU restrictive measures, the enforcement challenges encountered, and the remaining exceptions observed in France.

1. A residual and increasingly marginalised presence in France

The Shtandart, MMSI 518999255, continues to call at ports in France in 2025, especially in La Rochelle, Charente-Maritime, where it makes several port calls. The vessel is notably placed ashore there, for works, for nearly one month.

Among other port calls in La Rochelle, it also stays in the “bassin des chalutiers” during the Nautical Week. However, a new element deserves to be highlighted: neither the event organisers, nor the marina, nor the municipality provide any further information about the presence of the vessel.

The Russian frigate remains in the background, invisible in official communication. This absence of public promotion contrasts with the practices usually observed in La Rochelle or elsewhere during this type of event.

To justify this port occupation, Brice Blondel, Prefect of Charente-Maritime, invokes the fact that “the law of the sea prevails over European law”. In doing so, he omits paragraph 4 of Article 3ea of EU Regulation No. 833/2014 authorising port calls for the safeguarding of human life. This derogatory measure is reclassified by his services as “technical stopover”. There is therefore, according to them, no reason to oppose the entries of Shtandart, including for commercial purposes.

An article in the newspaper Sud-Ouest, dated 7 January 2026, quotes Patrice Bernier, director of the marina. According to him, Shtandart’s port calls in La Rochelle would be subject to prior approval by the General Secretariat of the Sea. Yet this body has no mandate to apply port sanctions.

Read: Desk-Russie, 28 September 2025 –  When the Russian ship Shtandart and La Rochelle defy European sanctions (fr)

Shtandart calls at Les Sables-d’Olonne (Vendée) on 23 April 2025.

It is present at the Semaine du Golfe du Morbihan from 25 May to 1 June 2025. This is its only known real participation in a maritime event for that year. This participation raises numerous questions, as explained by the collective to Thierry Verneuil, president of the event.

Read: No Shtandart in Europe, 13 December 2025 – What conclusions can be drawn from the participation of the Russian frigate Shtandart in Gulf Week 2025?

All of these failures to comply with European restrictive measures are formally reported to the European Commission.

Port calls by the Shtandart in France in violation of European Regulations during 2025
Port calls by the Shtandart in France in violation with European Regulations during 2025

2. The failure of attempts at international recognition and legitimisation

The summer voyage is scheduled to take place from 2 July (Saint-Malo) to 5 September 2025 (Jersey). The attempt at an international tour by Shtandart does not have the expected effect. On the contrary, it reveals how far its situation in France is out of step with that in other European States, whether or not they are members of the Union. It has negative consequences for the image of the vessel and for that of its captain-owner due to irregular behaviours causing surprise, and even suspicion.

On 25 March 2025, Vanessa Mori, vice-president of Sail Training International, writes to the various host cities of the Tall Ships Races in order to ask them to welcome Shtandart. This intervention, carried out despite the national and European regulatory frameworks in force, does not succeed. The krysha1 of Shtandart cannot counter the rule of law of the States concerned.

Indeed, alerted by the No Shtandart in Europe collective, the British, Norwegian and Danish authorities, hosts of the Tall Ships Races, oppose any port call, due to national or European sanctions.

As a consequence, Shtandart is officially banned from participating in the Tall Ships Races.

Vladimir Martus, captain and de facto owner of Shtandart, attempts to instrumentalise the British press by saying that his vessel was banned in Aberdeen only because he was born in Russia. However, for its part, the Consulate General of Russia helps to clarify the real nature of Shtandart’s mission in a statement dated 19 July 2025. It strongly attacks the British authorities because of this refusal.

Representatives of the collective, in the other States targeted by Shtandart, are active both with the authorities and on the ground. In this respect, mention can be made of the monitoring of Shtandart in Killiney Bay (Ireland) by the association Ukrainian Action in Ireland in liaison with the Coastguard. A landing by the Shtandart crew is prevented.

The Embassy of Ukraine in Ireland intervenes explicitly, as shown by its letter addressed to the port services of Dublin. We have reasons to believe that this is also the case on the part of Ukraine’s diplomatic services in the United Kingdom, even if we do not have any document allowing this to be stated in an incontestable manner.

Direct consequence: none of the planned port calls for the summer of 2025 can be carried out. These are Jersey, Saint-Malo, Falmouth, Dublin, Isle of Man, Aberdeen, Kristiansand, Esbjerg, Sandefjord, Stavanger, Harwich, Ostend. Later, the same applies to Portugalete and Cascais.

These decisions were taken following detailed and consistent reports transmitted by the collective to the authorities concerned.

We have no evidence proving a refusal of a port call at Ostend (Belgium). However, there is no public document, including on Shtandart’s social networks, attesting to its passage through this port.

Within two months, namely July and September 2025, Shtandart was thus refused access to seven distinct European States: Ireland, United Kingdom, Norway, Denmark, Belgium, Spain, Portugal.

Map of European port bans on the Shtandart during the summer of 2025
Map of European port bans on the Shtandart during the summer of 2025

3. Circumventions, irregular port calls and official interventions: a constrained and shortened summer tour

Three controversial port calls replace the fourteen initially planned. One, in Scotland, is carried out under dubious conditions. The other two take place without complying with European regulations. The second, in Ireland, in the middle of the night, can only last a few hours. The third extends over several days. Its discovery, a posteriori, creates widespread indignation in Denmark.

Maps of Shtandart port calls or attempted calls at Killiney Bay, Clogherhead, Scapa Pier, and Hvide Sande during the summer of 2025
Maps of Shtandart port calls or attempted calls at Killiney Bay, Clogherhead, Scapa Pier, and Hvide Sande during the summer of 2025

A Ukrainian activist from London is in multiple daily contacts with the authorities of ports likely to be visited by Shtandart. She contributes to thwarting an attempted entry at Scapa Pier, Orkney Islands, on 17 July 2025, thanks to the British Coastguard. It is likely that this same person, from as early as the Isles of Scilly, made port calls at other ports in Ireland and the United Kingdom impossible.

The unannounced port call at Inverie (Loch Nevis, Scotland) on 13 and 14 July 2025 does not trigger any known reaction. It is possible that Vladimir Martus played on the legal ambiguity between port and shelter. In any event, the isolated village, not connected to the road network, makes the disembarkation or embarkation of passengers difficult.

By contrast, the non-compliant port calls at Clogherhead (Ireland), during the night of 8 to 9 July 2025, and at Hvide Sande (Denmark), at the end of July 2025, are condemned both by national authorities and by the local press.

The 2025 summer and international tour of Shtandart is ultimately reduced to one month. Its duration is halved.

4. Systematic refusals in Spain and Portugal and police interventions 

In September 2025, Shtandart fails to make a port call either in Spain or in Portugal.

Since 27 July 2024, the Russian vessel has been banned in Spanish territorial waters and expelled by police. The collective informs the authorities and Ukrainian associations in that country, as well as those in Portugal, of its approach.

The Portuguese diaspora, under the leadership of the Associação dos Ucranianos em Portugal, supported by the Ukrainian World Congress, mobilises extensively against the attempts of the Russian frigate. In Matosinhos, Leixões or Vila Nova, on 21 September 2025, these are prevented by the Portuguese maritime authorities. The same applies in Cascais, on 22 September, and in the Sagres region, on 24 September.

During this last attempt, five passengers (or crew members) are detained by law enforcement. A few days later, a crew member of Shtandart reports on the various circumvention operations implemented in Portugal. Reading this incriminating testimony is highly instructive. The collective communicates the document to the Portuguese authorities and also shares it online in Russian as well as in English.

Map of Shtandart attempted port calls in Portugal in September 2025: Matosinhos, Vila Nova de Gaia, Leixões, Cascais, Sagres
Map of Shtandart attempted port calls in Portugal in September 2025: Matosinhos, Vila Nova de Gaia, Leixões, Cascais, Sagres

As a result, in Ireland, Denmark, Spain and Portugal, Shtandart and Vladimir Martus are not only banned, but explicitly suspected and closely monitored.

At the end of these successive refusals, no operational port alternative is identified for Shtandart in European waters. In practice, the Russian frigate now has only one effective point of reception: the port of La Rochelle.

On 7 August 2025, following the various alert letters, the European Commission once again confirms to the collective that Shtandart does indeed fall within the scope of European sanctions. It adds the specific responsibility of departmental prefects in the implementation of restrictive measures.

On 22 August 2025, the Court of Justice of the European Union (CJEU) delivers the decisive blow. It dismisses Shtandart’s action against Council decision (CFSP) No. 2024/1744 (Regulation No. 2024/1745), clearly stipulating that:

Shtandart falls within the scope of European Union restrictive measures since 16 April 2022.

This Order legally closes a debate on the applicability of sanctions, which had already ceased to have any basis after Order No. 2403878 of the Rennes Administrative Court of 11 July 2024 and Judgment No. 496439 of the Conseil d’État on 18 November 2024.

These confirmations occur within the framework of procedures that have, in part, been initiated and meticulously followed by the collective since 2022.

The attempted European tour of Shtandartin 2025 produces effects comparable to those observed during the contentious proceedings previously initiated by its captain-owner.

In both cases, the steps undertaken lead to a clarification and a strengthening of the applicable legal framework. The contentious actions result in unfavourable judicial decisions. The attempted port calls lead to explicit refusals, administrative interventions and increased coordination between national authorities.

These elements contribute to a more homogeneous application of restrictive measures at the European level and to a significant reduction in the vessel’s possibilities of port access. The French krysha of Shtandart emerges weakened.

7. A French exception that is increasingly isolated in light of European law

When taking into account all of the preceding elements, the situation observed in France, particularly inLa Rochelle, now appears as an exception within a European environment closed to Shtandart.

Seven European States, as well as a growing number of French departments, have now explicitly banned Shtandart from their ports.

Combined with the Order of the Court of Justice of the European Union (CJEU) of 22 August 2025, this development places the prefectural authorities concerned in the face of their regulatory obligations.

The Prefect of Charente-Maritime receives a written, dated and reasoned formal notice on 13 August 2025 from the association Iroise Ukraine, a member of the collective. It requests the adoption of a prohibition Order. Legal proceedings against this prefect are envisaged in the event of inaction on his part. In parallel, a formal complaint against the French State would be lodged with the European institutions.

Furthermore:

  • the repeated shutdowns of the Automatic Identification System (AIS),
  • the attempts at berthing,
  • and the unauthorised port calls

contribute to a marked deterioration of the image of the vessel and of the credibility still enjoyed by Vladimir Martus with certain maritime authorities or national security services.

Conclusion – A port isolation now established at the European scale

At the end of the year 2025, it appears that the Russian vessel Shtandart no longer has, in practice, operational access to European ports. Refusals of port calls, formal bans and interventions by maritime authorities have been applied in a convergent manner across all the States concerned, on the basis of European restrictive measures, confirmed by the European Commission and the Court of Justice of the European Union (CJEU), as well as by the authorities of the United Kingdom and Norway.

This situation results from continuous, documented and coordinated work carried out by the various members of the No Shtandart in Europe collective, whose reports and actions addressed to national and European authorities have contributed in a decisive manner to the effective application of these measures. The port calls still observed in France, and in particular in La Rochelle, now constitute a residual, isolated and contested situation in light of the practices implemented in the other European States.

  1. Krysha (Russian “roof”): an informal protection system based on networks of influence, aiming to circumvent or instrumentalize the law. See: Why Does the Russian Frigate “Shtandart” Persist in Legal Actions with a Foregone Outcome? ↩︎

1st quarter 2025

20 January – 14 February 2025Shtandart is in dry dock at Port Atlantique, La Rochelle. source

Mid-February – April 2025Shtandart is anchored under the lee of Île d’Aix or in the port of La Rochelle. source 1 source 2 source 3

25 March 2025 – Vanessa Mori, Vice- of Sail Training International, asks the local organisations of the Tall Ships Races to host Shtandart, in contradiction with the regulations. source

2nd quarter 2025

23 April 2025Shtandart calls at Les Sables d’Olonne. source

15 May 2025 – The No Shtandart in Europe collective publishes the confidential privileges granted to Shtandart by the French authorities. source

25 May – 1 June 2025Shtandart takes part in the Semaine du Golfe du Morbihan (Gulf Week). source

18 – 26 June 2025Shtandart is in port at La Rochelle during the Semaine du nautisme (Nautical Week). source

19 June 2025 – The Prefect of Ille-et-Vilaine confirms that Shtandart is prohibited from calling at ports in the department and, a fortiori, at Saint-Malo. source

26 June 2025 – The local press reveals that the government of Jersey has banned Shtandart from calling at the port of Saint-Helier. source

3rd quarter 2025

2 July 2025Shtandart, prohibited from calling at ports along the Côtes-d’Armor, leaves its anchorage off Saint-Cast-le-Guildo for a wide international tour and participation in the Tall Ships Races. source

6 July 2025 – The Embassy of Ukraine in Ireland writes to the Dublin Port Authority. source

6 July 2025Shtandart switches off its Automatic Identification System (AIS) along the Irish coast. source

7 – 8 July 2025Shtandart, inspected by the Irish Coastguard, is prohibited from entering the port of Dublin (Ireland) and must reconnect its AIS. source

7 – 8 July 2025Shtandart is anchored in Killiney Bay. source

Night of 8 – 9 July 2025Shtandart makes an unannounced and unauthorised port call at Clogherhead, Ireland. source

13 – 14 July 2025Shtandart makes an unannounced port call at Inverie (Scotland). source

15 July 2025Sail Training International states that the port calls at Aberdeen (Scotland), Kristiansand (Norway) and Esbjerg (Denmark) are prohibited and that, as a consequence, Shtandart is not authorised to participate in the Tall Ships Races. source

17 July 2025Shtandart disconnects its AIS. source

17 July 2025Shtandart’s attempt to enter Scapa Pier (Orkney Islands) is thwarted by the Coastguard and it must reconnect its AIS. source

17 July 2025 – The Consulate General of Russia issues a scathing statement in favour of Shtandart and against the British authorities. source-en  source-ru

27 July 2025Shtandart disconnects its AIS in the North Sea. source

Last week of July 2025Shtandart, with AIS disconnected, is in Hvide Sande, in an unannounced port call to the Danish authorities. source

2 August 2025Shtandart therefore cuts short its summer tour by one month. source

2 August 2025Shtandart returns to French territorial waters and reconnects its AIS. source

7 August 2025 – The European Commission sends a second confirmation to the No Shtandart in Europe collective. source

13 August 2025 – The association Iroise-Ukraine and the collective send a formal notice to the Prefect of Charente-Maritime. source

22 August 2025 – The Court of Justice of the European Union (CJEU), the highest court of the Union, states that Shtandart has been under sanctions since 16 April 2022. source

August and early September 2025Shtandart makes various port calls at La Rochelle. source

17 September 2025Shtandart leaves La Rochelle to head towards Spain. source

19 September 2025Shtandart enters the territorial waters of Spanish Galicia despite the ban notified to it on 27 July 2024. source

20 September 2025 – Pavlo Sadokha, president of the Associação dos Ucranianos em Portugal, calls for the mobilisation of Ukrainians living in Portugal’s port cities. source.

21 September 2025Shtandart, monitored by the patrol vessel Apulia, unsuccessfully attempts to enter one of the ports of northern Portugal. source

22 September 2025 – The Ukrainian World Congress urges Ukrainians in Portugal to remain vigilant due to the arrival of Shtandart. source-en source-ukr

22 September 2025 – Flash mob by Ukrainians in Cascais, Portugal. source

22 September 2025Shtandart unsuccessfully attempts to enter the port of Cascais. source

24 September 2025 – The passengers that Shtandart attempts to embark via its tender are intercepted by law-enforcement forces off Sagres, Portugal, and are unable to join the ship. source

26 September 2025Shtandart docks in Tangier, Morocco, before heading, with AIS disconnected, towards Bizerte, Tunisia. source

4th quarter 2025

1 October 2025 – A crew member of Shtandart publishes on VK (the Russian Facebook) the internal account of the irregularities committed by his ship along the Portuguese coast. source

4 – 5 October 2025Shtandart calls at Bizerte, Tunisia. source 1 source 2

October 2025Shtandart transits through the Aegean Sea and disembarks, without authorisation, a passenger on a Greek island. source

October 2025 – 18 April 2026Shtandart takes part in a film shoot and then carries out cruises along the Turkish coast. source

Projects 2026

18 – 28 April 2026Shtandart plans a cruise from Bodrum, Turkey, to Bizerte, Tunisia. source

21 – 30 June 2026Shtandart plans a cruise, La Rochelle – Saint-Malo, with stopovers in Brittany on behalf ofKombat-tour, a company from Smolensk, Russia. source

Read also :


Bibliographic Reference

Author: No Shtandart in Europe Collective
Year: 2026
Title: REPORT / MEMORANDUM by the No Shtandart in Europe Collective – Shtandart Vessel: Exclusions and Port Calls in Europe in 2025
Version: 3.0
Licence: Creative Commons (CC BY-NC-SA 4.0)

Contact:

WhatsApp: +33 753 900 344
Emai: noshtandartineurope@gmail.com
Web site:https://bit.ly/No-Shtandart


Read also The Shtandart Case: Documentation, Legal Analysis and Investigative Reports (2022–2026)


Mémorandum sur la participation des acteurs ukrainiens et de la diaspora ukrainienne dans l’affaire du navire russe «Shtandart» (2022–2025)

Document contenant des données factuelles

Responsable : Bernard Grua
Collectif : No Shtandart in Europe
Année : 2026
Langue : français
Version : publiée en ligne
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Cette présentation est destinée aux institutions européennes, aux autorités nationales, aux médias et aux organisations de la société civile

Introduction

Ce mémorandum présente une analyse ciblée de l’affaire du navire russe Shtandart. Il n’a pas pour objectif de fournir un inventaire exhaustif de toutes les actions menées par le collectif No Shtandart in Europe. Le but de ce document est d’illustrer la participation constante d’acteurs ukrainiens, tant en Ukraine que dans la diaspora, à la mobilisation visant à empêcher les tentatives du navire russe de contourner les sanctions de l’Union européenne.

Le mémorandum synthétise des informations factuelles issues des médias ukrainiens, des actions documentées de représentants de la société civile, ainsi que le cadre juridique de l’UE, y compris les décisions administratives et judiciaires. Cette synthèse met en lumière une dynamique de vigilance et de respect du droit, démontrant l’attention continue et les réactions cohérentes des acteurs ukrainiens dans le contexte européen. Les faits mentionnés sont publics, documentés et vérifiables indépendamment de l’auteur du présent document. 

Structure du document

I. Démarches documentées et actions officielles ukrainiennes

Dès juin 2022, des responsables politiques ukrainiens ainsi que des organisations de la diaspora ukrainienne en Europe se sont officiellement opposés au contournement des sanctions européennes par le navire russe « Shtandart ». Lorsque les autorités compétentes ont été saisies, les démarches documentées ci-dessous ont, généralement, donné lieu à des décisions administratives explicites.

Précision importante : L’expression “navire russe” est utilisée dans son acception descriptive courante et correspond à la qualification retenue par les autorités et les médias dans les documents cités. Cette désignation est confirmée de manière indépendante par :

  1. les autorités nationales et européennes compétentes, dans leurs décisions administratives et judiciaires ;
  2. les médias spécialisés ukrainiens et internationaux ;
  3. les médias russes eux‑mêmes, qui utilisent cette expression pour désigner le Shtandart1, y compris après juin 20242.

Cette convergence démontre que le terme « navire russe » relève d’un fait objectif, vérifiable et incontesté, et non d’une appréciation ou d’un jugement de l’auteur.

2022
2023
2024
2025

Observation générale : le premier résultat a été obtenu à Vigo le 22 juillet 2022 par Marta Skyba, présidente de l’association « Girasol » des Ukrainiens de Galice. Dans tous les pays européens, qu’ils soient membres ou non de l’Union européenne, les autorités ont réagi aux demandes visant à annuler les escales du navire « Shtandart ». La France constitue, parmi les pays concernés par les démarches documentées, la seule exception clairement établie à ce jour.

En France, en Espagne, en Ukraine, en Irlande et au Portugal, diverses actions ont été menées en soutien aux efforts du collectif.

II. Manifestations, flashmobs et événements publics avec la participation d’Ukrainiens d’Ukraine et de la diaspora

Depuis juin 2022, une série d’actions a été organisée en France, en Espagne, en Ukraine, en Irlande et au Portugal afin de soutenir les efforts du collectif. Plusieurs des mobilisations listées ci-dessous ont précédé ou accompagné des décisions administratives d’interdiction d’escale.

Pour consulter les informations détaillées sur les événements, cliquer sur le lien de l’année correspondante.

2022
  • 12 juin 2022 – La Rochelle, France – Flashmob devant le « Shtandart ».
  • 22 juillet 2022 – Vigo, Espagne – Manifestation contre la participation du « Shtandart » à la Ruta Iacobus Maris.
    La participation du « Shtandart » a été interdite par les autorités.
  • 6 août 2022 – La Rochelle, France – Flashmob devant le « Shtandart ».
  • 15 août 2022 – Camaret, France – Manifestation devant et à bord du « Shtandart » contre l’exhibition des couleurs ukrainiennes en pavillon de prise par le navire russe.
  • 11 décembre 2022 – La Rochelle, France – Manifestation contre la présence du « Shtandart » à La Rochelle.
2023
  • Février 2023 – Ukraine – Flashmobs contre la participation du « Shtandart » à « L’Armada Rouen 2023 ».
    • Dnipro,
    • Boutcha,
    • Odessa,
    • Kropyvnytskyï.
  • 11 février 2023 – Nantes, France – Flashmob contre la participation du « Shtandart » à « L’Armada Rouen 2023 ».
  • 15 février 2023 – Paris, France – Flashmob contre la participation du « Shtandart » à « L’Armada Rouen 2023 ».
  • 16 février 2023 – Lorient, France – Manifestation contre la participation du « Shtandart » à « L’Armada Rouen 2023 ».
  • 18 février 2023 – Saintes, France – Manifestation contre la participation du « Shtandart » à « L’Armada Rouen 2023 ».
  • 18 février 2023 – Rouen, France – Manifestation contre la participation du « Shtandart » à « L’Armada Rouen 2023 ».
  • 18 mars 2023 – Vannes, France – Manifestation contre la participation du « Shtandart » à la « Semaine du Golfe du Morbihan 2023 ».
  • 29 avril 2023 – Rennes, France – Manifestation contre les escales du « Shtandart » dans les ports de Bretagne.
  • 18 mai 2023 – Baden, France – Manifestation contre la participation du « Shtandart » à la « Semaine du Golfe du Morbihan 2023 ».
  • 17 août 2023 – Saint-Nazaire, France – Flashmob pendant l’escale du « Shtandart ».
2024
  • 31 mai 2024 – Brest, France – Manifestation contre l’entrée du « Shtandart » à Brest.
    L’escale a été interdite par les autorités.
  • 9 juillet 2024 – Brest, France – Manifestation contre la participation du « Shtandart » aux fêtes maritimes de Brest 2024.
    L’arrêté préfectoral d’interdiction a été strictement appliqué avec le renfort d’un patrouilleur de la Marine nationale.
  • 16 juillet 2024 – Brest, France – Participation à la conférence du « Shtandart » consacrée à l’opposition aux sanctions européennes et à l’arrêté du préfet du Finistère.
  • 23 septembre 2024 – La Rochelle, France – Manifestation devant l’avant-première du film documentaire « L’incroyable odyssée du “Shtandart” ».
  • 10 octobre 2024 – Ivano-Frankivsk, Ukraine – Conférence à l’Université nationale des Carpates « Vassyl Stefanyk » sur la culture impérialiste promue par le « Shtandart ».
  • 11 octobre 2024 – Ivano-Frankivsk, Ukraine – Conférence au centre culturel « Vagabundo » sur les passe-droits accordés au « Shtandart » et les réseaux d’influence prorusses en France.
  • 17 octobre 2024 – Ivano-Frankivsk, Ukraine – Conférence à l’ « Université du roi Daniel » concernant les violations des sanctions européennes par le navire « Shtandart ».
2025
  • 8 juillet 2025 – Baie de Killiney, Irlande – Surveillance du « Shtandart » par des militants ukrainiens en coopération avec les garde-côtes.
    La tentative de débarquement de l’équipage a été empêchée.
  • 22 septembre 2025 – Cascais, Portugal – Flashmob contre la tentative d’escale du navire « Shtandart ».
    Les autorités n’ont pas autorisé l’accostage.

Lorsque le résultat d’une démarche ou d’une mobilisation est mentionné, il se réfère exclusivement à un effet administratif, judiciaire ou factuel constaté et documenté.


III. Publications des médias ukrainiens concernant le navire russe «Shtandart»

Depuis la décision du Conseil européen du 24 juin 2024 et la publication de l’arrêté d’interdiction par le préfet du département du Finistère (France), le 7 juillet 2024, les médias ukrainiens suivent régulièrement l’affaire du « Shtandart ». Les publications listées ci-dessous ne constituent pas des sources primaires du présent mémorandum, mais attestent du suivi constant de l’affaire par les médias ukrainiens et de son importance dans le débat public. 

2022

Août 2022, Odessa 

2024

Juin 2024, le cas de La Rochelle 

Juillet, 2024, premier arrêté préfectoral contre le Shtandart et interdiction espagnole

Août 2024, encore La Rochelle, mais nouveaux arrêtés préfectoraux ailleurs

Octobre 2024, la parole du collectif en Ukraine 

2025

Janvier 2025, bilan 2024

Mai 2025, Le Havre dit non, lui aussi

Juin 2025, interdiction d’accès aux ports d’Ille-et-Vilaine.

Juillet 2025, escale non autorisée en Irlande 

Septembre 2025, ordonnance de la CJUE, véto portugais et interpellations

Octobre 2025, La Rochelle persiste 

Décembre 2025, appel à la Commission européenne


Conclusion 

Sur la base des faits documentés, l’affaire du navire russe Shtandart illustre la vigilance constante et l’engagement actif des acteurs ukrainiens, tant en Ukraine que dans la diaspora, pour garantir l’application effective des sanctions de l’Union européenne.


Annexe : Chronologie des règlements de l’Union européenne et des décisions administratives et judiciaires concernant le navire « Shtandart »

La présente annexe récapitule, à titre de référence, les principaux textes juridiques et décisions administratives et judiciaires applicables au navire Shtandart. Elle ne constitue pas une analyse juridique, mais un relevé des actes applicables.

2022
2024
2025

Il convient de rappeler que les recours n’ont pas d’effet suspensif. En conséquence, le règlement européen et les décisions de justice précédentes doivent bien s’appliquer au « Shtandart ». 


Référence bibliographique

GRUA, Bernard (dir.). Mémorandum sur la participation des acteurs ukrainiens et de la diaspora ukrainienne dans l’affaire du navire russe « Shtandart » (2022–2025). Nantes : Collectif No Shtandart in Europe, janvier 2026. Mémorandum factuel de référence, version en ligne.

Notes

  1. Voir le dossier de presse russe relatif au Shtandart ↩︎
  2. Le 6 juin 2024 le Shtandart est passé sous le pavillon de complaisance des Îles Cook, comme l’indique son certificat d’immatriculation. ↩︎

Lire aussi – L’affaire du Shtandart : documentation, analyses juridiques et enquêtes (2022–2026)


Memorandum on the Participation of Ukrainian Stakeholders and the Ukrainian Diaspora in the Case of the Russian Vessel Shtandart (2022–2025) 

Reference Memorandum – Factual Report 

Prepared by: Bernard Grua
Organisation: No Shtandart in Europe
Year: 2026
Language: English
Version: Published online
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This presentation is intended for European institutions, national authorities, the media, and civil society organisations.

Introduction

This memorandum provides a targeted analysis of the case of the Russian vessel Shtandart. It is not intended to offer an exhaustive inventory of all actions carried out by the No Shtandart in Europe campaign. The purpose of this document is to illustrate the sustained involvement of Ukrainian stakeholders, both in Ukraine and throughout the diaspora, in the mobilisation aimed at preventing the Russian vessel from circumventing European Union sanctions. 

The memorandum synthesises factual information drawn from Ukrainian media, documented actions by civil society representatives, and the EU legal framework, including administrative and judicial decisions. This synthesis highlights a dynamic of vigilance and respect for the rule of law, demonstrating the continued attention and consistent responses of Ukrainian stakeholders within the European context. The facts presented are public, documented, and independently verifiable regardless of the author of this document.


Structure of the document


I. Documented Representations and Official Actions by Ukrainian Stakeholders 

Since June 2022, Ukrainian political representatives and organisations of the Ukrainian diaspora across Europe have officially opposed attempts by the Russian vessel Shtandart to circumvent European Union sanctions. Whenever the competent authorities were formally approached, the documented representations listed below generally resulted in explicit administrative decisions.

Important clarification: The expression « Russian vessel » is used in its ordinary descriptive sense and reflects the designation adopted by the media in the documents cited. This designation is independently confirmed by:

  1. specialised Ukrainian and international media;
  2. Russian media themselves, which use this expression to refer to the Shtandart, including after June 2024.

This convergence demonstrates that the designation « Russian vessel » reflects an objective, verifiable and undisputed fact, rather than an assessment or opinion on the part of the author.

2022 – Official Ukrainian Representations 

  • 8 July 2022Letter to French Prime Minister Élisabeth Borne requesting the withdrawal of the sanctions exemption granted to the Russian vessel Shtandart. (en)
    Author: Collective No Shtandart in Europe
    Signatories:
    • Oleg Sentsov, former Kremlin political prisoner, film director, Honorary Citizen of Paris, serviceman of the Armed Forces of Ukraine;
    • Roman Sushchenko, former Kremlin political prisoner, journalist, First Deputy Chairman of the Cherkasy Regional Council;
    • Taras Beniakh, President of the Cossack Cultural Association Kich (Lviv), Otaman of the chaika Presviata Pokrova, serviceman of the Armed Forces of Ukraine;
    • Jean-Pierre Pasternak, President of the Union of Ukrainians in France;
    • together with approximately thirty Franco-Ukrainian associations.
  • 12 July 2022Letter to the Galician authorities opposing the participation of the Shtandart in the Ruta Iacobus Maris event in Vigo. (es).
    Participation was prohibited by the authorities.
    Author: Marta Skyba, President of the Asociación de Ucranianos en Galicia – Girasol.
    Co-signatories:
    • Yourii Tchopyk, President of the Ukrainian Community in Spain;
    • Roman Sushchenko, former Kremlin political prisoner, journalist, First Deputy Chairman of the Cherkasy Regional Council;
    • Taras Beniakh, President of the Cossack Cultural Association Kich (Lviv), Otaman of the chaika Presviata Pokrova, serviceman of the Armed Forces of Ukraine;
    • Michel Tereshchenko, Mayor of Hlukhiv (2015–2020);
    • Jean-Pierre Pasternak, President of the Union of Ukrainians in France;
    • together with more than thirty Ukrainian associations from Spain and France.

2023 – Official Ukrainian Representations 

2024 – Official Ukrainian Representations 

  • 22 July 2024Request to prohibit the entry of the Shtandart into the Port of Vigo  (es).
    The Russian vessel was formally notified by the Spanish authorities of a ban applicable to all Spanish ports.
    Addressee: Harbour Master’s Office of the Port of Vigo.
    Author: Mariia Pavlenko, President of the Asociación Galega de Axuda a Ucraína (AGA Ucraina).

2025 – Official Ukrainian Representations 

General observation: The first successful outcome was achieved in Vigo on 22 July 2022, following the initiative of Marta Skyba, President of the Girasol Association of Ukrainians in Galicia. In every European country concerned—whether a Member State of the European Union or not—the competent authorities responded to requests seeking the cancellation of the Shtandart‘s planned port calls. Among the countries covered by the documented representations, France remains the only clearly established exception to date.

In France, Spain, Ukraine, Ireland and Portugal, a variety of initiatives have been undertaken in support of the No Shtandart in Europe campaign.


II. Demonstrations, flash-mobs and Public Events Involving Ukrainians from Ukraine and the Diaspora

Since June 2022, a series of initiatives has been organised in France, Spain, Ukraine, Ireland and Portugal in support of the No Shtandart in Europe campaign. Several of the mobilisations listed below preceded or accompanied administrative decisions prohibiting the Shtandart from calling at ports.

For detailed information on each event, please follow the link corresponding to the relevant year.

2022 – Public Events 

  • 12 June 2022 – La Rochelle, France – Flash-mob in front of the Shtandart.
  • 22 July 2022 – Vigo, Spain – Demonstration against the participation of the Shtandart in the Ruta Iacobus Maris.
    The participation of the Shtandart was prohibited by the authorities.
  • 6 August 2022 – La Rochelle, France – Flash-mob in front of the Shtandart.
  • 15 August 2022 – Camaret, France – Demonstration in front of and aboard the Shtandart protesting the display by the Russian vessel of the Ukrainian national colours as a captured prize flag.
  • 11 December 2022 – La Rochelle, France – Demonstration against the presence of the Shtandart in La Rochelle.

2023 – Public Events

  • February 2023 – Ukraine – Flash-mobs opposing the participation of the Shtandart in L’Armada Rouen 2023:
    • Dnipro,
    • Bucha
    • Odesa
    • Kropyvnytskyi.
  • 11 February 2023 – Nantes, France – Flash-mob against the participation of the Shtandart in L’Armada Rouen 2023.
  • 15 February 2023 – Paris, France – Flash-mob against the participation of the Shtandart in L’Armada Rouen 2023.
  • 16 February 2023 – Lorient, France – Demonstration against the participation of the Shtandart in L’Armada Rouen 2023.
  • 18 February 2023 – Saintes, France – Demonstration against the participation of the Shtandart in L’Armada Rouen 2023.
  • 18 February 2023 – Rouen, France – Demonstration against the participation of the Shtandart in L’Armada Rouen 2023.
  • 18 March 2023 – Vannes, France – Demonstration against the participation of the Shtandart in Semaine du Golfe du Morbihan 2023.
  • 29 April 2023 – Rennes, France – Demonstration against the Shtandart calling at ports in Brittany.
  • 18 May 2023 – Baden, France – Demonstration against the participation of the Shtandart in Semaine du Golfe du Morbihan 2023.
  • 17 August 2023 – Saint-Nazaire, France – Flash-mob during the Shtandart‘s port call.

2024 – Public Events

  • 31 May 2024 – Brest, France – Demonstration against the entry of the Shtandart into Brest.
    The port call was prohibited by the authorities.
  • 9 July 2024 – Brest, France – Demonstration against the participation of the Shtandart in Brest Maritime Festival 2024.
    The prefectural order prohibiting the vessel’s participation was strictly enforced, with support from a French Navy patrol vessel.
  • 16 July 2024 – Brest, France – Participation in a conference organised by the Shtandart concerning opposition to European Union sanctions and to the prefectural order issued by the Prefect of Finistère.
  • 23 September 2024 – La Rochelle, France – Demonstration outside the premiere of the documentary film The Incredible Odyssey of the Shtandart.
  • 10 October 2024 – Ivano-Frankivsk, Ukraine – Conference at Vasyl Stefanyk Precarpathian National University on the imperialist culture promoted by the Shtandart.
  • 11 October 2024 – Ivano-Frankivsk, Ukraine – Conference at the Vagabundo Cultural Centre on the preferential treatment granted to the Shtandart and pro-Russian influence networks in France.
  • 17 October 2024 – Ivano-Frankivsk, Ukraine – Conference at King Danylo University on the Shtandart‘s violations of European Union sanctions.

2025 – Public Events

  • July 2025 – Numerous and frequent contacts by the head of a Ukrainian association in London directly alerting port authorities whose ports were considered potential destinations for the Shtandart.
    This initiative made a significant contribution to the effective enforcement of UK sanctions against the Russian vessel. 
  • 8 July 2025 – Killiney Bay, Ireland – Ukrainian activists monitored the Shtandart in cooperation with the Irish Coast Guard.
    The crew was prevented from coming ashore.
  • 22 September 2025 – Cascais, Portugal – Flash-mob opposing the attempted port call of the Shtandart.
    The authorities did not authorise the vessel to berth.

Whenever the outcome of a representation or public mobilisation is indicated, it refers exclusively to an administrative, judicial or factual consequence that has been documented and independently verified.


III. Coverage of the Shtandart Case in Ukrainian Media 

Since the European Council’s decision of 24 June 2024 and the publication, on 7 July 2024, of the prefectural order issued by the Prefect of the Finistère department (France), Ukrainian media have closely followed developments in the Shtandart case. The publications listed below do not constitute primary sources for this memorandum. Rather, they demonstrate the sustained attention devoted to the case by Ukrainian media and its significance within the public debate.

2022 – Ukrainian Media Coverage 

August 2022 – Odesa

2024 – Ukrainian Media Coverage 

June 2024 – The La Rochelle case

July 2024 – First prefectural order against the Shtandart and Spanish ban

August 2024 – La Rochelle again, but new prefectural orders elsewhere

October 2024 – The campaign speaks in Ukraine

2025 – Ukrainian Media Coverage 

May 2025 – Le Havre says no as well

June 2025 – Ban on access to the ports of Ille-et-Vilaine

July 2025 – Unauthorised port call in Ireland

September 2025 – CJEU order, Portuguese veto and police intervention

October 2025 – La Rochelle persists

December 2025 – Appeal to the European Commission

Comprehensive Collection of Ukrainian Media Coverage


Conclusion

Based on the documented facts, the case of the Russian vessel Shtandart demonstrates the sustained vigilance and active engagement of Ukrainian stakeholders, both in Ukraine and throughout the diaspora, in promoting the effective implementation of European Union sanctions. 


Annex: Chronology of European Union Regulations and Administrative and Judicial Decisions Concerning the Shtandart

This Annex provides, for reference purposes, a summary of the principal legal instruments and administrative and judicial decisions applicable to the Shtandart. It is not intended as a legal analysis but as a chronological record of the applicable legal acts.

2022

2024

2025

It should be recalled that legal proceedings do not have suspensive effect. Consequently, the applicable European Union legislation and the judicial decisions already delivered remain fully applicable to the Shtandart

This memorandum presented through info-graphics : How Ukrainian Stakeholders Helped Enforce EU Sanctions Against the Russian Vessel Shtandart (2022–2025)

Bibliographic Reference

GRUA, Bernard (ed.). Memorandum on the Participation of Ukrainian Stakeholders and the Ukrainian Diaspora in the Case of the Russian Vessel Shtandart (2022–2025). Nantes: No Shtandart in Europe Campaign, January 2026. Reference factual memorandum, online edition.


Read also The Shtandart Case: Documentation, Legal Analysis and Investigative Reports (2022–2026)

Меморандум про участь українських акторів та української діаспори у справі російського судна «Штандарта» (2022–2025)

Документ, що містить фактичні дані

Відповідальний: Бернар Груа
Колектив: No Shtandart in Europe
Рік: 2026
Мова: українська
Версія: опублікована онлайн
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Цей меморандум призначений для європейських інституцій, національних органів влади, засобів масової інформації та організацій громадянського суспільства.

Вступ

Цей меморандум подає цільовий аналіз справи російського судна «Штандарт». Він не має на меті надати вичерпний перелік усіх дій, здійснених колективом No Shtandart in Europe. Метою цього документа є проілюструвати постійну участь українських акторів, як в Україні, так і в діаспорі, у мобілізації, спрямованій на запобігання спробам російського судна обійти санкції Європейського Союзу.

Меморандум узагальнює фактичну інформацію з українських медіа, задокументовані дії представників громадянського суспільства, а також правову рамку ЄС, включно з адміністративними та судовими рішеннями. Це узагальнення висвітлює динаміку пильності та дотримання права, демонструючи постійну увагу та послідовні реакції українських акторів у європейському контексті. Зазначені факти є публічними, задокументованими та підлягають незалежній перевірці незалежно від автора документа.

Структура документа

I. Задокументовані кроки та офіційні дії української сторони

Починаючи з червня 2022 року, українські політичні діячі, а також організації української діаспори в Європі офіційно виступили проти обходу європейських санкцій російським судном «Штандарт». Коли до справи залучалися компетентні органи, задокументовані нижче кроки, як правило, призводили до ухвалення чітких адміністративних рішень.

Важливе уточнення: вираз «російське судно» використовується у своєму загальноприйнятому описовому значенні та відповідає кваліфікації, застосованій органами влади та засобами масової інформації в наведених документах. Це визначення незалежно підтверджується:

  1. органами національної та європейської компетенції у їхніх адміністративних і судових рішеннях; 
  2. спеціалізованими українськими та міжнародними медіа; 
  3. самими російськими медіа, які використовують цей вираз для позначення «Штандарта», у тому числі після червня 2024 року.

Ця узгодженість демонструє, що термін «російське судно» є об’єктивним, перевірюваним і незаперечним фактом, а не оцінкою чи судженням автора.

2022, українські кроки

2023, українські кроки

2024, українські кроки

2025, українські кроки

Загальне зауваження: першого результату було досягнуто у Віго 22 липня 2022 року завдяки Марті Скибі, президентці асоціації «Girasol» українців Галісії. В усіх європейських країнах, незалежно від того, чи є вони членами Європейського Союзу, чи ні, органи влади реагували на звернення з вимогою скасувати заходи судна «Штандарт». Франція є, серед країн, охоплених задокументованими кроками, єдиним на сьогодні чітко встановленим винятком.

У Франції, Іспанії, Україні, Ірландії та Португалії було здійснено різноманітні дії на підтримку зусиль колективу.

II. Мітинги, флешмоби та публічні заходи за участю українців з України та діаспори

З червня 2022 року серія заходів була організована у Франції, Іспанії, Україні, Ірландії та Португалії на підтримку зусиль колективу. Декілька мобілізацій, наведених нижче, передували або супроводжували адміністративні рішення про заборону стоянки судна.

Для перегляду детальної інформації про заходи, натисніть на посилання відповідного року.

2022, події

  • 12 червня 2022 року – Ла-Рошель, Франція – флешмоб перед «Штандартом».
  • 22 липня 2022 року – Віго, Іспанія – мітинг проти участі «Штандарта» у «Ruta Iacobus Maris».
    Участь «Штандарта» була заборонена органами влади.
  • 6 серпня 2022 року – Ла-Рошель, Франція – флешмоб перед «Штандартом».
  • 15 серпня 2022 року – Камарет, Франція – мітинг перед судном і на борту «Штандарта» проти використання українських кольорів як трофейного прапора російським судном.
  • 11 грудня 2022 року – Ла-Рошель, Франція – мітинг проти присутності «Штандарта» у Ла-Рошелі.

2023, події

  • Лютий 2023 року – Україна – флешмоби проти участі «Штандарта» у «L’Armada Rouen 2023».
    – Дніпро,
    – Буча,
    – Одеса,
    – Кропивницький.
  • 11 лютого 2023 року – Нант, Франція – флешмоб проти участі «Штандарта» у «L’Armada Rouen 2023».
  • 15 лютого 2023 року – Париж, Франція – флешмоб проти участі «Штандарта» у «L’Armada Rouen 2023».
  • 16 лютого 2023 року – Лор’ян, Франція – мітинг проти участі «Штандарта» у «L’Armada Rouen 2023».
  • 18 лютого 2023 року – Сент, Франція – мітинг проти участі «Штандарта» у «L’Armada Rouen 2023».
  • 18 лютого 2023 року – Руен, Франція – мітинг проти участі «Штандарта» у «L’Armada Rouen 2023».
  • 18 березня 2023 року – Ванн, Франція – мітинг проти участі «Штандарта» у «Semaine du Golfe du Morbihan 2023».
  • 29 квітня 2023 року – Ренн, Франція – мітинг проти стоянок «Штандарта» у портах Бретані.
  • 18 травня 2023 року – Баден, Франція – мітинг проти участі «Штандарта» у «Semaine du Golfe du Morbihan 2023».
  • 17 серпня 2023 року – Сен-Назер, Франція – флешмоб під час стоянки «Штандарта».

2024, події

  • 31 травня 2024 року – Брест, Франція – мітинг проти заходу «Штандарта» до Бреста.
    Стоянка була заборонена органами влади.
  • 9 липня 2024 року – Брест, Франція – мітинг проти участі «Штандарта» у морських святах Бреста 2024.
    Префектурний указ про заборону був суворо виконаний за підтримки патрульного катера Військово-морських сил Франції.
  • 16 липня 2024 року – Брест, Франція – участь у конференції «Штандарт» щодо протидії європейським санкціям та префектурного указу Фіністера.
  • 23 вересня 2024 року – Ла-Рошель, Франція – мітинг перед прем’єрою документального фільму «Неймовірна одіссея “Штандарта”».
  • 10 жовтня 2024 року – Івано-Франківськ, Україна – конференція в «Карпатському національному університеті ім. Василя Стефаника» про імперіалістичну культуру, яку пропагує «Штандарт».
  • 11 жовтня 2024 року – Івано-Франківськ, Україна – конференція у культурному центрі «Ваґабундо» про пільги, надані «Штандарту», та проросійські мережі впливу у Франції.
  • 17 жовтня 2024 року – Івано-Франківськ, Україна – конференція в «Університеті короля Данила» щодо порушень європейських санкцій судном «Штандарт».

2025, події

  • 8 липня 2025 року – затока Кілліні, Ірландія – спостереження за «Штандартом» українськими активістами у співпраці з береговою охороною.
    Спробу висадки екіпажу було припинено.
  • 22 вересня 2025 року – Кашкайш, Португалія – флешмоб проти спроби стоянки судна «Штандарт».
    Влада не дозволила швартування.

Коли згадується результат кроку або мобілізації, він стосується виключно адміністративного, судового або фактичного ефекту, який був зафіксований і задокументований.

III. Публікації українських ЗМІ щодо російського судна «Штандарт»

З часу рішення Ради Європейського Союзу від 24 червня 2024 року та публікації префектурного указу про заборону префектом департаменту Фіністер (Франція) 7 липня 2024 року, українські ЗМІ регулярно висвітлюють справу «Штандарта». Публікації, наведені нижче, не є первинними джерелами цього меморандуму, але підтверджують постійне висвітлення справи українськими ЗМІ та її значущість у публічній дискусії.

2022, ЗМІ

Серпень 2022, Одеса

2024, ЗМІ

Червень 2024, випадок Ла-Рошель

Липень 2024, перший префектурний указ проти «Штандарта» та заборона в Іспанії

Серпень 2024, знову Ла-Рошель, але нові префектурні укази в інших місцях

Жовтень 2024, позиція колективу в Україні

2025, ЗМІ

Січень 2025, підсумки 2024 року

Травень 2025, Ле-Авр також каже «ні»

Червень 2025, заборона доступу до портів Іль‑е‑Вілен

Липень 2025, незатверджена стоянка в Ірландії

Вересень 2025, рішення Суд Європейського Союзу (СЄС), португальське вето та затримання

Жовтень 2025, Ла-Рошель наполягає

Грудень 2025, звернення до Єврокомісії

Висновок

На основі задокументованих фактів справа російського корабля «Штандарт» демонструє постійну пильність та активну участь українських діячів, як в Україні, так і в діаспорі, у забезпеченні ефективного застосування санкцій Європейського Союзу.


Додаток: Хронологія нормативних актів Європейського Союзу та адміністративних і судових рішень щодо корабля «Штандарт»

Цей додаток узагальнює, для довідки, основні юридичні тексти та адміністративні і судові рішення, що застосовуються до корабля «Штандарт». Він не є юридичним аналізом, а лише переліком застосовних актів.

2022, юридичні та адміністративні питання 

2024, юридичні та адміністративні питання 

2025, юридичні та адміністративні питання 

Слід пам’ятати, що оскарження не мають відстрочувальної дії. Відповідно, європейський регламент та попередні судові рішення мають застосовуватися до «Штандарта».


Бібліографія
GRUA, Bernard (кер.). Меморандум про участь українських діячів та української діаспори у справі російського корабля «Штандарт» (2022–2025). Нант: Колектив «No Shtandart in Europe», січень 2026. Фактичний довідковий меморандум, онлайн-версія.


Are Russians a Slavic People?

Continuities, Discontinuities, and Ideological Constructions in the Formation of Historical Russia

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Abstract

The Russian Federation frequently presents itself as the heir of the Eastern Slavs and as a central pole of the « Slavic world. » This article examines the validity of this claim from a comparative ethno-historical perspective, distinct from linguistic analysis. It demonstrates that the demographic, social, and elite formation of Muscovy and later Russia largely relied on Finno-Ugric and Turkic-Tatar substrata, and that linguistic Slavicization primarily resulted from the adoption of Orthodox Christianity and its institutions. Comparison with other Slavic peoples highlights the absence of majority Slavic ethno-historical continuity in Russia and suggests that Russia’s claim to represent the « Slavic world » is an ideological construction of imperial origin.



I. Problematic and Conceptual Framework

Determining whether Russians constitute a Slavic people cannot be resolved solely through language or contemporary self-identification1. It requires distinguishing several analytical levels: language, religious culture, political institutions, and ethno-historical continuity2.

In Russian national narratives—imperial, Soviet, and post-Soviet—these dimensions are often conflated, resulting in a naturalization of Russian Slavic identity. In comparative historiography, belonging to a « Slavic people » is based on historical and demographic continuity, not merely linguistic usage3.

This study therefore adopts a comparative and restrictive definition of Slavic belonging, grounded in ethno-historical continuity between medieval Slavic populations and modern peoples claiming this heritage.


II. State of Research and Historiographical Positioning

Classical Russian historiography long emphasized a direct continuity between Kievan Rus’ and Muscovy, and later Imperial Russia4. This interpretation was institutionalized during the Empire and systematized under the Soviet regime, where it acquired explicit ideological functions.

By contrast, several historians have highlighted a profound discontinuity between Kievan Rus’ and Muscovy, both institutionally and demographically5. Works by Kliuchevsky, Vernadsky, Pipes, and Kappeler emphasize the central role of Finno-Ugric populations, the political legacy of the Golden Horde, and late Slavicization through the Orthodox Church6.

This article follows this latter historiographical tradition while systematically comparing Muscovy to other Slavic peoples.


III. Discontinuity Between Kievan Rus’ and Muscovy

Kievan Rus’ (9th–13th centuries) was a political and cultural entity centered on Eastern Slavs in the Dnieper and Pripyat basins7. Plokhy’s research shows that Ukrainians, and to a lesser extent Belarusians, exhibit direct historical and territorial continuity with this medieval formation8.

Musovy, by contrast, emerged in a geographically distinct area—the forested northeast—largely populated by Finno-Ugric groups. Vernadsky emphasizes that Muscovy was not a mere eastern survival of Kievan Rus’, but a new political formation arising from a different human space9.


IV. Finno-Ugric Substratum in the Formation of Russia

Northeastern Russia developed on territories predominantly inhabited by Meryans, Muromians, Veps, Mordvins, and Komis10. These populations were gradually assimilated culturally and administratively, but their initial demographic weight is well attested archaeologically and through toponymy11.

Kliuchevsky described this process as internal colonization, highlighting Muscovy’s expansive and assimilative character12. This dynamic contrasts sharply with Western and Southern Slavic peoples, whose demographic continuity is more homogeneous.


V. Turkic-Tatar Legacy and the Formation of the Russian Elite

The dominance of the Golden Horde (13th–15th centuries) deeply influenced Muscovy. Pipes demonstrates that the Muscovite state adopted numerous administrative and fiscal mechanisms derived from the Tatar system13.

Regarding the elite, Kappeler estimates that roughly one-third of the Russian nobility was of Tatar origin14. These lineages were integrated, baptized, and Russified, but their non-Slavic origin is documented. This evidence invalidates the idea of a fundamentally Slavic elite through genealogical continuity.


VI. Linguistic Slavicization and the Role of Religion

The Russian language is undeniably part of the Eastern Slavic linguistic group. However, linguistic reality alone does not constitute evidence of Slavic ethno-historical continuity. Pipes notes that the Orthodox Church, through the use of Church Slavonic, played a decisive role in unifying linguistically heterogeneous populations15.

Slavicization thus appears as a cultural and religious process, comparable to Latinization in non-Latin populations in Western Europe, without implying ethnic continuity.


VII. Comparative Approach with Other Slavic Peoples

a) Ethno-historical continuity

PeopleMedieval Slavic ContinuityNon-Slavic SubstrataReferences
UkrainiansHighLowPlokhy
BelarusiansMedium-HighModeratePlokhy
PolesHighLowBarford
SlovaksHighLowBarford
Russians (Muscovy)LowHighKliuchevsky, Vernadsky, Kappeler

b) Composition of the Russian nobility

Origin of the lineagesProportional estimateReference
Tatar~33 %Kappeler, 2001
Assimilated Slavs~50 %Pipes, 1974
Others (Finno-Ugric, Mongolian, various)~17 %Vernadsky, 1948

This comparison demonstrates that Russia is atypical among Slavic peoples, both in its low Slavic demographic continuity and the importance of non-Slavic substrata.

VIII. Discussion: Ideological Construction and Political Uses

Russia’s claim to represent the « Slavic world » appears, in light of this analysis, as an ideological construction forged in an imperial context. It relies on the appropriation of the name Rus’, the liturgical language, and religious prestige rather than direct historical continuity.

The analogy with Romania is instructive: speaking a Romance language does not authorize Romanians to claim political inheritance from the Roman people. Similarly, linguistic Slavicness does not justify historical claims to represent the Eastern Slavs.


IX. Conclusion

Comparative ethno-historical analysis leads to the following conclusions:

  1. Russians are not a Slavic people in the comparative sense applied to Ukrainians, Poles, or Slovaks.
  2. The demographic and elite formation of Russia relied heavily on Finno-Ugric and Turkic-Tatar substrata.
  3. Linguistic Slavicization results primarily from the actions of the Orthodox Church and the state.
  4. Russia’s claim to represent the « Slavic world » is an ideological construction of imperial origin.

These findings are analytical, not evaluative, emphasizing the importance of distinguishing language, culture, and ethno-historical continuity when analyzing collective identities.


Notes

  1. S. Plokhy, The Origins of the Slavic Nations, Cambridge University Press, 2006, pp. 6-9. ↩︎
  2. A. Kappeler, The Russian Empire: A Multiethnic History, Longman, 2001, pp. 3-7. ↩︎
  3. P. M. Barford, The Early Slavs, Cornell University Press, 2001, pp. 3-15. ↩︎
  4. G. Vernadsky, Kievan Russia, Yale University Press, 1948, pp. 1-12. ↩︎
  5. Ibid., pp. 67-74. ↩︎
  6. V. O. Kliuchevsky, Курс русской истории, leçon I, Moscou, 1908. ↩︎
  7. S. Plokhy, op. cit., pp. 35-42. ↩︎
  8. Ibid. ↩︎
  9. G. Vernadsky, op. cit., pp. 67-74. ↩︎
  10. P. M. Barford, op. cit., pp. 12-15. ↩︎
  11. A. Kappeler, op. cit., pp. 15-18. ↩︎
  12. V. O. Kliuchevsky, op. cit. ↩︎
  13. R. Pipes, Russia under the Old Regime, Penguin Books, 1974, pp. 45-52. ↩︎
  14. A. Kappeler, op. cit., pp. 68-70. ↩︎
  15. R. Pipes, op. cit., pp. 49-52. ↩︎
Russians are not a Slavic people in the comparative sense applied to Ukrainians, Poles, or Slovaks.

The demographic and elite formation of Russia relied heavily on Finno-Ugric and Turkic-Tatar substrata.

Exhibit : Responses to Anticipated Objections

Objection 1: “Russians speak a Slavic language; therefore, they are a Slavic people.”
  • Response: Linguistic adoption is not equivalent to ethno-historical continuity. Church Slavonic and administrative practices drove Slavicization without implying majority Slavic ancestry.
Objection 2: “Muscovy is the direct heir of Kievan Rus’.”
  • Response: While Muscovy appropriated the symbols and name of Rus’, its population, geography, and political structures differ significantly; Ukrainians (and to a lesser extent Belarusians) show stronger continuity.
Objection 3: “Finno-Ugric populations were fully assimilated.”
  • Response: Assimilation does not erase historical demographics. Substrata shaped social and political structures, remaining relevant in ethno-historical analysis.
Objection 4: “Tatars played only a marginal role.”
  • Response: The Golden Horde influenced administration and elite formation; ~33% of the nobility had Tatar origins (Pipes, Kappeler).
Objection 5: “All peoples are mixed; Russia is no exception.”
  • Response: Comparative data show that Russia’s non-Slavic substrata are proportionally higher, making it atypical among Slavs.
Objection 6: “This analysis is ideological and anti-Russian.”
  • Response: The article applies comparative criteria consistently, without value judgments; accusations of bias reflect rhetorical strategy, not scholarship.
Objection 7: “Russians self-identify as Slavs.”
  • Response: Contemporary self-identification does not establish historical continuity; identities are constructed and often retrospective.
Conclusion:

None of these objections undermines the main finding: Russia does not exhibit the same Slavic ethno-historical continuity as other Eastern Slavs, and its claim to represent the Slavic world is an ideological construction.

Les Russes sont-ils un peuple slave ?

Continuités, discontinuités et constructions idéologiques dans la formation de la Russie-Moscovie historique

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Résumé

La Fédération de Russie se présente fréquemment comme l’héritière des Slaves orientaux et comme un pôle central du « monde slave ». Cet article examine la validité de cette revendication à partir d’une approche ethno-historique comparative, distincte de l’analyse linguistique. Il montre que la formation démographique, sociale et élitaire de la Moscovie puis de la Russie repose largement sur des substrats finno-ougriens et turco-tatars, et que la slavisation linguistique résulte principalement de l’adoption de la religion orthodoxe et de ses institutions. La comparaison avec d’autres peuples slaves met en évidence l’absence de continuité ethno-historique slave majoritaire en Russie et conduit à interpréter la revendication russe de représentation du « monde slave » comme une construction idéologique d’origine impériale.


I. Problématique et cadre conceptuel

La question de savoir si les Russes constituent un peuple slave ne peut être tranchée par la seule référence à la langue ou à l’auto-identification contemporaine1. Elle implique de distinguer rigoureusement plusieurs niveaux analytiques : la langue, la culture religieuse, les institutions politiques et la continuité démographique et ethno-historique2.

Dans les récits nationaux russes — impériaux, soviétiques puis post-soviétiques — ces dimensions sont fréquemment confondues, conduisant à une naturalisation de l’identité slave russe. Or, dans l’historiographie comparative, l’appartenance à un « peuple slave » repose sur des critères de continuité historique et démographique, et non sur le seul usage d’une langue slave3.

La présente étude adopte donc une définition comparative et restrictive de l’appartenance slave, fondée sur la continuité ethno-historique entre les populations slaves médiévales et les peuples modernes qui s’en réclament.


II. État de la recherche et positionnement historiographique

L’historiographie russe classique a longtemps insisté sur une continuité directe entre la Rus’ de Kiev et la Moscovie, puis la Russie impériale4. Cette lecture a été consolidée sous l’Empire et systématisée durant la période soviétique, où elle acquiert une fonction idéologique explicite.

À l’inverse, plusieurs historiens ont mis en évidence la discontinuité profonde entre la Rus’ kiévienne et la Moscovie, tant sur le plan institutionnel que démographique5. Les travaux de Klioutchevski, Vernadsky, Pipes et Kappeler soulignent le rôle central des populations finno-ougriens, de l’héritage politique de la Horde d’Or et de la slavisation tardive par l’Église orthodoxe6.

L’article s’inscrit dans cette seconde tradition historiographique, tout en adoptant une approche comparative systématique avec d’autres peuples slaves.


III. La discontinuité entre la Rus’ de Kiev et la Moscovie

La Rus’ de Kiev (IXᵉ–XIIIᵉ siècles) constitue un ensemble politique et culturel centré sur les Slaves orientaux des bassins du Dniepr et du Pripet7. Les recherches de Plokhy montrent que les Ukrainiens, et dans une moindre mesure les Biélorusses, présentent une continuité historique et territoriale directe avec cette formation médiévale8.

La Moscovie, en revanche, émerge dans une zone géographique distincte — le Nord-Est forestier — largement peuplée de groupes finno-ougriens. Vernadsky souligne que la Moscovie ne constitue pas une survivance orientale de la Rus’, mais une formation politique nouvelle, issue d’un autre espace humain9.


IV. Le substrat finno-ougrien dans la formation de la Russie

La Russie du Nord-Est s’est développée sur des territoires majoritairement peuplés de Mériens, Mouromiens, Vepses, Mordves et Komis10. Ces populations ont été progressivement assimilées culturellement et administrativement, mais leur poids démographique initial est attesté par l’archéologie et la toponymie11.

Klioutchevski décrit ce processus comme une « colonisation interne », soulignant le caractère expansif et assimilateur de la Moscovie12. Cette dynamique contraste fortement avec celle des peuples slaves occidentaux et méridionaux, dont la continuité démographique est plus homogène.


V. L’héritage turco-tatar et la formation de l’élite russe

La domination de la Horde d’Or (XIIIᵉ–XVᵉ siècles) a profondément marqué la Moscovie. Pipes montre que l’État moscovite a repris de nombreux mécanismes administratifs et fiscaux issus du système tatar13.

Sur le plan élitaire, Kappeler estime qu’environ un tiers de la noblesse russe était d’origine tatare14. Ces lignages ont été intégrés, christianisés et russifiés, mais leur origine non slave est documentée. Cette donnée invalide l’idée d’une élite fondamentalement slave par continuité généalogique.


VI. Slavisation linguistique et rôle de la religion

La langue russe appartient incontestablement au groupe des langues slaves orientales. Toutefois, cette réalité linguistique ne saurait être confondue avec une continuité ethnique. Pipes souligne que l’Église orthodoxe, par l’usage du slavon liturgique, a joué un rôle décisif dans l’unification linguistique de populations hétérogènes15.

La slavisation apparaît ainsi comme un processus culturel et religieux, comparable à la latinisation linguistique de peuples non latins en Europe occidentale, sans que cela n’implique une continuité ethnique romaine.

VII. Approche comparative avec les autres peuples slaves

a) Continuité ethno-historique

PeupleContinuité slave médiévaleSubstrats non slavesCommentaire
UkrainiensÉlevéeFaibleContinuité directe avec la Rus’ de Kiev (Plokhy, 2006)
BiélorussesMoyenne-ÉlevéeModéréeSubstrats balto-slaves minoritaires
PolonaisÉlevéeFaibleSlaves occidentaux homogènes (Barford, 2001)
SlovaquesÉlevéeFaibleSlaves occidentaux, continuité historique claire
Russes (Moscovie)FaibleÉlevéSubstrat majoritairement finno-ougrien et turco-tatar (Klioutchevski, Vernadsky, Kappeler)

b) Composition de la noblesse russe

Origine des lignagesEstimation proportionnelleRéférence
Tatar~33 %Kappeler, 2001
Slaves assimilés~50 %Pipes, 1974
Autres (finno-ougriens, mongols, divers)~17 %Vernadsky, 1948

Même l’élite est largement issue de lignages non slaves, ce qui invalide l’idée d’une continuité ethnique slave homogène.

La comparaison montre que la Russie moscovite se distingue nettement des autres peuples slaves par la faiblesse de sa continuité ethno-historique slave et par l’importance de ses substrats non slaves.

VIII. Discussion : construction idéologique et usages politiques

La revendication russe à représenter le « monde slave » apparaît, à la lumière de cette analyse, comme une construction idéologique forgée dans un contexte impérial. Elle repose sur l’appropriation du nom de la Rus’, de la langue liturgique et du prestige religieux, plutôt que sur une continuité historique directe.

Rus’ de Kiev

├─ Héritiers directs : Ukrainiens, Biélorusses

└─ Moscovie / Russie : assimilation de populations non slaves

└─ Revendication idéologique : représentation des Slaves orientaux et du monde slave

Analogie : Si les Roumains prétendaient représenter le peuple romain ou le monde latin sur le seul argument de la langue, cela serait reconnu comme absurde. De même, la slavité linguistique de la Russie (Moscovie jusqu’en 1721) ne suffit pas à fonder une prétention à représenter historiquement les Slaves orientaux.

Conclusion

L’analyse ethno-historique comparative conduit aux conclusions suivantes :

  1. Le peuple russe ne constitue pas un peuple slave au sens comparatif appliqué aux Ukrainiens, Polonais ou Slovaques.
  2. La formation démographique et élitaire de la Russie repose largement sur des substrats finno-ougriens et turco-tatars.
  3. La slavisation linguistique résulte principalement de l’action de l’Église orthodoxe et de l’État.
  4. La revendication russe du « monde slave » relève d’une construction idéologique d’origine impériale.

Ces constats ne relèvent d’aucun jugement de valeur, mais soulignent la nécessité de distinguer rigoureusement langue, culture et continuité ethno-historique dans l’analyse des identités collectives.

Notes

  1. S. Plokhy, The Origins of the Slavic Nations, Cambridge University Press, 2006, p. 6-9. ↩︎
  2. A. Kappeler, The Russian Empire: A Multiethnic History, Longman, 2001, p. 3-7. ↩︎
  3. P. M. Barford, The Early Slavs, Cornell University Press, 2001, p. 3-15. ↩︎
  4. G. Vernadsky, Kievan Russia, Yale University Press, 1948, p. 1-12. ↩︎
  5. Ibid., p. 67-74. ↩︎
  6. V. O. Klioutchevski, Курс русской истории, leçon I, Moscou, 1908. ↩︎
  7. S. Plokhy, op. cit., p. 35-42. ↩︎
  8. Ibid. ↩︎
  9. G. Vernadsky, op. cit., p. 67-74. ↩︎
  10. P. M. Barford, op. cit., p. 12-15. ↩︎
  11. A. Kappeler, op. cit., p. 15-18. ↩︎
  12. V. O. Klioutchevski, op. cit. ↩︎
  13. R. Pipes, Russia under the Old Regime, Penguin Books, 1974, p. 45-52. ↩︎
  14. A. Kappeler, op. cit., p. 68-70. ↩︎
  15. R. Pipes, op. cit., p. 49-52. ↩︎
Le peuple russe ne constitue pas un peuple slave au sens comparatif appliqué aux Ukrainiens, Polonais ou Slovaques.
La formation démographique et élitaire de la Russie repose largement sur des substrats finno-ougriens et turco-tatars.

Annexe : Réponses anticipées aux objections classiques concernant la slavité du peuple russe

Cette section répond aux principales objections formulées, dans l’historiographie russe classique ou dans le discours politico-idéologique contemporain, à l’encontre de l’approche ethno-historique comparative développée dans cet article.


Objection 1 : « Les Russes parlent une langue slave : ils sont donc un peuple slave. »

Réponse

Cette objection repose sur une confusion entre appartenance linguistique et continuité ethno-historique. En sciences historiques et anthropologiques, la langue ne constitue pas un critère suffisant pour définir l’appartenance à un peuple au sens comparatif.

De nombreux exemples historiques montrent que des populations non apparentées sur le plan ethnique ont adopté une langue dominante par des processus de domination politique, religieuse ou administrative (latinisation en Europe occidentale, arabisation en Afrique du Nord, turcisation de l’Anatolie).

Dans le cas russe, la slavisation linguistique est largement liée :

  • à l’adoption du slavon liturgique par l’Église orthodoxe,
  • à son usage comme langue administrative,
  • à l’assimilation progressive de populations finno-ougriens et turco-tatars.

La langue russe est donc indéniablement slave sur le plan linguistique, mais cela ne suffit pas à établir une continuité ethno-historique slave majoritaire.


Objection 2 : « La Moscovie est l’héritière directe de la Rus’ de Kiev. »

Réponse

Cette affirmation relève davantage d’une construction idéologique que d’un consensus historiographique. Si la Moscovie s’est approprié le nom, la religion et certains symboles de la Rus’, elle s’est développée dans :

  • un espace géographique distinct,
  • une base démographique largement différente,
  • un contexte politique profondément marqué par la domination de la Horde d’Or.

Les travaux de Vernadsky et Plokhy montrent que la continuité territoriale et humaine avec la Rus’ de Kiev est bien plus forte en Ukraine (et, dans une moindre mesure, en Biélorussie) qu’en Moscovie.

Il est donc plus exact de parler d’appropriation symbolique de l’héritage kiévien que de filiation directe.


Objection 3 : « Les populations finno-ougriens ont été totalement assimilées ; elles ne comptent plus. »

Réponse

L’assimilation culturelle ou linguistique ne fait pas disparaître rétroactivement les réalités démographiques historiques. L’argument selon lequel l’assimilation annulerait la pertinence du substrat ethnique est méthodologiquement infondé.

L’histoire comparative montre que :

  • les substrats démographiques influencent durablement la formation des sociétés,
  • l’assimilation n’équivaut pas à une continuité ethnique.

Dans le cas russe, la forte présence initiale de populations finno-ougriens dans la Russie du Nord-Est est attestée par :

  • la toponymie,
  • l’archéologie,
  • les sources chroniquées.

Leur assimilation ultérieure ne transforme pas la Moscovie en prolongement ethnique de la Rus’ slave.


Objection 4 : « Les Tatars n’ont eu qu’un rôle marginal et temporaire. »

Réponse

Cette objection est contredite par la recherche historique contemporaine. La domination de la Horde d’Or a duré plus de deux siècles et a profondément marqué :

  • les structures fiscales,
  • l’organisation administrative,
  • la formation de l’élite moscovite.

Les travaux de Pipes et Kappeler montrent que :

  • une part significative de la noblesse russe est d’origine tatare,
  • ces lignages ont été intégrés au cœur de l’État russe.

Il ne s’agit donc pas d’un épisode périphérique, mais d’un élément constitutif de la formation de la Russie.


Objection 5 : « Tous les peuples sont métissés ; la Russie n’est pas un cas particulier. »

Réponse

Cette objection relève d’un relativisme excessif. Certes, aucun peuple européen n’est ethniquement « pur ». Toutefois, l’analyse comparative montre que :

  • la proportion de substrats non slaves est nettement plus élevée en Russie moscovite que chez les autres peuples slaves,
  • la discontinuité géographique et démographique est plus marquée.

La Russie constitue donc non pas un cas unique de métissage, mais un cas atypique au sein du monde slave, ce qui invalide sa prétention à en être le représentant central.


Objection 6 : « Cette analyse est idéologique et russophobe. »

Réponse

Cette accusation procède d’une confusion entre critique scientifique et jugement de valeur. L’analyse proposée :

  • ne hiérarchise pas les peuples,
  • ne formule aucun jugement moral,
  • applique les mêmes critères comparatifs à tous les cas étudiés.

Des raisonnements analogues sont couramment admis pour la Hongrie, la Bulgarie ou la Roumanie sans susciter d’accusations d’hostilité culturelle. Qualifier cette analyse de « russophobe » relève donc d’une stratégie de disqualification, non d’un argument scientifique.


Objection 7 : « Le peuple russe se définit lui-même comme slave. »

Réponse

L’auto-identification contemporaine est un objet d’étude légitime en sociologie politique, mais elle ne constitue pas un critère suffisant en ethno-histoire. Les identités collectives sont historiquement construites, souvent a posteriori, et peuvent servir des objectifs politiques.

L’analyse historique ne consiste pas à valider les récits identitaires, mais à en examiner les conditions de formation.


Conclusion générale

Les objections classiques à l’analyse ethno-historique de la Russie reposent majoritairement sur :

  • des confusions conceptuelles (langue vs ethnie),
  • des récits hérités de l’historiographie impériale,
  • des stratégies de disqualification idéologique.

Aucune ne remet en cause, sur le fond, le constat central : la Russie ne présente pas, au sens comparatif, une continuité ethno-historique slave équivalente à celle des autres peuples slaves, et sa revendication à représenter le « monde slave » relève d’une construction idéologique historiquement située.


Why Does the Russian Frigate “Shtandart” Persist in Legal Actions with a Foregone Outcome?

This text presents court decisions, administrative documents, European and Russian sources, economic data, ongoing litigation, and ignored precedents.
It systematically and impartially compiles all possible avenues for understanding the persistence of legal actions by the Russian ship Shtandart, MMSI 518999255. Each avenue is examined with the same rigor, without hierarchy or imposed conclusion. It constitutes a unique analytical database, based on factual and documented elements, some of which have never been published or covered by any French media.

All lines of inquiry are addressed in this document. It considers the interests of lawyers, psychological factors, practices linked to weak rule of law, and so-called “Russian krysha” logics. It also questions the choice of France as a target and the potential role of Vladimir Martus in a destabilization strategy. These avenues are presented as hypotheses; the collective does not favor any and does not claim that any of them are definitively true.

No Shtandart in Europe relies exclusively on verifiable primary sources and does not aim to express opinions or draw definitive conclusions about the personal or strategic motivations of the Russian ship’s captain. Nevertheless, due to the apparent extreme irrationality of these legal actions, the collective seeks to open a discussion, welcoming participation and critical analysis from all readers.


PART I
Objective Assessment: Legally and Economically Irrational Legal Actions

PART II
Hypotheses Related to the Personality and Reference Frame of Vladimir Martus

PART III
Geopolitical and Informational Hypotheses

PART IV
Open Lines of Inquiry and Analytical Closure

CONCLUSION


a) Judicial Precedents

All decisions resulting from previous proceedings were unfavorable to the plaintiffs.

b) Plaintiffs

These two new legal proceedings, like the previous ones, are brought on behalf of three actors:

  • Vladimir Martus, Russian citizen, captain, and de facto owner of the Shtandart
  • Martus TV GmbH, a commercial company of Vladimir Martus, managing the ship
  • Mariia Martus, daughter of Vladimir Martus, official owner of the Shtandart, holding a Finnish passport

c) New Actions Filed

Le Télégramme, November 25, 2025: “…the ban on access to all European ports was confirmed by the Court of Justice of the European Union in an order issued on August 22, 2025. This is the latest legal decision following similar rulings by the Administrative Court of Rennes and the Council of State in 2024. The Shtandart’s lawyer, Maître Thierry Clerc, stated that an appeal has been filed against the EU court order… and that a substantive annulment procedure is still pending before the Administrative Court of Rennes.” Source

a) Appeal to the Administrative Court of Rennes

This concerns a reply brief introducing a challenge to Order No. 2403878 of July 11, 2024, which validated the Prefectoral Decree of Finistère prohibiting the Shtandart from accessing the department’s ports.

The reply brief filed on October 4, 2024, belongs to a separate substantive proceeding. It is formally admissible but no longer has real legal effect given the decisions already rendered.

The document is available online:
-> Me Enard-Bazire, Me Thierry Clerc, “Administrative Court of Rennes Annotated Reply Brief”, October 4, 2024.

It contains factual errors. The arguments are confusing, general and repetitive. They were already used in previous attempts to contest the legality of the prefectural decision. Since the Court of Justice of the European Union (CJEU) has already validated the positions of the No Shtandart in Europe collective, this brief cannot reverse the course of decisions or annul the decree.

The Shtandart’s legal position remains unchanged. The Russian ship is still subject to sanctions and prefectural decrees.

b) Appeal before the Court of Justice of the European Union (CJEU)

Vessels subject to sanctions are defined in paragraph 3(a) of Article 3ea of EU Regulation No. 833/2014. The original text stated:“Any ship falling under the relevant maritime conventions.” Article 4ha of the Common Foreign and Security Policy (CFSP) Decision No. 2024/1744 of June 24, 2024, added a clarification specifying “including replicas of historic ships.”

The Shtandart’s first appeal to the CJEU sought the annulment of this amendment. The Court dismissed the complaint, specifying that the Shtandart has been within the scope of port sanctions since April 16, 2022.

The second appeal of the Shtandart, Case AC-686/25, under discussion here, challenges this “interpretation.” Once again, it might attempt to demonstrate that the Russian ship is not subject to sanctions due to:

  • its new flag of convenience, Cook Islands, since June 6, 2024
  • its mode of construction
  • its allegedly “associative” nature (not justified)
  • its management by a (Russian) company based in Germany
  • its (questionable) status as a “training ship”
  • its new nominal owner, since spring 2024, a Russian citizen holding a Finnish passport
  • its “cultural” and “heritage” significance

Even if admitted, the action has extremely low chances of success. The previous decision confirmed the arguments of the No Shtandart in Europe collective.

The appeal has no suspensive effect on existing sanctions or prefectural decrees. It has no real impact on the legality of actions against the ship.

c) Ineffective Appeals and Paradoxical Persistence

These two procedures share several characteristics:

  • They do not suspend any measures
  • They do not open any new legal avenues
  • They take place within the framework of the Shtandart’s complete European isolation

I.3. Economic and Operational Irrationality

a) Financial Impact on the Shtandart and Its Supporters

Regardless of their limited legal value, these appeals generate significant costs for the Shtandart and its supporters. Between lawyer fees, filing briefs, and CJEU proceedings, each action consumes substantial resources. However, the ship has reported a lack of liquidity, as noted in the Russian press:
-> RIA Novosti, “Фрегату « Штандарт » не хватает средств на ремонт” (The frigate Shtandart lacks funds for repairs), October 17, 2024

Vladimir Martus has launched fundraising campaigns on the ship’s website and social media.
->Shtandart.eu, “Support the Shtandart ship”

The recipient entity, Martus TV GmbH, is presented as a non-profit association, but is in fact a commercial company based at a P.O. box in Hamburg. It is owned, controlled, and directed by the captain and de facto owner of the Shtandart. It is useful to know that the Shtandart shares a number of practices common to other Russian ships. These are currently the subject of intense scrutiny by Western countries.
-> No Shtandart in Europe, ‘Why is the sanctioned ship Shtandart part of Russia’s shadow fleet?’ 25 July 2025

Rather than changing the legal situation, such appeals appear to exhaust the Shtandart’s resources. They demonstrate the impossibility for Martus to sustainably support – by himself – a costly legal strategy on his own, while maintaining the appearance of continuous action.

b) Operational Deadlock

According to Vladimir Martus, performances at maritime festivals are normally the Shtandart’s primary source of funding. Participation in such events has become impossible in Europe, including France. The only exception in 2025 was the Semaine du Golfe in Morbihan, from May 26 to June 1.
-> No Shtandart in Europe, “What Can Be Concluded from the Russian Frigate Shtandart’s Participation in the 2025 Semaine du Golfe?” December 13, 2025

A supplementary activity remains: taking on paying passengers, called “trainees.” However, boarding and disembarkation opportunities have sharply decreased, creating high uncertainty and even cancellations. The program has become unattractive. In August and part of September 2025, at the peak season, the Shtandart remained docked in La Rochelle or anchored leeward of Île d’Aix.

Conversely, in autumn 2025, in Turkey, the Russian frigate participated in a film shoot and successive cruises. One report noted 37 people on board, crew and/or passengers, far exceeding the Shtandart’s usual complement in the Charente-Maritime waterways. It therefore seems logical for the ship to remain in the Eastern Mediterranean.

Consequently, the appeals and the stated objective of maintaining a presence in French ports are difficult to justify on public economic grounds.

I.4. Minimal Explanatory Hypothesis

The main beneficiaries of maintaining these appeals are Maître Thierry Clerc and the other lawyers of the Shtandart. Each procedure generates fees and requires further steps, giving them a direct financial interest. One cannot exclude that they may have excessively optimistically promised Vladimir Martus a hypothetical success to convince him to pursue legally weak and costly appeals.

This dynamic suggests that Vladimir Martus may not always act independently. It is possible that his appeals are partlyinstrumentalized by his lawyers. Meanwhile, the Shtandart’s captain must recognize that his legal advisors’ interventions have affected him financially and tactically.

By challenging the Prefect of Finistère’s decree and losing the summary proceeding on July 11, 2024, Maître Thierry Clerc generated a jurisprudence that directly or indirectly led to prefectural decrees in Côtes d’Armor, Ille-et-Vilaine, and Manche, where the Shtandart previously docked regularly.

It would have been more advantageous for the Russian ship to discreetly accept the Finistère ban, enabling easier continuation of its activities where opportunities to circumvent EU regulations still existed.

Instead of acting with restraint, Vladimir Martus attempted to force entry into the Brest harbor on July 11, 2024, but was blocked by a Navy patrol vessel. He conducted a media campaign denouncing the prefect’s decision during the Brest maritime festivital in 2024 and held a meeting before a large audience, denouncing “European injustice” and France’s submission to Brussels. Several media outlets reported on the event.
-> Ouest-France, “An Unjust Decision by Europe! In Brest, the banned Russian ship’s captain strikes back”, July 17, 2025

The summary proceeding was a legally counterproductive initiative by the Shtandart’s legal counsel. However, the ship’s captain contributed to its negative impact by ensuring wide publicity. It could no longer be ignored by public opinion or state representatives.

In any case, it is unlikely that the Shtandart’s lawyers were the sole decision-makers regarding these proceedings. Vladimir Martus’ personality is probably another triggering factor.


II.1. Psychological Dimension of Stubbornness

Beyond legal and financial aspects, Vladimir Martus’ stubbornness could be explained by a psychological dimension. His persistence in pursuing already-lost legal actions seems to stem from several mechanisms:

  • personal pride and protection of his image,
  • persistence in the face of investments already made (sunk cost bias),
  • a need for control and pressure on the authorities and the collective,
  • as well as a cognitive rigidity that makes accepting defeat difficult.

Vladimir Martus’ mindset and his relationship with authorities can be understood through his statements on August 18, 2024, on the Shandart Project Facebook page. He was referring to directives from the Maritime Prefect, Commander-in-Chief for the Atlantic.

Shandart Project, August 18, 2024: “Restrictions for port entry from Maritime administration is (sic) still in force. Sometimes it become (sic) even more ridiculous, see copies of their mails below.” Source

It is also worth recalling the course of his conflict with Dmitry Atlashkin, inspector for northern waters transport in Russia. Vladimir Martus infractions, errors, and already his stubbornness had led him to flee Russian ports and waters in 2009. Almost ten years later, he stated:

Zhizn’ mechty, 2018: “I managed to get us registered in the river registry. And they even gave us permission to go to Vyborg. Now I understand that it was a great gesture, but I did not appreciate it at its true value… I think today I would behave with more flexibility and diplomacy in many areas. But then I was young, sexy.” Source

For more information on Vladimir Martus’ history, one can refer to a collection of Russian documents:
-> No Shtandart in Europe, “Bibliography of Vladimir Martus, Russian texts”, 2007 to 2023.

Although it may seem surprising, Vladimir Martus’ personality is a parameter that must be considered in a case involving the French state, the European Union, and a representative of Russian imperial culture.

This psychological reading would be one element that helps explain why, despite legal certainty and the high cost of proceedings, Martus continues to engage in dilatory actions. It can be seen as both procedural harassment and a manifestation of deep personal motivations. It is also important to understand the framework that shaped the Russian captain.

One hypothesis deserves examination: the profound gap between the frame of reference in which Vladimir Martus reasons and that of an actor socialized in a European rule-of-law state.

Faced with now consistent and stabilized judicial decisions, a French or European actor would very likely have abandoned non-suspensive, costly litigation with no credible legal perspective.

However, the behavior observed in the Shtandart case runs counter to this rationality. It suggests another logic, in which law is not necessarily perceived as a mechanism to resolve a dispute, but as one tool among others in a broader power relationship—symbolic, political, or informational.

This difference can be explained by distinct modes of legal and political socialization, notably marked by:

  • a different relationship to judicial decisions,
  • another perception of the notion of defeat,
  • a possible valorization of persistence in confrontation.

The particularity of the Russian system is presented in an article by Isabelle Mandraud. Her document may offer new keys for explanation.
-> Le Monde, “In Russia, the Rule of Law in Question”, June 17, 2019

This is not about passing value judgment or drawing definitive conclusions, but about noting that this misunderstanding between two normative spheres can contribute to explaining the observed procedural relentlessness.

In a context of weakness or absence of the rule of law, the Russian citizen must, moreover, obtain protection whenever he or his activity goes beyond the ordinary sphere. This protection, called “krysha”, is an essential parameter.

II.3. Logic of “Krysha” and Collapse of the Protection System

Vladimir Martus’ behavior can also be explained by the origin of his political culture. In this environment, appeals and procedures are often used as instruments of pressure or negotiation, rather than as impartial means to assert one’s rights.

In Russia, the political-administrative system often operates according to the logic of the krysha rather than strict compliance with the law.

  • Krysha (Russian “roof”): an informal protection system based on networks of influence, aiming to circumvent or instrumentalize the law.

Krysha is not a deviation. It stems from the absence of the rule of law in Russia and is a reflex for those who have never learned to submit to an impersonal rule. Within this framework, Vladimir Martus’ behavior—circumventions, alternative narratives, interpositions, frontmen, and recourse to a shell structure—is not a mere individual strategy. It refers to a cultural and political pattern well documented in the press: the substitution of law by protection.

This approach, transplanted into another space, illustrates the incompatibility between his way of reasoning and the principles of litigation in a rule-of-law state.

It should be noted, however, that unlike other European countries, this method produced concrete effects in France for more than two years. The Shtandart obtained numerous protections against the application of the EU regulation from several agencies, including:

  • the Directorate General for Maritime Affairs, Fisheries and Aquaculture (DGAMPA),
  • the National Directorate for Intelligence and Customs Investigations (DNRED),
  • the General Secretariat for the Sea (SGMer),
  • the marina authority of La Rochelle,
  • the Charente-Maritime Prefecture…

On this subject, one can read in Le Parisien of November 30, 2025, a statement contrary to the actual applicable law: “Thierry Clerc (lawyer) states that appeals are ongoing and that the ship is still welcome at the port of La Rochelle.”

Primary sources relating to Vladimir Martus’ “krysha” in France are available in a collective publication:
-> No Shtandart in Europe, “French Authorities and the Special Privileges of the Russian Ship Shtandart, May 15, 2025.

These repeated, exceptional treatments, accompanied by legally unfounded communication regarding restrictive measures from the executive, were reported to the Commission. The 27 Member States of the European Council reprimanded France via CFSP Decision No. 2024/1744 of June 24, 2024. This led to the first unsuccessful referral of the Shtandart to the CJEU, as presented above.

The collapse of his French “krysha” since this decision is likely a source of frustration for Vladimir Martus and could push him toward conflict radicalization. This is the same reaction he had in 2007/2009 during his security dispute with Inspector Dmitry Atlashkin.

As we have seen, it is partially possible to explain the triggering of legal actions by Vladimir Martus’ personality, history, and societal reference frame, as well as by the interests of his legal counsel. Nevertheless, this case cannot be considered independently of the current geopolitical context and the tensions between the Russian Federation and Western countries.

It is necessary to consider it in light of the ship’s links with the regime of its country of origin. This approach leads us to propose additional hypotheses.


PART III
Geopolitical and Informational Hypotheses

III.1. Media and Narrative Instrumentalization

The case of the Shtandart fits into a broader dimension than mere administrative litigation.

From July 14, 2024, the collective and its spokesperson were publicly named by RIA Novosti, a Russian news agency, in a narrative hostile to European sanctions.
-> RIA Novosti, “Фрегат « Штандарт » стал мишенью проукраинских активистов в ЕС” (The frigate “Shtandart” targeted by pro-Ukrainian activists in the EU), July 14, 2024.

Since then, several Russian media outlets have relayed a convergent reading of the case. For them, Vladimir Martus is portrayed as a symbol of resistance to sanctions. Such a presentation reinforces his engagement. At the same time, it serves the regime’s propaganda, giving him legitimacy and visibility while reinforcing the perception of a weak, even ineffective, European opposition to Russian maneuvers.
-> Komsomolskaïa Pravda, “Российский парусник «Штандарт» сделает третью попытку нарушить европейские санкции” (Russian sailing ship Shtandart to make third attempt to break European sanctions), August 6, 2024.

This convergence between:

  • European judicial proceedings doomed to fail,
  • their relay by Russian media,
  • and a recurring narrative of victimization,

raises the hypothesis of informational instrumentalization, without it being possible at this stage to infer intent or command.

See also the hundreds of Russian articles on the Shtandart case since July 2024:
-> No Shtandart in Europe, The Shtandart, propaganda organs and Russian media”,2024/2025.

It is important to emphasize that this is not a matter of “co-opting” Vladimir Martus against his will by regime propaganda. It is indeed a deliberate choice by him, as shown by his “interview” videos addressed to Russian news agencies.

Thus, the Shtandart moves beyond usual considerations, as we have detailed:
-> Diploweb, “Russia. From Soft Power to Hybrid War. Case Study of Russian Influence in Europe: The Shtandart, November 25, 2025.

III.2. France as a Privileged Ground

One point deserves emphasis: France is the only country subject to litigation by Vladimir Martus, even though it has been and still is the most accommodating state toward the Shtandart.

For the year 2025 alone, in this context of general ban, the Russian frigate docked in Vendée and Morbihan. It also stayed frequently and for extended periods in La Rochelle (Charente-Maritime).

In this regard, in the so-called “Atlantic Kaliningrad”, the prefecture clearly stated that it did not intend to comply with the order issued on August 22, 2025, by the CJEU. To justify its position, it artificially opposes European regulation to maritime law, omitting to consider that the SOLAS convention (Safety of Life at Sea) is taken into account in paragraph 4 of the sanctions applied to the Shtandart.

Sud-Ouest, September 17, 2025: “Above European law applies international maritime law. The latter indicates that in case of technical need or unfavorable weather, vessels must be able to call at nearby ports. Any port is thus obliged to host the Shtandart if necessary,” reports the chief of staff. Source

La Rochelle constitutes a specific case in Europe. It would justify particular interest from the competent state services. The details have been made public:
-> Desk-Russie: “When the Russian ship Shtandart and La Rochelle defy European sanctions”, September 28, 2025.

Recently, the collective once again reported to the Commission the repeated circumventions of European regulations occurring in the maritime city:
-> No Shtandart in Europe, “Request for European Commission intervention regarding non-compliance with port sanctions in France (Morbihan and Charente-Maritime)”, December 17, 2025.

The ship is banned from all European ports, whether in the EU or not. The failure of the 2025 summer tour demonstrated the strict application of restrictive measures. Planned dockings in Ireland, the UK, Norway, Denmark, Belgium, Spain, and Portugal had to be canceled. For the last two countries, the Shtandart is also banned from their territorial waters. Five crew members or clients of the Shtandart were, moreover, arrested by Portuguese law enforcement in September 2025. However, no legal proceedings were initiated against any of these states.

This asymmetry suggests a strategic selection of France as a battleground for several reasons:

  • French authorities long sought accommodations or even tolerated circumvention practices, leaving a legally exploitable space.
  • Confidential privileges previously granted to the Shtandart were shared by Vladimir Martus and Thierry Clerc to exert pressure on French authorities, who found themselves in a legally vulnerable position.
  • The French judicial system likely allows for easier multiplication of appeals, even non-suspensive ones.
  • Other countries acted quickly and clearly, leaving little room for contestation.

In France, the Shtandart case has lasted more than three and a half years. In other states, it was resolved in less than fifteen days once authorities were alerted by the collective.

In view of the above, it would not be unfounded to consider that the Shtandart case exists in France only because it was built at and by the heart of its state apparatus. Without even mentioning possible channels of influence, the state would bear a much greater responsibility than the Shtandart lawyers or its captain. The latter ultimately acted only by exploiting the opportunity offered to him.

In this context, France can be seen as a “weak link” that some actors seek to instrumentalize.

This situation reinforces the hypothesis that the Shtandart could contribute, in particular, to creating internal controversies and weakening confidence in national or European institutions. As the Chief of the French Armed Forces (CEMA) recalled, France is a priority target of the Russian interference strategy.
-> LCI, General Thierry Burcard (CEMA), “The big file, France as Putin’s number one target. The alert”, July 11, 2025.

III.3. Strategy of Chaos and Destabilization

Without prejudging his level of awareness or intent, Vladimir Martus’ repeated actions can also be seen in a broader destabilization dynamic. These legal actions, judicial harassment, and associated media coverage may aim to:

  • Create fractures within civil society and in the relationship between citizens and authorities.
  • Fuel opposition to national and European institutions.
  • Erode confidence in the law and in the effectiveness of sanctions, giving the impression they can be circumvented.

This type of approach aligns with elements already well identified by a national weekly:
-> Challenges, “Russian interference: the strategy of chaos as a tool of massive destabilization”, August 5, 2025.

A French journalist, specializing in the Shtandart case, commented on this in the main regional daily:
-> Ouest-France: “Investigation. The Russian ship Shtandart waging Putin’s war even in the Gulf of Morbihan”, May 23, 2025.

III.4. Question of Financing

If the Shtandart plays a role, intentional or not, in a European destabilization strategy, its apparent financial difficulties may not be decisive.

Attention would then focus less on appeals for donations than on the objectives pursued and the payment channels for litigation and legal counsel.


PART IV
Open Lines of Inquiry and Analytical Closure

Without claiming exhaustiveness, it may be useful to explore other angles. More indirect elements could shed light on the persistence of these legal actions, without any being established with certainty.

The proceedings undertaken could serve to document a symbolic resistance, regardless of the likelihood of legal success.

They may also maintain ambiguity regarding practical consequences, even if the law remains unchanged.

The multiplication of appeals can also serve to assess institutional tolerance, observe administrative and judicial reactions, or detect potential procedural weaknesses.

Each setback could mobilize supporters, perceived as hostility, obstinacy, or refusal to close the conflict. Continuing the litigation would then appear preferable to accepting a definitive defeat.

These complementary lines of analysis remain hypothetical and aim to better understand a procedural behavior that is difficult to interpret according to usual standards of legal rationality.


CONCLUSION

The appeals before the Administrative Court of Rennes and the CJEU reveal a complex strategy. The collective limits itself to presenting verifiable facts, noting inconsistencies, and proposing open hypotheses, without making accusations or asserting certainties.

In both instances, the Shtandart exhibits a clear legal weakness:

  • at the Administrative Court of Rennes, the reply brief lacks foundation;
  • at the CJEU, the appeal regarding the interpretation of the regulation is unlikely to succeed.

The appeals have no suspensive effect and are legally ineffective. They persist despite clear and consistent rulings, justifying an analysis that goes beyond the strictly legal framework. These actions can be interpreted as dilatory harassment, with a possible instrumentalization of France as a strategic arena.

In this atypical situation, the collective considers that posing questions is part of an analytical, not accusatory, approach, contributing to understanding a phenomenon that goes beyond the simple case of the Shtandart.

Readers are invited to share their hypotheses in the comments, either nominally or anonymously. Their contributions will be included in updates to this article.

Почему российская фрегат «Штандарт» продолжает подавать судебные иски, исход которых уже предрешён?

В данном тексте изложены судебные решения, административные документы, европейские и российские источники, экономические данные, текущие споры и игнорируемые прецеденты.

Эта статья систематически и сбалансированно собирает все направления, помогающие попытаться понять упорство в судебных действиях российского судна «Штандарт», MMSI 518999255. Все они рассматриваются с одинаковой тщательностью, без иерархии и без навязывания выводов. Она представляет собой уникальную аналитическую базу данных, основанную на фактических и документированных материалах, некоторые из которых до сих пор не публиковались и не рассматривались ни одним французским СМИ.

Все направления исследования рассматриваются в этом документе. Рассматривается интерес адвокатов, психологический аспект, практика, связанная со слабостью верховенства закона, логика типа «русской крышевки». Также ставится вопрос о выборе Франции в качестве цели или о потенциальной роли Владимира Мартуса в стратегии дестабилизации. Эти направления сформулированы в качестве гипотез. Коллектив не отдаёт предпочтение ни одной из них. Он не утверждает, что какая-либо из них верна.
Коллектив No Shtandart in Europe опирается исключительно на проверяемые первичные источники и не ставит целью высказывать мнения или делать окончательные выводы о личных или стратегических мотивах капитана российского судна. Учитывая явно выраженную иррациональность этих исков, коллектив тем не менее решил инициироватьоткрытую дискуссию, в которой приветствуется участие и критический анализ каждого.


ЧАСТЬ I
Объективное наблюдение: юридически и экономически иррациональные иски

ЧАСТЬ II
Гипотезы, связанные с личностью и референтной системой Владимира Мартуса

ЧАСТЬ III
Геополитические и информационные гипотезы

ЧАСТЬ IV
Открытые направления и аналитическое завершение

ЗАКЛЮЧЕНИЕ


ЧАСТЬ I
Объективное наблюдение: юридически и экономически иррациональные иски

I.1. Фактическая и юридическая основа (предпосылки)

a) Судебные прецеденты

Все решения по предыдущим процедурам были неблагоприятны для истцов.

b) Истцы

Эти два новых судебных производства, как и предыдущие, ведутся от имени трёх участников:

  • Владимир Мартус, гражданин России, капитан и фактический владелец «Штандарта»,
  • MartusTVGmbH, коммерческая компания Владимира Мартуса, управляющая судном,
  • Мария Мартус, дочь Владимира Мартуса, официальный владелец «Штандарта», обладатель финского паспорта.

c) Новые поданные иски

Le Télégramme, 25 ноября 2025 г.: …запрет на доступ во все европейские порты был подтверждён судом Европейского союза постановлением от 22 августа 2025 г. Это последнее юридическое решение после аналогичных решений административного суда Ренна и Государственного совета в 2024 г. Адвокат «Штандарта», Мэтр Тьерри Клерк, уточняет, что подана апелляция против постановления суда Союза… и что основное производство по признанию недействительным продолжается в административном суде Ренна. Источник

I.2. Доказанная юридическая неэффективность

a) Иск в административный суд Ренна

Речь идёт о возражении* против постановления № 2403878 от 11 июля 2024 г., которое утвердило префектурный указ департамента Финистер, запрещающий доступ «Штандарта» в порты департамента.

* Возражение, поданное 4 октября 2024 г., относится к отдельному основному производству. Оно формально допустимо, но не имеет реального юридического эффекта с учётом уже вынесенных решений.

Документ доступен онлайн:
-> Me Enard-Bazire, Me Thierry Clerc, « Административный суд Ренна: аннотированная ответная записка (Фр) », 4 октября 2024 г.

В документе содержатся фактические ошибки. Аргументы общие и повторяющиеся, они уже использовались в предыдущих попытках оспорить законность префектурного решения. С учётом того, что Суд Европейского союза уже подтвердил позиции коллектива No Shtandart in Europe, это возражение не может изменить ход решений или отменить указ.
Юридическая позиция «Штандарта» остаётся неизменной. Российское судно продолжает подпадать под санкции и префектурные указы.

b) Иск в Суд Европейского союза (СЕС)

Судна, подпадающие под санкции, определены в пункте 3(a) статьи 3ea Регламента ЕС № 833/2014. В исходном тексте указывалось: «судно, подпадающее под действие соответствующих международных конвенций». Статья 4ha Решения о внешней политике и политике безопасности (CFSP) № 2024/1744 от 24 июня 2024 г. внеслауточнение, включая «копии исторических судов».

Первый иск «Штандарта» в СЕС требовал отмены этой поправки. Суд отклонил жалобу, указав, что «Штандарт» с 16 апреля 2022 г. уже подпадает под портовые санкции.

Второй иск «Штандарта», дело AC-686/25 в СЕС, рассматриваемый здесь, оспаривает это «толкование». Снова будет предпринята попытка доказать, что российское судно не подпадает под санкции по причине, вероятно:

  • нового флага регистрации, Острова Кука с 6 июня 2024 г.,
  • способа постройки,
  • «ассоциативного» характера (необоснованного),
  • управления компанией (русской), зарегистрированной в Германии,
  • предполагаемого назначения как «учебного судна»,
  • новой формальной владелицы с весны 2024 г., гражданки России с финским паспортом,
  • «культурной» и «наследственной» ценности…

Шансы на успех крайне малы. Предыдущее решение подтвердило аргументы коллектива No Shtandart in Europe.
Иск не имеет приостановительного действия по санкциям или префектурным указам и не оказывает реального влияния на законность действий против судна.

c) Бессмысленные иски и парадоксальное упорство

Оба производства имеют несколько общих черт:

  • они не приостанавливают никаких мер,
  • они не открывают новых юридических путей,
  • они вписываются в контекст полного европейского изоляции «Штандарта».

I.3. Экономическая и операционная иррациональность

a) Финансовое влияние на «Штандарт» и его поддерживающих

Независимо от их юридической ценности, эти иски создают значительные расходы для «Штандарта» и его поддерживающих. Между гонорарами адвокатов, подачей возражений и процедурами в СЕС каждая инициатива требует значительных ресурсов. Однако судно испытывает нехватку ликвидности, что было отмечено в российской прессе.
-> РИА Новости, «Фрегату « Штандарт » не хватает средств на ремонт», 17 октября 2024 г.

Владимир Мартус проводит кампании по сбору пожертвований на сайте судна и в социальных сетях.
-> Shtandart.eu, «Support the Shtandart ship»

Получатель — Martus TV GmbH — представлен как некоммерческая организация. На самом деле это коммерческая компания, зарегистрированная в почтовом ящике в Гамбурге. Она принадлежит, контролируется и управляется капитаном и фактическим владельцем «Штандарта». Полезно знать, что «Штандарт» использует ряд методов, которые также применяются на других российских судах. Сегодня они находятся в центре внимания западных стран.
-> No Shtandart in Europe, «Почему судно «Штандарт», на которое наложены санкции, входит в состав российского «фантомного флота»?», 25 июля 2025 г.

Вместо того чтобы изменить юридическую ситуацию, такие иски, по-видимому, истощают ресурсы «Штандарта». Они демонстрируют невозможность Мартуса самостоятельно поддерживать дорогостоящую судебную стратегию, сохраняя при этом видимость непрерывной активности.

b) Операционный тупик

По словам Владимира Мартуса, выступления на морских фестивалях обычно являются основным источником финансирования «Штандарта». Участие в подобных мероприятиях стало невозможным в Европе, включая Францию. Единственным исключением в 2025 г. была Semaine du Golfe в Морбиане с 26 мая по 1 июня.
-> No Shtandart in Europe, «Какие выводы следует сделать из участия российского фрегата «Штандарт» в Неделе залива Морбиан 2025 года?», 13 декабря 2025 г.

Осталась лишь дополнительная деятельность: приём платных пассажиров, называемых «стажёрами». Однако возможности посадки и высадки значительно сократились, создавая высокую неопределённость вплоть до отмены мероприятий. Программа стала мало привлекательной. В августе и части сентября 2025 г., в высокий сезон, «Штандарт» оставался у причала в Ла-Рошель или на якоре под ветром острова Айкс.

В то же время, прибыв осенью 2025 г. в Турцию, российский фрегат смог участвовать в съёмках фильма и проводить круизы. Свидетельство указывает на присутствие на борту 37 человек, экипажа и/или пассажиров, что значительно превышает численность «Штандарта» в Шарантских проливах. Поэтому логично, что судно осталось в Восточном Средиземноморье.

Следовательно, иски и заявленная цель сохранить присутствие в французских портах слабо оправданы экономическими соображениями.

I.4. Первая минимальная гипотеза объяснения

Основными выгодополучателями сохранения этих исков являются Мэтр Тьерри Клерк и другие адвокаты «Штандарта». Каждое производство приносит гонорары и требует новых действий, создавая прямой финансовый интерес. Нельзя исключать, что им чрезмерно оптимистично обещают Владимиру Мартусу гипотетический успех, чтобы убедить его продолжать юридически слабые и дорогостоящие иски.

Эта динамика предполагает, что Владимир Мартус не всегда действует автономно. Возможно, что его иски частично инструментализируются адвокатами. В то же время капитан «Штандарта» должен признать, что вмешательство его советников нанесло ему ущерб как в финансовом, так и в тактическом плане.

Атакуя префектурный указ Финистера и проиграв срочный иск 11 июля 2024 г., Мэтр Тьерри Клерк создал прецедент, который прямо или косвенно вызвал префектурные указы в Кот-д’Армор, Иль и Вилен и Манше, где до того «Штандарт» регулярно заходил в порты.

Для российского судна было бы выгоднее принять запрет Финистера тихо и продолжить деятельность там, где ещё оставались возможности обхода европейского регулирования.

Вместо осторожного подхода Владимир Мартус попытался пробиться в бухту Бреста 11 июля 2024 г., что было предотвращено патрульным кораблём национального флота. Он провёл медийную кампанию, направленную на осуждение решения префекта во время морских праздников Бреста 2024 и провёл собрание перед многочисленной аудиторией, где критиковал «несправедливость» Европы и подчинение Франции Брюсселю. Несколько СМИ освещали это событие.
->Ouest-France, «Несправедливое решение Европы! В Бресте капитан запрещенного российского судна перешел в наступление», 17 июля 2025 г.

Иск в срочном порядке был юридически контрпродуктивной инициативой со стороны советников «Штандарта». Но капитан способствовал его негативному эффекту, обеспечив широкую огласку. Его уже невозможно было игнорировать общественностью и представителями государства.

В любом случае, маловероятно, что советники «Штандарта» являются единственными лицами, принимающими решения по этим спорам. Личность Владимира Мартуса, вероятно, является одним из других триггерных факторов.

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ЧАСТЬ II
Гипотезы, связанные с личностью и референтной системой Владимира Мартуса

II.1. Психологический аспект упорства

Помимо юридических и финансовых аспектов, упорство Владимира Мартуса может объясняться психологическим фактором. Его продолжение заранее проигранных исков, по-видимому, связано с несколькими механизмами:

  • личная гордость и защита собственного имиджа,
  • настойчивость перед лицом уже сделанных вложений (эффект невозвратных затрат),
  • потребность в контроле и давлении на власти и коллектив,
  • когнитивная жёсткость, затрудняющая принятие поражения.

Менталитет Владимира Мартуса и его отношение к властям можно понять через его комментарии от 18 августа 2024 г. на странице Shandart Project в Facebook. Он ссылался на директивы морского префекта — главнокомандующего Атлантикой.

Shandart Project, 18 августа 2024 г.: «Restrictions for port entry from Maritime administration is (sic) still in force. Sometimes it become (sic) even more ridiculous, see copies of their mails below.» Источник

Следует также вспомнить его конфликт с инспектором транспортной службы Северных вод в России, Дмитрием Атлашкиным. Его правонарушения, ошибки и уже тогда проявившееся упорство заставили его покинуть российские порты и воды в 2009 году. Ниже приводится его воспоминание почти через десять лет:

Жизнь мечты, 2018: «Я добился того, что нас поставил на учет Речной регистр. И даже дал разрешение ходить до Выборга. Сейчас я понимаю, что это был широкий жест, но тогда я его не оценил… Думаю, что сегодня я во многих вопросах повел бы себя более гибко и дипломатично. Но тогда молод был, горяч.» Источник

Для более подробной информации об истории Владимира Мартуса можно обратиться к сборнику российских документов:
-> No Shtandart in Europe, «Библиография Владимира Мартуса, тексты на русском», 2007–2023 гг.

Хотя это может показаться удивительным, личность Владимира Мартуса является параметром, который необходимо учитывать в деле, затрагивающем французское государство, Европейский Союз и представителя российской имперской культуры.

Такой психологический анализ является одним из элементов, позволяющих понять, почему, несмотря на юридическую очевидность и высокую стоимость процедур, Мартус продолжает инициировать затяжные действия. Это можно рассматривать как поведение, связанное с процессуальным преследованием, а также как проявление глубоких личных мотиваций. Но столь же важно изучить матрицу, которая сформировала российского капитана.

II.2. Несоответствие юридической социализации

Следует рассмотреть гипотезу о глубоком разрыве между референтной системой, в которой рассуждает Владимир Мартус, и системой, усвоенной участником в европейском правовом государстве.

Столкнувшись с согласованными и устоявшимися судебными решениями, французский или европейский актор с высокой вероятностью отказался бы от несрочных, дорогостоящих исков без реальной юридической перспективы.

Однако поведение, наблюдаемое в деле «Штандарта», противоречит этой рациональности. Оно предполагает иную логику, в которой право не обязательно воспринимается как механизм разрешения спора, а как один из инструментов в более широкой силовой, символической, политической или информационной борьбе.

Это различие может объясняться различными формами юридической и политической социализации, характеризующимися, в частности:

  • другим отношением к судебному решению,
  • иной интерпретацией понятия поражения,
  • возможной ценностью настойчивости в противостоянии.

Особенности российской системы представлены в статье Изабель Мандро:
-> Le Monde, «В России правовое государство под вопросом», 17 июня 2019 г.

Речь не идёт о вынесении оценки или окончательных выводов, а о констатации того, что непонимание между двумя нормативными сферами может способствовать объяснению наблюдаемого процессуального упорства.

В условиях слабости или отсутствия правового государства российский гражданин должен, кроме того, получать защиту всякий раз, когда он сам или его деятельность выходят за рамки обычного порядка. Эта защита, называемая «крыша», является обязательным параметром.

II.3. Логика «крыши» и разрушение системы защиты

Поведение Владимира Мартуса также может объясняться происхождением его политической культуры. В такой среде иски и процедуры часто используются как инструменты давления или переговоров, а не как беспристрастные средства отстаивания прав.

В России политико-административная система часто функционирует по логике крыши*, а не на основе строгого соблюдения закона.
* Крыша — система неформальной защиты, основанная на сетях влияния, направленная на обход или инструментализацию закона.

Крыша не является отклонением. Она вытекает из отсутствия правового государства в России и является рефлексом для тех, кто никогда не учился подчиняться безличным правилам. В этом контексте поведение Владимира Мартуса — обходы, альтернативные нарративы, вмешательства, номинальные владельцы и использование прокси-структур — не является простой индивидуальной стратегией. Оно отражает культурную и политическую схему, хорошо документированную прессой: замену закона защитой.

Этот подход, перенесённый в другое пространство, иллюстрирует несоответствие его логики и принципов ведения споров в правовом государстве.

Следует подчеркнуть, что, в отличие от других европейских стран, этот метод дал конкретные результаты во Франции более двух лет. «Штандарт» получил множество защит от применения регламента ЕС со стороны нескольких органов, среди которых:

  • Генеральное управление морских дел, рыболовства и аквакультуры (DGAMPA),
  • Национальное управление разведки и таможенных расследований (DNRED),
  • Генеральный секретариат по морю (SGMer),
  • Управление порта для яхт в Ла-Рошель,
  • Префектура Шарант-Маритим…

По этому поводу в Le Parisien от 30 ноября 2025 г. приводится утверждение, противоречащее реальному состоянию права: «Тьерри Клерк уточняет, что в настоящее время поданы апелляции и что судно по-прежнему может причалить в порту Ла-Рошель

Первичные источники, касающиеся «крыши» Владимира Мартуса во Франции, доступны в публикации коллектива:
-> No Shtandart in Europe, «Французские власти и привилегии российского судна «Штандарт», 15 мая 2025 г.

Эти нестандартные и повторяющиеся действия, сопровождаемые юридически необоснованной коммуникацией о ограничительных мерах со стороны исполнительной власти, были доведены до Комиссии. 27 государств-членов Европейского совета напомнили Франции о порядке через решение CFSP № 2024/1744 от 24 июня 2024 г. Оно стало предметом первой безуспешной подачи в СЕС со стороны «Штандарта», как указано выше.

Разрушение его «французской крыши» после этого решения, вероятно, является источником фрустрации для Владимира Мартуса и может подтолкнуть его к конфликтной радикализации. Это была та же реакция, что и в 2007/2009 гг. при его споре по вопросам безопасности с инспектором Дмитрием Атлашкиным.

Как мы видели, частично запуск исков можно объяснить личностью, историей и социальным референтным полем Владимира Мартуса, а также интересами его советников. Однако невозможно рассматривать это дело в отрыве от текущего геополитического контекста и напряженности между Российской Федерацией и западными странами.

Необходимо обратить внимание на связи судна с режимом его страны происхождения. Этот подход приводит нас к выдвижению дополнительных гипотез.

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ЧАСТЬ III
Геополитические и информационные гипотезы

III.1. Медийная и нарративная инструментализация

Дело «Штандарта» выходит за рамки обычного административного спора.
С 14 июля 2024 года коллектив и его представитель были публично обозначены агентством RIA Novosti, российским информационным агентством, в нарративе, враждебном европейским санкциям.
-> РИА Новости, «Фрегат « Штандарт » стал мишенью проукраинских активистов в ЕС», 14 июля 2024 г.

С тех пор несколько российских СМИ транслируют согласованное видение дела. Для них Владимир Мартус представлен как символ сопротивления санкциям. Такое представление усиливает его вовлечённость. Параллельно оно служит пропаганде режима, придаёт ему легитимность и видимость, одновременно создавая впечатление слабой или неэффективной европейской оппозиции против российских манёвров.
-> Комсомо́льская пра́вда, «Российский парусник «Штандарт» сделает третью попытку нарушить европейские санкции», 6 августа 2024 г.

Это совпадение:

  • заранее обречённых на неудачу европейских судебных процедур,
  • их освещения российскими СМИ,
  • и повторяющейся риторики виктимизации,

порождает гипотезу информационной инструментализации, при этом на данном этапе невозможно установить наличие намерения или командования.

См. также сотни российских статей о деле «Штандарта» с июля 2024 года:
-> Досье No Shtandart in Europe, «Штандарт, пропагандистские органы и российские СМИ», 2024/2025 гг.

Важно подчеркнуть, что речь не идёт о «вовлечении» Владимира Мартуса против его воли пропагандой режима. Это был осознанный выбор самого Мартуса, что подтверждается его видеоинтервью для российских информационных агентств.

Таким образом, «Штандарт» выходит за рамки обычных соображений, как мы детально показали:
-> Diploweb, «Россия. От мягкой силы к гибридной войне. Кейс-стади о влиянии России в Европе: «Штандарт», 25 ноября 2025 г.

III.2. Франция как привилегированная территория

Следует подчеркнуть: Франция — единственная страна, в отношении которой Владимир Мартус инициировал судебные действия, несмотря на то, что она была и остаётся самым снисходительным государством по отношению к «Штандарту».

Только в 2025 году, в условиях общего запрета, российская фрегата заходила в Вандею и Морбиан, а также длительно и часто оставалась в Ла-Рошель (Шарант-Маритим).

В «атлантической Калининградской зоне» префектура ясно дала понять, что не намерена выполнять постановление Суда ЕС от 22 августа 2025 года. Чтобы оправдать свою позицию, она искусственно противопоставляет европейский регламент морскому праву, при этом не учитывая, что Конвенция SOLAS (Safety of Life at Sea) включена в пункт 4 санкций, применяемых к «Штандарту».

Sud-Ouest, 17 сентября 2025 г.: «Над европейским правом действует международное морское право. Оно указывает, что в случае технической необходимости или неблагоприятной погоды суда должны иметь возможность заходить в ближайшие порты. Любой порт обязан принять «Штандарт» при необходимости», — сообщает директор кабинета. Источник

Ла-Рошель представляет собой особый случай в Европе, который может вызвать особый интерес компетентных государственных служб. Детали были обнародованы:
-> Desk-Russie: «Когда российское судно Штандарт и Ла-Рошель бросают вызов европейским санкциям», 28 сентября 2025 г.

Недавно коллектив вновь сообщил в Комиссию о многократных обходах европейского регламента в этом морском городе:
-> No Shtandart in Europe, «Запрос о вмешательстве Европейской комиссии по поводу несоблюдения портовых санкций во Франции (Морбиан и Шарант-Маритим)», 17 декабря 2025 г.

Судно запрещено во всех европейских портах, независимо от того, входят они в ЕС или нет. Неудача летнего тура 2025 года продемонстрировала строгую реализацию ограничительных мер. Запланированные заходы в Ирландию, Великобританию, Норвегию, Данию, Бельгию, Испанию и Португалию пришлось отменить. Для Испании и Португалии «Штандарт» дополнительно запрещён во внутренних водах. Пять членов экипажа или клиентов судна были задержаны португальскими властями в сентябре 2025 года. Однако ни одна судебная процедура против этих государств не инициировалась.

Эта асимметрия указывает на стратегический выбор Франции в качестве поля противостояния по нескольким причинам:

  • Долгое стремление французских властей к компромиссам или толерантность к обходным практикам создавали юридически используемое пространство.
  • Конфиденциальные льготы, ранее предоставленные «Штандарту», были использованы Владимиром Мартусом и Тьерри Клерком для давления на французские власти, поставив их в уязвимое процессуальное положение.
  • Судебная система Франции, вероятно, позволяет легче многократное инициирование исков, даже если они не имеют приостановительного эффекта.
  • Другие страны действовали быстро и ясно, оставляя мало пространства для оспаривания.

Во Франции дело «Штандарта» длится более трёх с половиной лет. В других государствах оно было решено менее чем за пятнадцать дней после уведомления их властей коллективом.

С учётом вышеизложенного не будет неправомерным считать, что дело «Штандарта» существует во Франции лишь потому, что оно было создано в самом сердце её государственного аппарата. Даже не учитывая возможные каналы влияния, ответственность здесь гораздо выше, чем у юристов «Штандарта» или его капитана. Последний лишь воспользовался предоставленной ему возможностью.

В этом контексте Францию можно рассматривать как «слабое звено», которое некоторые акторы стремятся инструментализировать.

Эта ситуация усиливает гипотезу о том, что «Штандарт» может способствовать созданию внутренних споров и ослаблению доверия к национальным и европейским институтам. Как напоминал начальник штаба вооружённых сил (CEMA), Франция является одной из приоритетных целей стратегии российского вмешательства.
-> LCI, генерал Тьерри Бюркард (CEMA), «Большое досье: Франция — цель номер один для Путина. Предупреждение», 11 июля 2025 г.

III.3. Стратегия хаоса и дестабилизация

Не предвосхищая уровень сознания или намерения, повторяющиеся действия Владимира Мартуса могут вписываться в более широкую динамику дестабилизации. Эти иски, судебный террор и сопровождаемая медиаподдержка могут быть направлены, в частности, на:

  • Создание разломов в гражданском обществе и во взаимоотношениях граждан с властями.
  • Подпитывание протестов против национальных и европейских институтов.
  • Подрыв доверия к праву и эффективности санкций, создавая впечатление, что их можно обойти.

Такой подход соответствует элементам, уже идентифицированным национальным еженедельником:
-> Challenges, «Российское вмешательство: стратегия хаоса как оружие массовой дестабилизации», 5 августа 2025 г.

Французский журналист, специалист по делу «Штандарта», высказалась по этому поводу в ведущей региональной газете:
-> Ouest-France, «Расследование. Российское судно «Штандарт» ведёт войну Путина в заливе Морбиан», 23 мая 2025 г.

III.4. Вопрос финансирования

Если «Штандарт» играет роль, намеренно или нет, в стратегии европейской дестабилизации, его кажущееся сложное финансовое положение может быть не решающим.

Внимание будет сосредоточено скорее не на сборе пожертвований, а на целях, которые преследуются, и на схемах оплаты судебных споров и юридических консультаций.

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ЧАСТЬ IV
Открытые направления и аналитическое завершение

Без претензии на полноту, может быть полезно рассмотреть и другие углы. Более косвенные элементы могут пролить свет на устойчивость этих исков, хотя ни один из них не установлен с полной уверенностью.

Инициированные процедуры могут служить для документирования символического сопротивления, независимо от шансов на юридический успех.

Они также могут сохранять неопределённость относительно практических последствий, даже если право остаётся неизменным.

Множество исков может также использоваться для оценки институциональной терпимости, наблюдения за административными и судебными реакциями или выявления возможных процедурных уязвимостей.

Каждое поражение может мобилизовать сторонников, воспринимаемое как враждебность, упорство или отказ завершить конфликт. Продолжение процесса тогда кажется предпочтительнее принятия окончательного поражения.

Эти аналитические направления, дополняющие друг друга, остаются гипотетическими и направлены на лучшее понимание процессуального поведения. Их трудно интерпретировать согласно обычным стандартам юридической рациональности.

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ЗАКЛЮЧЕНИЕ

Иски в административный суд (ТА) Ренна и в Суд ЕС демонстрируют сложную стратегию. Коллектив ограничивается представлением проверяемых фактов, фиксирует несоответствия и предлагает открытые гипотезы, не формулируя обвинений и не утверждая достоверность.

В обоих инстанциях «Штандарт» демонстрирует явную юридическую слабость:

  • в ТА Ренна возражение по существу не имеет основания;
  • в Суде ЕС иск по толкованию регламента имеет крайне низкие шансы на успех.

Иски не имеют приостановительного действия и юридически неэффективны. Они продолжаются несмотря на ясные и согласованные решения, что оправдывает анализ, выходящий за рамки строгого юридического подхода. Эти действия могут рассматриваться как процессуальный террор, с возможной инструментализацией Франции как стратегической площадки для действий.

В этой нестандартной ситуации коллектив считает, что постановка вопросов является аналитическим, а не обвинительным подходом, способствуя пониманию феномена, выходящего за рамки простого случая «Штандарта».

Читателей приглашают делиться своими гипотезами в комментариях, анонимно или под именем. Их вклад будет включён в обновления этой статьи.

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Pourquoi la frégate russe “Shtandart” persiste-t-elle dans des recours judiciaires dont l’issue est déjà scellée ?

Le présent texte expose des décisions de justice, des documents administratifs, des sources européennes et russes, des données économiques, les contentieux en cours et les précédents ignorés. 
Cet article rassemble, de manière méthodique et équilibrée, l’ensemble des pistes contribuant à tenter de comprendre la persistance des recours du navire russe “Shtandart”, MMSI 518999255. Toutes sont examinées avec la même rigueur, sans hiérarchie ni conclusion imposée. Il constitue une base de données analytique inédite, fondée sur des éléments factuels et documentés qui, pour certains, n’ont été ni publiés ni traités, à ce jour, par aucun média français.

⚠️ Précisions méthodologiques

Tous les  axes d’examen sont  abordés dans ce document. On envisage l’intérêt des avocats, la dimension psychologique, les pratiques relatives à la faiblesse de l’État de droit, les logiques de type “krysha russe”. On s’interroge sur le choix de la France comme cible ou le rôle potentiel de Vladimir Martus dans une stratégie de déstabilisation. Ces vecteurs sont formulés à titre d’hypothèses. Le collectif n’en privilégie aucune. Il n’affirme pas qu’une seule d’entre elles soit véridique.

No Shtandart in Europe se base exclusivement sur des sources primaires vérifiables et n’a pas vocation à produire des opinions ou à tirer des conclusions définitives sur les motivations personnelles ou stratégiques du capitaine du navire russe. Du fait de l’extrême irrationalité apparente de ces recours, le collectif a souhaité néanmoins lancer une réflexion ouverte, dans laquelle la participation et l’analyse critique de chacun sont les bienvenues.

PARTIE I
Constat objectif : des recours juridiquement et économiquement irrationnels

PARTIE II
Hypothèses liées à la personnalité et au référentiel de Vladimir Martus

PARTIE III
Hypothèses géopolitiques et informationnelles

PARTIE IV
Pistes ouvertes et clôture analytique

CONCLUSION


PARTIE I
Constat objectif : des recours juridiquement et économiquement irrationnels

I.1. Socle factuel et juridique (prémisses)

a) Précédents judiciaires

– Tribunal administratif de Rennes, ordonnance nº 2403878, 11 juillet 2024
– Conseil d’État, arrêté nº 496439, 18 novembre 2024
– Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), affaire T-446/24, 22 août 2025

Toutes les décisions résultant des procédures précédentes ont été défavorables aux plaignants.

b) Plaignants

Ces deux nouvelles procédures judiciaires, comme les précédentes, sont menées au nom de trois acteurs : 

  • Vladimir Martus, citoyen russe, capitaine et propriétaire de facto du Shtandart
  • MartusTVGmbH, société commerciale de Vladimir Martus, gestionnaire du navire,
  • Mariia Martus, fille de Vladimir Martus, propriétaire officielle du Shtandart, titulaire d’un passeport finlandais.

c) Nouveaux recours soumis

Le Télégramme, 25 novembre 2025 : …l’interdiction d’accès à tous les ports européens a été confirmée par le tribunal de la cour de justice européenne, lors d’une ordonnance rendue le 22 août 2025. Dernière décision juridique en date après celles, allant dans le même sens, rendues par le tribunal administratif de Rennes et le Conseil d’État, en 2024. Avocat du Shtandart, Maître Thierry Clerc précise qu’un pourvoi a été formé contre l’ordonnance du tribunal de l’Union européenne… et qu’une procédure au fond en nullité est toujours pendante devant le tribunal administratif de Rennes. Source 

I.2. Inefficacité juridique avérée

a) Recours au tribunal administratif (TA)de Rennes

Il s’agit d’un mémoire en réplique* introduisant une contestation de l’ordonnance nº 2403878 du 11 juillet 2024. Celle-ci validait l’arrêté préfectoral du Finistère interdisant l’accès du Shtandart aux ports du département.

* Le mémoire en réplique déposé le 4 octobre 2024 relève d’une instance distincte au fond. Il est formellement recevable, mais n’a plus d’effet juridique réel au regard des décisions déjà intervenues. 

Le document est consultable en ligne :  
-> Me Enard-Bazire, Me Thierry Clerc, « TA de Rennes Mémoire en Réplique annoté », 4 octobre 2024.

Il y apparaît des erreurs factuelles. Les arguments sont confus, généraux et répétitifs. Ils ont été utilisés dans les précédentes tentatives visant à contester la légalité de la décision préfectorale. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) ayant déjà validé les positions du collectif No Shtandart in Europe, ce mémoire ne peut pas inverser le cours des décisions ni annuler l’arrêté.

La position juridique du Shtandart est inchangée. Le navire russe reste soumis aux sanctions et aux arrêtés préfectoraux .

b) Recours devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE)

Les embarcations concernées par les sanctions sont définies au paragraphe 3(a) de l’article 3 sexies bis du règlement UE nº 833/2014. Le texte initial indiquait : « Tout navire relevant des conventions maritimes pertinentes ». L’article 4 nonies bis de la décision de politique étrangère et de sécurité commune (PESC) nº 2024/1744 du 24 juin 2024 a apporté une précision (« clarification » dans le texte en anglais) spécifiant« y compris les répliques de navires historiques ». 

Le premier recours du Shtandart devant la CJUE demandait l’annulation de cet amendement. La Cour a rejeté la plainte en spécifiant que, de toute façon, le Shtandart entrait dans le champ des sanctions portuaires depuis le 16 avril 2022.

Le deuxième recours du Shtandart, affaire AC-686/25, devant la CJUE, dont il est question ici, conteste cette « interprétation ». Une nouvelle fois, il sera tenté de démontrer que le navire russe n’entre pas dans le champ des sanctions en raison probablement :

  • de son nouveau pavillon de complaisance, Îles Cook depuis le 6 juin 2024
  • de son mode de construction, 
  • de son caractère « associatif » (non justifié), 
  • de sa gestion par une société (russe) domiciliée en Allemagne,
  • de sa vocation (contestable) de « navire école »,
  • de sa nouvelle propriétaire prête-nom, depuis le printemps 2024, une citoyenne russe ayant un passeport finlandais,
  • de sa dimension « culturelle » et « patrimoniale »…

L’action, si tant est qu’elle soit admise, a des chances extrêmement faibles. La décision précédente a confirmé les arguments du collectif No Shtandart in Europe.

Le recours n’a aucun effet suspensif sur les sanctions ou sur les arrêtés préfectoraux existants. Il n’a pas d’impact réel sur la légalité des actions contre le navire.

c) Recours sans effet et persistance paradoxale

Ces deux procédures partagent plusieurs caractéristiques :

  • elles ne suspendent aucune mesure,
  • elles n’ouvrent aucune voie juridique nouvelle,
  • elles s’inscrivent dans le cadre d’un isolement européen complet du Shtandart.

I.3. Irrationalité économique et opérationnelle

a) Impact financier sur le Shtandart et ses soutiens

Indépendamment de leur valeur juridique limitée, ces recours engendrent des coûts significatifs pour le Shtandart et ses soutiens. Entre les frais d’avocat, les dépôts de mémoire et les procédures devant la CJUE, chaque démarche mobilise des ressources significatives. Cependant, le navire fait état d’un manque de liquidité. Cela a été annoncé notamment dans la presse russe. 
-> RIA Novosti, « Фрегату « Штандарт » не хватает средств на ремонт » (La frégate « Shtandart » manque de fonds pour ses réparations), 17 octobre 2024 

Vladimir Martus lance des campagnes d’appel aux dons sur le site web du navire et sur ses réseaux sociaux.
-> Shtandart.eu, « Support the Shtandart ship » 

L’entité récipiendaire, Martus TV GmbH, y est présentée comme une association sans but lucratif. Il s’agit en fait d’une entreprise commerciale domiciliée dans une boîte postale de Hambourg. Elle est détenue, contrôlée et dirigée par le capitaine et propriétaire de facto du Shtandart. Il est utile de savoir que le Shtandart partage un certain nombre de pratiques communes à d’autres navires russes. Elles font, aujourd’hui, l’objet d’une attention soutenue de la part des pays occidentaux.
-> No Shtandart in Europe, « Pourquoi le navire sous sanctions Shtandart fait-il partie de la flotte fantôme russe ? » 25 juillet 2025

Plutôt que de modifier la situation juridique, de tels recours paraissent épuiser les ressources du Shtandart. Ils démontrent l’impossibilité pour Martus de soutenir durablement – par lui-même – une stratégie judiciaire coûteuse, tout en maintenant l’apparence d’une action continue.

b)  Impasse  opérationnelle

Selon Vladimir Martus, les prestations, lors des festivals maritimes, sont normalement la première source de financement du Shtandart. La participation à ce type d’événement est devenue impossible en Europe, y compris en France. La seule exception pour l’année 2025 fut la Semaine du Golfe dans le Morbihan, du 26 mai au 1er juin.
-> No Shtandart in Europe, « Que faut-il conclure de la participation de la frégate russe « Shtandart » à la Semaine du Golfe 2025 ? » 13 décembre 2025 

Il ne subsiste qu’une activité complémentaire. Elle consiste à prendre à bord des passagers payants, appelés « stagiaires ». Cependant, les possibilités d’embarquement et de débarquement se sont très fortement réduites créant de fortes incertitudes allant jusqu’à l’annulation des prestations. Le programme est devenu peu attractif. En août et sur une partie de septembre 2025, en pleine saison, le Shtandart est resté à quai à La Rochelle ou au mouillage sous le vent de l’île d’Aix.

A contrario, arrivée au cours de l’automne 2025, en Turquie, la frégate russe a pu participer à un tournage de film et enchaîner les croisières. Un témoignage y a fait état de la présence de 37 personnes à bord, équipiers et/ou passagers. L’auteur indique que ce nombre était très largement supérieur à l’effectif du Shtandart dans les pertuis charentais. Il semblerait donc logique que le navire reste en Méditerranée orientale.

En conséquence, les recours et l’objectif affiché de maintenir une présence dans les ports français apparaissent difficilement justifiables par des considérations économiques publiques.

I.4. Première hypothèse explicative minimale

Les principaux bénéficiaires du maintien de ces recours sont Me Thierry Clerc et les autres avocats du Shtandart. Chaque procédure génère des honoraires, et  nécessite de nouvelles démarches, leur causant ainsi un intérêt financier direct. On ne peut exclure le fait qu’ils  promettent de manière excessivement optimiste à Vladimir Martus un succès hypothétique, afin de le convaincre de poursuivre des recours juridiquement faibles et coûteux.

Cette dynamique suggère que Vladimir Martus n’agirait pas toujours de manière autonome. Il est possible que ses recours puissent être en partie instrumentalisés par ses avocats. Parallèlement, le capitaine du Shtandart doit constater que les interventions de ses conseils l’ont affecté tant financièrement que tactiquement. 

En attaquant l’arrêté du préfet du Finistère et en perdant son référé le 11 juillet 2024, Me Thierry Clerc a  été à l’origine d’une jurisprudence. Elle a causé, directement ou indirectement, les arrêtés préfectoraux des Côtes d’Armor, d’Ille-et-Vilaine et de la Manche où, jusqu’alors, le Shtandart faisait escale régulièrement. 

Il aurait été plus avantageux pour le navire russe de prendre acte du bannissement finistérien, de manière discrète. Il aurait pu poursuivre plus aisément son activité, là où il avait encore des opportunités de contournement du règlement européen. 

Au lieu d’agir avec réserve, Vladimir Martus a tenté de forcer l’accès à la rade de Brest, le 11 juillet 2024. Il en a été empêché par un patrouilleur de la marine nationale. Il a fait une communication médiatique centrée sur la dénonciation de la décision du préfet lors des fêtes maritimes de Brest 2024 et a tenu une réunion devant un public nombreux. Vladimir Martus y dénonçait l’ « injustice » européenne et la soumission de la France à Bruxelles. Plusieurs médias ont rendu compte de cet événement.
-> Ouest-France, « Une décision injuste de l’Europe ! » À Brest, le capitaine du navire russe banni à l’offensive », 17 juillet 2025 

L’action en référé était une initiative juridiquement contre-productive de la part des conseils du Shtandart. Mais le capitaine du navire a contribué à son impact négatif en lui assurant une large publicité. Elle ne pouvait plus être ignorée par l’opinion et les représentants de l’État. 

Quoi qu’il en soit, on ne peut vraisemblablement pas considérer que les conseils du Shtandart soient les seuls décisionnaires concernant ces contentieux. La personnalité de Vladimir Martus est probablement un des autres éléments déclencheurs.

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PARTIE II
Hypothèses liées à la personnalité et au référentiel de Vladimir Martus

II.1. Dimension psychologique de l’entêtement

Au-delà des aspects juridiques et financiers, l’entêtement de Vladimir Martus pourrait s’expliquer par une dimension psychologique. Son maintien de recours perdus d’avance semble relever de plusieurs mécanismes : 

  • la fierté personnelle et la protection de son image
  • la persistance face aux investissements déjà engagés (biais des coûts irrécupérables), 
  • un besoin de contrôle et de pression sur les autorités et sur le collectif
  • ainsi qu’une rigidité cognitive qui rend difficile l’acceptation d’une défaite.

L’état d’esprit de Vladimir Martus et son rapport aux autorités peuvent se comprendre à travers ses propos tenus, le 18 août 2024, sur la page Facebook de Shandart Project. Il faisait référence aux directives du préfet maritime commandant en chef pour l’Atlantique.

Shandart Project, 18 août 2024 : « Restrictions for port entry from Maritime administration is (sic) still in force. Sometimes it become (sic) even more ridiculous, see copies of their mails below. » Source 

Il convient également de rappeler le déroulement de son conflit avec l’inspecteur des transports des eaux du Nord en Russie, Dmitry Atlashkin. Ses infractions, ses erreurs et, déjà, son entêtement l’avaient amené à fuir les ports et les eaux russes, en 2009. On lira, ci-dessous, ce qu’il confiait, presque dix ans plus tard : 

Zhizn’ mechty, 2018 : “J’ai réussi à ce que nous soyons inscrits au registre fluvial. Et on nous a même donné la permission d’aller à Vyborg. Maintenant je comprends que c’était un grand geste, mais je ne l’avais pas apprécié à juste valeur… Je pense qu’aujourd’hui, je me comporterais avec plus de souplesse et de diplomatie dans de nombreux domaines. Mais alors j’étais jeune, sexy.” Source 

Pour plus d’information sur l’historique de Vladimir Martus il est possible de se rapporter à un ensemble de documents russes.
-> No Shtandart in Europe, “Bibliographie de Vladimir Martus, textes russes traduits en français”, 2007 à 2023.

Bien que cela puisse paraître surprenant, la personnalité de Vladimir Martus est un paramètre qu’il est nécessaire de prendre en compte dans une affaire impliquant l’État français, l’Union européenne et un représentant de la culture impériale russe.

Cette lecture psychologique serait un des éléments permettant de comprendre pourquoi, malgré l’évidence juridique et le coût élevé des procédures, Martus continue à engager des actions dilatoires. Il s’agirait alors autant d’un comportement de harcèlement procédural que d’une manifestation de motivations personnelles profondes. Mais il est tout aussi judicieux de prendre connaissance de la matrice qui a façonné le capitaine russe.

II.2. Décalage de socialisation juridique

Une hypothèse mérite examen : le décalage profond entre le cadre de référence dans lequel raisonne Vladimir Martus et celui d’un acteur socialisé dans un État de droit européen.

Face à des décisions juridictionnelles désormais concordantes et stabilisées un acteur français ou européen aurait très vraisemblablement renoncé à des contentieux non suspensifs, coûteux et dépourvus de toute perspective juridique crédible.

Or, le comportement observé dans l’affaire du Shtandart s’inscrit à rebours de cette rationalité. Il suggère une autre logique, dans laquelle le droit n’est pas nécessairement perçu comme un mécanisme destiné à trancher un litige, mais comme un outil parmi d’autres dans un rapport de force plus large, symbolique, politique ou informationnel.

Cette différence peut s’expliquer par des modes de socialisation juridique et politique distincts, marqués notamment par :

  • un rapport différent à la décision judiciaire,
  • une autre perception de la notion de défaite,
  • une valorisation possible de la persistance dans la confrontation.

La particularité du système russe est présentée dans un article d’Isabelle Mandraud. Son document peut permettre d’envisager de nouvelles clefs d’explication.
-> Le Monde, “En Russie, l’Etat de droit en question”, 17 juin 2019.

Il ne s’agit pas de porter un jugement de valeur ni de tirer des conclusions définitives, mais de constater que cette incompréhension entre deux sphères normatives peut contribuer à expliquer l’acharnement procédural observé.

Dans un contexte de faiblesse ou d’inexistence de l’État de droit, le citoyen russe doit, par ailleurs, obtenir une protection dès lors que lui-même ou son activité sortent du registre ordinaire. Cette protection appelée “krysha” est un paramètre incontournable.

II.3. Logique de “krysha” et effondrement du système de protection

Le comportement de Vladimir Martus peut également s’expliquer par l’origine de sa culture politique. Dans cet environnement, les recours et procédures sont fréquemment utilisés comme instruments de pression ou de négociation, plutôt que comme moyens impartiaux de faire valoir ses droits.

En Russie, le système politico-administratif fonctionne souvent selon la logique de la krysha* plutôt que sur le respect strict de la loi. 
* Krysha (russe “toit”) : système de protection informelle fondé sur des réseaux d’influence, visant à contourner ou à instrumentaliser le droit.

La krysha n’est pas une dérive. Elle découle de l’absence d’État de droit en Russie, et est un réflexe pour ceux qui n’ont jamais appris à se soumettre à une règle impersonnelle. Dans ce cadre, le comportement de Vladimir Martus — fait de contournements, de narratifs alternatifs, d’interpositions, de prête-nom et de recours à une structure écran — ne relève pas d’une simple stratégie individuelle. Il fait référence à un schéma culturel et politique bien documenté par la presse : celui de la substitution de la loi par la protection.

Cette approche, transposée dans un autre espace, illustre l’incompatibilité entre sa façon de raisonner et les principes du contentieux dans un État de droit.

Il faut néanmoins souligner que, à la différence des autres pays européens, cette méthode a produit des effets concrets en France pendant plus de deux ans. Le Shtandart a obtenu de nombreuses protections contre l’application du règlement UE de la part de plusieurs organismes, parmi lesquels :

  • la direction générale des Affaires maritimes de la pêche et de l’aquaculture (DGAMPA), 
  • la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), 
  • le secrétariat général de la mer (SGMer), 
  • la direction du port de plaisance de La Rochelle, 
  • la préfecture de Charente-Maritime…

À ce sujet, on peut lire, dans Le Parisien du 30 novembre 2025, une affirmation en contradiction avec l’état réel du droit applicable : “Me Thierry Clerc précise que des recours sont en cours et que le bateau est toujours le bienvenu au port de La Rochelle

Les sources primaires relatives à la “krysha” de Vladimir Martus en France sont disponibles dans une publication du collectif : 
-> No Shtandart in Europe“Les autorités françaises et les passe-droits du navire russe Shtandart ”, 15 mai 2025.

Ces traitements hors normes, répétés et accompagnés d’une communication juridiquement infondée des mesures restrictives émanant du pouvoir exécutif ont été signalés à la Commission. Les 27 États membres du Conseil européen ont rappelé à l’ordre la France via la décision PESC nº 2024/1744 du 24 juin 2024. Celle-ci a fait l’objet de la première saisine infructueuse de la CJUE par le Shtandart comme présenté ci-dessus. 

L’effondrement de sa “krysha” française depuis cette décision constitue probablement une source de frustration pour Vladimir Martus et pourrait le pousser à uneradicalisation conflictuelle. C’est la même réaction qu’il avait eu, en 2007/2009, lors de son litige sur la sécurité avec l’inspecteur Dmitry Atlashkin.

Ainsi que nous l’avons vu, il est éventuellement possible d’expliquer partiellement le déclenchement des recours par la personnalité, l’historique et le référentiel sociétal de Vladimir Martus ainsi que par l’intérêt de ses conseils. On ne peut néanmoins envisager cette affaire en s’affranchissant du contexte géopolitique actuel et des tensions entre la Fédération de Russie et les pays occidentaux. 

Il convient de s’y intéresser compte-tenu des liens du navire avec le régime de son pays d’origine. Cette approche nous conduit à émettre des hypothèses additionnelles.

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PARTIE III
Hypothèses géopolitiques et informationnelles

III.1. Instrumentalisation médiatique et narrative

Le cas du Shtandart s’inscrit dans une dimension plus large que celle d’un contentieux administratif.

À partir du 14 juillet 2024, le collectif et son porte-parole ont été publiquement désignés par RIA Novosti, agence d’information russe, dans un registre narratif hostile aux sanctions européennes.  
-> RIA Novosti, “Фрегат « Штандарт » стал мишенью проукраинских активистов в ЕС”, (La frégate « Shtandart » prise pour cible par des militants pro-ukrainiens dans l’UE), 14 juillet 2024. 

Depuis lors, plusieurs organes de presse russes relaient une lecture convergente de l’affaire. Pour eux, Vladimir Martus est mis en scène comme symbole de résistance aux sanctions. Une telle présentation renforce son engagement. Parallèlement, elle sert la propagande du régime. Elle lui donne légitimité et visibilité tout en alimentant la perception d’une opposition européenne faible, voire inefficace, face aux manœuvres russes.
-> Komsomolskaïa Pravda, “Le voilier russe Shtandart va tenter pour la troisième fois de violer les sanctions européennes (Ru)”, 6 août 2024. 

Cette convergence entre :

  • des procédures judiciaires européennes vouées à l’échec,
  • leur relais par des médias russes, 
  • et un discours de victimisation récurrent

soulève l’hypothèse d’une instrumentalisation informationnelle, sans qu’il soit possible, à ce stade, d’inférer une intention ou un commandement.

Voir aussi les centaines d’articles russes sur l’affaire du Shtandart depuis juillet 2024 :
-> Dossier No Shtandart in Europe, “Le Shtandart, les organes de propagande et les médias russes”, 2024/2025.

Il est important de souligner qu’il n’est pas question d’une “récupération” de Vladimir Martus, contre son gré, par la propagande du régime. Il s’agit bien d’un choix délibéré de ce dernier comme le montre ses vidéos d’ “interviews” adressées aux agences d’information russe.

Il apparaît ainsi que le Shtandart sort des considérations habituelles comme nous l’avons exposé de façon détaillée : 
-> Diploweb“Russie. Du soft power à la guerre hybride. Etude de cas d’une influence russe en Europe : le Shtandart, 25 novembre 2025 

III.2. La France comme terrain privilégié

Un élément mérite d’être souligné : la France est le seul pays à faire l’objet d’actions contentieuses de Vladimir Martus, alors même qu’elle a été et est encore l’État le plus accommodant à l’égard du Shtandart.

Pour la seule année 2025, dans ce contexte de bannissement général, la frégate russe a accosté en Vendée et dans le Morbihan. Elle a également séjourné longuement et fréquemment à La Rochelle (Charente-Maritime).

À ce titre, dans la “Kaliningrad atlantique”, la préfecture a clairement indiqué qu’elle n’entendait pas se conformer à l’ordonnance émise le 22 août 2025 par la CJUE. Pour justifier sa position, elle oppose le règlement européen au droit maritime de manière artificielle. Elle omet de considérer que la convention SOLAS (Safety of Life at Sea) est prise en compte dans le paragraphe 4 des sanctions s’appliquant au Shtandart.

Sud-Ouest, 17 septembre 2025 : « Au-dessus du droit européen, s’applique le droit international de la mer. Ce dernier indique qu’en cas de besoin technique ou de météo défavorable, les bateaux doivent pouvoir faire escale dans les ports à proximité. N’importe quel port est ainsi dans l’obligation d’accueillir le ‘‘Shtandart’’ en cas de besoin », relate le directeur de cabinet. Source 

La Rochelle constitue un cas spécifique en Europe. Il justifierait un intérêt particulier des services compétents de l’État. Les détails en ont été rendus publics : 
-> Desk-Russie, “Quand le navire russe Shtandart et La Rochelle défient les sanctions européennes”, 28 septembre 2025.

Récemment, le collectif a, une nouvelle fois, signalé à la Commission, les contournements répétés du règlement européen qui ont lieu dans la cité maritime :
-> No Shtandart in Europe, “Demande d’intervention de la Commission européenne concernant un manquement à l’exécution des sanctions portuaires en France (Morbihan et Charente-Maritime)”, 17 décembre 2025.

Le navire est interdit dans tous les ports européens, qu’ils soient ou non dans l’Union. L’échec de la tournée estivale en 2025 a montré l’application stricte des mesures restrictives. Les accostages planifiés en Irlande, au Royaume-Uni, en Norvège, au Danemark, en Belgique, en Espagne et au Portugal ont dû être annulés. Pour ces deux derniers pays, le Shtandart est, en plus, banni de leurs eaux territoriales. Cinq équipiers ou clients du Shtandart ont, d’ailleurs, été interpellés par les forces de l’ordre portugaises en septembre 2025. En revanche, aucune procédure judiciaire n’a été engagée contre aucun de ces États.

Cette asymétrie suggère une sélection stratégique de la France comme terrain d’affrontement, pour plusieurs raisons :

  • Le fait que les autorités françaises aient longtemps cherché des accommodements, voire toléré des pratiques de contournement, laissant un espace exploitable juridiquement. 
  • Les passe-droits confidentiels précédemment octroyés au Shtandart ont été partagés par Vladimir Martus et Thierry Clerc à des fins de pression sur les autorités françaises, qui se retrouvent placées en situation de fragilité contentieuse.
  • Le système judiciaire français, permet probablement plus facilement la multiplication de recours, même non suspensifs
  • Les autres pays ont agi rapidement et clairement, laissant peu d’espace à la contestation.

En France, l’affaire du Shtandart dure depuis plus de trois ans et demi. Dans les autres États, elle a été réglée en moins de quinze jours, dès lors que leurs autorités avaient été alertées par le collectif.

Au vu de ce qui précède, il ne serait pas infondé de considérer que l’affaire du Shtandart n’existe en France que parce qu’elle a été construite au cœur de son appareil d’État. Sans même parler d’éventuels relais d’influence qui s’y trouveraient, celui-ci porterait une responsabilité bien plus importante que les juristes du Shtandart ou son capitaine. Ce dernier n’aurait finalement agi qu’en exploitant l’opportunité qui lui était offerte. 

Dans ce contexte, la France peut être perçue comme un « maillon faible », que certains acteurs cherchent à instrumentaliser. 

Cette situation renforce l’hypothèse que le Shtandart pourrait notamment contribuer à créer des controverses internes et à y fragiliser la confiance dans les institutions nationales ou européennes. Comme le rappelait le chef d’état-major des armées (CEMA), la France est un des objectifs prioritaires  de la stratégie d’ingérence russe.
-> LCI, Général Thierry Burcard (CEMA), “Le grand dossier, la France cible numéro un de Poutine. L’alerte”, 11 juillet 2025 

III.3. Stratégie du chaos et déstabilisation

Sans préjuger de son niveau de conscience ou d’intention, les actions répétées de Vladimir Martus peuvent également s’inscrire dans une dynamique de déstabilisation plus globale. Ces recours, le harcèlement judiciaire et la médiatisation associée peuvent viser notamment à  :

  • Créer des fractures dans la société civile et dans la relation entre citoyens et autorités.
  • Alimenter la contestation contre les institutions nationales et européennes.
  • Éroder la confiance dans le droit et dans l’effectivité des sanctions, en donnant l’impression qu’elles peuvent être contournées.

Une approche de ce type rejoint des éléments déjà bien identifiés par un hebdomadaire national :
-> Challenges, “Ingérences russes : la stratégie du chaos comme arme de déstabilisation massive”, 5 août 2025 

Une journaliste française, spécialiste du cas du Shtandart, s’est prononcée à ce sujet dans le principal quotidien régional :
-> Ouest-France : “ Enquête. Le navire russe « Shtandart » mène la guerre de Poutine jusque dans le golfe du Morbihan “, 23 mai 2025 

III.4. Question du financement

Si le Shtandart joue un rôle, intentionnel ou non, dans une stratégie de déstabilisation européenne, son apparente situation financière difficile pourrait ne pas être déterminante.

L’attention porterait alors moins sur les appels aux dons que sur les objectifs poursuivis et les circuits de paiement des contentieux et des conseils juridiques.

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PARTIE IV
Pistes ouvertes et clôture analytique

Sans prétendre à l’exhaustivité, il peut être utile d’explorer d’autres angles. Des éléments plus indirects pourraient éclairer la persistance de ces recours, sans qu’aucun ne soit établi de façon certaine. 

Les procédures engagées pourraient avoir pour fonction de documenter une résistance symbolique, indépendamment des chances de succès juridique. 

Elles peuvent aussi maintenir une ambiguïté sur les conséquences pratiques, même si le droit reste inchangé. 

La multiplication des recours peut également servir à évaluer la tolérance institutionnelle, à observer les réactions administratives et juridictionnelles, ou à détecter d’éventuelles failles procédurales.

Chaque revers pourrait mobiliser les soutiens, perçu comme une hostilité, un acharnement ou un refus de clore le conflit. La poursuite du litige apparaîtrait alors préférable à l’acceptation d’une défaite définitive. 

Ces pistes d’analyse, complémentaires, restent hypothétiques et visent à mieux comprendre un comportement procédural. Il demeure difficile à interpréter selon les standards habituels de la rationalité juridique. 

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CONCLUSION

Les recours au tribunal administratif (TA) de Rennes et à la CJUE révèlent une stratégie complexe. Le collectif se limite à la présentation de faits vérifiables, constate les incohérences et propose des hypothèses ouvertes, sans formuler d’accusations ni de certitudes.

Dans les deux instances, le Shtandart présente une faiblesse juridique manifeste :

  • au TA de Rennes, le mémoire en réplique est dépourvu de fondement ; 
  • à la CJUE, le recours sur l’interprétation du règlement est peu susceptible de succès.

Les recours sont sans effet suspensif et juridiquement inefficaces. Ils persistent malgré des décisions claires et concordantes, justifiant une analyse dépassant le strict cadre juridique. Ces démarches peuvent être interprétées comme un harcèlement dilatoire, avec une possible instrumentalisation de la France comme terrain d’action stratégique.

Dans cette situation atypique, le collectif estime que formuler des questions relève d’une démarche analytique et non accusatoire, contribuant à la compréhension d’un phénomène dépassant le simple cas du Shtandart

Les lecteurs sont invités à partager leurs hypothèses en commentaires, de manière nominative ou anonyme. Leurs contributions seront incluses dans les mises à jour de cet article.

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