Revue de presse d’une маскировка (maskirovka) russo-cinématographique à Nantes

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L’affaire du festival du cinéma intitulé « Entre Lviv et l’Oural » a montré qu’il est difficile de contrer le lobby pro-russe, si ce n’est pro-poutine, à Nantes. Elle n’a pourtant touché qu’un petit cercle local de cinéphile et d’agents d’influence. En revanche, elle a révélé une diaspora nantaise et une communauté réfugiée ukrainiennes unaniment choquées. Elle a soulevé une indignation générale en Ukraine, où la Russie pratique les crimes de guerre de façon systématique.
La revue de presse montre que nos médias ont généralement fait preuve de naïveté et d’absence de sens critique en partageant une information incomplète, quand elle n’était pas mensongère. On conservera, néanmoins, comme référence utile, pour le futur, le remarquable travail d’investigation du journal Le Monde. Et on retiendra de cette affaire, que c’est bien Ouest-France qui a provoqué un réveil salutaire par la publication de la lettre du maire de Lviv.

Il persistera, malgré tout, une interrogation majeure, qui est celle de savoir pourquoi les deux lettres du producteur Denis Ivanov et celle de l’Agence nationale du cinéma ukrainien adressées au cinéma Katorza, à Univerciné et à la mairie de Nantes n’ont pas été reprises par la presse, alors que les « justifications » guère crédibles d’Univerciné ont été resservies jusqu’à plus soif. Tandis que les allégations quasi-conspirationnistes d’Aymeric Seassau, adjoint au maire de Nantes pour la culture, ainsi que celles de l’Observatoire de la liberté et de la création ont été relayées sans questionnement. Est-ce parce que ces trois courriers ukrainiens étaient formulés en anglais ? Est-ce parce que, concernant l’Ukraine, on préfère s’en remettre à la parole russe ou pro-russe ? Serait-ce lié à un atavisme, à une forme de paresse intellectuelle, voire d’incompétence, ou a des liens informels mis en place de longue date et résilients à l’évidente catastrophe humaine en cours, du fait du comportement monstrueusement criminel de Moscou ?

Sommaire / table of content

  1. Tentative de synthèse chronologique
  2. Lettres de l’association Trizub, du maire de Lviv, de l’Agence nationale du cinéma ukrainien, de Denis Ivanov et du collectif
  3. Tweets de Serhiv Kiral, adjoint au maire de Lviv, et d’Andriy Sadovyi, Maire de Lviv
  4. Pétition du collectif pour l’annulation
  5. Textes des articles de presse
  6. Photographies de la manifestation du 27 mars 2022, Nantes

1. Tentative de synthèse chronologique

1.1. Indifférence, voire mépris

Dès le 17 mars 2022, l’association Franco-Ukrainienne Tryzub écrit aux organisateurs du festival Univerciné du film russe à Nantes pour leur signaler le caractère inéquitable de la programmation envisagée et son opposition quant au titre choisi : « Entre Lviv et l’Oural ». Il lui est opposé une fin de non-recevoir.

Denis Ivanov, depuis Kyiv sous les bombes, écrit aux organisateurs. Il refuse que le film « Donbass », dont il est producteur, soit projeté. Il lui est répondu, par Univerciné, que ceci ne se produira pas. Pourtant, Donbass, figure bien dans le programme qui sera publié le 23 mars. Sauf Le Monde, le 31 mars 2022, la presse ne fera jamais mention de l’opposition de Denis Ivanov. Ceci est d’autant plus étonnant qu’une photographie de son film, Donbass, fait la couverture de trois des articles publiés par Presse-Ocean/Ouest-France et que ses deux courriers ont été communiqués aux journaux précités.

Le 23 mars 2022, le festival UniverCiné fait connaître sa programmation. Cette date est importante, car, à un jour près, un mois la sépare des premiers bombardements et du début de l’invasion russe en Ukraine, pour laquelle on a eu très rapidement connaissance de crimes de guerre. Les sanctions relatives aux interdictions d’exportation et de voyage concernant la Russie et les Russes sont déjà en application depuis plus de trois semaines. Elles ne comptent guère de changements significatifs jusqu’au 28 mars, date de l’annulation. Quant aux membres masculins de la sphère cinématographique ukrainienne, ils sont consignés dans leur pays, du fait de la mobilisation touchant tous les hommes de 18 à 60 ans. Leur présence ne peut pas être espérée.

1.2. Indignation à Nantes et en Ukraine

Un collectif constitué de cinq personnes (Olena Kyrychenko, Olena Lypkan, Viktoriya Nikolenko, Iryna Piontkovska et Bernard Grua) étrangères à l’association Tryzub, mais incluant quatre Ukrainiennes, se monte à Nantes pour la préparation d’une pétition contre le titre et contre le contenu du festival du cinéma russe. Le 24 mars, dès la publication de cette pétition, Angèle Postolle fait en sorte qu’elle se retrouve sur le bureau du maire de Lviv, Andriy Sadovyi. Dans la même demi-journée, après consultation de son Conseil municipal, celui-ci écrit aux organisateurs du festival de « Lviv à L’Oural ». Macha Milliard d’Univerciné et le cinéma Katorza ignorent ce nouveau courrier, comme ils ignorent la pétition, comme ils ont ignoré la lettre de Tryzub.

Tout change, quand le journal Ouest-France découvre la lettre de l’association Tryzub, la pétition du collectif et le courrier du maire de Lviv. Il en rend compte le 25 mars 2022. Le même jour, Télénantes interviewe l’association Tryzub, qui n’est pourtant pas l’auteur de la pétition du collectif, ni bien sûr celui de la lettre du maire du Lviv. Il n’en reste pas moins que le problème est clairement exposé par Valentin Gauffre de cette même association, dont la présidente a été la première à signer la pétition. Ni Macha Maillard, ni le cinéma Katorza ne réagissent dans la presse. Ils persistent dans leur projet.

Ni géographiquement, ni culturellement, Lviv n’a jamais été et ne sera jamais lié à ce que l’on entend par Oural dans ce contexte.

La décision d’organiser un tel événement au moment d’une violation sans précédent du droit international par l’agresseur russe semble pour le moins illogique, biaisée et inhumaine.

АНДРІЙ САДОВИЙ (ANDRIY SADOVYI) MAIRE DE LVIV, LETTRE A UNIVERCINE DU 23 MARS 2O22

1.3. Le bal des « idiots utiles »

François Preneau, ex responsable syndical CGT, à la tête de la Coordination pour la paix, ayant déjà réalisé deux manifestations pour l’Ukraine, refuse de signer la pétition, qu’il qualifie de potentielle réaction «sectaire». Simultanément à cette prise de position, deux commentaires négatifs, par deux auteurs différents (?), sont rédigés sous la pétition, ici et . Le représentant de l’Association France Russie CEI à Nantes, qui avait pris la parole contre la guerre le 12 mars, refuse lui aussi de signer la pétition, « Je vais au cinéma russe. L’art est plus haut que la politique ». Quant à l’association Russie étonNantes, oratrice le 5 mars lors de la première manifestation de la Coordination pour la paix, elle ne répond pas. Mais, elle s’est, contrairement aux années précédentes, désengagée du festival.

Selon nos informations, François Preneau, de la Coordination pour la paix, se rend à deux reprises chez Tryzub. La première fois, il aurait demandé à l’association de changer l’itinéraire de sa manifestation du 27 mars, en évitant la rue du cinéma Katorza, alors que le trajet était accepté par la Préfecture. La deuxième fois, François Preneau, accompagné d’une autre personne, aurait été envoyé chez Tryzub par Macha Milliard. En son nom, il demande à Tryzub de revoir sa position. Aucune de ces différentes pressions et tentatives de limitation de la liberté d’expression, n’apparaît dans la presse.

Le journal Ouest-France rend compte fidèlement de la manifestation de l’association Tryzub tenue le 27 mars « pour la paix en Ukraine, contre la guerre décidée par Poutine, pour le retrait des troupes russes d’Ukraine et contre la propagande de l’agresseur russe » . Ce même journal fait état de deux agressions commises par des Russes ou des pro-russes contre des Ukrainiennes. Selon nos informations, deux plaintes auraient été déposées : une pour agression physique et une autre pour menace verbale : « je vais te frapper la tête contre un mur ». Ouest-France indique que la Coordination pour la paix ne soutient pas la manifestation de Tryzub.

Le cinéma Katorza et Univerciné ne tiennent toujours pas compte des objections émises à l’égard du programme et du titre de leur festival du cinéma russe. Pas plus qu’ils ne tiennent compte de la lettre qui leur est adressée, le dimanche 27 mars 2022, par Denis Ivanov. Celui-ci exprime, une nouvelle fois, son opposition à la projection de son film, Donbass, lors de l’événement.

1.4. Promotion et annulation du festival

Le lundi 28 mars 2022, France 3, met en ligne une interview de Macha Milliard, présentant son festival et indiquant qu’il est maintenu. A 13 heures, ce même jour, un communiqué annonçant l’annulation du festival est partagé sur la page Facebook d’Univerciné. Ouest-France reprend sans question les motifs techniques invoqués. «Dans l’impossibilité de projeter une partie des films programmés et d’accueillir tous les invités pressentis, l’association Univerciné annonce l’annulation du festival Univerciné Entre Lviv et l’Oural aux dates prévues, et son report à une date ultérieure, non connue à ce jour».

Ouest-France ne pense pas à interroger le fait que les contraintes techniques sont inchangées depuis le 23 mars, date de la publication du programme. France-Info et 20 minutes donnent une présentation plus pertinente et plus complète des raisons qui ont conduit à cette décision. Ni Ouest-France, ni Presse Océan, ne rendent compte de la lettre de Denis Ivanov,adressée au Katorza, s’opposant à la projection du film Donbass, pas plus qu’ils ne mentionnent la lettre de l’Agence Nationale du Cinéma Ukrainien interdisant, pour la durée de la guerre, que des films ukrainiens, soient projetés au cours des mêmes événements que ceux où sont présentés des films russes. Ces correspondances leur ont pourtant été adressées.

Toujours le 28 mars 2022, Macha Milliard interviewe Joël Chapron sur Euradio Nantes, qui affirme « le Ministère de la culture (russe) a décidé de financer à 100% tous les premiers films… tous les jeunes cinéastes qui veulent faire un premier film, hormis s’ils possèdent assez d’argent, vont devoir s’adresser au Ministère de la culture pour être financé ». Autant, pour ceux qui exhortent à ne pas confondre art, politique, culture et pouvoir russes, qu’ils soient, à Nantes, membres d’Univerciné ou membre d’une Coordination pour la paix parlant au nom de l’Ukraine. De son côté, Presse-Océan reprend, le 29 mars, les propos de Caroline Grimault, directrice du Katorza: «Le cinéma russe n’est pas le pouvoir russe». Il en fait un sous-titre.

1.5. Révisionnisme et inversion victimaire

Une autre partition est en train de s’écrire. Aymeric Seassau, secrétaire départemental du Parti Communiste Français et adjoint au maire de la ville de Nantes en charge de la culture, dit ce même 28 mars 2022 :« À Nantes, il ne saurait être question d’interdire ou de boycotter quelque culture que ce soit ! Avec le prérequis de n’accueillir aucun artiste qui serve de soutien au régime criminel de Poutine… La liberté de circulation des œuvres et des idées n’est pas négociable. » En dépit d’une déclaration qui se veut tonitruante, l’élu ne prend aucun risque. Alors que les Russes se partagent sur Tiktok les recettes pour dissimuler leur nationalité russe vis-à-vis de l’étranger, on est en droit de se demander quel artiste, ayant des prétentions internationales, serait assez peu clairvoyant pour s’afficher en tant que pro-poutine.

En clair, Aymeric Seassau ne s’oppose donc à aucun cinéaste russe, mais il s’opppose à l’annulation du festival du film russe et affirme que celle-ci serait due à un « boycott », mot qui n’a jamais été prononcé par le collectif pour l’annulation, ni même par l’association Tryzub. Ouest-France rapporte ces dires sans y voir une contradiction avec les motifs techniques invoqués par UniverCiné.

Pourtant, à ces paroles, Denis Ivanov s’insurge. « Je ne qualifierais pas notre expérience nantaise de « liberté de circulation des œuvres et des idées ». Dans ce même deuxième courrier, il réagit aux propos de Caroline Grimeau, citée par Ouest-France, « Parce que nous faisons confiance à l’intelligence des spectateurs et parce que nous avons besoin de cinéma, de films et de salles pour comprendre le monde ». Denis Ivanov répond « j’espère que les autorités nantaises et les acteurs culturels entendront les voix ukrainiennes et cesseront de boycotter les initiatives ukrainiennes et la culture ukrainienne. » La lettre ouverte adressée à Johanna Rolland, maire de Nantes, et dont la presse est en copie, n’est pas publié par cette dernière. La proposition d’un professionnel du cinéma ukrainien, internationalement reconnu et primé, en ce qui concerne l’organisation d’un véritable festival du cinéma ukrainien à Nantes est ignorée. Comme avait été ignorée la même proposition émise par le maire de Lviv et par l’Agence Nationale du Cinéma Ukrainien. « De multiples initiatives – de l’Agence ukrainienne du cinéma d’État aux ONG ukrainiennes ont été proposées à la maire (de Nantes) et au cinéma Katorza pour organiser un festival de films ukrainiens récents. Il n’y a pas eu de réponse à ces propositions. (C’est) le boycott (du cinéma ukrainien)». Peut-être conviendrait-il de s’interroger sur la personnalité, l’idéologie et les attaches de l’adjoint au maire nantais en charge de la culture ?

La petite musique révisionniste nantaise est lancée. Le 31 mars, Presse Océan écrit: «Dans une lettre adressée à la directrice du cinéma nantais Le Katorza, l’Observatoire de la liberté de création déplore les pressions [et intimidations] pour l’annulation du festival de cinéma organisé par Univerciné (association universitaire des festivals de cinéma étranger) et le cinéma Katorza de Nantes. » Là encore, Presse Océan ne relève pas la contradiction avec les seuls motifs techniques annoncés par Macha Milliard et Univerciné en ce qui concerne l’annulation du festival. L’Observatoire de la liberté de création compte dans ses membres la Ligue des droits de l’Homme, partie prenante de la Coordination pour la paix. Puisque, finalement, ce ne sont plus des motifs techniques qui auraient présidé à l’annulation du festival, mais des «PRESSIONS», encore aurait-il fallu les expliciter. De même il aurait été judicieux de préciser ce qui est entendu par « INTIMIDATIONS » dont l’usage est, ici, diffamatoire et est, ouvertement, une remise en cause du droit de manifester.

Le collectif à l’origine de la pétition, l’association Tryzub et les rédacteurs de courriers ukrainiens n’ont aucun moyen matériel, financier ou politique pour exercer des pressions. À la différence des réseaux russes, il ne peuvent offrir aucune récompense, gratification ou promotion à ceux qui les écoutent. Ils n’ont pu que tenter d’user de leur droit d’expression et d’information, en mettant les parties prenantes et les partenaires de l’événement face à leurs responsabilités, tout en faisant appel à leurs valeurs morales. Il l’ont fait de façon pacifique et constitutionnelle. On leur en fait grief. Ici encore, la «liberté de circulation des œuvres et des idées », chère à Aymeric Seassau, semble être à géométrie variable et ne pas s’appliquer à un peuple victime de la pire agression commise en Europe depuis la seconde guerre mondiale.

1.6. Le Monde sans complaisance

Finalement, c’est le journal Le Monde, le 31 Mars 2022, qui sait faire preuve de rigueur, en tentant de distinguer les acteurs français de ce théâtre d’ombre et en éclairant leurs connections avec le pouvoir russe. Il ne se contente pas de copier les explications contradictoires du camp pro-russe en ce qui concerne l’annulation du festival. Il les ignore et se limite à exposer l’enchaînement des faits, qui parlent d’eux-mêmes. De plus, le quotidien du soir, explique l’inextricable mélange entre la politique et la culture russe, même celle qui se présente comme dissidente. Mieux, Le Monde a su poursuivre son enquête auprès de professionnels du cinéma ukrainien, qui parlent de l’Ukraine. Il n’a pas seulement tendu son micro à une nébuleuse coordination, aux motivations indiscernables, ignorante de l’histoire ukrainienne, et dont certains membres ont officiellement été pro-poutine, jusqu’à la quatrième semaine de mars 2022.

  • Anna Koriagina : « Derrière un geste qui se veut solidaire, se cache le vieil impérialisme russe».
  • Denis Ivanov : « Comment réagiriez-vous si le seul cinéaste de votre pays à qui les médias donnaient la parole vivait à l’étranger depuis vingt et un ans, était né en Biélorussie, avait étudié à Moscou et ne parlait pas votre langue ? »
  • Anna Koriagina : « La propagande des journaux télévisés et les films d’auteur prisés par l’étranger sont les deux visages du même hégémonisme russe».
  • Valentyn Vasyanovych : «Il est nécessaire de baisser le rideau de fer culturel autour de la Russie».
  • Oleksandr Mykhed, critique d’art de 34 ans, qui a vu sa maison détruite à Hostomel, faisant référence à une intellectuelle russe : « De quoi parlent ses posts depuis le début de la guerre ? De livres qui permettent d’échapper à la réalité. Les Russes et les artistes russes doivent comprendre : cette guerre est aussi la leur. Tant qu’elle durera, aucun de leurs films ne doit être présenté dans un festival, aucun de leurs livres ne peut être traduit, aucune rétrospective dans les musées, aucune réédition de Dostoïevski.»
  • Denis Ivanov : « Arrêtons avec ce que j’appelle le “syndrome de Tolstoïevski. Il faut toujours qu’on nous ressorte la grande littérature russe, pour mieux occulter le colonialisme culturel. Notre industrie cinématographique a commencé à se développer il y a dix ans, c’est de ça qu’il faudrait parler, quand la guerre sera finie. Quand nous l’aurons gagnée».

1.7. Les masques tombent

Univerciné finit par répondre à Denis Ivanov que le festival est annulé et que l’affaire est close. En réalité, comme Poutine a renommé sa guerre d’invasion en « opération spéciale », le Festival du cinéma russe devient « 3 soirées-débats autour du système du pouvoir russe » après s’être appelé « Entre Lviv et l’Oural ».

Dans une version très réduite, le cinéma Katorza crée un événement spécifique. Il y présente deux films russes ainsi que le film Donbass malgré le refus de son réalisateur et malgré l’exigence de l’Agence nationale du cinéma ukrainien applicable pendant la durée de la guerre. A Nantes, le camp russe et/ou pro-russe continue à croire qu’il peut décider ce qui est « bon » pour l’Ukraine, au mépris des choix nationaux de ce pays. Ouest-France et Presse Océan annoncent ce programme, respectivement les 28 et 29 mars.

A tout lemoins, Macha Milliard et Caroline Grimault, directrice du Katorza, se retrouvent isolées, leurs partenaires s’étant désengagés. Elles ne peuvent compter que sur des agents d’influence parisiens, exposés par le journal Le Monde, et sur des compromissions locales que les activistes nantais continueront à mettre au jour.

Nous avons aujourd’hui une victoire importante sur le front diplomatique et culturel.
Dans la ville française de Nantes, le festival du film «Entre Lviv et l’Oural» a été annulé. La culture ukrainienne n’a rien de commun avec les matriochkas propagandistes russes.

АНДРІЙ САДОВИЙ (ANDRIY SADOVYI) MAIRE DE LVIV, TWEET DU 8 AVRIL 2022

1.8. A Nantes, a-t-on encore le droit d’espérer ?

En conclusion, on ne peut que constater la médiocrité des différents acteurs de ce petit jeu nantais. Ils ont donné un bien piètre image des palinodies, qui ont cours dans notre cité en cette période électorale, alors que les manifestations de Nantes, en soutien à l’Ukraine, ne regroupent guère plus de monde que celles de la ville de Lorient, dix fois plus petite, et que l’attitude des élus nantais est indigente par rapport à celle des élus parisiens. Nous savons pourtant que des voix se sont élevées, il y a plus d’un mois, au sein de la municipalité et de l’université pour appeler à la raison concernant le festival du cinéma russe. A la suite d’on ne sait quelles raisons, ou pressions, elles ont été ignorées.

Pourtant, on ose encore croire, qu’un peu plus d’humanisme et qu’un moins d’opportunisme auront cours chez nous. Espérons que nous entendrons les appels nous proposant un festival du film ukrainien. Cette manifestation culturelle fera honneur à notre ville et lui vaudra la gratitude d’un peuple en grande souffrance. Il nous sera reconnaisant d’être plus ouvert à le connaître, en dehors de ce que dit de lui une puissance colonisatrice et destructrice depuis plusieurs siècles, et son bourreau depuis le 24 février dernier.

Note sur l’auteur de ces lignes : Bernard Grua a été un étudiant d’Hélène Carrère d’Encausse (connue pour ces positions pro-Kremlin), à Sciences Po Paris. Il a largement voyagé en Russie, de St Petersbourg à Vladivostok en passant par les monts Saian, le fleuve Amour, le Baikal et la Iakoutie. Pour cette dernière vaste et septentrionale région de Sibérie, l’association Russie étoNantes lui a demandé de présenter ses photos hivernales à l’occasion d’un festival ayant été annulé en raison du COVID. Certains de ses articles ont été publiés par le média d’Etat russe, Russia Beyond.
Il n’en reste pas moins, qu’il se tient aux côtés de l’Ukraine, depuis neuf ans, dans la recherche de liberté de ce pays, dans sa lutte contre la corruption et dans ses aspirations à mettre fin au colonialisme russe. Bernard Grua a assisté à la révolution du Maidan, dont il partage les idéaux. Il a lancé le mouvement international contre la livraison des navires d’invasion Mistral et en a été le porte-parole. En 2015, il a été un des premiers à démontrer, dans l’Express, les mécanismes de désinformations utilisés par le Kremlin et ses relais locaux pour manipuler l’opinion française, sur un cas concret survenu en Loire-Atlantique. Il a contribué à l’ouvrage de Laurent Chamontin publié par le Diploweb, « Ukraine et Russie: pour comprendre – Retour de Marioupol ». Il n’est ni membre, ni bénévole, de l’association Tryzub. Le texte présenté ci-dessus ne peut pas engager cette dernière. Il en est le seul responsable.

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2. Lettres de l’association Trizub, du maire de Lviv, de l’Agence nationale du cinéma ukrainien, de Denis Ivanov et du collectif

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3. Tweets de Serhiv Kiral, Maire adjoint et d’Andriy Sadovyi, Maire de Lviv

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4. Pétition du collectif pour l’annulation

Non au festival du cinéma russe à Nantes ! – Ні фестивалю російського кіно в Нанті !

FR:Texte détaillé de la pétition en français
UA: Повний текст петиції українською
EN: Petition in English
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Nous exigeons l’annulation du festival de cinéma russe ou son remplacement par un festival de cinéma ukrainien.
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Ми вимагаємо скасування фестиваля російського кіно та його заміну на фестиваль українського кіно.

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5. Textes des articles de presse

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Une scène du film Donbass, multiprimé depuis sa sortie en 2018. | IMAGE DONBASS
Presse Océan: Festival du cinéma russe annulé : l’Observatoire de la liberté et de la création soutient le Katorza – 31/03/2022

Presse Océan Publié le 31/03/2022 à 19h33

Après l’annulation du festival de cinéma « Entre Lviv et l’Oural », l’Observatoire de la liberté et de la création artistique tient à apporter son soutien au cinéma Le Katorza qui organise trois soirées débats avec projections de films ce jeudi 31 mars.

Dans une lettre adressée à la directrice du cinéma nantais Le Katorza, l’Observatoire de la liberté de création déplore les pressions pour l’annulation du festival de cinéma organisé par Univerciné (association universitaire des festivals de cinéma étranger) et le cinéma Katorza de Nantes.

« Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, l’Observatoire de la liberté de création a affirmé son soutien aux artistes ukrainiens et son opposition au boycott des artistes russes. Nous rappelons que les pressions et intimidations contre des manifestations culturelles sont inadmissibles et qu’un lieu de diffusion culturel est – et doit demeurer – un espace de dialogue et de rencontre possibles. Nous soutenons l’initiative du cinéma Katorza qui propose, entre le jeudi 31 mars et le samedi 2 avril, trois films russes et ukrainiens, trois regards de cinéastes sur le système du pouvoir russe (ndlr : Maman, je suis à la maison à 20 h jeudi 31 mars, À résidence vendredi 1er avril, et Donbass samedi 2 avril ; billetterie à partir du 30 mars sur internet).« 

Liste des membres de l’Observatoire de la liberté de création

Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (Acid) ; Association des cinéastes documentaristes (Addoc) ; Section française de l’Association internationale des critiques d’art (Aica France) ; Fédération des lieux de musiques actuelles (Fedelima) ; Fédération nationale des syndicats du spectacle, du cinéma, de l’audiovisuel et de l’action culturelle (FNSAC-CGT) ; Fédération nationale des arts de la rue ; Ligue des droits de l’Homme (LDH) ; Ligue de l’enseignement ; Les Forces musicales ; Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) ; Syndicat français des artistes interprètes (SFA-CGT) ; Syndicat national des artistes plasticiens (SnapCGT) ; Syndicat national des scènes publiques (SNSP) ; Société des réalisateurs de films (SRF) Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

Liste des articles de presse / List of press articles
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OLIVIER BONHOMME
Le Monde: Ukraine-Russie: le cinéma en première ligne – 31/03/2022

Le Monde: Laurent Carpentier et Aureliano Tonet – Publié le 31 mars 2022 à 03h13, mis à jour à 05h57

Appel au boycott des films russes, guérilla sur les réseaux sociaux contre les « collabos »… Les réalisateurs ukrainiens mènent la guerre sur les écrans.

Sur le front ukrainien, on reconnaît les Russes à leur fameux «Z». Et à une autre lettre, «V», également inscrite sur des blindés. Certains y voient une référence au Frère 2, un film d’action signé Alekseï Balabanov. Réalisé en 2000, ressorti dans les salles russes depuis le début de l’invasion, il met en scène un vétéran de la Tchétchénie, opposé à la mafia ukrainienne. « Où réside le pouvoir ? Le pouvoir est dans la vérité», y entend-on. Une réplique que s’est appropriée Vladimir Poutine, le 24 février, lors de sa déclaration de guerre : «Où résident la justice et la vérité ?»

Le cinéma est une arme et le combat actuel se livre, aussi, par écrans interposés. Les réalisateurs ukrainiens en ont bien conscience qui, depuis le début de l’invasion, ferraillent sur les réseaux sociaux pour réclamer le boycott des films russes. « La révolution de Maïdan a commencé sur Facebook, en 2013 », rappelle Anna Koriagina, 31 ans, traductrice et programmatrice.

De Kiev, d’Odessa ou de Lviv, où cette Ukrainienne travaillant en France est retournée «mettre ses parents à l’abri», on surveille ce qui se passe à l’Ouest. L’organisation à Nantes d’un festival de cinéma russe, programmé du 31 mars au 3 avril, a ainsi heurté. Pourquoi avoir rebaptisé l’événement «Entre Lviv et l’Oural»? « Derrière un geste qui se veut solidaire se cache le vieil impérialisme russe», s’élève Anna Koriagina. Encouragés par le maire de Lviv, qui a dénoncé une formulation «inhumaine», près de 150 militants ont manifesté devant le Katorza, un cinéma d’art et d’essai de Nantes, le 27 mars. Jusqu’à obtenir, le lendemain, l’annulation de ce festival universitaire.

« Les derniers à avoir défilé contre une projection au Katorza, c’étaient des catholiques intégristes, pour « Je vous salue, Marie » [1985], s’émeut Macha Milliard, professeure de russe à la fac de Nantes. Avec la guerre, on avait bousculé notre programmation: un quart de films ukrainiens et, pour le reste, des œuvres très critiques envers la Russie de Poutine… Je regrette que notre message ait été détourné pour attiser les tensions. »

Flambée patriote

Sur les réseaux sociaux, Macha Milliard a été traitée de « nazie ». Spécialiste des cinémas d’Europe de l’Est et collaborateur ponctuel du Monde, Joël Chapron y a été quafilié, lui, de «collabo». Le 20 mars, au festival Reflets du cinéma de la mer Noire, en Mayenne, il avait présenté « Chers camarades ! », d’Andreï Kontchalovski. Le film a beau avoir été primé à Venise, en 2020, Kontchalovski et son frère, Nikita Mikhalkov, restent proches du Kremlin: en 2014, ils avaient approuvé l’annexion de la Crimée. « Je suis anti-Poutine et pro voix discordantes, se défend Joël Chapron, mais les Ukrainiens qui appellent à un boycott total se tirent une balle dans le pied. »

Dieu vomit les tièdes ? L’Ukrainien Sergei Loznitsa, 57 ans, expatrié à Berlin depuis 2001, s’emportait, le 27 février, contre la timidité du soutien de la European Film Academy. Quinze jours plus tard, l’auteur de Donbass (2018) était lui-même exclu de l’Union des réalisateurs ukrainiens pour s’être positionné contre le « boycott de [ses]collègues russes qui s’opposent aux crimes du régime de Poutine ». En pleine flambée patriote, son cosmopolitisme, nourri de distanciation brechtienne, passe mal.

Denis Ivanov a coproduit Donbass – la région dont il est originaire. Depuis brouillé avec Loznitsa, il s’agace : « Comment réagiriez-vous si le seul cinéaste de votre pays à qui les médias donnaient la parole vivait à l’étranger depuis vingt et un ans, était né en Biélorussie, avait étudié à Moscou et ne parlait pas votre langue ? » Lui aussi russophone, Denis Ivanov a appris l’ukrainien. Le producteur de 43 ans nous parle depuis Kiev, où, engagé dans la réserve nationale, il transporte nourriture et munitions jusqu’au front. Parmi ses projets figure le prochain film d’Oleg Sentsov, opposant notoire du Kremlin, qui a rejoint une milice dès le début de l’invasion.

Courts-métrages anonymes

«Cinéastes ukrainiens au front». Avec ses accents martiaux, le titre de la soirée organisée le 26 mars au Grand Action, à Paris, donne le «la». A son initiative, plusieurs couples franco-ukrainiens travaillant dans l’audiovisuel. Venus en droite ligne d’Ukraine et montés à la hâte, des courtsmétrages anonymes sont projetés. Ils documentent l’exode, l’entraide, la résistance. Dans la salle ou sur l’écran, des personnalités disent leur soutien: Agnès Jaoui, Cédric Villani, Juliette Binoche, Emmanuelle Béart ou le rockeur Pete Doherty, lançant un vibrant « Fuck Poutine ! ».

Certains, comme Denis Lavant ou Caroline Fourest, étaient déjà, trois jours plus tôt, au Max Linder, sur les Grands Boulevards. Le Festival du film russe de Paris s’était transformé en une soirée en solidarité « avec l’Ukraine». Exit les financements par Gazprom et Rosatom, le conglomérat du nucléaire civil russe, désormais indésirables. Sur l’écran, témoignant depuis la Russie, des artistes peu suspects de collusion avec le Kremlin, comme Alexandre Sokourov, qui confie d’une voix d’outretombe : « Je n’avais jamais imaginé en Russie une telle méchanceté. »

Joël Chapron,spécialiste des cinémas d’Europe de l’Est: « Les Ukrainiens qui appellent à un boycotttotal se tirent une balle dans le pied»

Vladimir Bitokov, un de ses élèves, est venu présenter son deuxième long-métrage, « Maman, je suis à la maison ». L’histoire d’une mère dont le fils serait mort à la guerre, en Syrie. Dès les premières images,deux apparatchiks se regardent en découvrant un portrait de Staline sur les murs d’une villa décrépite. Le jeune est inquiet. Le vieux hausse les épaules : « C’est quoi, notre ligne politique actuellement ? » Sorti en Russie juste avant l’invasion, le film n’a eu aucun souci avec la censure.

Comme dans d’autres régimes autoritaires, les cinéastes indépendants disposent d’une marge de liberté, relative mais réelle. Le pouvoir les tolère d’autant plus volontiers que leur audience est marginale et que leur existence même ôte un argument à ceux qui fustigent les carences démocratiques. C’est pour en finir avec ce simulacre, assurent-ils, que les Ukrainiens appellent à tout bloquer : «La propagande des journaux télévisés et les films d’auteur prisés par l’étranger sont les deux visages du même hégémonisme russe», résume Anna Koriagina.

Le combat avant l’art

Pourtant, Vladimir Bitokov a failli ne pas pouvoir venir à Paris. Deux jours avant son départ, des policiers sont passés chez son père pour des posts un peu louches à leurs yeux. « Ça s’est tassé, dit-il avec prudence. Ici, dans cette ville de liberté qu’est Paris, j’ai bien conscience d’être l’homme le moins libre qui soit.» A 37 ans, il repart le lendemain rejoindre ses filles de 7 ans et 5 ans à Moscou, en passant par Helsinki. La suite ? Il hausse les épaules. Il est comme son acteur, Yuriy Borisov, qui déclare en se filmant dans les alentours de Moscou: « Je ne sais plus où est ma place… » Et la comédienne Macha Méril, la marraine du festival, de glisser : «Leur avenir est tellement compliqué. Ils ne savent pas sur quel pied danser.»

On ne pense pas de la même manière selon que l’on est sous la mitraille ou dans un pays en paix. «Il est nécessaire de baisser le rideau de fer culturel autour de la Russie», déclare, le 7 mars dans Variety, l’Ukrainien Valentyn Vasyanovych, 50 ans, qui a, lui aussi, troqué sa caméra pour une kalachnikov. Trois jours plus tôt, dans le Financial Times, son compatriote Oleksandr Mykhed s’en prenait à une intellectuelle russe. « De quoi parlent ses posts depuis le début de la guerre ?, s’interroge ce critique d’art de 34 ans qui a vu sa maison détruite à Hostomel. De livres qui permettent d’échapper à la réalité. Les Russes et les artistes russes doivent comprendre : cette guerre est aussi la leur. Tant qu’elle durera, aucun de leurs films ne doit être présenté dans un festival, aucun de leurs livres ne peut être traduit, aucune rétrospective dans les musées, aucune réédition de Dostoïevski.»

Appelons cela le principe de Vladimir Jankélévitch (1903-1985). Fils d’immigrés russes ayant fui les pogroms, le philosophe et musicologue français s’engage dans la résistance dès 1940. Marqué par la précarité de l’existence, il fait passer le combat avant l’art. Après la guerre, il expliquera ne plus pouvoir écouter de musique allemande, marquée au fer rouge du nazisme. Un de ses articles, paru en 1965, contribuera à l’imprescriptibilité des crimes contre l’humanité.

Arrivée surprise

De l’autre côté, il y a les partisans de la dialectique, à laquelle le sexagénaire Marc Ruscart, écrivain, producteur et organisateur du Festival du film russe de Paris, rappelait son attachement en préambule au Dialogue de Trianon. Il figurait derrière Vladimir Poutine et Emmanuel Macron le 29 mai 2017, à Versailles, lors de la création de ce forum censé rapprocher la culture, les sciences ou l’éducation des deux pays. Une banale opération de «soft power» avec, côté français, l’espoir de conquérir de nouveaux marchés tout en exportant la démocratie. Péché d’orgueil.

« Vive la culture russe ! Non au boycott des artistes !», peut-on lire, le 14 mars, sur la page Facebook du conservatoire Rachmaninoff de Paris. Expression d’une communauté qui se sent assiégée ? Le directeur, Arnaud Frilley, 49 ans, reçoit dans son grand bureau qui fait face à la Seine. «Le chef d’orchestre qui a démissionné à Toulouse alors qu’on lui disait “choisis ton camp”, je trouve ça dérangeant. S’attaquer aux artistes russes, c’est de la bêtise, qui est dangereuse. Il faut plutôt se demander ce qui s’est passé en Ukraine depuis vingt ans, et qui est à l’origine de cette guerre fratricide. Je suis convaincu que les Russes de la génération de Poutine sont tout sauf des va-t-en-guerre.»

Arnaud Frilley a pris les rênes du conservatoire il y a deux ans. «Vous auriez vu dans quel état c’était… Il n’y avait plus d’élèves», dit-il en faisant visiter l’hôtel cossu. Manière de répondre indirectement à ceux qui, au sein du conseil d’administration, ont vu en son arrivée surprise une pure OPA. «Aucun investissement russe ici, assure-t-il. Juste quelques amis.» Arnaud Frilley est l’un des héritiers de Titra Film, la société qui, au début des années 1930, à Joinville-le-Pont (Val-de-Marne), a inventé le soustitrage. Ses fondateurs ? Les frères Kaganski, deux émigrés juifs russes ayant développé un système d’impression sur pellicule.

Valentyn Vasyanovych, cinéaste ukrainien, dans « Variety », le 7mars: « Il est nécessaire de baisser le rideau de fer culturel autour de la Russie »

Lui a hérité de CTM, la société familiale de matériel de cinéma, et monté sa propre société de production, au nom éloquent: B-Tween. Arnaud Frilley parle russe, sa femme est russe, il passe beaucoup de temps à Moscou, comme dans les républiques ex-soviétiques. C’est à lui qu’en 2012 Gérard Depardieu demande de faire l’intermédiaire pour obtenir un passeport russe. Amis et collaborateurs de longue date, les deux hommes s’affichent autant avec le président tchétchène, Ramzan Kadyrov, qu’avec Vladimir Poutine.

« Je n’aime pas trop parler de Poutine, je préfère parler de la société russe, soutient Arnaud Frilley de sa voix onctueuse. Depuis trois siècles, l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, c’est un même peuple. Les Ukrainiens sont des Slaves orthodoxes russophones. Or, depuis vingt ans, la russophobie se développe en Ukraine, dans une société très pauvre, corrompue et tenue par des oligarques. Pourquoi interdire la langue russe ? L’influence polonaise s’accroît dans l’ouest de l’Ukraine. Il n’est pas étonnant que les déclarations les plus violentes viennent de Pologne. » Poutine aurait-il dit mieux?

Face au Kremlin, qui ne cesse de comparer la cancel culture de l’Occident aux autodafés du IIIe Reich, les cinéastes ukrainiens assument leur radicalité. S’ils ne parlent plus de boycott mais de «retrait temporaire» ou de «mise en pause» des films russes, ils refusent de faire le tri entre pro et anti-Poutine : Nikita Mikhalkov ou Kirill Serebrennikov, même fin de non-voir et de non-recevoir.

« Arrêtons avec ce que j’appelle le “syndrome de Tolstoïevski”, grince le producteur Denis Ivanov, riant de son néologisme. Il faut toujours qu’on nous ressorte la grande littérature russe, pour mieux occulter le colonialisme culturel.» Pour cette génération émergente, la guerre est l’occasion d’armer une culture longtemps oblitérée. «Notre industrie cinématographique a commencé à se développer il y a dix ans, c’est de ça qu’il faudrait parler, quand la guerre sera finie», poursuit le bouillant producteur. Il se reprend: « Quand nous l’aurons gagnée. »

Laurent Carpentier et Aureliano Tonet


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Une scène du film Donbass multiprimé depuis sa sortie 2018
Presse Océan: Festival russe annulé, trois soirées-débats – 29 mars 2022

Presse Océan: S.P. and J.C-J, 29 mars 2022

FESTIVAL RUSSE ANNULE, TROIS SOIREES-DEBATS

CINÉMA. Les organisateurs ont décidé d’annuler l’événement prévu du 31 mars au 4 avril.La directrice du Katorza propose trois films avec débats pour mieux comprendre le monde.
Le festival Univerciné Russe de Nantes,qui avait été rebaptisé « Entre Lviv et l’Oural » et suscité une condamnation ferme du maire de Lviv et une manifestation appelanta au boycott ce weekend, a finalement été annulé. Il devait se tenir du 31 mars au 3avril.

Caroline Grimault: «Le cinéma russe n’est pas le pouvoir russe»

Douze films étaient programmés et quatre réalisateurs invités. «Ce n’était plus possible matériellement, explique Macha Milliard, présidente de ce festival fondé en 1997. Nous n’avions plus que quatre films de disponibles et seulement un seul invité.» La guerre en Ukraine a indirectement tout chamboulé. «Nous regrettons aussi que notre festival ait été mal compris et mal interprété. Nous sommes tous opposés à la guerre de Poutine en Ukraine. On peut comprendre qu’en temps de guerre les gens soient à fleur de peau.»
Suite à cette annulation, la directrice du Katorza, Caroline Grimault, organise des soirées débats autour de trois films dont Donbass du réalisateur ukrainien Sergueï Loznita, long-métrage ultra-primé sur la guerre, Maman, je suis à la maison de Vladimir Bitokov (qui évoque le combat d’une mère dont le fils est tué en Syrie) et « A Résidence » d’Aleksei Guerman.
«Chacun de ces films présente le regard d’un cinéaste sur le système du pouvoir russe, en Russie comme en Ukraine. Mon travail vise à ce que les Nantais aient les clés et les outils pour comprendre. Les films contribuent à un éclairage sur la société russe. Le cinéma russe n’est pas le pouvoir russe. Nous choisissons le fond et la forme. Je suis contre le boycott des artistes, hormis ceux qui sont pro Poutine. Je suis de tout coeur avec les Ukrainiens.»

Un précédent… en 1985

Les trois séances (*) seront suivies d’un débat avec Jean Radvanyi, professeur émérite (Langues et civilisations orientales), et Marc Ruscart, délégué général du film russe de Paris. Visiblement touchée par les diverses pressions, à l’image de la directrice du festival, Caroline Grimault indique qu’elle « ne mesurait pas à quel point » elle était « attachée à la liberté de création artistique et de diffusion. On a des salles de cinéma dans lesquelles on peut montrer des films librement. Nous sommes dans une démocratie».

Et de rappeler l’histoire du Katorza, un cinéma centenaire, dont la dernière manifestation contre un film remonte à 1985. Réalisé par Godard, il avait pour nom Je vous salue Marie. Une autre histoire.

S.P. et J.C-J

(*)A20h, jeudi31mars («Maman,je suisàlamaison»), vendredi 1er avril («A Résidence») et le samedi 2 avril («Donbass»). Billetterie à partir du 30mars sur internet.

CANCELED RUSSIAN FESTIVAL, THREE EVENING-DEBATES

CINEMA. The organizers have decided to cancel the event scheduled for March 31 to April 4. The director of Katorza offers three films with debates to better understand the world.

The Nantes Russian Univerciné festival, which was renamed « Between Lviv and the Urals » and provoked a firm condemnation from the mayor of Lviv and a demonstration calling for a boycott this weekend, was finally canceled. It was to be held from March 31 to April 3.

Caroline Grimault: “Russian cinema is not Russian power”

Twelve films were scheduled and four film directors were invited. “It was no longer physically possible, explains Macha Milliard, president of this festival founded in 1997. We only had four films available and only one guest.” The war in Ukraine has indirectly turned everything upside down. “We also regret that our festival has been misunderstood and misinterpreted. We are all opposed to Putin’s war in Ukraine. It is understandable that in times of war people are on edge ».
Following this cancellation, the director of the Katorza, Caroline Grimault, is organizing debate evenings around three films, including « Donbass by Ukrainian director Sergei Loznita, an ultra-award-winning feature film on the war, Maman, « Mama I’am at home » by Vladimir Bitokov (which evokes the fight of a mother whose son is killed in Syria) and « A Résidence » by Aleksei Guerman.
“Each of these films presents a filmmaker’s view of the Russian power system, in Russia as in Ukraine. My work aims to provide Nantes residents with the keys and tools to understand. Films help to shed light on Russian society. Russian cinema is not Russian power. We choose the content and the form. I am against the boycott of artists, except those who are pro Putin. I have all my heart with the Ukrainians.”

A precedent… in 1985

The three sessions (*) will be followed by a debate with Jean Radvanyi, Emeritus Professor (Oriental Languages ​​and Civilizations), and Marc Ruscart, General Delegate of Russian Film in Paris. Visibly affected by the various pressures, like the director of the festival, Caroline Grimault indicates that she “did not measure how much” she was “attached to the freedom of artistic creation and film distribution. We have movie theaters in which we can show films freely. We are in a democracy”.
And to recall the history of Katorza, a century-old movie theater, whose last demonstration against a film dates back to 1985. Directed by Godard, it was called « Hail Mary ». Another story.

S.P. and J.C-J

(*) At 8 p.m., Thursday March 31 (“Mom, I am at home”), Friday April 1 (“A Residence”) and Saturday April 2 (“Donbass”). Ticket office from March 30 on the internet.


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Le film « Donbass », de Sergueï Loznitsa, Prix de la mise en scène à Un certain Regard, au festival de Cannes 2018, à voir cette semaine au Katorza.
Ouest-France: Nantes. Le festival russe annulé, mais trois films maintenus – 28/03/2022

Ouest-France Anne AUGIÉ. Publié le 28/03/2022 à 20h43

Nantes. Le festival russe annulé, mais trois films maintenus

Prévu du 31 mars au 3 avril, le festival Univerciné russe est finalement annulé. Mais le cinéma Katorza choisit de maintenir des projections de films russes et ukrainiens. « Parce que nous faisons confiance à l’intelligence des spectateurs. » 

Explications.

« Certains des douze films programmés restent bloqués en Russie. Et la plupart des invités n’étaient plus en capacité de venir à Nantes. C’est pour ces raisons que nous avons décidé d’annuler le festival Univerciné russe, prévu du 31 mars au 3 avril.» Une décision prise dans le contexte sous tension lié à la guerre en Ukraine. Macha Milliard, présidente du festival, regrette « que la création cinématographique qui avait été sélectionnée, reste inaccessible au moment même où elle aurait pu contribuer à une appréhension intellectuellement fine et aiguisée de l’époque douloureuse que nous traversons ».

Comme elle se désole que certains messages portés par le festival aient pu être « mal interprétés », notamment le nouveau nom du festival, rebaptisé Entre Lviv et l’Oural . Une dénomination qui ne passe pas, notamment au sein d’une partie de la communauté ukrainienne de Nantes et au-delà, jusqu’au maire de Lviv : dimanche soir, 150 personnes se sont opposées à la tenue du festival lors d’une manifestation. Devant le Katorza, certains sont allés jusqu’à scander : « Univerciné collabo ! »

Des films pour éclairer les spectateurs

Mais on verra malgré tout des films russes et ukrainiens, cette semaine, à Nantes. En effet, la directrice du Katorza, Caroline Grimault, a décidé de maintenir trois soirées-débat, jeudi, vendredi et samedi soir. « Je suis de tout cœur avec les Ukrainiens et, bien sûr, très mal placée pour imaginer ce que l’on peut penser ou faire quand nos proches sont sous les bombes, précise-t-elle en préambule. Mais mon travail est de proposer aux Nantais des films qui constituent un éclairage sur la société russe d’aujourd’hui et peuvent les aider, comme ils m’ont aidée, à mieux comprendre la situation. En ce sens, je suis profondément contre le boycott des artistes russes. »

Caroline Grimault a retenu Maman, je suis à la maison, À résidence et Donbass, deux films russes et un ukrainien, sélectionnés ou primés dans des festivals internationaux comme Cannes et la Mostra de Venise : « Dans une démocratie comme la nôtre, l’écran de cinéma est un merveilleux outil pour découvrir des films et accompagner la réflexion. L’émotion est souvent le moteur d’une prise de conscience. Mais sans la réflexion, elle peut aussi conduire à la radicalisation. Nous faisons confiance à l’intelligence des spectateurs. »

« Ne boycotter aucune culture à Nantes »

Pour aller plus loin, chaque séance au Katorza sera suivie d’un débat. Ce jeudi 31 mars, Marc Ruscart, délégué général du Festival du film russe de Paris, qui soutient l’initiative nantaise, sera présent pour parler du film « Maman, je suis à la maison » de Vladimir Bitokov« Plus que jamais, il faut voir des films russes, des films qui condamnent avec courage Poutine et son système, affirme celui qui est aussi producteur au cinéma. Le cinéaste Volker Schlöndorff ou l’écrivain Emmanuel Carrère soutiennent ces projections. Au cinéma Max-Linder, à Paris, la semaine dernière, nous avons pu montrer des films de notre festival sans aucun souci… »

Aymeric Seassau, élu en charge de la Culture à Nantes, le rappelle avec fermeté : « À Nantes, il ne saurait être question d’interdire ou de boycotter quelque culture que ce soit ! Avec le prérequis de n’accueillir aucun artiste qui serve de soutien au régime criminel de Poutine… La liberté de circulation des œuvres et des idées n’est pas négociable. »

Jeudi 31 mars, vendredi 1er avril et samedi 2 avril, à 20 h au cinéma Katorza, 3, rue Corneille, à Nantes. Plein tarif : 9,10

Nantes, the Russian estival canceled but three movies hold

Scheduled from March 31 to April 3, the Russian Univerciné Nantes festival is finally canceled. But the Katorza – Nantes movie theater chooses to maintain screenings of Russian and Ukrainian films. “Because we trust the intelligence of the spectators. »

Explanations.

“Some of the twelve films scheduled remain blocked in Russia. And most of the guests were no longer able to come to Nantes. It is for these reasons that we have decided to cancel the Russian Univerciné festival, scheduled from March 31 to April 3. » A decision taken in the tense context linked to the war in Ukraine. Macha Milliard, president of the festival, regrets « that the cinematographic creation which had been selected remains inaccessible at the very moment when it could have contributed to an intellectually fine and sharpened apprehension of the painful time that we are going through ».

How sorry she is that certain messages conveyed by the festival could have been « misinterpreted », in particular the new name of the festival, renamed « Between Lviv and the Urals ». A denomination which does not pass, in particular within part of the Ukrainian community of Nantes and beyond, to the mayor of Lviv: Sunday evening, 150 people opposed the holding of the festival during a demonstration . In front of the Katorza movie theater, some went so far as to chant: “Univerciné collabo! » (« collabo » means collaborators of Nazi occupation during WW2 in France)

Films to enlighten viewers

But we will still see Russian and Ukrainian films this week in Nantes. Indeed, the director of Katorza movie theater, Caroline Grimault, has decided to maintain three evening DEBATES, Thursday, Friday and Saturday evening. “I am wholeheartedly with the Ukrainians and, of course, very badly placed to imagine what we can think or do when our loved ones are under the bombs, she specifies in the preamble. But my job is to offer Nantes residents films that shed light on Russian society today and can help them, as they have helped me, to better understand the situation. In this sense, I am deeply against the boycott of Russian artists. »


Caroline Grimault selected « Maman, je suis à la maison » (Mama I’m at home), « A residence » and « Donbass », two Russian films and one Ukrainian, selected or awarded at international festivals such as Cannes and the Venice Film Festival: « In a democracy like ours, the screen cinema is a wonderful tool for discovering films and supporting reflection. Emotion is often the driving force behind awareness. But without reflection, it can also lead to radicalization. We trust the intelligence of the spectators. »

« Do not boycott any culture in Nantes »

To go further, each session at the Katorza will be followed by a debate. This Thursday, March 31, Marc Ruscart, general delegate of the Paris Russian Film Festival, which supports the Nantes initiative, will be present to talk about the film « Maman, je suis à la maison » (Mama, I’m at home) by Vladimir Bitokov : « More than ever, you have to see Russian films, films that bravely condemn Putin and his system, says the man who is also a film producer. The filmmaker Volker Schlöndorff or the writer Emmanuel Carrère support these screenings. At the Max-Linder cinema in Paris last week, we were able to show films from our festival without any worries…”
Aymeric Seassau, municipality member in charge of Culture in Nantes, reminds us firmly: “In Nantes, there can be no question of banning or boycotting any culture whatsoever! With the prerequisite of not welcoming any artist who serves as a support for Putin’s criminal regime… The freedom of circulation of works and ideas is not negotiable. »

Thursday March 31, Friday April 1 and Saturday April 2, at 8 p.m. at the Katorza cinema, 3, rue Corneille, in Nantes. Full price: 9.10

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Euradio: Les cinéastes russes face à un scénario complexe – L’Europe à l’écran – 28/03/2022

Euradio – Nantes – 28/03/2022



Le festival Univerciné consacré aux cinéastes “entre Lviv et l’Oural” qui devait se dérouler en fin de semaine à Nantes est annulé.

Dans l’impossibilité de projeter une partie des films programmés et d’accueillir tous les invités pressentis, l’association Univerciné a annoncé dans un communiqué l’annulation de son volet russe qui devait se tenir du 31 mars au 3 avril.

Un festival que les organisateurs espèrent pouvoir reprogrammer à une autre date : “L’association Univerciné regrette que la création cinématographique ambitieuse et engagée, qui avait été sélectionnée, reste inaccessible au moment même où elle aurait pu contribuer à une appréhension intellectuellement fine et aiguisée de l’époque douloureuse que nous traversons”

En préparation au festival, les organisateurs Albin Luciani et Macha Milliard ont pu s’entretenir avec Joël Chapron, spécialiste du cinéma d’Europe centrale, orientale et de l’espace post-soviétique. Joël Chapron est aussi traducteur et responsable de cette zone au sein d’Uni France films pour la promotion du cinéma français. Il est aussi correspondant du festival de Cannes pour cette zone.

Joël Chapron répond aux questions de Macha Milliard, sur le financement du cinéma russe et la situation compliquée des cinéastes, qu’ils aient quitté la Russie où qu’ils y soient restés.

Compte tenu de ce qui se passe au sein du pays, le Ministère de la culture (russe) a décidé de financer à 100% tous les premiers films. Cela sous-entend que tous les jeunes cinéastes qui veulent faire un premier film, hormis s’ils possèdent assez d’argent, vont devoir s’adresser au Ministère de la culture pour être financé. Et on va leur reprocher rapidement d’être des suppôts de l’Etat, même s’ils font des films qui sont à l’inverse de ce que souhaite l’Etat.

Joël Chapron

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Le cinéma Katorza est installé rue Corneille à Nantes depuis 100 ans. — F.Brenon/20Minutes
20 Minutes: Guerre en Ukraine : A Nantes, le festival Univerciné russe jette l’éponge après les critiques – 28/03/2022

20 Minutes:Frédéric Brenon Publié le 28/03/22 à 18h25 — Mis à jour le 29/03/22 à 08h25

  • Le festival consacré au cinéma russe devait se tenir du 31 mars au 3 avril.
  • Son format et son contenu avaient été modifiés pour s’adapter au contexte international.
  • Une association franco-ukrainienne et le maire de la ville de Lviv avaient critiqué la tenue de l’événement.

Il n’aura finalement pas lieu. Prévu pour se tenir à partir de jeudi au Katorza à Nantes, le festival  Univerciné russe, qui devait présenter des films russes ou traitant de la Russie, est finalement reporté, annoncent les organisateurs ce lundi. Les contraintes d’organisation et les critiques suscitées par l’événement dans le contexte de  guerre en Ukraine ont poussé à cette décision.

«Dans l’impossibilité de projeter une partie des films programmés et d’accueillir tous les invités pressentis, l’association Univerciné annonce l’annulation du festival Univerciné aux dates prévues, soit du 31 mars au 3 avril, et son report à une date ultérieure, non connue à ce jour»
, expliquent-ils dans un communiqué.

« Une grande indignation des citoyens d’Ukraine »

Rendez-vous annuel, le festival avait été profondément modifié en raison du contexte international. L’événement avait été rebaptisé « Entre Lviv et l’Oural », la durée avait été raccourcie, les moments festifs avaient été supprimés, un logo « non à la guerre » avait été ajouté sur l’affiche et la programmation avait été revue pour ne retenir que des films de réalisateurs « qui dans leurs œuvres ou par leurs prises de position s’opposent à la guerre et interrogent le contexte ».

Mais cela n’avait pas empêché l’événement de s’attirer des critiques. Notamment celle de l’association franco-ukrainienne Tryzub. « Le format de ce festival et plus encore son nom (« Entre Lviv et l’Oural ») provoque une grande indignation des citoyens ordinaires d’Ukraine. Cela est considéré comme propageant l’idée que Poutine a déjà annexé l’Ukraine, ce que diffuse également la propagande du gouvernement russe », déplore Tryzub sur son site Internet, laquelle réfute faire preuve de «radicalisme».

Les regrets des organisateurs

Le maire de Lviv (Ukraine) avait, lui-même, réagi négativement la semaine passée, dénonçant, via les réseaux sociaux, une manifestation « illogique, biaisée et inhumaine » compte tenu de la guerre se jouant dans sa ville. Il demandait son remplacement par un festival consacré uniquement au cinéma ukrainien. En parallèle, une pétition réclamait l’annulation du festival.

Les organisateurs, qui proposent aussi un cycle annuel consacré aux films allemands, britanniques et italiens, regrettent que « la création cinématographique ambitieuse et engagée, qui avait été sélectionnée, reste inaccessible au moment même où elle aurait pu contribuer à une appréhension intellectuellement fine et aiguisée de l’époque douloureuse que nous traversons ».

Il y aura tout de même des films russes à l’affiche du Katorza en fin de semaine. Le cinéma d’art et essai nantais a en effet de programmer deux longs-métrages russes et un ukrainien de jeudi à samedi. Chaque projection sera accompagnée d’un débat


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France Info: Le Festival Univerciné présentant des films russes annulé à Nantes – 28/03/2022

FranceInfo – France Télévisions  Publié le 28/03/2022 17:28 Mis à jour le 28/03/2022 17:33

Un festival de cinéma qui devait présenter des films russes à Nantes du 31 mars au 3 avril et qui faisait l’objet de critiques d’une association franco-ukrainienne, a été annulé, ont annoncé lundi 28 mars les organisateurs.

« Dans l’impossibilité de projeter une partie des films programmés et d’accueillir tous les invités pressentis, l’association Univerciné annonce l’annulation du festival Univerciné Entre Lviv et l’Oural aux dates prévues (…) et son report à une date ultérieure, non connue à ce jour », ont-ils expliqué dans un communiqué.

« Propager l’idée que Poutine a déjà annexé l’Ukraine » 

L’association Univerciné dit regretter « que la création cinématographique ambitieuse et engagée, qui avait été sélectionnée, reste inaccessible au moment même où elle aurait pu contribuer à une appréhension intellectuellement fine et aiguisée de l’époque douloureuse que nous traversons ».

Sur Facebook, l’association franco-ukrainienne Tryzub avait dénoncé l’organisation de l’événement au cinéma Katorza« Le format de ce festival, proposé par les organisateurs, et plus encore son nom – Entre Lviv et l’Oural – provoque une grande indignation des citoyens ordinaires d’Ukraine. Cela est considéré comme propageant l’idée que Poutine a déjà annexé l’Ukraine – ce que diffuse également la propagande du gouvernement russe », estime l’association sur son site où figure une pétition réclamant l’annulation.

Sur son site, l’association relaie également un texte du maire de Lviv Andrii Sadovyi demandant aussi l’annulation du festival. « La décision d’organiser une telle manifestation au moment d’une violation sans précédent de toutes les normes du droit international par l’agresseur russe est au moins illogique, biaisée et inhumaine ». « Si par ces temps difficiles vous voulez vraiment soutenir la paix et dire non à la guerre, nous vous proposons de manifester votre solidarité et votre soutien à travers l’organisation d’un festival du cinéma ukrainien à Nantes ».


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Dans un premier temps, l’association avait ajouté un bandeau « Non à la guerre », en français, en russe, en ukrainien et en anglais sur l’affiche du festival.
Ouest-France: Guerre en Ukraine. Le festival Univerciné russe de Nantes est annulé – 28/03/2022

Ouest-France Publié le 28/03/2022 à 14h50


Le festival Univerciné « Entre Lviv et l’Oural » est finalement annulé. Dans un communiqué, l’association annonce, ce lundi 28 mars, un report à une date ultérieure, non connue à ce jour.

Hier, dimanche 28 mars, alors que 150 personnes manifestaient contre la guerre en Ukraine, s’arrêtant devant le cinéma Katorza, à Nantes, se posait la question suivante: Univerciné « Entre Lviv et l’Oural » sera-t-il maintenu dans sa version allégée ? La réponse est tombée ce lundi 28 mars : le festival Univerciné russe, annoncé du 31 mars au 3 avril, est finalement annulé. « Dans l’impossibilité de projeter une partie des films programmés et d’accueillir tous les invités pressentis, l’association Univerciné annonce l’annulation du festival Univerciné Entre Lviv et l’Oural aux dates prévues, et son report à une date ultérieure, non connue à ce jour », annonce l’association dans un communiqué.

Lire aussi : Nantes. Le maire de Lviv condamne le festival Univerciné

Elle « regrette que la création cinématographique ambitieuse et engagée, qui avait été sélectionnée, reste inaccessible au moment même où elle aurait pu contribuer à une appréhension intellectuellement fine et aiguisée de l’époque douloureuse que nous traversons. »

Lire aussi : Nantes. Le maire de Lviv condamne le festival Univerciné

Dans un premier temps, l’association avait ajouté un bandeau « Non à la guerre » sur l’affiche du festival. Hier, dimanche 27 mars, des personnes ont manifesté contre la guerre décidée par Poutine, pour l’arrêt de l’invasion russe et contre le festival Univerciné.

Communiqué d’annulation d’Univerciné, page Facebok

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Dans son communiqué, Univerciné précise étudier « les moyens de poursuivre dans sa vocation de diffusion de la jeune création allemande, britannique, italienne et aussi russe dans les meilleures conditions ».


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France 3 TV: Festival de cinéma russe et ukrainien à Nantes – 28/03/2002

France 3 (TV) : Festival de cinéma russe et ukrainien à Nantes – 28 mars 2022


France 3 (TV) : Festival de cinéma russe et ukrainien à Nantes – 28 mars 2022

Rencontre avec la directrice du festival Univerciné Russe rebaptisé Univerciné « Entre Lviv et l’Oural », une sélection de 12 films russes et ukrainiens. Un festival maintenu au nom de la culture dans un contexte nantais compliqué en raison d’interrogations et d’oppositions liées à la situation en Ukraine. Un festival organisé au cinéma Katorza de Nantes du 31 mars au 3 avril.
Intervenante : Macha Milliard, directrice du festival Reportage : D. Leroy, L. Couvrand, R. Fischer, N. Saliou Tendron

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Ouest-France: Nantes. Ils ont défilé contre la guerre en Ukraine et contre le festival Univerciné – 27/03/2022

Ouest-France Philippe GAMBERT. Publié le 27/03/2022 à 21h58

A l’appel principalement de l’Association Tryzub, 150 Personnes – des Ukrainiens en grande majorité – ont manifesté « pour la paix en Ukraine, contre la guerre décidée par Poutine, pour le retrait des troupes russes d’Ukraine et contre la propagande de l’agresseur russe », hier après-midi, à Nantes.
Ils sont partis de la place Royale et ont terminé devant le cinéma Katorza, afin de réclamer l’annulation du festival Univerciné russe, renommé « Entre Lviv et l’Oural », prévu au Katorza du 31 mars au 3 avril. En scandant « Honte à Univerciné; Univerciné collabo! »
Alors que les armées russes ont envahi leur pays, que des enfants tombent sous les bombes russes, l’idée même d’un festival montrant des films russes, quels qu’ils soient leur est insoutenable. Les Russes, en envahissant l’Ukraine, argumentent-ils, « nient toute l’identité ukrainienne, sa culture et son existence même ». Dans ces conditions, un festival connoté russe est vécu comme une agression, même si ses organisateurs dénoncent clairement « la guerre menée par le Kremlin et les crimes contre l’humanité commis par la Russie ».

Débat impossible

Une femme ukrainienne, dont le compagnon portait une pancarte titrée « boycottons Auchan, mais pas Univerciné » a tenté d’apporter un autre point de vue et de défendre le festival. En vain. Une échaffourée a suivi. Une manifestante ukrainienne a été molestée et menacée par une femme surgie d’on ne sait où.
Dans la guerre sur le sol ukrainien, « l’agresseur est russe et les victimes ukrainiennes », a clos un manifestant. La guerre écrase tout. Sans nuance. Les bombes rasent et tuent impitoyablement. Les êtres humains, les idées, la réflexion.
Auparavant, place Graslin, Anna Generaliuk, la présidente de Tryzub, avait brandi des images des villes détruites et des morts ukrainiens.
Place Royale, des femmes portant des poupées baigneurs dans leurs bras, les ont posés au sol pour dessiner leurs contours, avec des ailes d’anges. Dans les rangs derrière eux, « de nombreuses femmes et des enfants arrivant d’Ukraine, traumatisés », a souligné une manifestante. La même personne souhaitait « un rassemblement digne et calme dans le respect de leur désarroi ».
Interrogée sur la manifestation à la porte de son cinéma, la directrice du Katorza dit son incompréhension totale: « Nous n’avons connu qu’une seule manifestation devant le cinéma. C’était en 1985. Des intégristes catholiques avaient empêché la projection du film de Jean-Luc Godard, Je vous salue Marie. Le cinéma doit nous amener à réfléchir pour dépasser l’émotion ».
Univerciné « Entre Lviv et l’Oural » sera-t-il maintenu dans sa version raccourcie? On le saura ce lundi. Vendredi, dans un mail, le maire de Lviv a condamné le festival.
Samedi prochain, une autre manifestation « contre la guerre en Ukraine » aura lieu à l’appel du collectif nantais regroupant plusieurs mouvements et syndicats qui ne soutenaient pas, ce dimanche, le rassemblement ukrainien devant le cinéma Katorza.

Philippe GAMBERT.


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Ouest-France: Nantes. Le maire de Lviv condamne le festival Univerciné – 25/03/2022

Ouest-France Véronique ESCOLANO. Publié le 25/03/2022 à 22h00

Rebaptisé « Entre Lviv et l’Oural », le festival de cinéma russe de Nantes est violemment contesté. Il reste pour l’instant toujours maintenu.

« Entre Lviv et l’Oural ». C’est rebaptisé sous ce nom, que le festival Univerciné consacré à la Russie a choisi de se maintenir au Katorza, à Nantes, du 31 mars au 3 avril. Il propose une programmation réduite, non festive et revue, intégrant des films ukrainiens et veillant surtout à ne donner la parole qu’à …

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Télénantes: Le festival de ciné russe créé la polémique – 25/03/2022

Télénantes Publié le 25/03/2022 à 17h44

Le festival du cinéma russe aura-t-il lieu ? Prévu à Nantes à partir de jeudi prochain, l’évènement suscite la polémique dans le contexte de guerre en Ukraine. L’association franco-ukrainienne Tryzub réclame son report et le maire de Lviv, en Ukraine, s’en mêle. Dans un courrier aux organisateurs du festival, il dénonce une décision inhumaine.

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Ouest-France: Le maire de Lviv demande l’annulation d’Univercinés à Nantes – 25/03/2022

Ouest-France – Télénantes Publié le 25/03/2022 à 13h29

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Le festival de cinéma nantais Univercinés fait polémique jusqu’en Ukraine. Organisé par la faculté de langues et de culture étrangère de l’université de Nantes et par le Katorza, le festival Univercinés devait avoir pour thème le cinéma russe. Après le déclenchement de la guerre en Ukraine, l’évènement avait été renommé « de Lviv à l’Oural » avec une programmation garnie de films ukrainiens. Un choix de titre dénoncé en Ukraine et en Russie qui y voit une adhésion au discours officiel russe qui assimile les deux pays.

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Univerciné, programme du festival de cinéma russe 23/03/2022

Facebook – 23 mars 2022 à 11:46

Communication du programme d’Univerciné, page Facebok

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Image tirée d’un film en compétition, « L’homme de Podolsk ». 
Ouest-France: Nantes. Le festival de cinéma russe dit non à la guerre – 05/03/2022

Ouest-France: Véronique ESCOLANO.Publié le 05/03/2022 à 08h59

« Non à la guerre ». Écrit en français, en russe, en ukrainien et en anglais, le bandeau a été ajouté à l’affiche du festival Univerciné russe, maintenu du 29 mars au 3 avril, quand bien même, l’association Russies étonNantes se retire de l’organisation cette année.

« Le festival est maintenu qui, avec beaucoup de noblesse, veut faire entendre les voix russes s’élevant contre la guerre en Ukraine. Mais nous nous préférons nous retirer de son organisation cette année. C’est plus souhaitable. » Ainsi va, rapportée par Julie Tébenkova-Féougier, la décision …

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6. Photographies de la manifestation du 27 mars 2022, Nantes

6.1. Place Royale

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6.2. Rue Crébillon

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6.3. Place Graslin

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6.4. Cinéma Katorza

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Publié par Bernard Grua

Graduated from Paris "Institut d'Etudes Politiques", financial auditor, photographer, founder and spokesperson of the worldwide movement which opposed to the delivery of Mitral invasion vessels to Putin's Russia, contributor to French and foreign media for culture, heritage and geopolitics.

8 commentaires sur « Revue de presse d’une маскировка (maskirovka) russo-cinématographique à Nantes »

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