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Le dimanche 11 décembre à l’invitation de l’association « Ukraine Atlantique », une centaine d’Ukrainiens et de Français sympathisants de l’Ukraine, sont venus de Rennes, de Saint-Malo, de Caen, de Paris, de Nantes, de Saintes, de Bordeaux et de différentes autres localités apporter leur soutien à leurs homologues de La Rochelle. À plusieurs reprises, ils ont incité le maire de La Rochelle, Jean-François Fountaine, et le préfet de Charente-Maritime, Nicolas Basselier, à prendre connaissance du cinquième volet des sanctions voté, le 8 avril 2022, à l’unanimité des Etats membres de l’Union européenne. Selon les activistes, ce texte interdit aux navires russes d’entrer dans les ports européens.





Rassemblement, Quai d’Honneur
En juillet dernier (2022), l’Espagne s’est alignée sur les villes de Lorient, Bordeaux et Sète ainsi que sur les autres pays européens en annulant la présence de la frégate russe Shtandart à l’événement « Ruta Iacobus Maris » et en lui fermant ses ports. Dorénavant, seules quelques cités maritimes françaises ne se conforment pas aux sanctions. La Rochelle, pour sa part, est devenu le port base du Shtandart. Les Ukrainiens et leurs sympathisants français dénoncent une « occupation illégale ».


« Etat russe » et « oligarques »
Pour justifier la domicialiation de la frégate russe Shtandart à La Rochelle, le premier magistrat de cette ville et le plus haut représentant de l’Etat dans le département affirment, d’après le quotidien régional Sud Ouest le 10 décembre et le 11 décembre 2022, que les sanctions ne concernent que « certaines catégories de navires », voire seulement les navires des « oligarques » ou ceux de « l’Etat russe ». Selon les manifestants, ces assertions sont inexactes. Ils citaient à l’appui de leur position le texte du cinquième volet des sanctions, où ils lisent que ce sont bien tous les navires russes, qui sont interdits dans nos ports.
« La fable du Shtandart »
Lors des prises de parole, Oleksandr Goron de l’association « Ukraine Atlantique » et Bernard Grua du collectif « No Shtandart In Europe » ont, par ailleurs, contredit les éléments de ce qu’ils appellent une « fable » qui serait destinée à tromper l’opinion publique française. Selon eux, « le Shtandart est un yacht russe privé appartenant, pour 60%, à Vladimir Martus, son capitaine, via une entité écran, nommée « Shtandart Project ». Ils ont ajouté que le Shtandart et son capitaine entretiennent « des liens étroits avec le pouvoir russe ». À titre d’exemple, ils ont fait référence à une mission de représentation diplomatique (Ru) tenue par le Shtandart, en octobre 2021, sous le haut patronage de Vladimir Poutine. Il s’agissait de la célébration du 250e anniversaire de la victoire navale de Tchesmé en mer Égée. L’événement s’est déroulé en présence des autorités grecques et de l’ambassadeur plénipotentiaire de Russie en Grèce.
En conséquence, les activistes ont contesté le fait que Vladimir Martus soit « un opposant politique de longue date au régime de Poutine ». Ils ont aussi mis en cause le fait que Vladimir Martus prétende ne « pas avoir pu revoir son pays depuis de nombreuses années. » En ce sens, ils ont souligné que le propriétaire du Shtandart est retourné à son domicile de Saint Pétersbourg entre le début janvier 2022 et la mi-février 2022 (Ru). Enfin, la qualification de « voilier école », que les autorités rochelaises lui attribuent, de façon très contestable selon « Ukraine Atlantique » et « No Shtandart In Europe », ne change rien, à leur avis, à cette affaire. Ils avancent qu’il n’existe pas d’exception au cinquième volet des sanctions pour les navires-écoles, pas plus qu’il n’en existerait pour les prétentions, même si certaines étaient avérées, de ce qu’ils nomment « la fable du Shtandart ».





Le cortège entre le Quai d’Honneur et l’Hôtel de Ville
« L’ami des Ukrainiens » a pris le large
L e 11 décembre, le Shtandart était absent du « Quai d’Honneur », où il est généralement amarré. On peut être étonné, ou pas, de savoir qu’un bateau et un capitaine se présentant comme pro-Ukraine, aient décidé de prendre provisoirement le large afin d’éviter de rencontrer un groupe composé majoritairement de femmes et d’enfants ukrainiens avec des poussettes. Depuis le Quai d’Honneur, le cortège s’est dirigé le long des darses du Vieux Port avant de cheminer dans les ruelles du centre vers l’Hôtel de Ville. Là, après une adresse à l’attention du maire Jean-François Fountaine lui demandant, une nouvelle fois, de prendre connaissance du 5e volet des sanctions et l’exhortant à le mettre en application, la manifestation s’est dispersée dans le calme.





Les manifestants devant l’Hôtel de Ville de La Rochelle
Avant de reprendre la route, les participants ont pu jouir, quelques moments, du cadre somptueux de l’historique, cité où une sublime lumière se reflétait sur les bassins et sur les façades de calcaire blanc, sous un ciel d’un bleu azur éclatant. Après une belle journé de partage, ils se disent résolus à de nouvelles actions, à La Rochelle ou ailleurs, comme par exemple à Vannes (Semaine de la Honte) ou à Rouen (Armada de la liberté).
Crédit photos: Jacques Appercé, Floriant Chauvineau et Raphaël Gaudin
Page Facebook de: l’association Ukraine-Atlantique.
Groupe Facebook du: collectif No Shtandart In Europe.
Instagram: @noshtandartineurope
Hashtag: #NoShtandartInEurope

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