Maïdan, petite brisure d’écorce calcinée et meurtrie, ne rompt pas

La journée du 18 février 2014

Berkuts- Rue chovkovytchna – Kyiv 18/02/2017 – Photo Bernard Grua
Berkuts 18/02/2017 Ph. Bernard Grua

Il faut, tout d’abord, présenter deux catégories d’individus qui ont joué un rôle important. Les Berkouts sont des policiers anti-émeute choyés par le pouvoir de Ianoukovitch. Ils forment une sorte de garde prétorienne.

Les Titouchky, pluriel de Titouchko, sont des jeunes voyous payés par le pouvoir pour créer du désordre et de la violence, ceci allant jusqu’ au meurtre et jusqu’ à la torture, afin de justifier la répression des forces de sécurité, terroriser les activistes et discréditer la révolution. Au cours de la matinée du 18 février 2014, une importante foule a quitté Maïdan pour manifester devant la Rada (le Parlement). Plutôt que de s’y rendre directement, elle s’est vue imposer un large détour pour remonter presque l’intégralité de la rue de l’Institut (Institutskaya Vulitsia), avant de rejoindre le Parc Marinsky en tournant par la rue Kriposniy. Toutes les rues latérales sur la gauche de celle de l’Institut étaient barrées par des camions derrière lesquels se trouvaient des compagnies de Berkouts. Plus loin, sur la droite, et en retrait, se trouvait aussi un très large groupe de Titoushky et de Berkouts pour tenir le terrain menant au bâtiment de l’administration présidentielle. L’étirement de cette foule importante, la rendait sujette à des embuscades, à une prise en étau et à une atomisation en plus petites cellules. Aujourd’ hui, certains se demandent si cela n’était pas un piège délibéré et si des provocateurs n’étaient pas chargés de mettre le « feu aux poudres ».
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