Chapursan, quand la nuit de Zoodkhun dévoile l’univers

Eloigné de toute source de pollution, y compris lumineuse, Zoodkhun, village de haute montagne situé au bout de la vallée de Chapursan, est un lieu exceptionnel pour observer le ciel nocturne.

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Zoodkhun, les rayons du soleil descende dans la vallée de Chapursan
Zood Khun, crêtes occidentales, la lumière descend dans la vallée 05:45, début Août

La porte vers un autre monde sans limites

Aux confins de l’Asie Centrale et au bout de l’étroite vallée de Chapursan, Zoodkhun est entouré sur trois côtés par les hautes montagnes du Karakoram, de l‘Hindou Kusch et du Pamir. Dès la fin du crépuscule, s’impose le sentiment d’être dans un milieu quasiment clos plutôt que dans un large espace encerclé par les bords inférieurs d’une voûte céleste dont l’observateur se trouverait au centre. En levant les yeux, il lui semble que le vrai monde ne se trouve pas sur la planète où il se tient. Celle-ci n’en serait qu’une infime cellule. Car la nuit n’est ni noire, ni bleue. Elle n’est pas «une». Elle n’est pas un couvercle. Elle n’existe pas. C’est un jour différent. Le jour d’un univers gigantesque et brillant.

Zoodkhun, à lheure ou les étoiles s'allument
Les dernières lueurs du soleil n’ont pas encore disparu. Mais l’air est tellement pur qu’ une multitude d’étoiles est déjà visible .
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La Karakoram Highway, prototype des nouvelles Routes de la Soie?

La «Belt and Road Initiative» (BRI) chinoise, appelée aussi la Nouvelle Route de la Soie, est une réalisation en devenir suscitant de nombreuses interrogations. Pourtant, au Pakistan, la Karakoram Highway mise en service en 1979 pourrait fournir quelques éléments de réponse. Dans ce pays, parallèlement à une souveraineté vulnérabilisée, on y observait, jusqu’à ces derniers mois, un discours religio-nationaliste à géométrie variable et un coûteux état de guerre ouverte ou larvée semblant assurer, à ce jour, une forme de cohésion nationale. Ce discours et cet état de guerre ont, néanmoins, accru l’isolement international du Pakistan et renforcé sa dépendance vis a vis du parrain chinois ainsi qu’indirectement posé les racines de potentielles fractures entre le Nord et le Sud du territoire.

Cartes du Pakistan (source: MAE France) et de la Karakoram Highway (source: Wikipedia)
Cartes du Pakistan (source: MAE France) et de la Karakoram Highway (source: Wikipedia)

Sommaire

1. La Karakoram Highway est un lien indispensable pour les établissements pakistanais de haute altitude mais aussi une importante et prometteuse artère économique pour l’économie chinoise.
2. Le support attentif et «amical» de la Chine assure le bon fonctionnement de la KKH en l’absence d’un Etat Pakistanais défaillant.
3. Dans le Nord, sur le tracé de la KHH, Islamabad abandonne nombre d’autres de tâches de service public normalement à la charge d’un Etat. Sa légitimité s’en trouve fragilisée.
4. Islamabad conserve une certaine unité nationale grâce à un discours islamique et tourné contre Israël ainsi que grâce à un état de guerre justifié par l’entretien du conflit cachemiri.
5. Les outils, spécifiques et limités, de la cohésion nationale pakistanaise peuvent, à terme, avoir des conséquences contraires au but poursuivi.
6. Conclusion : le Pakistan et le nouvel ordre centre-asiatique ?
7. Remerciements.

1. La Karakoram Highway est un lien indispensable pour les établissements pakistanais de haute altitude mais aussi une importante et prometteuse artère économique pour l’économie chinoise.

Derniers lacets avant le col de Kunjerab (4 693 m) sur la Karakoram Highway
Derniers lacets avant le col de Kunjerab (4 693 m) sur la Karakoram Highway – Photo B. Grua 2018

La Karakoram Highway (KKH) part d’Islamabad dans le Pendjab pakistanais pour rejoindre Kachgar dans le Xinjiang chinois à travers des environnements spectaculaires dont la grandeur et l’âpreté ont peu d’équivalents dans le monde. Suivant principalement une partie du cours du fleuve Indus puis celui de la rivière Hunza, elle s’étire, dans la haute altitude de jeunes montagnes, sur des pentes particulièrement instables souvent composées de sables, de graviers et d’errantes masses rocheuses, dans une zone à forte activité sismique. La KKH est donc en permanence victime d’éboulements et de glissements de terrain obstruant, voire détruisant, une voie vitale reliant les peuplements du Nord du Pakistan. Certains tronçons doivent être dégagés et remis en état régulièrement. Ils doivent, parfois, être reconstruits quand une section de la route a disparu.

Sost, camion en attente de chargement le long de la Karakoram Highway © Bernard Grua

Sost, poste douanier pakistanais en aval du Col de Kunjerab, frontière avec la Chine. Camions en attente de chargement le long de la Karakoram Highway – Photo B. Grua 2018

Cette artère n’en est pas moins importante pour la Chine. Elle relie ses territoires occidentaux (et continentaux) à l’Océan indien. Elle lui donne, de plus, accès à un marché voisin, pour l’instant peu solvable, mais comptant environ deux cent millions de clients potentiels.

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