Pêche aux poulpes à Kerkennah

Tunisie, petite pêche côtière, à la drina, sur le plateau sous-marin des Kerkennah. Un métier en évolution d’où disparaissent les outils traditionnels dans un environnement fragilisé.

Une voûte bleue, des étoiles filantes plongeant dans la brume

Il est cinq heures et demi du matin ce vendredi 30 septembre 2016. Le Raïs kerkennien Fathi Djebel, d’El Attaya, est en route depuis plus d’une heure sur sa felouque motorisée.Dès le départ, son premier geste a été d’allumer son canoun, avec du charbon de bois, sur lequel il préparera en permanence un thé très sucré. Outre son charbon, il a l’essentiel a porté de main: eau, biscuits, cigarettes. Son téléphone portable lui sert de lampe de poche. Dans une heure et demi, il sera sur les lieux où il a placé ses centaines de « drinas » (nasses) en plastique qui ont remplacé les gargoulettes en terre cuite de Djerba pour piéger le poulpe. Des étoiles filantes chutent du ciel constellé mais une brume basse mouille le bateau. Fathi n’a pas de carte, pas de compas de route. Pour l’instant il fait cap plein Est. Il retrouvera ses pièges grâce à un petit GPS de voiture indiquant que son diesel le propulse à une vitesse de 8 km/h. Continuer à lire … « Pêche aux poulpes à Kerkennah »

A mes amis tunisiens: après Alep, Tunis?

Comme la majorité du monde arabe, la Tunisie est silencieuse sur le drame d’Alep. La société civile tunisienne, qui a montré à quel point elle savait se mobiliser, est absolument passive à l’exception d’une banderole, « Save Aleppo », quelquefois exhibée sur l’Avenue Bourguiba de la capitale. La justification invoquée est généralement celle-ci: « Les Salafistes ont fait beaucoup de mal. Nous ne pouvons pas prendre position pour Alep car nous passerions pour des Salafistes ». Continuer à lire … « A mes amis tunisiens: après Alep, Tunis? »

Burkini et société arabo-musulmane traditionnelle

Chez nous à Kerkennah, les femmes ont toujours occupé un rôle très développé dans la société et la femme a été toujours respectée pour ses réalisations dans son foyer mais également dans l’agriculture et parfois même dans la pêche. Nos femmes ont toujours joui de la confiance de leur mari et leurs enfants ; elles n’ont ni besoin de limites imposées ni de gardiens; elles sont souvent capables de gérer la vie de leur famille totalement, en l’absence de leur mari, employé dans le secteur de la pêche.

Vouloir nous séparer en introduisant des habitudes d’exclusion, importées par des pays vivant à l’ère de l’obscurantisme, ne nous ressemble pas ; au contraire il va nous déraciner et introduire des habitudes qui nous sont étrangères. Soyons vigilants pour éviter la transformation de nos qualités.

Burkini, le délire occidental

Comme conséquences d’un certain nombre d’arrêtés municipaux faisant suite à l’attentat de Nice et à des heurts sur une plage corse, chacun y est allé de son post sur le burkini. Ceux qui ne voulaient pas en parler… se sont quand même exprimés en disant que c’était un sujet ridicule. Certains journalistes peu courageux, plutôt que de s’engager ont souhaité, malgré tout, surfer sur ce thème largement médiatisé pour grappiller, eux aussi, un peu d’audience. Alors, ils ont collecté, dans la presse anglo-saxonne, tout ce qui tournait la France en dérision sur cette affaire. D’autres font de l’humour à « trois francs six sous », refusant de s’interroger sur une question de société, se prétendant au-dessus de la mêlée, mais ne renonçant pas à exploiter le bon filon. Pourtant, il doit bien exister des opinions autres que françaises qui contredisent cette « volée de bois vert »? On doit pouvoir trouver quelque part des tentatives d’explication? Le monde entier n’a jamais été unanime. Le monde entier ne se complait pas seulement dans le « French bashing ».
Continuer à lire … « Burkini et société arabo-musulmane traditionnelle »

Quand il pleut sur les chameaux

Voici une petite chronique de mes jours passés devant la cheminée, sous l’arbre de ce Noël 2007. En fait à Douz, oasis saharienne, la plus grande palmeraie de Tunisie, où je me trouvais, les cheminées, il n’y en a pas. Continuer à lire … « Quand il pleut sur les chameaux »